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PABTIE I. SECT. 111. CHAP. IV

: 167. Les dimensions dela section étant trouvées, on est assuré.que ce lit aura de la stabilité, et qu’en même temps que les radiers d’écluse, qu’on y doit construite suivant la pente naturelle, empêche-

-ront qu'il'ne:se creuse, il ne pourra pas non plus

s'élargir ni :s’approfondir dans. l'intervalle d’une

écluse à l'autre. Si la lenteur du courant permet

pendant un temps an dépôt de se rasseoir sur le fond et vers:les'bords, la vitesse des eaux livrées à toute leur ‘pente pendant les accrues, où toutes les écluses: resteront ouvertes, nettoiera en peu de temps le lits'et des éclusiers intelligents régleront la remise des écluses au printemps sur les besoins miomentanés du lit. Il faut donc songer à-présent à disposer les écluses nécessaires à la navigation,

puisqu'elles sont destinées à soutenir, dansle lit de

la riviere ; une: profondeur d’eau suffisante à l’espece des bateaux qu'on compte y employer. Nous supposesons cette profondeur de 4 pieds; mais il. faut savoir, avant tout, à quelle hauteur les basses eaux de l'été se soutiendront dans le nouveau lit.

Nous avonssupposé qu'il nerestaitalorsque 2'pieds dé profondeur d'eau dans le lit natwrel, dônt la section par conséquent est réduite dans ce cas à 20 pieds 8 pouces réduits de largeur sur 2'pieds de hauteur, ou:à 5952 pouces quarrés. La vitessé qui

‘répond à.ces dimensions et à la pente 5 est,

suivant la formule, de a1r°,984; et la dépense est de 130848£°,768 par seconde.

- Pour trouver la profondeur de l'eau, qui répon: drait, dans:le nouveau lit, à cette dépense et à la

pente constante =, On $e servira: dé la méthode (124 et 725) d'approximation; faisant attention que D est ici égal à 130848,768 pouces cubes, et que la largeur. du fond du lit est égale à 176e,81, on trouvera cette profondeur d'environ 6,3 ; ainsi, pour obtenir une profondeur de 4 pieds, il faudra un remou de 417°,7.

D'après toutes ces données, et après qu'on aura fixé la largeur du passage principal, par lequel se fera le reversement et la hauteur de la tenue, on calculera , par le problème 148, la hauteur du remou.en amont de chaque tenue; ensuite (157) l'amplitude entiere de ceremou, etla distance d’une tenue, à l’autre, pour que le remou ait 41°°,7 de hauteur à la tenue supérieure. Noùs n'entrons pas L-dessus dans un plus grand détail;-ce ne serait qu'une répétition de ce que nous:avons dit dans le chapitre précédent: nous nous contenterons d'ajouter ici quelques réflexions générales sur ce dis- . positif.

168. On aurait pu. rendre la riviere navigable pour. quelque ternps, en laissant subssster l'ancien lit, ou du moins en ne l’élargissant qu’autant que la commodité de la navigation le dernande, sans s’embarrasser de la stabilité qui oblige à un élargissement considérable. Par-là, les tenues.étant plus éloignées les unes des autres, il en aurait fallu un moindre nombre, et Ja dépense se serait trouvée doublement diminuée: mais il en.est ‘ici comme: dans bien d’autres cas; où l'économie mal entendueest une véritable ruine: car, pourpeu qu’on

PARTIE I. SECT. III. CHAP. 1Y. 935 yrféflééhisse, on sentira aisément, 1° qu’il n'est pas possible que le ht conserve ses premieres dimensions, puisque la vitesse de la riviere, dans ses crues, est beaucoup au-dessus de celle de régime ; 29 que conséquemment, si on espace les éclusés d'après l’état dubt-npaturel de.la riviere, peu d’années sécouleront sans que la navigation devienne kapraticable, par le:manque de -préfondeur d’eau en-dessous de chaque. écluse, comme :l est aisé de s'en convaincre, en-calculant là pente à kquelle le lit.se réduirait, pour n'avoir que la vitesse de régime dans sa section naturelle entre deux tenues. Si, pour remédier à ce défaut, on exhausse les tenues, afin d'augmenter le remou, et de soutenir asser de hauteur d'eau sur les radiers inférieurs, on sera'forcé aussi dé relever les digues, et on noiïera le: pays, en le privänt de la décharge naturelle de sés eaux. 4° Enfin, le mal augmentant tous les ans, et devenant extrême, le cri public, qu'on n'entend jamais que: trop tard, et qui souvent suit les mal: heurs au lieu de des précéder et de les prévoir; obligera à construire des écluses'intermédiaires; qui se trouveront forcément trop voisines les unes dés autres : par-là‘on multipliera mal à propos les frbis de construction, d'entretien at de péages des écluses, les gages des éclusiers:, les engorgements dans les débâclès de l'hiver. Il est donc beaucoup plus sage, pour. éviter ces doubles frais, et prévemir les désordres qu’uñerivieré abandonnée à une penté trop grandé;; ne mauquerait: pas d'occasion: ner, avant d'aydir elle-même élargïson lit, de dis:

poser tout d’un coup ce lit, et les écluses les plus nécessaires, d'une maniere stable ‘et qui puisse enr assurer la durée.

Nous avoñs au reste choisi pour “exemple une riviere où la pente est forcée, et qui se trouve d'ailleurs dans les cireonstances les moins favora: bles à l'établissement d’une navigation. Il est bon d’en user ainsi, pour rendre plus sensibles les: résultats, et montrer les cas extrêmes qu'on ne rencontre ‘presque jamais dans la pratique, mais qu’il faut que l’art sache maîtriser au besoin... 169. Je finirai ce chapitre, en. proposant un moyen de remédier à l’'envasement qui a lieu en avant des portes tournantes des écluses, lorsque les rivieres qu'on veut rendre. navigables sont sujettes à charier du limon ou du sable fin, dans le temps de leurs crues : le dépôt de:cs limon-s'oppose à l'ouverture des portes ,'et jétté dans de prands embäarras pour leur manœuvre. De:quelque maniere qu’on rende une riviere navigable, saif par des sas et'des bassins, soit par de simples..tenues d’écluse, il faut nécessairement qu'avant de faire passer les bateaux, on ouvre des vannes ou: des vantelles; pour faire passer l’eau dans le Lit inférieur ou dans le sas, afin d'élever le niveau de Veau en aval, ‘et racheter la chüûte de l'écluse, d’une maniere qui permette aux.Hateaux la des: cente du bassin supérieur dans le bassin inférieur: Or, on peut mettre à profit la dépense d'eau, qui se fait alors avec une grande chûté, pour nettoyer le:devant des portes, en la faisant passer par.des

PARTIE I. SECT. HI. CHAP. V. 237 aquéducs ou pertuis de 2 pieds de largeur sur 3 de hauteur, pratiqués sur un plan demi-circulaire, dans l’épaisseur:des bajoyers, et disposés de mauiere que leur entrée soit contiguë au poteau tournant de chaque porte; afin qu’en ouvrant ces pertüis, avant d'ouvrir les portes, le courant se détermine le long de chaque vantau avec violence, et emporte tout ce qui pourrait s'être déposé en avant, et en gêner le mouvement. On a vu par expérience que, faute de cette précaution, l’ouverture des portes tournantes devient très-dificile, leur partie inférieure traine et laboure dans la vase, leuis assemblages fatiguent considérablement, et le retard qu'éprouve la manœuvre peut causer dé grands accidents. : eo

x + °° CHAPITRE V.

Des canaux en général. Chäte qui se forme à leur entrée. Horse der rapéster

490. La théorie des canaux n'est pas, dans la ‘pratique, d’une moindre utilité que celle des ri- vieres, et quoïqu'elle porte sur la même base, qui est la loi du moùvement: uriiforme, elle differe cependant de celle-ci par la variété des applications, et des -objets auxquels nous faisons servir les canaux. Nous ne parlerons ici que de ceux dans lesquels l’eau est courante, parce qu'ils dépendent directement de hydraulique , et présentent plu-

238 PRINCIPES D'HY DRAULIQUE.

sieurs difficultés qui ne se rencontrent pas dans les canaux où l’eau est de niveau et sans mouvement, et n’a besoin que d'être soutenue par des écluses, et nourrie par quelque ruisseau qui ne soit point-sujet à se troubler, .et à former des dés pôts de limou: Les rivieres sont:l'ouvrage de:la nature, les canaux sont l'ouvrage de l’homme; l'art ne peut qu’ajouter ou corriger quelque chose dans celles-là ; dans ceux-ci 1l faut tout imaginer, tout'exécuter, prévoir les inconvénients, calculer les avantages, et proportionnér‘a dépense, qui est toujours considérable et certaine, au profitet à l'utilité publique, qui sont toujeurs dauteux dans la spéculation, pour la plupartides contribuables: On pourrait donc dire qu’il faut:plus: d'industrie et de science pour disposer convenablement le projet d’un canal de dérivation , de desséchement ou de navigation. ; que pour remédier aux désordres d’une riviere, ou pour en tirer quelque service. . SRE | DR | 151. Un canal differe: essentieltément d’une riviere par son origine : celle des rivieres est peu de chose, mais sur une grandk longuéur de cogs ellesreçoivent des accroisséments insensibles ; leur dépense est indépendante de teur pente actuelle: car, au défaut de la pente, leur section augmente, Dans les canaux, au contraire, l'origine fixe principalement leur dépénse ; ils partant d'un bassin ou d’un réservoir quelconque, dans lequel l'eax étant en repos, est.obligée de passer aÿsez rapidement à un mouvement, irrégaliersd'abord,

PARTIE I. SECT. III. CHAP. Y. 239 mais bientôt uniforme , et proportionné à l'entrée du canal et à sa pente. Dans ce dernier état, ün canal semble différer fort peu d’une riviere ; mais pour peu qu'on altere sa penté ou sa section, ld dépense varie aussitôt, parcé qu *elle est dépén” dante de la prise d'eau de son entréè. on

Pour que l’eau puisse couler dans un tuyau incliné avec une vitesse uniforme! il est nécessaire qu'il se trouve à la tête dé ce tuyau une charge d’eau contenue dans le réservoir, et capable d'im: primer à l'eau la premiere vitesse, qu’elle doit ensuite conserver uniformément dans toute la longueur du tuyau, à raison de son diametre et de sa pente : sans cette charge, l'eau serait hors d'état de couler dés son entrée avec la vitesse convenable; au lieu que cette vitesse, une fois imprimée par, la chèrge , se conserve ensuite sans altération, par, l'effet de la force accélératrice , ou de la pente, qui i détruit à chaque instant l'effet de Ja résistance.

où du frottement du tuyau. Il en est de même

d’un canal qui tire son origine d'un bassin, d'un lac, ou: mème d'une riviere, par'une ouverture égale: x. la largeur constante de son hit inférieur. Il! est indispensable: dans ce cas, que l'eau forme uve chûte,. à son départ du lac! laquelle éhüte engéndre une vitesse ‘égale à celle qué le eourant: inférieur aura en vertu de sa pente’et des dimensians de son it. n° S'i n'y avait ahcune: contraction d'otifice à l'entrée d'un tuyau:qu d'un canal; et qu’on nommät V: la vitesse moyenne et uniforme qui daits’n établir.

inférieurement , la chûte, à son entrée, serait égale vw. v quelconque, et qu’on nommeG la gravité diminuée quireprésente la perte causée par cette contraction,

la chûte dont nous parlons sera exprimée par == T.

TE mais s’il y a une contraction d’orifice

Or. ilest évident que cette chûte-ne péut se former qu’aux dépends de la profondeur du canal, dont la surface reste abaissée de cette quantité au-dessous du niveau du réservoir d'où il part. Avant d'entrer dans ün plus grand détäil sur la dépense et la vitesse des canaux, examinons d'abord quel pourrait étre le moyen de conserver au canal une profondeur d’eau égale à la hauteur du réservoir, c'est-à-dire à la hauteur dont l'eau du bassin est élevée au-dessus du fond du canal, à sa prise, d’eau:

* 172. Quand l’eau se met en mouvement pour couler dans le lit d un canal qui a une pente ex-

primée par ; , et pour acquérir.une: vitesse finale.

V, si elle n’éprouvait point de résistance dans son: lit, c'est-à-dire, si elle pouvait accélérer son mouvement , à la maniere des cofps qui glissent sans frottement sur un plan.incliné, et qu'elle trouvât à chaque instant des largeurs de lit proportionnelles à ses vitesses inverses , l'espace qu’elle pärcourrait pour acquérir la vitesse V., serait exprimé par le produit de la chûte due à la vitesse multipliée par le dénominateur de la pente: car, pour:

que l’eau tombe dela hauteur PL parcourant un’

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