On voit par-là l'impossibilité morale où l'on
donne le
est de rendre navigable, par ce moyen, des ri-
vieres dont il faudrait presque quadrupler le cours, pour gagner quelques pieds de plus en profondeur, au-delà de celle qu’elles ont naturellement : on est donc obligé , dans cette vue, de recourir aux tenues d’écluses, ou aux canaux de navigation paralleles aux rivieres. Il est vrai que ce dernier moyen est très - dispendieux, parce qu'outre le :
travail nécessaire pour en creuser les déblais, il est indispensable d’y joindre des sas, pour racheter les pentes , et des aqueducs, pour jeter dans la riviere, par dessous le canal, les ruisseaux et les petites rivieres qui se trouvent traversés par son lit; mais c’est néanmoins le meilleur moyen de se procurer une navigation sûre et commode, pourvu que l’on ne manque point d'eaux claires pour nourrir le canal, sans être obligé d’user de celles de la riviere, lorsqu'elles sont troubles.
138. Faisons, avant de finir ce chapitre, une remarque importante sur les rivieres qui sont sujettes aux débordements, et dont alors la vitesse est plus grande qu’il ne convient au régime. Nous avons déja observé qu’il pourrait être dangereux de redresser leur lit; du moins nous avons donné le moyen de régler ce redréssement selon la juste mesüre de la nécessité, pour ñe faire baisser là sur face de la rivière, grossie par les accruües, que de la hauteur dont elles menacént de surpasser leurs digues; mais il est souvent à craindre que l’on ne prennele change dans l'évaluation de la plus grande bauteur des crues, et qu’il n’en survienne de loin en loin quelques-unes, qui aillent fort au-delà du point qu’on avait prévu. Si, par exemple, il survient une forte gelée , qui soit suivie d’une grande abondance de neiges, et qu’un dégel subit, accompagné quelquefois de pluie, vienne tout-à-coup à fondre la neige; il est imdubitable qu'il y aura des crues éxcessives dans les rivieres, parce que Le sol des campagnes, durci par la gelée , et impénétrable