‹ Principes d'hydraulique et de pyrodynamiqueChapitre 12 sur 179 · PARTIE I. SECT. I. CHAP. I · texte numérisé non relu

PARTIE I. SECT. I. CHAP. I

ties qui se touchent ? Toutes ces hypotheses peuvent paraître probables ; mais personne n’en peut démontrer la réalité. L’optique ne nous donne aucune notion sur la figure de ces molécules élémentaires , dont l’inconcevable ténuité fait qu'elles nous échappent ; et nous sommes forcés d'avouer que la liquidité est une des merveilles dues à l’Auteur de la nature, qui a prodigué ses miracles selon la mesure de l'utilité qui en devait revenir à l'homme, en rendant l’élément de l’eau aussi commun qu'il est merveilleux en lui-même, etnécessaire aux usages journaliers, à la nutrition, à la végétation , et à la conservation des êtres organisés.

3. Il y a plusieurs liqueurs qui different essentiellement entre elles par leur nature, leur densité , leur poids et leurs propriétés. La fluidité n'est pas au même degré dans toutes. L'huile et les liqueurs grasses en ont moins que l’eau pure; et l’eau elle-même est plus ou moins fluide, à raison de sa pureté, et du plus ou moins de partes de feu qu'elle contient. Bouillante , elle est plus active et plus mobile ; froide au contraire, et aux approches du terme de la congélation , elle paraît s’engourdir : au point de la glace , elle perd tout-à-coup sa fluidité , et acquiert une propriété toute contraire , sans cesser néanmoins d’être transparente.

4. Le premier phénomene et le plus familier qu’on a dû observer, par rapport au mouvement de l’eau, est la vitesse avec laquelle elle s'écoule

par une ouverture ou orifice pratiqué au bas d’un réservoir. On trouva que cette vitesse est proportionnelle à la racine quarrée de la hauteur de la charge, c’est-à-dire, de la hauteur verticale qui se trouve depuis là surface de l’eau du réservoir jusqu’au centre de l'orifice ; ou, ce qui revient au même, que les vitesses de l’eau qui s'écoule sous différentes. charges, croissent comme les vitesses qu'un corps grave acquiert en tombant de différentes hauteurs. On pouvait être porté à croire l’analogie parfaite, c'est-à-dire, que la vitesse de l’eau était égale à celle que le corps a acquise quaud il est tombé d'une hauteur égale à celle du réservoir ; mais on s'aperçut qu il y avait un déchet sur cette vitesse, et que le mouvement du fluide est retardé de la même maniere que si l'orifice était diminué d’une certaine quantité, ou que l'action de la gravité füt moindre. Cet effet fut appelé contraction ; et on sait aujourd'hui qu'il dérive nécessairement de la nature de tous les fluides. qui, n'étant qu'un assemblage, un système de molécules, ne peuvent s’écouler que dans l’ordre et suivant la marche qui convient à l'équilibre général de toutes leurs parties , en vertu de la pesanteur qui est la force motrice, et des obstacles qui s'opposent à l'entier effet de cette force. La gravité est constante , à la vérité, du moins pour un même lieu ; mais il y a une variété infinie dans les circonstances qui modifient les obstacles ; d'où il suit que la contraction est variée à l'infini. Ainsi il ne peut y avoir de formule générale du

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