DIX-HUITIÈME ÉDITION
fttVCE ET COft/tJGÉE
« La Société tout entière n’est (tu'un ensemble de solidarités qui se croisent j».
Bastiat, Harmonies,
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AVANT-PROPOS
Depuis la douzième édition ce livre s’esl dédoublé. Parallèlement à ce volume un autre paraît j sous la forme d’un gros volume qui porte pour titre ' Cours d'Economie Politique, plus spécialement ; destiné à la préparation aux examens dans les Facul- ; lés de Droit, et qui ne diffère d’ailleurs de celui-ci I que par l’addition d’un grand nombre de chapitres j et de notes. Mais je n’ai pas cru devoir supprimer pour cela la petite édition : — d’abord parce qu’il y aurait quelque ingratitude de la part de l’auteur à ^ sacrifier un livre qui, sous son ancienne forme, avait trouvé depuis si longtemps un si favorable accueil en France et à l’étranger, et tant de traducteurs ou de critiques bienveillants auxquels je suis redevable pour leurs corrections ou suggestions,
AVANT-PROPOS
— et aussi parce cpie, tel quel, il nous paraît mieux convenir aux lecteurs qui, n’étant pas des étudiants, ne se soucient pas de se perdre dans une exposition trop toutTue, et cherchent dans un traité d’Econoraie Politique moins une documentation sur toutes les questions actuelles qu'un tableau d’ensemble du vaste monde économique et des problèmes qui le travaillent.
Quant aux étudiants en droit qui préféreront prendre le présent volume, simplement parce qu’il est moins gros que l’autre, ils ne devront s’en prendre qu’à eux-mêmes s’il leur laisse quelques déceptions au jour de l’examen. Ce n’est pas un Résumé ni un Memento : il passe sous silence beaucoup de questions, surtout celle d’économie appliquée. Il ne pourra dispenser de suivre les cours, mais il pourrait, j’espère, en faciliter l’intelligence.
En ce qui concerne l’esprit général de ce livre, je ne puis que répéter ce que j’ai dit dans les introductions de toutes les éditions antérieures. Je né me suis pas proposé de défendre des thèses : j’ai voulu donner moins la solution que la curiosité et la ferveur des problèmes sociaux. J’aurais voulu que l’Economie Politique quij durant si longtemps, a été qualifiée de « littérature ennuveuse », au dire de M. Thiers. uu de « science lugubre » [dismal science), au dire de Garlyle, pût se montrer à tous, et surtout aux' jeunes, ce qu’elle est — une science captivante
AVANT-PROPOS
comme un drame puisqu’elle n’a pas seulement pour objet d’étudier les lois qui dispensent aux individus, et aux peuples la fortune ou la misère, mais aussi de montrer au prix de quelles luttes passionnées ou de quelle entr’aide fraternelle ils peuvent conquérir l’une et éviter l’autre.
Et parmi les jeunes gens de tous pays qui ont
étudié l’Economie Politique dans ce livre, je sais, par des témoignages personnels, qu’il en est au moins quelques-uns qui l’ont bien trouvée telle dans ces pages que je souhaitais qu’elle leur apparût, qui pour cela l’ont aimée et pour la vie lui resteront fic|èles.
Au moment où nous corrigeons la présente édition, l’Europe et le monde presque tout entier se trouvent bouleversés par la plus vaste des guerres. Ce cataclysme sans précédent aura sans nul doute .sa répercussion sur la science économique, non seulement en lui apportant des faits nouveaux, mais en jetant un jour nouveau sur la plupart des faits déjà étudiés et sur les théories reçues. Mais il eût été prématuré d’essayer d’introduire ici ces enseignements de la guerre, et nous nous sommes bornés à rectifier les quelques faits et chiffres qui se trouvaient périmés par suite des événements.
Décembre 1915.
Charles GIDE.
POLITIOEE