Tome I. L
rendre raison. Comment comprendre, en effet, qu’un corps matériel et incompressible soit composé de parties élémentaires si mobiles entre elles, et si peu adhérentes, qu'il prenne la figure de tous les vases où on le met; qu’il affecte toujours à sa surface un niveau parfait ; qu’il repousse tous les corps qu’on y plonge avec une force égale au poids du liquide déplacé ; qu'il fasse dans les siphons, ou lorsque le vent l’agite, des oscillations , des balancements , ou des ondulations isochrones et semblables à celles des pendules ; et qu'enfin il s'écoule à la faveur de la moindre pente ?
2. Quelle que soit la figure sous laquelle on conçoive les parties élémentaires de l'eau, on ne peut s'empêcher d'admirer des propriétés si singulieres. Dira-t-on que les particules aqueuses sont de petites spheres, dont la surface est parfaitement polie, ou qu'elles sont encore entremélées de parties de feu , infiniment plus petites qu’elles, et d’un poli aussi achevé, qui facilitent leur mouvement , et leur procurent une liberté parfaite pour agir , réagir, et se mouvoir suivant toutes sortes de directions ? Ajouterait-on que l'eau n'est liquide que lorsqu'il se trouve assez l'éléments de feu , entre les éléments de l’eau, pour empêcher le contact immédiat des derniers ; mais qu’elle cesse de l’être quand ses-éléments se touchent par la soustraction. de parties de feu superflues , et cela en vertu de l’attraètion qui agit à raison des surfaces, et de la proximité des. par-