‹ Principes d'économie politique (volume 2)Chapitre 77 sur 92 · DE LA CIRCULATION RN GÉNÉRAL · texte numérisé non relu

DE LA CIRCULATION RN GÉNÉRAL

Les diverses marchandises possèdent à des degrés très-di-' vers la faculté de circulation, c'esl-à-dire la certitude de rencontrer des acheteurs et la facilité ^'gller les trouver. Moins une marchandise a de poids tt de volume, relativement à la valeur, plus elle peut être conservée longtemps et sans peine , plus sa valeur en usage et sa valeur en échange sont stables et connues, et plus il est facile de lui faire changer de lieu, d'époque et de détenteur. Ainsi, les métaux précieux s y prêtent mieux que les produits ^e riwdustri^; et ceux-ci en général mieux que les matières premières ; tandis que les immeubles y résistent à^am^, l/î^^iéllor^û^i^ éfs ipoy^ns de transport accroît naturellement la puissance de circulation dé la fortune publique et surtout des biens jusque-là très-difficiles à déplacer et pour lesquels, par conséquent, les frais de transport constituaient une partie Hptable du prix (4). Plus un bien circule avec facilité, et plus l'action que le propriétaire peut e^er^^r ^r \^ moummi)^ généf^ldi^ affaire» àamtn prompte et sj)re. Supposons deux homipç* (^ggjao^^q^ wbe» ; ils pos* sèdani tous Les deux m oiiUion, c^\mr(ii argeot eopf^nt, celui-là en fonds de t^rre; }e pr^emi^r dispojserji d$ n^ssourees bien plu* (U)i)sidérables ^il m iïMi?sti#i| d'une (Opération ra*» pide, à'^n b^it mméài^l (av«^(ce« d^ fQttd$ à VEl^i dans uu c^3 de péces&ité pres^an^e, ^Imiom politifl/**^, e^j,). D^us YéU^i ordiu^iiT^ ^% ^bo^e^, Vkom^^ m po^3èd^ de Y^rg^nt ii# mnm Pèr^ pU^ pain, o| ^e fcoi§, m d^ vôte^^iite, t#».iift que Les déten^i^r* d'autre* bi^ns émmmt ^\i\mi une e«tr^m^ dis/îtte 4>^«^»t (&), C^ g^^rede foritunô. plus mm%iq^ê ài^m Voffem'm, h Ton peut s'êxpriiD^r ainsi, r<ésista mi^ïm ï de^ amdenu ioiprévus ; celui q|ii ^n disposa peut n3e(tr# ^ um ^eule ari^ w ^nj^u bieaucoup plvs con$idérabliB.

A mesure qua U ^ivijis^tipn jbc jdével(>pp^, ia if>vm^ 4es ^r lion? ^ moWw dava»tîjgQ (6),

(1) Ënorroe] consommfttion ée cire dans les égUses dn roofen âge;

ainsi, dans la seule cathédrale de Wittenberg, peu de temps avant la Rélorme, on en brûlait chaque année [dus de 35,000 livres. A la même époque, au lieu de sucre, on se servait communément de miel. Quelle différence entre la direction imprimée à la circulation d'alors et de nos iaurs ! Paos !w W^ cjïll\9lit4ne* ruç(\ge 4il pojs^pn (pl^^ maiçrçj augmente ou diminue d'importance relative, suiva^it le plus ou moins d'exactitude avec laquelle on observe les pratiques religieuses. Les crucifix dMvoire, les chapelets, etc.^ trouvaient peu de débit ea Franee» yers ^830j !Î|éjà ^ft \f^ q« remarquait wpe notable ^ugnie^itaUow d^ ce côté ; les prie-Dieu destinés aux chambres à coucher, etc. (MohL Gewerbswissenschafllithe Reise, p. 101). Celui qgi veut vendre du sucre en ^rse ne doit pas ignorer qu^on préfèrd en cq pays les patos de pe» Ute <tin)€i^$iot^, pafçe que celte siorte de marchandise es^ le plus souvent çmplpyée, çn cadeaux semi-volqntaires, et qu'on a dans ce cas la coutume de fixer le nombre des pains {Steinhaus^ Russlands commercielle, etc., p. i!H ]. De même, dans le Levant, on recherche ^o préf^enea, parn^i \e^ barras é^ fer, celles q^^i %Ç(i^\ p¥tU^9 ^ dQ fanpe^ vari4â9| psifce c^ue le^ ouvriers du pays peuvent difficilement travailler Içs grandes. Les Anglais prêtent à cela une bien plus grande attention que les Russes (Steinhaus, p. 395). Pour le commerce du boîs destiné au midi ^e la France, il est nâcessaire de conoaitre la for^ie des dat^ves d^.-tiné^ ^ la t.bricflion des bi\rri(juQ^ ^ui y sont usitées (p. 36,9). V. Bûsch (Geldumlauf, VI, 2, 2).

(2) On a fréquemment comparé la circutatîon des biens à la circulaliou du sang {AHrubeaUy Philosophie irurale, qh. m; Turgot, Sur U ioriHî^lioM.^^çi,» S ea; C^^axd, Principe», ch. y*),

(3J f^iaelen (Volkswirthschafislehre, p. 98, seq.}. Si le commerce de l'antiquité était moins étendu qu'il ne Test à présent , Montesquieu (E. des lois, XXI, 4) Tattribue à ^uniformité de olin^l et de production du mmAe eapim^rcîml 4>lors, fc Le^ peMpl«^ 4^ jgaê^^e cVymi, ^ya^i 4 peu pré^ \Ç!^ mçmea choses,^ n'on,t pas tant besoin de commercer entre eux aue ceux d'un climat différent. »

(à) Knies (Die Eisenbahnen une ihre Wir|tiiRge», |853, p. T^j.

(5>y. SçkmMthf^n&f (\, p. i^) qui ¥^^p|M»lle |vec bc^auc^Miii^ d^ raison l'iwpwU».Çei d!^ p.rèt, su,c 5a[î5Ç^ l^.çrk^ley ((JacrUt,, n" 265; émet lo^>inioxi qu'uu squire (gentilhomme campagnard) jouissant d^un revenu annuelde 1,000 livres est beaucoup moins en éiat de bien ou mal faire ^pon auy emetgem^^ ^u'un marehaïkd possess^ear de 20,000 Hvr««^ argq^t çpffiptaaV.

(6) C'est là ce qui établit, par exemple, une grande différence entre la Grande-Bretagne et la Russie.

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Aux progrès de l'économie publique se relie d'ordinaire, comme cause et comme effet, une rapidité de circulation toujours croissante. Chaque amélioration, chaque abréviation de la production doit l'accélérer. Il en est ainsi de tout perfectionnement des moyens de transport et des voies de communication, des instruments d'échange, du crédit et de la culture plus développée des intermédiaires, dont le métier est d'acheter pour revendre (les marchands). D'un autre côté, plus la circulation est rapide, plus elle favorise la production. Que le fabricant de drap échange plus promptement son étoffe contre de l'argent, et cet argent servira plus vite à l'acquisition de nouvelle laine, à la rétribution d'un nouveau travail, etc.; plus tôt aussi le fabricant sera en mesure de reparaître sur le marché avec une provision nouvelle de drap. C'est tout comme l'agriculture produit plus lorsque, dans le cours de l'année, le laboureur renouvelle les semailles à diverses reprises (plusieurs récoltes!) au lieu de ne les faire qu'une seule fois (1). Plus les membres qui constituent l'organisme complet de la division du travail sont rapprochés les uns des autres, plus la circulation s'accélère : voilà pourquoi elle est plus rapide dans le commerce de détail que dans le commerce en gros, dans les villes que dans les campagnes, au milieu dépopulations plus denses que parmi les populations clair-semées y etc. Le mouvement régulier de la circulation suit également les progrès de Téconomie publique. La concentration du commerce sur un petit nombre de points fixes plus importants (à l'époque et dans les lieux où se tiennent les foires), son interruption forcée pendant la mauvaise saison, etc., sont autant de signes qui caractérisent une situation économique arriérée, à moins qu'il ne soit question de mauvaises récoltes, d'inondations^ de guerre ou de bouleversements poli-

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tiques, dont l'influence ne saurait être conjurée en aucun temps, ni dans aucune situation.

(1) Storch (Manuel, î, p. 273, seq,). ïl e«t aussi une circulation improduclive qui n'est point deslinôeâ favoriser la division du travail, mais à occuper lé temps ou le capital d'une manière slérile, parexcm|»le, les jeux de hasard, les jeux de bourse, etc. La consommalion qui semble devoir épuiser un pays peut avoir pour conséquence une circulalion Irèsaclive; TAllemagne pendant les deux années de guerre de 1812 el 18'3 en fournil lexemple (F.-G\ S^Aw/^^ N. OEkonpuiie, 1856, p. 667), re qui jusiilio rnsserlion de Hume (1752, Ou pubic crédit: Disoonrses, n^ 8), qui préloiid quetotile circulalion est avantageuse el mérite faveur. BuisifuUlHbert (ïv. des grains, I, 6; a été jusiju'à louer la guerre, parce qu'elle acci'lére la circulalion. Nécessité d'une circulatio!i sans repos {Ibid. II, 10). Lnw (Trade and money, 1705) el Dutot (Réflexions polili.|ues sur le couinierce, i7.'i8) exag'Tent aussi les avantages de la circulation. Parmi les partisans du syslème mtircantilf*^ V. § 116; Paries (Er.Ue Grûude der Cameralwissenschaft, 1768, p. 531} ; Busch (Geldumlauf, 1,29, 32, seq ; UI, 96j, qui porte pres^jne toujours son attention par delà la production réelle pour ne s'occuper que de la circulation qu'elle occasionne. Aussi ne crainl-il pas d'appeler des membres utiles â ta société les pauvres qui, secourus en argeul, le dépensent à leur tour! tIV,32, 39).

C'est surtout la liberté de circulation qui se développe avec la civilisation, et, comme les deux autres, ce progrès profite d*abord à la circulation intérieure. La libre concurrence^ la li berté du commerce et de Tinduslrie (expressions employées pour désigner les manifestations de la liberté sur le terrain purement économique) résulte naturellement des principes d'indépendance personnelle et de propriété privée. Elle marche du même pas que ceux-ci, et ne fleurit guère que chez les peuples très-avancés et dans leurs colonies et dépendances Dans toute économie arriérée, la circulation est sans cesse entravée par l'absence des garanties légales; plus tard, parles privilèges innoiTtbrables des familles, des corporations, des

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communes, etc., puis encore par la tutelle toute^puissante que TEtat exerce légalement et par l'éducation industrielle à laquelle il veut présider (I). Chacune de ces époques modifie les institutions qui la précèdent ; les obstacles s*aplanissent jusqu'à ce qu'enfin on arrive à une liberté complète où chaque producteur peut même mal faire, pourvu que le dommage qui en résulte n'atleigne que lui seul.

La libre concurrence dégage de tout lien le^ forces économiques, les bonnes comme le^ mauvaises. Si les premières l'emportent, elle rapproche les peuples de leur époque de splendeur ; si, au contraire, ce sont les autres, elle précipite la décadence des nations (2). Il en est de la liberté économique comme de toute autre liberté : la suppression des moyens de contrainte ne peut être durable et avantageuse qu'autant que les hommes savent les remplacer par un empire énergique sur eux-mêmes. Il ne faut pas que la liberté soit simplement négative, \\ faut qu'elle devienne positive. Lorsqu'un peuple, soit parce qu'il n'est pas assez mûr, soit parce qu'il décline, ne possède point de classe moyenne, énergique et capable, alors la concurrence illimitée risque de dégénérer en un a sauve-quipeut général » {Bazard), en morcellemetit industriel et fraudes commerciales [Fouri^r), « en un champ de bataille sur lequel les petits sont dévorés par les grands » {Michel Chevalier) ^ et dans ce cas « le mot concurrencey signifiant simplement qu'il est permis à chacun de se précipiter du côté où une porte semble ouverte, n'est qu'un terme nouveau pour exprimer une sorte de vagabondage n (fioJ^-'liet/monfQ. Cependant le mal ne vient pas ici d'une trop grande concurrence ; tout au contraire, Il lient à ce qu'il y en a trop peu (3). — Le contre*pled de la concurrence c'est précisément le monopole, c'est-à-dire, « un impôt pré* levé sur l'activité par l'indolence, je dirai même par la rapacité ; proléger quelqu'un contre la concurrence, c'est le soustraire à la nécessité d'être anssi assidu au travail et aussi habile

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que les autres » (/.-5. Mill). Une protection de celte nature, suffisante pour atteindre pleinement le but, pe manquerait pa§ d'arrêter les efforts de ceux qui sont en bo» chemin, et même de les faire rétrograder. Sans doute, la libre concurrence suscite la lutte entre les hommes en leur qualité de producteurs (4) i mai^ aussi elle U^ansforme, en ce qui concerne leç consonmch leurs, rhumanité tout entière en une seule et même société; dirigée par un intérêt commun (5). Elle donne surtout le moyen d'assurer au plus grand nombre le concours gratuit d*une portion notable, et de plus en plus considérable, des forces de lu nature. « L'homme n'est pas le favori de la nature, en ce sens qu*elle aurait tout fait pour lui, msiis bien en ce sons qu'ellQ lui 9 donné la puissance de tout faire par lui-même. Le droit d^ libre emcurrmee^txxK être regardé comme l'égide et l'image de cette disposition de la nature » (Zachariœ) (6, 7).

()) Comme il est arrivé eo France, par exemple, où toute espèce d^ commerce» en 1577» et tout travail, en 1585, out été déclarés de droi^ domanial. (V. cependant pour I9 véritable signification politique de ce dernier édit de Qenri UI, le mémoire sur l'ancienne organisation iudustrielle de la Frane^, communiqué à TAcAdémif des iciences morales et pûliliques, par L. WqIqwsI» (Revue de législaiian et de jurisprudencet 1843, t. XVII, p. 263). Le droit royal et domanial élail alors Texpres- $laa du droit de tous, el venait faire brèche au privilège exclusif des corporations). Inouïs XIV pei^sait que le roi était le maîlre absolu de toute propriété privée^ Unt séculière qu'ecclésiastique (Mémoires hist. 4eLoui» XJV, II, p. 121). Y. Ouclos (Mémoires, I, p. 14, seq.),

(â) (( Plus les formes du gouvernement sont libres, plus le peuple st Qioptre &âus son aspect naturel » (B, Frunklin). L'ancienne Rome, avec «QQ esprit miiaonel, a de très^^boone heure pratiqué la liberté des rek* tioD& çQmmerçiêles. V. Momm^an (Rômische Gescbiehke, I, p<iêêim}.Çs^ fut saiks dauta ua élémeot puissant de sa grandeur, mais auisi un priQoip% d«t dapgtrft du prolétariat, que raceroUseraeifil immense de l'Etat et de réeooomie publique fut aeul eapaUe de déminer pendlPt tant de siéelaa.

(3) Ou ne doit pasAublier queU coneurrenee élève leeprii ausjii biei» qu'elle les abaisse. Ce« expressiena : « pri& élevés» ba» j^tx ». «ont eu génmilftï divers Atpecta du même rapport. Miohet Oktvalier if Qii qnt

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