‹ Principes d'économie politique [microform]Chapitre 41 sur 64 · S.5US · texte numérisé non relu

S.5US

milliards de francsi II es, rien pnurlam al no„s r„v .ns

U conlraire, la comme en France, les emi-éea de uumei nne de passer ordinairement les sorties

mont . pour savoir si le commerce extérieur d’un pays est eu équilibre, ce n’est point uniquement la balance de^sls ex-

0^10 fLT®/ qu’il faut considérer, comme

T. l!/«;^&««é,alement dans le public, mais bien la ha/ance

n esl pas a même quèlamance du commerce : a vrai dire les expor ations constituent bien une créance sur l’étranee^ et même la principale, mais il peut en exister d’autres • les importations constituent bien aussi la principale dette vis-àvis de 1 étranger, mais elle n’est pas la seulL

nales'^dit créances ou ces dettes internatio-

nales, distinctes des exportations et des importations nue

invmZ^ «“ imporla’lioüs

Elles sont nombreuses*, voici les principales ;

<='esl-àtmÆ%^ifSSoct'

fait lui-même le traosporl de ses marchandises.

pas toujours le cas il acquierl une créance sûr rétrau “r

Qu’en? 'es exportations, puis-

irtie du "’a-^handise est

Pnm t A destination. Un pays

comme 1 Angleterre a de ce chef une créance énorme sim l’é-

Uanger . elle a été évaluée par le Board of Trade à ï.255 mil ions fr. par an; non seulement en effet l’Angleterre transporte la totalité de ses propres marchandises, mais encore la

val^rs en douane, d’après le cours des marchandiserrr ce . faïSu!^ ““prend oaturellemeol le* proÛU des

4ii

l’échange international 325

plus grande partie des marchandises des autres pays et naturellemeat elle ne le fait pas gratis*.

La France au contraire a, de ce chef, une dette évaluée à 300 ou 400 millions francs. Elle ne transporte guère en effet

sur ses propres navires que la moitié de ses exportations et le tiers de ses importations.

2° Les intérêts dejt capitaux plgcé»^ J^tranaer. Les

pays riches placenta l’étranger une grlm^pâr^e de leurs épaignes et, de ce chef, ont à toucher au dehors tous les ans dos sommes très considérables en coupons de rentes, d’aciAn<! on r| obligations, ou même sous forme de fermages ou de profils d’entreprises industrielles ou commerciales. On évalue ainsi à plusde 4 milliards de francsle tribut que l’Angleterre prélève de ce chef sur l’étranger ou sur ses propres colonies. Non seulement c’est sur la place de Londres que les Iodes et les colonies d’Australasie ont négocié la presque totalité de leurs emprunts, mais encore que d’entreprises les Anglais dirigent ou commanditent dans le monde entier 1 Ils se sont rendus acquéreurs aux États-Unis de terrains

^ Celte majoration, dont les frais de transport surchargent la valeur des marchandises, explique le fait suivant qui, au premier abord, parait inexplicable. Si on fait le total des exportations et des importations de tous les pays du monde, on constate une supériorité constante des importations sur les exportations. C est ainsi que, d'après l’OfOce de Statistique universelle d Anvers en 1904, la valeur totale des importations du monde était de 67 milliards de francs, tandis que la valeur totale des exportations n’était que de 63 railliard.s, soit 4 milliards de moins. Or si, au lieu de comparer les valeur* des marchandises entrées et sorties, on comparaît leurs quantités, il est bien évident que les deux toUux’ seraient égaux, car il est clair qu’tf ne peut pas y avoir de par le monde plus de marchandises entrées que sorties, k moins de supposer qu’elles se multiplient en roule? Tout au contraire, comme une partie se perd en route par le fait des naufrages et décheU, il est certain que les marchandises arrivées doivent être an peu inférieures en quantité aux marchandises expédiées Mais puisque, au lieu de considérer les quantités oB considère les valeurs, et puisque ces valeurs grossissent en route précisément k cause des frais de route, il n’est pas étonnant que les mar. chandises importées, c’e.'d-à-dire rendues à destination, représentent une valeur plus considérable que les marchandises exportées, c’est-à-dire prises au point de départ.

OïD*. — Éc. Poi. j9

PRINCIPES d’économie POLïTIOUE.

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l’échange international. 327

opérations à l’étranger. — Des places comme celles de Lon-

ares, de Paris ou de Berlin, reçoivent des ordres et font des

operations pour le monde entier, et, comme elles ne le font

pasgratis, elles sont créancières de ce chef de sommes consiaerables.

vente des navires. — Les navires achetés ne figurent

pas sur les registres des douanes, pas plus à l’entrée qu’à la

sortie. Or, 1 Angleterre, qui construit des navires pour tous es pays est créancière de ce chef d’une somme énorme tandis que la France à cet égard est plutôt débitrice.

Si 1 on pouvait connaître assez exactement le montant des creances et des dettes de chaque pays — y compris, bien entendu les exportations et les importations — on saurait quel est le solde qui re.sle au crédit ou au débit de chaque pays, et on verrait que la quantité de numéraire qui entre ou qui sort est égale à ce solde.

P^'sque dans ces cinq dernières anees elle a eu un excédent annuel d’importations de i.320

^00 mm-! a touché, année moyenne,

00 millions francs en numéraire, c’est donc que la balance

Jinf ®t de ses dettes sur l’étranger lui laisse un

solde créditeur de 1.320 -+- 200 = 1..520 millions francs.

Comment se maintient la balance des comptes.

Abandonnons donc la vieille et absurde idée — encore souvent ressassée dans des journaux importants — qu’un pays marche à sa ruine quand il importe plus qu’il n'exporte. Mais la question n’est que déplacée, car, remplaçant alors les mots « balance du commerce » par ceux de « b»lance des^mptes », nous devons la formuler ainsi : un pays ne risque-t-il pas de se ruiner quand, tout compte fait. Il a plus à payer à l’étranger qu’à en recevoir?

A cette question les économistes de l’école classique ré-

principes d’économie politiqüe.

poiidaieol hardiment : non I Et ils donnaient, à l’appui de leur dire, une très élégante démonstration.

Supposons qu’il s’agisse de la France.

Admettons que le manque d’équilibre entre les créances et les dettes entraîne un drainage continu du numéraire. La fuite du numéraire aura pour effet, pour autant que la théorie quantitative de la monnaie est vraie (voir ci-dessus, p. 235), l’accroissement de valeur de la monnaie et, par voie de conséquence, une baisse générale des prix. Mais si les prix baissent ce sera un grand stimulant pour l'exportation, puisque les étrangers auront tout avantage à venir faire leurs achats chez nous — le commerce acheteur court toujours au meilleur marché — et ce sera du même coup un frein énergique àl importation puisque les étrangers ne trouveront plus profit à venir vendre chez nous et que nos nationaux pourront s’approvisionner désormais à meilleur compte en France : on ne voit guère les marchandises aller des endroits où elles sont chères aux endroits où elles sont bon marché, pas plus qu on ne voit les fleuves remonter vers leurs sources 1 En fin de compte, cette situation doit tendre au relèvement des exportations et à la réduction des importation. Voilà précisément le remède qui convient à la situation. Et finalement le numéraire reviendra comme il était parti.

Supposez que la France émette du papier-monnaie pour remplacer son numéraire, même résultat et accentué. La monnaie métallique rare fera prime et une prime d’autant plus forte que l’on a émis plus de papier-monnaie. Alors les producteurs français trouvent un grand avantagea vendre à l’étranger puisqu’ils sont payés avec une monnaie qui fait prime et que cette prime leur procure un bénéfice. L’exportation est donc fortement stimulée. Et réciproquement l'importation est découragée, car les étrangers n’aiment pas à vendre dans un pays à monnaie de papier dépréciée, ou, s’ils le font, ils ne pourront le faire qu’en élevant leurs prix, ce qui aura également pour effet de restreindre leur clientèle.

11 n est même pas besoin d attendre que la baisse des prix

l’échange international.

se soit produite pour que le courant des importations et des exportations se renverse : un mécanisme plus subtil devance ce moment. C’est la hausse du changequ] produit les mêmes effets : stimuler les exportations et restreindre les importations (voir ci-après Le C/iûni/tj).

En résumé, il y a un jeu automatique dans la balance d^s comptes qui lui permet de reprendre d’elle-même la position d équilibre quand elle s’en est écartée — comme ces régulateurs des machines à vapeur qui tendent à ramener toujours la vitesse de la machine à sa position d’équilibre. Le courant ne peut jamais persister dans le même sens, pas plus qu’un courant de marée : tôt ou tard il se renverse et, après avoir emporté le numéraire, il le rapporte.

C’est Hicardo qui a donné à cette démonstration une formule très frappante en disant que V échange international tend toujours à prendrejqjprrne du troc'— comme chez les sauvagèaTTauC bien~entendu, la supériorité des procédés employés. Toute dette vis-à-vis d un pays étranger est payée

par une exportation de marchandises vers ce même pays

et, réciproquement, toute créance sur un pays étranger est payée par une importation de marchandises de ce même pays, tout comme si l’argent n’existait pas*.

Et mieux encore, dit-on, l’expérience a démontré que toutes les fois que, à la suite d un traité de commerce ou par toute autre cause, un pays a vu ses importations augmenter dans une forte proportion, il n’a jamais manqué de voir ses exportations augmenter parallèlement. Et réciproquement si, par le moyen d’un tarif protectionniste, il réussit à dimi-

« Cependant M. Herckenrath. dans la traduction hollandaise, fait remarquer que pour les pays, comme pour les individus, l’échange ne se fait pas toujours marchandise contre marchpndtse, mais peut se faire marchandise contre service ou vice versa. Cela est vrai : lorsque par exemple, la Suisse donne, en échange de l'argent des touristes, la vue de ses cascades, ou I Italie celle de ses tableaux, ces pays Dont besoin de fournir aucune marchandise comme contre-partie. Il faut donc prendre le mot de troc dans le sens le plus large comme embrassant les serrices aussi bien que les marchandises.

PRINCIPES d’économie POLITIQUE.

>mportations, il doit s’attendre à voir diminuer proportionnellement ses exportations. "

Celte théorie trouve certainement une confirmation dans les faits, puisque les statistiques (voir p. 323), démontrent que le numéraire n’intervient queVour une très fXTart dans le règlement du commerce international — 6 à 7 d 0/0

d elle- même et que créances et dettes tendent à s equilibrer. C est ce que, dans l’école de Bastiat, on appelait uoe « harmonie économique ».

Néanmoins aujourd’hui on n’est pas si affirmatif et on

admet que cest une situation fâcheuse pour un pays que

d avoir nous ne disons plus une balance du cîmme^rce

défavorable, ce qui, en effet, ne signifie rien - mairune

balance des comptes qui le constitue débiteur de l’étranger

En effet la diminution de son stock monétaire impliqué

un appauvrissement- sinon en soi, du moins relativLent

ux autres pays — et la baisse des prix, avec la baisse des

salaires qui en résultera, en admettant qu’elle soit le remède

Il en est pas moins un mal aussi : tous les producteurs en savent quelque chose. ^ ^uuueurs en

D’autre part ce solde débiteur, en dehors même de ses

cheuse . - ou que le pays ne peut suffire à ses besoins ni payer avec son travail ce qu’il demande à l’étranger ou

qu il doit payer tribut a des citoyens absentéistes qui vont manger leurs revenus au dehors. ^ ° ^

Si, pour remplacer le numéraire qui s’en va, le pays émet du papier-monnaie, le voilà sur la pente qui le conduit à la banqueroute. Et le pire sera si le pays, n’ayant nas dWpiî pour payer le solde débiteur, empmnle pour s'acquitter comme ces fils de famille qui fon^ renouveler rXoué échéance les billets qu’ils ont souscrits! Alors il marche à la banqueroute. Ç’a été l’histoire de plus d’un État

l’échange international. 33 i

En qooi consistent les avantages de l'échange

international.

Pour apprécier les avantages du commerce international on s’est placé, chose bizarre! à deux points de vue précisément inverses.

L’école classique pose en principe :

i® Que l’échange international est nécessairement avantageux aux deux pays, car, s’il ne l’était pas, pourquoi le ferait-on? Il faudrait alors supposer que celui des deux pays qui y perd joue, de gré ou de force, le rôle de dupe.

2® Que c'est dans l’importation que consiste pour chacun des deux pays l’avantage de l’échange. C’est l’importation I qui est le but et la seule raison d’être de l’échange interna-

{ lional : quant à l’exportation, elle n’est qu’un moyen, le

S seul moyen pour un pays d’acquérir les marchandises qu’il

j importe, le prix en nature dont il les paie. Et la supériorité

I de valeur des marchandises importées sur les marchandises

I exportées mesure précisément l’avantage que l’échange in-

I ternational lui procure. Acquérir, par exemple, une somma

de marchandises importées valant 8 milliards en donnauv en échange des marchandises exportées qui ne valent que 6 milliards, voilà une opération qui représente 2 milliards de bénéfices pour le pays. Car moins on a à donner en échange de ce qu’on veut acquérir et plus l’échange est lucratif!

D’après cette théorie quand deux pays échangent, par exemple quand l’Angleterre et la France échangent la houille de l’une contre le vio de l’autre — une tonne de houille con- I tre un hectolitre de vin — l’Angleterre compare ce que

; lui coûte la production de la tonne de houille et ce que lui

coûterait la production d’un hectolitre de vin. Et comme ce dernier coût serait infiniment plus grand — car comment l’Angleterre pourrait-elle produire du vin? — il en résulte que l’avantage de l’échange est immense pour elle. 11 est

If

moindre sans doute pour la France, parce qu’elle a aussi des mines de houi le, mais réel pourtant parce que le coût de

gleterre°° ^ bouille est plus élevé chez elle qu’en An-

3» Que l’avantage est le plus grand pour celui des deux pays qui est dans la situation la plus défavorable — soit à raison de la pauvreté de son sol, ou de l’infériorité de ses forces productives, ou de l’absence d’industrie, etc. — parce

que c est pour celui-là que l’effort et le coût épargné par 1 échange est le plus grand.

Au contraire, l’école protectionniste et même l’opinion publique, pour apprécier les avantages du commerce international, regardent uniquement du côté des exportations’ c est en ceci, seulement, que consisterait le véritable profit du commerce international. L’importation n’apparaît ici que comme une fâcheuse nécessité à laquelle il faut bien qJaa pays se resigne dans le cas où il ne peut produire lui-méme ce qui est indispensable, mais qu’il doit s’efforcer de réduire e plus possible, car elle,constjtue le pays en dépense. C’est 1 exportation seule qui représente un enrichissement, une recette. Donc 1 avantage du commerce international se mesure par la supériorité des exportations sur les importa-

n " « <^éP«"ses. Si la France expor-

tait pour 8 milliards de marchandises et n’en importait que

pour 6 milliards, on en conclurait qu’il y a 2 miUiards de bénéfices pour le pays. «‘uiarus ae

d’ifrf raisooner procèdent l’une et l’autre

d un point de vue par trop simpliste : l’assimilation entre la situation des pays et celle des individus. Non : un grand pays ne peut pas être assimilé, comme le font les fibreéchangistes, a un sauvage qui cherche dans l’échange sous forme de troc uniquement le moven de se procurer ce

pas davantage, comme le font les protectiontes, a un marchand n’achetant que pour revendre et trou van son bénéfice dans l’excédent du prix de vente sur le achat. Il n y a jamais « un pays » qui vende a un autre • pays », comme on dit par métaphore, mais des miViers

l’échange international. 333

d individus dont chacun achète ou vend sans s’inquiéter des autres. Et entre les exportations et importations il n’v a aucune solidarité réfléchie. Il ne s’agit pas ici du sauv ge qui donne de 1 ivoire pour avoir un fusil, pas plus que du marchand qui achète pour revendre. Le fabricant français d automobiles qui vend à un Anglais ne le fait pas avec l’intentionde se procurer en échange du charbon — et l’Anolais qui achète l’automobile ne le fait pas en vue de la revendre.

ans doute il y a, comme nous l’avons vu, certaines lois générales qui dominent la mêlée des actes individuels et ramènent a un certain équilibre les importations et

exportations. Mais j^opümisme fioaUsle seul peutrroin me

tous ces actes i n d i y id 11 els '’onsnireront au lueu de. tons.

international ne sont pas susceptibles d être calculés par des opérations d’arithmétique :

I s ne sont pas mesurables en argent; ils sont complexes et

II faut les chercher à la fois, suivant les cas, soit du côté des importations, soit du côté des exportations.

Voici d'abord ceux des importations •

Accroissement de bien-être, dans ie cas où il s’agit de denrées que le pays ne saurait produire à raison de son sol ou de son climat — les denrées coloniales pour les pays d Europe le vin ou le raisin sec pour l’Angleterre le sel pour la Norvège, le cuivre pour la France, if houille pour la Suisse, etc. Cet avantage-là est indiscutable ^

Supplément de nourriture là où le territoire est trop limité pour nourrir la population. Déjà l’Angleterre pour nourrir sur son île étroite sa population chaque jour’gfandissante, est obligée de demander à l’importation pour^près

Ue de ce qu elle consomme en fait de céréales, viandes et boissons. De même rAllemagne doil demander à rémrngeJ plus d un quart de sa nourriture, ^

C’est là un fait général et qui ne fera que s'accentuer avec le temps ; au fur et a mesure que la population des pays

vemrde I étranger une quantité de plus en plus considérable

ly*

PRINCIPES d’économie POLITIQUE.

d aliments. Cet avantage- ci est plutôt un moindre mal qu’un bien. Il vaut mieux évidemment pour un peuple faire venir de l étranger le pain qui lui manque que de voir une partie de sa population mourir de faim, mais s’il n’y a pas d’inconvénient pour un simple particulier à compter sur le boulanger pour lui fournirson pain quotidien, on comprend aisément que cela ne soit pas sans danger pour un pays.

3° Economie de travail dans le cas où il s’agit de richesses que le pays importateur pourrait produire, s’il le fallait mais qu’il ne pourrait produire qu’avec plus de frais que le pays d origine, parce que celui-ci se trouve dans des conditions de supériorité naturelle ou acquise. La France, par exemple, pourrait bien faire elle-même ses machines et elle en fait de très belles, ne fussent que les moteurs de ses automobiles et de ses aéroplanes, mais elle a souvent plus d’avantage à les faire venir d’Angleterre ou des États-Unis, ces pays étant par la nature mieux approvisionnés de fer el de

houille et aussi ayant un outillage mécanique plus perfectionné. 1 r r

Cet avantage de l’échange international suppose ordinairement une infériorité de production relative chez le pays qui importe; pourtant ce n’est point toujours le cas. Un pays peut avoir avantage à se procurer par l’importation certaines richesses, alom même qu'il serait en mesure de les produire dans des conditions plus favorables que le pays qui les lui vend. Supposons que les Antilles puissent produire du blé dans des conditions plus favorables que la France, par exemple avec /row journées de travail par quintal au lieu de six ne semble-t-il pas qu’il serait plus avantageux pour elles' en ce cas, de produire directement leur blé plutôt que de le faire venir de France? - Et cependant il est très possible que les Antilles trouvent leur compte à importer leur blé de France. 11 suffit de supposer qu’elles trouvent le moyen de payer ce blé français avec une denrée qu’elles pourront produire dans des conditions encore plus favorables que le blé, par «emple, avec du sucre qui ne leur coûtera qu’une journée de travail. Il est clair que cette opération leur sera

ir-wïUsn.K

l’échange international.

très avantageuse puisqu’elle leur procurera la même quantité de blé avec un travail trois fois moindre que si elles le produisaient elles-mêmes.

Un pays pourrait donc être en situation de produire toutes choses à moins de frais que ses voisins et avoir néanmoins intérêt à importer leurs produits. Car, même en ce cas, il trouverait avantage à se consacrer à la production des articles pour lesquels sa supériorité est la plus grande et à les offrir à ses voisins moins privilégiés pour se procurer en échange les produits pour lesquels sa supériorité, quoique réelle encore, est pourtant moins accentuée*. En ce cas, l’exportation n’est plus qu’un moyen d’obtenir une importation, c’est un do ut des.

Quanta l’exportation, ses avantages sont les suivants :

r Utiliser certaines richesses naturelles ou forces productives qui resteraient sans emploi si elles ne trouvaient un débouché au dehors. Sans l’exportation, le Pérou ne saurait que faire de son guano ou de ses nitrates, l’Australie de ses laines, la Californie de son or, l’Espagne de ses vins.

2® Servir à acheter lesproduits, matières premières etdenrées alimentaires, qui font défaut dans le pays ou ne se trouvent qu’en quantité insuffisante pour les besoins. C'est grâce à leur exportation d’articles fabriqués que l’Angleterre, la Belgique, l’Allemagne, peuvent alimenter de matières premières leur industrie et leur population.

3® Abaisser le prix de revient des produits industriels et par là même, développer l’industrie nationale, car nous savons que la division du travail et les progrès de la grande

1 C’est Ricardo d'abord et ensuite Stuart Mill qui ont attiré l’attention sur ce fait curieux qu’on pourrait appeler un paradoxe économique, car il n’est pas normal que si A peut faire une chose plus facilement que B, il ait l’idée de l’acheter à B. Cependant ce cas, quoique rare, n’est pa.s spécial à l’échange entre pays, car, comme l’avait fait remarquer déjà Ricardo (et M, Herckenrath, dans la traduction de ce livre), cela peut se présenter aussi pour des individus. Un professeur de botanique ou un docteur peut être très habile jardinier et néanmoins, même en ce cas, il trouve avantage à confier son jardin à un jardinier, quoique moins habile que lui, pour consacrer tout son temps à ses malades ou à ses études.

production sont en raison de l’étendue des débouchés fvoir ci-dessus, P 183). L’Angleterre, si elle n’avait exporté dans e monde entier, n aurait pu pousser aussi loin qu’elle l’a fait les perfectionnements de son outillage industriel. Par rihS^' ^ chantiers de construction ma-

c P®"' se spé-

cifier et s outiller grandement et construire des navires meilleur marché que partout ailleurs.

f^iiib3lü4B0rir

l’échange international. 337

raient pu se substituer à elles sur le marché. Elles représentent par exemple une valeur de 100 millions seulement, tandis que la production séricicole française représentait une valeur de 120 millions. Donc, pour faire face à cette importation par une contre-exportation équivalente, il suffira que l’industrie parisienne envoie à la Chine (ou ailleure) pour 100 millions d’articles de Paris. Le résultat final sera donc bien une diminution de 20 millions pour la production indigène, représentant une diminution de travail correspondante.

N’y aurait-il d’ailleurs d’autre effet produit qu’un déplacement de travail — celui-ci saute aux yeux — il n’en constituerait pas moins un préjudice errave pour certaines classes de la population. Il est clair que les fabricants de soie de Cévennes, ne pouvant pas convertir leurs filatures en fabriques d’articles de Pans, devront perdre les capitaux engagés dans leurs usines sous la forme de capitaux fixés; et comme lesfileuses qu’ils employaient ne peuvent pas non plus aller faire de la bimbeloterie pour les Chinois, il n’est pas sûr qu’elles trouvent un autre métier. C’est 'donc la ruine pour les premiers, le chômage et la misère pour les seconds.

Cependant on peut faire valoir certaines circonstances atténuantes. On peut dire, de même que pour les machines (voir pp. 109-113), que le commerce international, par ses conséquences indirectes, pourra augmenter la quantité de travail qu’il avait commencé par diminuer, et cela de deux façons différentes :

!• Parce que l’abaissement des prix, résultant du libreéchange lui-même, entraînera un accroiisement de conxommation et par conséquent un accroissement de produclion. Par exemple, la baisse des soies fera que nous en consommerons davantage. En admettant même que cette demande accrue ne porte que sur les soies de Chine et non sur les soies françaises, il faudra néanmoins, pour payer cette importation grossissante, une exportation grossissante aussi d articles de Paris, représentant non plus seulement 100

LA POLITIQUE COMMERCIALE

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