PL
LES BESOINS ET LA VALEUR
est vrai qu’on dit couramment d un objet quelconque ‘1 R «. une grande valeur » - sans rien ajouter d autre.
-1 iR terme de comparaison, pour être sous-entendu, n en nas moins. On entend par là que le diamant a une
valeur relativement à l’unité monétaire auquel cas
grande pûUp autre valeur qui s appelle une pièce
ïraX des Richesses’ auquel cas on le compare à tonies les richesses considérées collectivement. De meme, quand
dTt d’un^ le
s exprimer aucune comparaison, on entend par la qu il un nombre considérable de kilogrammes, c est-adîreque nous le rapportons au poids d’un litre deau; ou si l’on dressait la liste de tous les corpsa nous connus,
U occuperait, au point de vue de la pesanteur, le premier
*^2?’ Ce qui caractérise encore la valeur, c'est la rareté,
, . A'wne. hausse ou d'une baisse de ,
ne doit jamais parler si la valeur n est
un^e éUblie entre les
nen ffrpIuïTîîrua ordre. ^ comprendre que toutes, en même temps,
richesses, comment ^ , p ^ les puissent monter sur
f.rrill“il"f2t nécesïiremcui qu elles prennent la place des autres les-
!!5rarrhent vers « cet état stationnaire . que prévoit Stuart Mm°‘ol les Tm^ cesseraient d èlre remplies du souci de ^
Hcbe,.e, ». pourn. '‘j™ 1. fore, de W-
riî'J,^“Je%“déer. .. pL™ di™ le pold» de l... le. c.rp.
EÎLcore même d... celle hypolhè», |■..Mrll.. ..«»i
économique.
c’est-à-dire (car ce mot-là a besoin d’être expliqué et rectifié non moins que celui d’utilité) une insuffisance de la quantité existante par rapport à la quantité demandée*. Si en effet un bien est en quantité surabondante pour les besoins, il ne peut prétendre avoir une valeur quelconque. Tel est le cas, toujours cité, de l’eau potable dans la plupart de nos pays, de la terre vierge dans les pays non encore occupés, et souvent,dans nos cités, hélas! de la main d’œuvre humaine. Et pourquoi? par la raison bien simple que nous avons donnée en analysant les besoins (p. 47) : parce que tout besoin et tout désir disparaît dès qu’il est saturé et se change mémo en répulsion pour l’objet qu’il convoitait naguère. Cependant, dira-t-on, l'eau resté utile même quand nous sommes désaltérés.’’ Oui, elle est utile en ce sens qu’elle a toujours physiquement des propriétés désaltérantes, mais, économiquement, elle n’est plus désirable ni pour moi ni pour personne, puisque tout le monde en a assez, en a même « de reste » comme on dit*.
Plus la quantité se rapprochera de cette limite où elle dépasse le besoin et plus la valeur tendra à baisser, plus elle s’en éloigne et plus elle tendra à hausser.
11 en résulte celle conséquence curieuse, qu’on pourrait appeler un paradoxe économique, c’est qu’il est possible qu’en augmentant la quantité d’un bien on diminue la 'somme des valeurs qu’il représente, et réciproquement qu’en
* En effet, le fait de la rareté, considéré isolément, c’est-à-dire quand il n’est pas rapproché de la demande, du besoin, n'a aucune inllueocesur la valeur. Les cerises ne sont pas moins rares à !a fin de la saison qu'au début; néanmoins comme elles ne sont désirées que loi'squ'elles sont des primeur», la rareté à la fin de saison ne leur confère aucune valeur. En supposant que j’aie écrit une tragédie, mon manuscrit sera un exemplaire unique au monde, ce qui est le maximum de la rareté, mais cela ne lui conférera aucune valeur.
2 Ceci d’ailleurs n*est vrai que de l’eau potable; car si elle doit satisfaire aux besoins de PirrigatioD, ou à ceux de l’agrément, ou qu'elle d#>vienoe force motrice, l’eau a parfaitement une valeur et une valeur considérable. Pourquoi? parce que, pour de semblables emplois, elle n'est plus en quantité snITisante pour répondre aux besoins de tous ceux qui Toudraient en user.
Kù
les besoins BT LA VALEUR.
diminuant cette quantité on augmente somme des valeurs.
P uTîoi était connue et pratiquée par les marçhapds d ep -
Ss Ides hoUandaises qui d«rfa.'eal uae
q^limUeil sous p^ned’amende, la production du charbon
°\tpïerU’ par le coup de baguette d’une fée, ou nlusTmplemeut par le progrès indéfini de la science et de F’iaduslrie, tous les objets devinssent aussi abondants que l’eau des sources ou le sable des plages et que les hommes,
pour satisfaire leurs désirs, a’eussent qa^ puiser a volonté,
S’est-il pas évident que dans cette hypothèse, toutes choses, à raison même de leur surabondance, auraient perdu tou valeur? Pour un individu elles n’en auraient ni plus ni moins que cette même eau des sources ou ces mêmes graine, de sable auxquels nous venons de les comparer.
Et on arrive à cette conclusion que dans ce pays de Cocagne la richesse sociale serait à son maximum et que pourtant il n’y aurait plus de riches, puisque ce jour-la tous les hommes seraient égaux devant la non-valeur même qu’aujourd’hui le roi et le mendiant sont égaux
devant la lumière du soleil *.
1 C’est la question que J. -B. Say considérait comme la l
de l’économie poliüque et qu’U posait en ces termes : « La ^
comnosée de l^valeur des choses possédées, comment se peut-il qu une Ssïit d’autant plus riche que les choses y sont A pl- ^Pnj >;
(Court (T Économie Politique, 3* partie, ch. v). Et Proudbon, cans ^ ^
ses Contradictions économiques, avait mis au défi « tout 5
gérieux » d’y répondre. U difficulté prétendue tient à ceci que le pre- j
Lier membre de la phrase de J.-B. Say, en définissant la richesse « une
somme de valeurs ., prend le mot de richesse dans le sens individuel, la |
valeur en argent. La richesse d’un individu est composée de la somme
des biens qu’il possède évaluée en argent — or plus il y en a, moins i.s ^
valent - tendisse dans le second membre de la phrase « la nation est
d'autant plus riche que les choses sont A plus bas prix », il prend le
mot de richesse dans le sens social, celui d abondance. |
Quand, A cerUines années de grande récolte, il arrive que la France |
reïirge de vin ou de blé, on dit que c’est une bonne année », mais elle |
PRINCIPES D ECONOMIE POUTIQUE
Qa’est-ce qni fait la Taleorî
Nous venons de dire que la valeur implique un classement, une comparaison, une préférence. Or, pourquoi préférons-nous telle chose à telle autre, pourquoi disons-nous qu’elle vaut plus que telle autre? Pourquoi 1 kilogramme or vaut-il à peu près 10.000 kilogrammes pain? Voilà la terrible question qui, depuis plus d’un siècle, met à la torture toutes les générations d’économistes. Chacune se flatte d’y avoir répondu d’une façon catégorique, mais la suivante ne se tient pas satisfaite et cherche à creuser le problème plus profondément.
On peut se demander si elle n’est pas insoluble de même que beaucoup d’autres problèmes que l’homme s’est posés pendant des siècles et qu’il a abandonnés depuis. Si le proverbe dit que « des goûts et des couleurs on ne saurait disputer », ne faut-il pas dire de même que les causes des goûts et des désirs des hommes échappent à toute analyse? Ricardo dit : « Chaque homme a un étalon particulier pour apprécier la valeur de ses jouissances. Mais cet étalon est aussi variable que le caractère humain ».
Cependant ce serait renoncer à voir dans l’économie politique une science que de renoncer à dégager de ces préférences individuelles certains mobiles généraux. Et non seulement les économistes ont cherché à déterminer les causes de la valeur, mais encore il se sont évertués à les ramener toutes à une cause unique. Seulement ils n’ont pu se mettre d’accord sur cette cause : utilité? rareté? difficulté d’acquisition? coût de production? coût de reproduction? Chacune
est alors très mauvaise pour les propriétaires qui vendent très mal leur vin ou leur blé. M“* de Sévipné, qui ne s’inquiétait guère d’économie politique, comprenait cela à merveille quand elle écrivait de son château de Grignan (octobre 1673) : « Tout crève ici de blé et je n’ai pas un sol? Je crie famine sur un tas de blé! ».
LES BESOINS ET LA VALEUR
I a trouvé ses partisans. Mais la plupart ont été successive-
^ ment abandonnées. , • . . » i j .»
La théorie de ['utilité au sens vulgaire du mot, c est-a-dire
' ' la propriété de répondre aux besoins les plus urgents, n’a pu résister à cette objection banale : pourquoi le diamant 5fi<rure-t-il au premier rang et l’eau au dernier rang de Sl’échelle des valeurs — c’est-à-dire en raison précisément iS inverse de leur utilité réelle? — puisque l’eau est assurément «[celui de tous les corps qui correspond au besoin le plus « fréquent et le plus intense : apiorov [xev 3Swp, disait déjà le
^ poète Pindare.
\ Mais elle avait été généralement complétée par 1 adjonc- J tion de l’élément rareté, et certains économistes même 5 (comme Senior et Walras père) avaient pensé que celui-ci
Î suffisait, l’utitité étant naturellement sous-entendue dans le mol rareté — une rareté inutile serait un non-sens. Bien que cette théorie se rapproche beaucoup de celle de l’utilité finale, généralement adoptée aujourd’hui et que nous allons voir tout à l’heure, elle déroule l’esprit en mettant au premier plan ce qui n’est que secondaire. C’est pour le collectionneur seulement que le principal ou même parfois l’unique mérite des choses est dans leur rareté, mais la rareté n’est pas un attrait par elle-même : elle nest que l’obstacle qui comprime et fait jaillir plus haut le désir '. .
I La difficulté d'acquisition est une expression qui vaut mieux que celle de rareté parce quelle a l avanta^'e de grouper en deux moU beaucoup des éléments qui peuvent influer sur la valeur, mais, de même que l’explication de la rareté, elle omet le plus essentiel, le désir. Rien de plus dillicile que de retirer un caillou jeté au fond de l’Atlantique : pourtanl cela ne lui confère aucune valeur.
Le coût de reproduction, Ihéorie çhère à I économiste américain Carey et è l’italien Ferraru, ne diffère de la précédente qu’en ce qu’elle considère la peine qu’il faudrait prendre pour remplacer la chose et non
celle qui a été prise pour l'acquérir.
Quaul à la loi de Voffre et de la demande si elle peut expliquer (et encore avec les réserves que nous verrons ci-après) les variations^ de la valeur elle ne saurait expliquer son origine ou sa cause. Dire qu une valeur est plus ou moins grande selon qu'elle est plus ou moins offerte ou plus ou moins demandée, c est dire qu’un pendule oscille plus ou
Gide. — Èc. Pou ^
fi
îtl
Il n’y a plus que deux explications aujourd’hui qui se disputent le terrain et encore la première l’a-t-elle presque tout perdu : c’est la théorie du travail et celle de ['utilité
finale.
Exposons-les brièvement.
§ 1. — Travail,
Celte théorie a tenu une place éminente dans Thistoire des doctrines. Enseignée pour la première fois, quoique sous une forme un peu incertaine, par Adam Smith, fortement affirmée par Ricardo, elle a rallié les économistes appartenantaux écoles les plus opposées, depuis les optimistes comme Bastiat jusqu’au.x socialistes comme Karl Marx .
Bien entendu, cette théorie ne conteste pas que 1 utilité, c’est à-dire la propriété de satisfaire à un besoin ou a un désir quelconque de l'homme, ne reste la condition primordiale de toute valeur. 11 faudrait, en effet, avoir perdu le sens pour imaginer qu’une chose qui ne sert à [ien puisse avoir une valeur quelconque, quel que soit d ailleurs le travail qu’elle ait pu coûter. Mais, d'après cette école, si l’utilité est la condition de la valeur, elle n’en est point la
moins selon qu’on le pousse plus ou moins à droite
cela ne dit point quelle est la cause qui ramène le pendule a la verticale
{1 attraction terrestre). ^ . . x aa
Pour l’explication du coût de producttoriy voir ci-après page ob,
Il est tout simple, dit Adam Smith, que ce qui est d’ordinaire le produit de deux heures de travail vaille le double de ce qui n exige ordinairement qu’une heure de travail » (I>ivre 1, ch, 16).
« Je considère le travail, dit Ricardo, comme la source de toute valeur et sa quantité relative comme la mesure qui règle presque exclusivement
la valeur relative des marchandises » (Ch. 1, sect. 2).
« La valeur d’une marchandise est déterminée par le quantum du travail dépensé pendant sa production» (Karl Marx. ch. 1).
Malgré cette identité apparente, les explications de la valeur données par ces trois grands esprits sont, au fond, assez differentes : ne pouvons entrer ici dans ces nuances (Voir l Histoire des Do
par Gide et Rist).
TT
les besoins et la valeur.
T P fondement de la valeur ce serait le travail de
Sme e° toute chose vaudrait plus ou motus suivant I homme, ei travail plus ou moins considérable.
■'“SlLThtoriê parait au premier abord plus séduisante que
prëmtremeut, parce qu’elle est plusjàatUaaïS.
Vllo donne pour fondement à la valeur une notion précise, un Ualir quelque qui se mesure. Dire que telle
Contre a une valeur deux fois plus grande que telle autre parce quelle représente un travail double, voilaqui satis ait fa raison : l’expUcalion parait valable ; en tout cas on peu a vérifier.Mais dire qu’elle vaut le double parce que son utilité est deux fois plus grande, voilà qui ne nous éclaire guère.
Secondement, de satisfaire mieux l'idée de justice, parce au’elle donne pour fondement à la valeur un élément moral ; le travail. Et c’est par ce côté surtout quelle a séduit tant d'esprits généreux. Si l'on réussissait a démontrer que la valeur de toutes les choses qui ont été '
mencer par la terre, est en
coûté il ne s'ensuivrait pas nécessairement que la richesse appropriée par chacun est équivalente au produit de son trïvaü-c&v il peut s’être approprié une valeur créée par le travail d’autrui, — mais du moins le problème con siste a attribuer à chacun une valeur égale au produit de son travail se trouverait fort simplifié et il deviendrait plus facile d’asseoir solidement l’organisation sociale sur un prin-
cipe de justice ^
1 Remarquez cepeudant que cette explication a été à deux
fins contraires - aussi bien à défendre la propnété individuelle qu à la
‘^Ti'Vécole optimiste affirme que les valeurs appropriées par chacun sont en général (sauf les perturbations, exploitations et vols, so^
pas exemptes les sociétés les plus civilisées) je rruU IrUlaire ou de ses auteurs. Voir Bastiat, Fontenay, Paul Leroy-beauîieu - notamment sur la propriété foncière où la démonstration est la
Au^EïaTre l’école socialiste affirme que les valeurs appropriées sont en général le fruit du travail d autrui*
r,l PRINCIPES d’économie politique.
Cependant il faut remarquer que ce motif d’ordre moral est contestable, car le travail lui-même, s’il est inutile, ne saurait prétendre à une valeur morale. En admettant même, ce qui n’est pas toujours le cas, qu’il implique tout au moins de bonnes intentions, il faut se rappeler le dicton : « l’enfer est pavé de bonnes intentions ».
Mais au point de vue économique, cette explication vaut moins encore par les raisons suivantes :
1“ Si la valeur d’une chose avait pour cause ou pour substance le travail consacré à la produire, cette valeur devrait être nécessairement immuable, car, comme le dit Bastiat, le « travail pansé n’est pas susceptible de plus ou de moins ». — Or, chacun sait, au contraire, que la valeur d’un objet varie dans le temps et sans cesse, précisément parce qu’elle dépend de la demande, du désir. 11 est donc bien évident que ces variations sont absolument indépendantes du travail de production. A priori, d’ailleurs, il est absurde de penser que la valeur d’une chose peut ainsi dépendre d’un fait passé sans retour. C’est là une affaire finie, il n’y a plus à y revenir, et c’est le cas de dire, comme lady Macbeth : what's done, is done! ce qui est fait est faiti
A ceci on peut répondre, il est vrai, que le travail pris pour mesure de la valeur n’est pas le travail passé, mais le travail présent, c'est-à-dire non le travail spécialement consacré à produire l’objet que l’on considère, mais le travail générique nécessaire, dans les conditions sociales existantes, pour reproduire les mêmes objets, le travail de reproduction *.
> Karl Marx répondait à cette objection à peu près de même en déclaraot qu'il n'y a pas à s'occuper du travail individuel qui a pu être consacré à produire un objet quelconque, mais du travail social néces- 8 lire pour la production de cet objet, lequel se mesure par le nombre d'heures nécessaires en moyenne pour Texéculer.
Bastiat, pour résoudre la même difficulté, dit qu'il faut considérer non point le travail effectué par celui qui a produit hobjet, mais seulement le travail épargné à celui qui veut s’en rendre acquéreur.
Et comme épargner à quelqu’un un certain travail, c’est, d’apres Ba.stiat, « lui rendre service », l’auteur des Harmonies arrive par là à dé-
An
les besoins et la valeur.
Si le travail était la cause de la valeur, à des travaux ^ enr^nrlnient louionrs des valeurs égales . et a
égaux corre P " valeurs inégales. — Or, à chaque
^''lantToîs voyonVdes objets qui ont coûté le même trams ant, nou > . ^ dilTérents (exemple : un filet
f de CBS morceaux esldélermiûée par \eur qualité,
la ” I milité respective; - et, à l’inverse,
antremeut d t, P “ '''"l
desobjels qu. on coûte : uQ hectolitre de blé récolté :: ,me "en' proZit ,ô a .-heclare el un hectolitre de blé de même qualité sur une terre qui en produit oO).
sztt :iw;:utrq“ue“°sZ”te romi™,:. ll. j
M niLur. l'imporunc. du .ervlce rendu. Voir dans In mie Pntei,ue (14 juiu t«S7) la critique que n~.
théorie et au conlr.iire, dans Cauwès (t. l, p- 308)i '
Remarauez d’ailleurs que dans la mesure, où ces amenderaenU corn-
E bÆ- ï!
lot noss"s“.ur poSÎ le produire, mais nous nions que cette harmonie sulis.e s‘, l’on se contente de démontrer que la proportionnelle à la peine épargnée (et ^
IrL) comme le dit Bastiat. - ou au travail moyen indépendant de Velfort individuel!) comme le dit Karl Marx.
nous le verrons, elle implique toujours un excédent du prix de vente d’un objet sur le coût de production, c’est-à-dire '
sur le coût en travail. Or, la rente existe, plus ou moins, partout*.
3" Si le travail était la cause de la valeur, là où le travail serait nul, la valeur serait nulle aussi. — Or, innombrables sont les choses qui ont une valeur originelle sans aucun tra- j vail, tout simplement parce que utiles et recherchées : source d’eau minérale ou de pétrole, guano déposé par les oiseaux de mer, plage de sable de la Camargue qui n’a été labourée que par le vent du large et qui se vend très cher pour y planter des vignes, terrains situés à Paris aux Champs-Elysées, etc.* — ou qui acquièrent une valeur
nouvelle sans travail : par exemple, le vin en restant en cave.
4 Si le travail est la cause de la valeur, quelle sera donc la cause de la valeur du travail lui-même? Car le travail a incontestablement une valeur : il se vend, il s’achète, il se loue tous les jours. Pourquoi, sinon parce qu’il est utile et source d’utilités? Il est facile d’expliquer la valeur du travail par la valeur de ses produits, de même que la valeur d’une terre est déterminée par la valeur des récoltes quelle peut donner. Mais si l’on veut expliquer la valeur de ces mêmes produits par la valeur du travail qui leur a donné naissance, alors on tourne dans un cercle sans issue*.
Ricardo ne niait pas la rente, puisqu’au contraire c est lui-même précisément qui I a découverte pour la terre (Voir Liv. III, La loi de la rente) mais l’explication qu’il en donne ne sert qu’à constater le fait incontestable que deux objeL« de même qualité, c’est-à-dire de même utilité, ont nécessairement la même valeur, quelque inégaux que soient les tra-
* Ricardo et son école ne nient pas non plus (car le fait n’est pas niable) qu il n y ait certains objets « dont la valeur ne dépend que de la rarete parce que nul travail ne peut en augmenter la quantité ». Seulement, Il les considère comme une exception insignifiante et ne cite en exemple que les tableaux précieux, statues, etc. Or ces objets- là consüluent’ en fait, une exception énorme et qui emporte la règle.
La théone du travail et celle du çoüt de vroduclion sont souvent
lÆS BESOINS BT LA VALEUR. I» <
50 Enfin et surtout ce qu’il faut dire c’est que cette conception de la valeur est grossièrement matérialiste; elle représente la valeur comme un produit du travail : or la valeur n’est pas un produit. Comme nous allons le voir, elle n’est pas dans les choses, elle vient du dehors. Il faut se représenter la valeur comme un éclairage des choses sous le rayon projeté par notre désir. Selon que le rayon tourne ici ou là, il fait surgir de l’ombre les objets du monde extérieur et, sitôt qu’il les quitte, ceux-ci disparaissent dans la nuit; ils ont eu une valeur, ils n’en ont plus. C’est ce que la seconde théorie va mieux nous expliquer.
§ 2. — Utiliti finale.
Cette seconde théorie est en quelque sorte l’inverse de la précédente ; tandis que celle-là s’attache à l'idée d'effort accompli, celle-ci s’attache à l’idée de salUfaclion procurée.
Mais la théorie de l’utilité finale se distingue de la Veille théorie de l’utilité en faisant une distinction très fine entre Tulililé d’une chose considérée en bloc, in genere, et l’utilité de chaque unité de celle chose. Elle a démontré que la seule utilité qui nous importe c’est cette dernière.
Quand on formule cette vieille objection que l’eau est très utile et que pourtant elle n’a point de valeur, que veuton dire par la? Veut-on parler de toute l’eau douce existant
employées indilTéremment l’une pour l'autre. II importe cependant de ne pas les confondre.
51 par coûl de produclion on entend la somme des prix payés pour les divers services produolifs, salaire, intérêt, loyer, etc., alors ceci revient k expliquer la valeur du produit par la valeur des éléments qui constituent ce produit, à expliquer le prix de vente par le prix de re* vient, et cela n'apprend rien sur la cause ni l'origine de la valeur puisqu'on explique une valeur par une aulre valeur!
Si par coût de production on entend la quantité de travail et la quonHié de ten})ts employées à la production d'une cho-e (et c est ainsi que pHntpndail Ric;irdo), alors cette explication se ramène à celle exprisée dans le texte, avec cette différence que dans la peine ou 1 effort nécessaire à la produclion, elle fait entrer non seulement le travail mais la durée.
PRINCIPES d’économie POLITIQUE.
à la surface du globe? eo ce cas, il serait absolument faux de prétendre qu’elle n’a point de valeur : elle en aurait une incalculable si elle appartenait à un individu ou à un État, si elle pouvait se vendre. Veut-on parler de la quantité d’eau contenue dans une carafe ou dans un seau? Sans doute, car c’est la seule qui nous intéresse. Hé bien? on ne saurait dire de l’eau contenue dans le seau qu’elle est utile ou qu’elle est inutile... Cela dépend!
En effet imaginons la quantité d’eau, dont je puis disposer journellement, distribuée en une série de seaux numéroléV rangés sur une étagère. Le seau N® 1 a pour moi une utilité maximum, car il doit servir à me désaltérer; le seau N® 2 eo a une grande aussi quoique moindre, car il doit servir à mon pot-au-teu ; le seau N® 3 moindre, car il doit servir à ma toilette ; le seau N“ 4, à faire boire mon cheval; le seau N*» 3, à arroser mes dahlias; le seau N» 6, a laver le pavé de ma cuisine. Le seau N® 7 ne me servira a rien du tout ; aussi ne me donnerai-je pas la peine de le tirer du puits... Et si quelque mauvais génie, comme celui évoqué par « le sorcier maladroit » d’une légende allemande, s’amusait à m’apporter un tO®, un 20*, un 100® seau, jusqu’à m’inonder, il est clair que de ceux-ci non seulement on ne pourrait pas dire qu’ils sont utiles, mais au contraire qu’ils sont positivement nniaiblex. Donc on ne saurait dire de ces seaux d’eau qu'ils sont utiles ni inutiles, mais qu’ils présentent toute une gamme d’utilité décroüsante depuis l’infini jusqu’au zéro, et même acdessous.
Arrêtons-nous par la pensée au seau N® 6, le dernier qu: ait utilité quelconque, quoique très petite — suffisante cependant pour qu’il ait valu la peine de le tirer du puits. Nous pouvons affirmer que c’est ici le point le plus curieux de la démonstration — qu’aucun des autres seaux ne peut avoir une valeur supérieure à celle mesurée por l’uliiüd de ce denner. Pourquoi donc? Parce que, quoi qu’il advienne, c'est par cette dernière unité, acquise ou perdue, que nous mesurons notre jouissance ou notre privation. Supposons
les besoins et la valeur.
en effet que le seau N- 1 . celui qui devait servir à ma boiàson se trouve renversé par accident vais-je crier rnisér corde en disant que je suis condamné à mourir de ^e serait un raisonnement de Jocrisse. H est clair que je ne me priveraTpas de boire pour cela : seulement je serai obligé de sacrifier, pour le remplacer, un autre seau. Lequel ? Év demment celui qui m'est le moins ul.le : a saamr le dernier tiré. Voilà pourquoi celui-là détermme la voleur 1 tous les autres. Et comme ce dernier seau na qu une rndme valeur (dans nos pays du moins : il en serait autr^ ment dans les villages africains), voila pourquoi 1 eau n a qu'une Inlime valeur. C'est que réellement son iMhU flnaU
est très minime. . ,
Débarrassons-nous maintenant de ce numérotage qui n a
été inventé que pour la démonstration, mais qui ne nous sert plus à rien, puisque maintenant il est évident que tous les seaux sont identiques et interchangeables et que par conséquent, ils ont tous la même valeur- Or cette valeur est précisément celle qui correspond au dermer besoin satisfait ou frustré.
Résumons celte démonstration :
La valeur est déterminée par 1 utilité subjective,
Cette utilité n’est pas la même pour chaque unité possédée- et elle va décroissant, car l’intensité du besoin va diminuant au fur et à mesure que le nombre d’unités possédées augmente. /,
Or c’est l’utilité de la dernière unité possédée {la moins
utile, par conséquent, car elle correspond au dernier besoin satisfait) qui détermine et limite 1 utilité de toutes les
• autres’.
1 L'utilité finale doit donc être distinguée soigneusement de Vutililé totale. Celle-ci consiste dans la somme des utilités additionnées de tous les seaui d'eau et par conséquent elle est toujours très f i-utilité du dernier seul. Voilà pourquoi l’utilité totale de 1 eau est immense quoique l’utililé d'wn seau d eau soit petite. .ritinni
Le qualifleatir final n’est pas tout à fait satisfaisant. Il a été cntiqué
comme impliquant l'iUée d’une série décroissante, d un numérotage qu
à la surface du globe? eu ce cas, il serait absolument faux de prétendre qu elle n a point de valeur : elle en aurait une incalculable si elle appartenait à un individu ou à un Étal, si elle pouvait se vendre. Veut-on parler de la quantité d’eau contenue dans une carafe ou dans un seau? Sans doute, car c est la seule qui nous intéresse. Hé bien? on ne saurait dire de l’eau contenue dans le seau qu’elle est utile ou qu’elle est inutile... Cela dépend!
En effet imaginons la quantité d’eau, dont je puis disposer journellement, distribuée en une série de seaux numérotés, rangés sur une étagère. Le seau N" 1 a pour moi une utilité maximum, car il doit servir à me désaltérer; le seau N® 2 en a une grande aussi quoique moindre, car il doit servir à mon pot-au-teu ; le seau N® 3 moindre, car il doit servir à ma toilette ; le seau 4, à faire boire mon cheval; le seau N» 3, à arroser mes dahlias; le seau N<> 6, a laver le pavé de ma cuisine. Le seau N® 7 ne me servira a rien du tout ; aussi ne me donnerai-je pas la peine de le tirer du puits... Et si quelque mauvais génie, comme celui évoqué par « le sorcier maladroit » d’une légende allemande, s'amusait à m’apporter un 10®, un 20", un 100® seau, jusqu’à m’inonder, il est clair que de ceux-ci non seulement on ne pourrait pas dire qu’ils sont utiles, mais au contraire qu’ils sont positivement nuisiblex. Donc on ne saurait dire de ces seaux d’eau qu’ils sont utiles ni inutiles, mais qu’ils présentent toute une gamme d’utilité décroissante depuis l’infini jusqu’au zéro, et même aodessous.
Arrêtons-nous par la pensée au seau N® 6, le dernier qu: ait utilité quelconque, quoique très petite — suffisante cependant pour qu’il ait valu la peine de le tirer du puits. Nous pouvons affirmer que c’est ici le point le plus curieux de la démonstration — qu’aucun des autres seaux ne peut avoir une valeur supérieure à celle mesurée par l’utilité de ce dernier. Pourquoi donc? Parce que, quoi qu’il advienne, c’est par cette dernière unité, acquise ou perdue, que nous mesurons notre jouissance ou notre privation. Supposons
LES BESOINS ET LA VALEUR. 69
en effet que le seau N® 1, celui qui devait servir à ma boisson, se trouve renversé par accident, vais-je crier miséricorde en disant que je suis condamné à mourir de soif? Ce serait un raisonnement de Jocrisse, Il est clair que je ne me priverai pas de boire pour cela : seulement je serai obligé de sacrifier, pour le remplacer, un autre seau. Lequel ? Évidemment celui qui m’est le moins utile : à savoir, le dernier tiré. Voilà pourquoi celui-là détermine la valeur de tous les autres. Et comme ce dernier seau n'a qu’une infime valeur (dans nos pays du moins : il en serait autrement dans les villages africains), voilà pourquoi l’eau n’a qu’une infime valeur. C’est que réellement son utilité finale est très minime.
Débarrassons-nous maintenant de ce numérotage qui n’a été inventé que pour la démonstration, mais qui ne nous sert plus à rien, puisque maintenant il est évident que tous les seaux sont identiques et interchangeables et que par conséquent, ils ont tous la même valeur. Or cette valeur est précisément celle qui correspond au dernier besoin satisfait ou frustré.
Résumons cette démonstration :
La valeur est déterminée par l’utilité subjective;
Cetle utilité n’est pas la même pour chaque unité possédée; et elle va décroissant, car l’intensité du besoin va diminuant au furet à mesure que le nombre d’unités possédées augmente.
Or c’est l’utilité de la dernière unité possédée [la moins utile, par conséquent, car elle correspond au dernier besoin satisfait) qui détermine et limite l’utilité de toutes les autres*.
* Uutilité finale doit donc être distinguée soigneusement de VutilUé toiale. Celle-ci consiste dans la somme des utilités additionnées de tous les seaux d'eau et par conséquent elle est toujours très supérieure à Tutilité du dernier seul. Voilà pourquoi Tutilité totale de Veau est immense quoique rulilité d'un seau d'eau suit petite.
Le qualificatif final n'est pas tout à fait satisfaisant. Il a été critiqué comme impliquant l'idée d'une série décroissante, d'un numérotage qu'il
tri:-
Ir»
Pï^ïNCIPES d’économie politique.
Il faut admirer cette théorie en tant qn analyse osvchologique tre^snne et vraie des besoins de l’hoLe^ eHes variations de leur intensité. Son mérite est d’avoir rajeuni
L rf^P(T‘ T' de J’utilité it de
l’uSité^“ qu’elles sont inséparables et que
« ei nécessairement
ticiens L’ntn;i“/r ‘^'sent les mathéma-
Mais cette théorie a un double défaut :
Le premier, c est de prendre le mot d’utilité dans un sens
détourné de sa signification ordinaire et qui, par conséquent
exige a chaque fois un redressement mental fatigant • c’est
M ‘^VilT H préférons le mot de désirabilité, et
M. Vilfredo Pareto celui d’ophélimité.
Le second, c’est de donner à croire que l’on a trouvé la
tihté finale enibrasse autant d’éléments différents que le mot de désirabilité ou que celui de difficulté d’acquisition. En effet non seu ement l’utilité finale implique la rareté- mais la rarete ou la limitation dans la quantité n’est presque jamais un feit primordial ; dans notre état économiaue elle n’est qu’un fait relatif. Car il n’est pas une cte au I monde, même parmi les produits de la nature, à plus forte
raison parmi les produits de l’industrie humaine^ dont la quanti é soit si rigoureusement déterminée qu’on ne puisse lace™, re ea y pceoan, peine. Si les diam’ams îaT
Tu’ïn nomhr «ature n’en ait jeté dans la circulation
qu un nombre d exemplaires déterminé et qu’après cela elle ait brisé le moule : c’est simplement qu’il LtKucoup de P^e ou beaucoup de chance pour en trouver erpar con- ’
rsrcorrj;ELrer
LES BESOINS ET LA VALEUR
séquent la quantité existante ne peut s’accroître que difficilement. Si les chronomètres sont rares, ce n’est point qu’il n'en existe de par le monde qu’iin certain nombre d’exemplaires numérotés : c’est simplement que la fabrication d’un bon chronomètre exigeant un tainps considérable et une habileté spéciale, la quantité se trouve limitée par le temps etJe travail disponible. Il serait même téméraire d’affirmer que les tableaux de Raphaël soient en nombre absolument limité, car il n’est pas impossible qu’on ne parvienne, un ’jour ou l’autre, au fond de quelque grenier ou dans quelque vieille église, à en découvrir d’autres que ceux que nous connaissons.
Donc dans l’explication de la valeur nous ne pouvons faire abstraction des possibilités de mqlliplipt- la rir.he-qsfl! et cela est si vrai que la simple possibilité non encore réalisée — par exemple, la découverte d’un chimiste pour cristalliser le carbone en diamant, même avant d’avoir reçu aucune application industrielle — peut très bien suffire pour agir comme réfrigérant sur le désir et sur la valeur.
Enfin celte théorie, qui, tant qu’il ne s’agit que d’expliquer la valeur individuelle, cadre bien avec les faits et est assez claire — dès que nous entrons dans le domaine de la valeur d’échange, ne réussit à l’expliquer que par des tours de force d’abstraction (voir ci-après, valeur d'échange).
Voilà les deux grandes explications de la valeur. Entre les deux faut-il absolument opter? — Non, car chacune d’elles représente une des faces de la vérité. L’esprit humain épris de l’imité cherche en tout une cause unique, mais pourquoi la valeur n’aurail-elle pas deux pôles, deux faces? L’utilité et le travail, le plaisir et la peine? Si, comme nous l’avons dit tout à l’heure, nous devons écarter l’idée grossière que le travail crée la valeur, nous devons néanmoins admettre quel’etTorl nécessaire pour produire un objet inûue sur notre désir.
ut|
fi
principes d’économie politique.
Interrogeons-nous nous-même. Pourquoi attachons-nous
ü ^ telle chose nous
t-elle chère? Nous sentons bien, avec un pende rétlexion
que nous pouvons donner deux réponses différentes et à
certains égards, opposées : nous pouvons nous attacher aux
choses soit en raison du plaisir qu’elles nous donnent par
• leur possession, soit en raison de la peine qu’elles nous ont
coûtée pour les acquérir. Le plus iolensedes amours, l’amour
maternel, n est-il pas lui-même formé de ces deux élé-
tu wXj Lo r
Même le producteur isolé, le Robinson, apprécie son blé
non seu.ement en raison desa faim, mais en raison de l’effort
qu il a fait pour le produire et qu’il serait obligé de refaire
pour le remplacer si la grêle venait à le faucher avant la moisson,
A plus forte raisonen est-il de môme dans l’étal de société ou presque tous les biens nous viennent de l’échange et où chacun de nous ne peut se procurer un bienqu’àla condition
Slaf.iP ^cheieur, il pense surtout au
plaisir que lui procurera l’objet qu’il veut acquérir; mais
vendeur, il pense surtout au sacrifice que lui a coûté l’objet
dont il se défait et à lapeine qu'il faudra prendre éventuelle-
ment pour le remplacer, et ainsi ces deux sentiments sont
simul anément ou tour à tour présents à notre pensée et
Mais chacun de ces sentiments est lui-même infiniment
V intensité de ce désir grandit à la fois en raison des loumances que les hommes attendent de ce Hen tant qu’ils
l possèdent pas et des sacrifices qu’ils dc«-aient7alre pour le remplacer s ils venaient à le perdre.
hES BESOINS ET LA VALEUR.
Comment se mesure la valeur.
Puisque la valeur c’est le degré de désirabilité, pour mesurer la valeur d’une chose, il faudrait pouvoir mesurer l’intensitédu désir qu'elleprovoqueen nous. Est-ce possible? Oui, si nous nous contentons, et cela seul nous importe, de comparer au point de vue de leur intensité deux désirs. De même que pour mesurer le poids d’un corps, nous comparons la force attractive que le globe terrestre exerce sur lui à celle qu’il exerce sur un autre corps, de même nous pouvons mesurer la valeur d’unechose en comparant la force qui nous attire vers elle à celle qui nous attire vers tel autre bien.
Il est vrai que pour peser les désirs nous n’avons pas cet instrument qui s’appelle la balance, mais nous avons un moyen non moins précis : c’est l’échange. Dans tout échange chaque co-échangiste est appelé à faire un certain sacrifice pour satisfaire son désir; il faut qu’il cède une certaine quantité de la richesse qu’il possède pour obtenir celle qu’il convoite. Or, il est clair que l’étendue du sacrifice auquel il consent mesure très bien l’intensité de son désir. Si le Bassouto donne dix boeufs pour avoir une femme, n’est-on pas en droit d’affirmer que pour lui cette femme est dix fois plus désirable qu’un bœuf!
Plus vif est le désir que l’objet possédé nous inspire, plus grande sera la quantité de toute autre richesse qu’il faudra nous offrir pour éveiller dans notre âme un désir contraire et égal eu intensité et pour faire pencher la balance du côté de celle offerte. On s’exprime donc bien quand on dit que la valeur d échange d’une chose est mesurée par la quantité cT autres choses contre laquelle elle peut s' échanger ^ ou, plus brièvement, par son pouvoir d'acquisition
* Mais gardons- nous d« dire, comme on le fait trop souvent, que te Gidr. — Éc. PoL. ‘ 5
PRINCIPES d’économie poutique.
Si donc, en échange d’un bœuf, je puis avoir, 8, 10, 12 moutons, je dirai que la valeur d’un bœuf est 8, 10, 12 fois plus grande que celle d’un mouton, ou à l’inverse que la valeur d’un mouton est 8, 10, 12 fois plus petite que celle d’un bœuf : ce que l’on peut exprimer en disant que les valeurs de deux marchandises quelconques sont toujours en raison inverse des quantités êelumgSes. Plus il faut livrer d^une chose dans Péchange, moins elle vaut : et moins il faut en livrer en échange d’une autre, plus elle vaut.
C’est comme dans une pesée : quand la balance est en équilibre, vous pouvez dire que les poids des objets sont en raison inverse des quantités pesées. S’il a fallu mettre 10 moutons dans un des plateaux pour faire équilibre à un seul bœuf dans l’autre, c’est que le poids du mouton n’est que le 1/10 du poids du bœuf.
Mais pour se faire une idée claire de la grandeur, de la pesanteur, de la valeur, de n’importe quelles notions quantitatives, il ne suffît pas de comparer et de mesurer les cho- - ses deux à deux : il faut avoir une commune mesure pour toutes. C’est ainsi que pour mesurer les longueurs, on a choisi pour terme de comparaison,- soit quelque partie du corps humain (pied, pouce, coudéej, soit une fraction déterminée de la circonférence du globe (mètre). Pour mesurer les poids, on a choisi, pour terme de comparaison, un poids déterminé d’eau distillée.
Le rôle d’une commune mesure est de pouvoir comparer deux choses situées en des lieux différents^ qui par conséquent ne peuvent être comparées directement, ou de comparer une même chose à des moments différents, et de s’assurer si elle a varié et dans quelle proportion. Le mètre permet de comparer la taille des Lapons à celle des Patagons et de mesurer de combien ceux-ci sont plus grands que ceux-là.
pouvoir d'acquisition est ce qui oonttitue la valeurl C’est notre désir seul qui constitue la valeur. J.a puissance d’acquisition n’est qu’un effet de la valeur, comme la puissance d'attraction d’un électro-aimant n’est qu'un effet du courant qui le pénètre.
et
Il permettra, s’il est usité ou simplement connu dans quelques milliers d’années, de comparer l’homme d’alors à ,■
l’homme de nos jours et de s’assurer si sa taille a dégénéré. {
Pour mesurer la valeur il ne suffît pas de comparer les valeurs deux à deux (comme on le fait par le troc), il faut ‘
donc aussi prendre pour terme de comparaison la valeur d’une chose déterminée. Mais laquelle choisir? 1
Chaque peuple, chaque temps, ont usé d’une mesurediffé- ]
pente. Homère dit que l’armure de Diomède valait cent j
bœufs. Un Japonais aurait dit, il y a peu d’années encore, ,
qu’elle valait tant de quintaux de riz, un noir de l’Afrique {
tant de mètres de cotonnades, un trappeur du Canada tant j
de peaux de renards ou de loutres. [
Cependant c'est un fait remarquable que les peuples civi- :
Usés se soient trouvés presque tous d’accord pour choisir |
comme mesure des valeurs, comme étalon, la valeur des <
métaux précieux, or, argent ou cuivre, mais surtout les |
deux premiers. Ils se sont tous servis d’un petit lingot d’or !
ou d’argent, qu’ils ont appelé le franc, la livre sterling, le |
marc, le dollar, le rouble. Pour mesurer la valeur d’un ob- j
jet quelconque, on le compare à la valeur de ce petit poids 1
d’or ou d’argent qui sert d’unité monétaire; c’est-à-dire on '
cherche combien il faut céder de ces petits lingots pour ac- [
quérir la marchandise en question, et s’il en faut tO, par |
exemple, on dit que la marchandise vaut 10 francs ou 10 *|
dollars, etc. C’est son prix. ;
Le prix d’une chose est donc l’expression du rapport qui |
existe entre la valeur de cette chose et la valeur d’un certain ^
poids d’or ou d’argent, ou plus brièvement sa valeur exprimée en monnaie : et comme, par tout pays civilisé, la ;
monnaie est la seule mesure usitée des valeurs, le mot prix |
est devenu synonyme du mot valeur*. ■
Pourquoi a-t-on choisi les métaux précieux comme com- |
mune mesure des valeurs? Parce qu’ils ont deux propriétés ’l
particulières qui leur permettent de remplir celte fonction
» Voir au (ivre If le Chapitre Prix.
principes d’économie politique.
^inoD d’une façon parfaite, du moins mieux que tout autre objet connu.
Ces deux propriétés sont : d’une part une très grande valeur sous un petit volume, ce qui leur donne une grande facilité de transport-, d’autre part une inaltérabilité chimique qui leur assure une durée presque indéfinie. Grâce à la première de ces deux propriétés, la valeur des méUux precieux est de toutes les valeurs celle qui varie le moins d’un lieu à un autre; grâce à la seconde, c’est celle qui varie le moins d’une année à une autre. Et cette double invariabilité dans l'espace et dans le temps, est la condition essentielle de toute bonne mesure. Cependant nous verrons
Æ . j’ Monnaie que quand on embrasse de longues
^ . périodes de temps, non pas même de plusieurs siècles, mais
seulement d’une génération, cette invariabilité est illusoire, r Aurait-on pu en trouver une meilleure? — On en a oro^
e posé plusieurs, d’abord \^blé.
Ce choix étonne à première vue, car si l’on considère la valeur de celte denrée en différents lieux ou à différentes époques on constate qu’il en est peu dont les variations soient plus marquées! On a pu voir au même moment l’hectolitre de blé se vendre 20 francs en France, 15 francs a Londres, et même 3 a 4 francs dans certaines régions de la
( ^ ^°oée à l’autre, suivant que l’année sera
^ bonne ou mauvaise, le blé peut varier aussi dans des propor-
' tions considérables. ^
I A cela on répond que si la valeur du blé est incompara-
blement plus variable que celle des métaux précieux dans 1 espace ou même a de courts intervalles de temps, elle
r T-'’!’ P’^^s stable si l’on embrasse de
f longues périodes. Le blé répond à un besoin physiologique
\ Aucun. maJcbandisrn;
f. préseole au meme degré ce double caractère : d’être pres-
f que indispensable jusqu’à une certaine limite (du moins
<i’origine européenne), celle marquée par i la quantité nécessaire pour nourrir un homme, et d’être
presque tout a fait mutile au delà de cette limite, car per-
LES BESOINS ET LA VALEUR
sonne ne se soucie d’en manger plus qu’à sa faim. Donc, malgré les brusques et fortes oscillations que les caprices du ciel innigenl à la production du blé, la loi de l’offre et de la demande tend toujours à la ramener au niveau marqué par le besoin physiologique et avec autant plus de force que la production a été momentanément écartée delà position d’équilibre.
Il est très vrai que le blé présente, au point de vue des i
variations de sa valeur, des qualités et des défauts précisément inverses de ceux qui caractérisent les métaux précieux.
Mais cela ne suffit pas pour lui décerner le rôle de monnaie : tout au plus celui de mesure complémentaire et recli- |
ficative. Et en effet, il a été souvent employé par les sla- j
tisticiens comme un bon moyen de contrôle pour apprécier • i
le coût de la vie aux différentes époques de l’hisloire.
On a proposé encore pour commune mesure le salaire de |
l’ouvrier de dernière catégorie, du manœuvre, celui qui j
gagne tout juste sa vie — en parlant de celte idée que le |
nécessaire pour faire vivre un homme doit être une quantité ti
constante. Mais il suffit de se référer a ce que nous avons dit des besoins (p. 39) et à ce que nous dirons plus loin des salaires, pour reconnaître que c’est une présomption abso- j
lument contraire aux faits. ]
La meilleure mesure, semble-t-il, serait la peine prise, )
Veffort exercé pour la production, car on peut prétendre a f
bon droit que les hommes consentent à prendre d’autant ï
plus de peine pour produire une chose qu’ils la désirent davantage, en d'autres termes qu’ils lui reconnaissent plus de valeur. De même que dans l’échange nous mesurons la f
valeur d’un bien par le sacrifice d’un autre bien qu’une ^
personne est disposée à faire pour se le procurer — par la quantité d’argent cédée par l’acheteur, par exemple — de même aussi ne pourrions-nous la mesurer par le sacrifice )
de leur temps et de leur peine, par le nombre de coups de j
marteau ou de bêche, que les hommes sont consentants à I
donner pour les produire? C’est en ce sens qu’Adam Smith
pplMCIPES D’ÉCONOMJJS POLITIQUE.
disait : « Le travail a été la monnaie primitive avec laquelle les hommes ont payé toutes choses • »,
Malheureusement il est chimérique de chercher une mesure des valeurs dans la peine ou l’effort puisque eux-mêmes auraient besoin d’être mesurés et que nous n’avons aucun dynamomètre pour cela.
Et c’est ainsi que, faute de mieux, il a fallu se contenlpr de 1 or et de l’argent comme mesure des valeurs; mais on peut essayer de corriger ses erreurs.
Comment on corrige l’étalon des valeurs.
Les Index Numbers.
Peut-on trouver un moyen de reconnaître et de corriger ces variations apparentes qui tiennent à la variation de l’étalon? — On en a proposé plusieurs.
> Il ne faut pas confondre celte théorie avec celle qui fait du travail la cause de la valeur, doctrine que nous avons déjà rejetée. Nous considérons ICI le travail non point comme la cause de la valeur, mais au contraire comme la manifestation de la valeur ou nlutôt du désir
qu. constitue la valeur. Or, si l’on admet que le travail est détefmi^ par le désir, on doit considérer comme un procédé très scientifique de mesurer la cause par I elfet. Cesl ainsi qu’on mesure la chaleur par la dilatation du mercure dans le thermomètre.
Cette mesure serait même supérieure théoriquement aus précédentes parce que toutes celles-ci se bornent à mesurer une valeur par une autre valeur, en les comparant, en sorte qu’on ne peut arriver qu’à un résultat relatif. Je mesure la valeur du blé par celle de l’or, mais si dans cent ans on constate que le même poids d’or vaut deux fois plus de blé je ne puis savoir laquelle des deux valeurs a varié (Voy. ci-après, la Monnaie). Au contraire, la peine que je consens à prendre pour satisfaire mon désir permet de remonter au fondement même de la valeur, de mesurer le degré de désirabilité, et par là de comparer une valeur quelconque a elle-même, — de nous dire, par exemple, si le désir du blé est moins
intense aujourd hui qu’il y a cent ans (ce qui n'est pas douteux d’ailleurs).
Il y a la même différence entre la monnaie et le travail, comme mesu-
LES BESOINS ET LA VALEUR
Supposons une liste soigneusement dressée des prix de toutes les marchandises, à un moment donné, sans en excepter aucune. Supposons que dix ans plus tard, on dresse une nouvelle liste des prix et que, en la comparant à l’ancienne, on constate que tous les prix sans exception ont augmenté de 100 p. 0/0, c’est-à-dire ont doublé : nous pourrons affirmer en pareille hypothèse que la valeur de la monnaie a baissé de moitié. Puisque pour tout ce qui coûtait 1 franc il faut en donner 2, c’est que 2 francs ne valent plus que t franc : par conséquent, le numéraire a perdu moitié de sa valeur.
El quelle est la raison qui nous autorise à formuler une telle conclusion?
La voici. C’est qu’un phénomène tel qu’une hausse générale et uniforme des prix ne comporte que deux explications possibles : — ou bien il faut admettre que les faits sont ce qu’ils paraissent être, c’est-à-dire que toutes les marchandises ont subi un mouvement de hausse générale et identique — ou bien il faut admettre que la valeur d’une seule cljosti, la inunoaie, a subi un mouvement de baisse, rien n’ayant changé d’ailleurs dans la valeur des autres marchandises. Entre ces deux explications, laquelle choisir? Le bon sens ne permet pas d’hésiter un instant. Autant la seconde est simple et claire, autant la première est invraisemblable par le prodigieux concours de circonstances qu’ellesuppose. Comment en effet imaginer une cause ayant la vertu d’agir simultanément et également sur la valeur des objets les plus dissemblables au point de vue de leur utilité, de leur quantité, de leur mode de production? une cause capable de faire monter à la fois et dans une proportion identique, la soie et la houille, le blé et le diamant, les dentelles et les vins, la terre et la main-d’œuvre, et tous autres objets qui
res des valeurs, qu’eulre la balance et le pendule comme mesure» de» poids. La balance ne nous permet que de comparer le» poids respectif» de deux corps, tandis que le pendule mesure la cause de la pesanteur, c’est-à-dire l’attraction terrestre. Il nous apprend, par exemple, ce que la balance ne saurait nous apprendre, de combien décroît l’intensité de la pesanteur à mesure qu’on s’élève sur les montagnes.
PRINCIPES d’économie POLITIQUE.
n’ont aucune solidarité entre eux? Préférer cette seconde i explication serait tout juste aussi insensé que de préférer,
j pour expliquer le mouvement des astres, le système de Pto-
jî lémée à celui de Copernic. Ce mouvement, lui aussi, peut
11' s’expliquer de deux façons : soit par déplacement de la voûte
I céleste tout entière d’Orient en Occident, soit tout simple-
ï ment par le déplacement de noire terre en sens inverse. Or,
même à defaut de toute preuve directe, il ne serait pas permis d hésiter entre les deux explications : comment imagij ner en effet que des astres aussi divers par leur nature et
aussi prodigieusement distants les uns des autres que le soleil, la lune, les planètes, les étoiles et les nébuleuses, puissent marcher ainsi en conservant leurs rangs et leurs distances, comme des soldats à une revue? — Le raisonnement serait le même pour un mouvement ascendant et uniforme des prix; il ne pourrait raisonnablement s’expliquer que comme une sorte d illusion d’optique, comme un mouvement üppaTetit causé par le mouvement réel et inverse de la monnaie .
Il est vrai que les faits ne se présentent pas d’une façon aussi simple que nous l avons supposé. On ne constatera jamais une hausse absolument générale et uniforme des prix i comme la valeur de chaque chose a ses causes de variations , qui lui sont propres, on constatera que certains prix ont haussé dans des proportions très diverses, que certains sont restés stationnaires, que certains même ont baissé. Toutefois si, à 1 aide de calculs bien conduits, on peut dégager une moyenne générale, une hausse de 10 p. 0/0, par exemple, cette moyenne ne pourra s’expliquer, par suite des mêmes raisons que nous venonsde donner, que par une baisse égale et inverse du numéraire *.
^ Voy, Coumot, DocttHn^s ëcofiofniqu€$,
* Qu’on nous perroette d’emprunter encore une comparaison au domaine astronomique. On a constaté que lea étoiles, qualifiées fau.ssement de fixes, se déplaçaient en réalité dans des directions très diverKentes. Cepend.int on a cru constater une direction moyenne de tous ces mouvcjjenis vers un point détermiué du ciel. E» on n a d’autre ressource,
as
LES BESOINS ET LA VALEUR. 81
C’est dans ce but que beaucoup d’économistes s’appliquent aujourd’hui à dresser ces tableaux connus sous le nom de Index Numbers ou, si l'on veut parler français, les nombres indicateurs. On ne peut mettre dans ces tableaux toutes les marchandises, mais on choisit les principales. Ce choix est assez délicat car il peut influer sur les résultats. S il s’agit moins de déterminer les variations de l’étalon monétaire que d’apprécier l’inlluence de ces variations sur le coût de la vie, on choisit les marchandises de plus grande consommation et même on multiplie leur prix par un coelficienl proportionnel à leur importance dans le budget desdépenses. Ce choix fait, par exemple pour 50 ou lÜÜ marchandises, on prend leur prix à une époque déterminée choisie comme point de départ. Encore faut-il savoir quel prix choisir? ceux du gros? ceux du détail? Cela dépend de 1 emploi qu’on veut faire du tableau comme mode d’investigation. Enfin, les prix une fuis déterminés, on fait le total et on l’inscrit en regard de l’année choisie. On procède de même pour toutes les années qui suivent et, en comparant ces totaux, on voit d’un seul coup d’œil si 1 ensemble des prix augmente ou diminue. Pour rendre la lecture des tableaux et les calculs plus faciles, le total se référant à l’année prise comme terme de comparaison est exprimé par le chiflre conventionnel de 100, et les totaux de toutes autres années s’expriment alors par des nombres proportionnels.
On aura ainsi, par exemple en prenant un des Index Numbers les plus célèbres et le plus souvent cité, celui du statisticien anglais Sauerbeck, les chiffres suivants (nous ne donnons que les maxima et les minima) :
1858-181Î7 100 (année choibie pour étalon).
pour expliquer ce mouvement général, que de le considérer comme illusion d*oplique produite par un mouvement de translation de n*»tre système solaire vers le pôle précisément opposé qui est marqué pur la constellation d'Hercule.
PRINCIPES d’économie POLITIQUE.
^ On peut aussi mettre le tableau sous forme de graphique
; j en représentant chaque prix par une verticale (uneordorm^r)
de hauteur proportionnelle et en reliant leurs sommets par une courbe.
Ces tableaux, qui ont été imaginés par un économiste anglais Newmarcb en 1859, ne donnent pas des résultats très certains, puisqu’il y a évidemment une grande part d arbitraire dans la façon dont ils sont dressés. Cependant quand on compare les Index Numbers dressés dans différents pays et par des méthodes un peu différentes, on voit qu ils concordent de façon assez satisfeisante.
Tels quels ils seraient déjà suffisants pour permettre de réaliser un projet très hardi qui consisterait à introduire dans les contrats de prêt ou de location à long terme les
modifications rendues nécessaires par les variations de l’étalon monétaire.
On pourrait publier, à périodes déterminées, des tables de ces variations qui serviraient de cours officiel pour corriger les erreurs résultant dans la pratique de l'emploi du numéraire comme mesure des valeurs : par exemple pour permettre aux débiteurs qui auraient emprunté 100 francs de se libérer en remboursant seulement 90 francs — ou a I inverse, pour les contraindre à rembourser 110 francs — suivant que l’on aurait constaté une hausse ou une baisse proportionnelle dans la valeur de la monnaie.