PARTIE I. SEC". III. CHA. Y
termine vers l’entrée d'an canal, par lequel il doit être conduit, il convient, pour la plus grande dépense: de ce fluide, que l'entrée du canal soit évasée. Mais, sans sortir de notre sujet, d’où vient que l'embouchure des rivieres à la mer, et sur-tout dans: l'Océan, est si large’, en comparaison de la largeur comnrane de leur lit, à quelque distance de la mer? Ne peut-on pas peyser que cela vient du courant contraire du flux, qui remonte dans ces rivieres à chaque marée ? Car toutes les douze heures, la mer venant à s'élever de plusieurs pieds au-dessus de son niveau moyen, et cet'exhauüssement se faisant en six heures de temps, pendant lesquelles l’eau produite par la riviere ne peut pas toujours s'élever aussi vite que celle de la mer, pour la‘contre-balancer, il se détermipe:un tourant très-sensible à contre-sens, dont l’Opéan est lé bassin ,:.et dont l'embouchure de la riviere: est l'entrée : or, ce courant nécessite ‘la forme évasée que nous-venons de déterminer pour les canaux. On peut donc croire que l'évasement de l’embouchure des rivieres.est d'autant plus considérable, que la hauteur des marées est grande ;' et la pente des rivieres petite ; pare qu'alors le courant qui s’y établit est plus rapide, et que la ténacité des rivages ne peut résister qu'à yne vitesse assez bornée. C'est.une observation qu'il ne faut pas négliger dans les travaux qu'on fait quelquefois ; pour remédier aux barres qui se forment à l’eutrée de quelques rivieres : car si d’un côté il est avantageux de donner plus de chasse aux eaux de la
riviete à marée basse, ex bornant son.ht à une petite largeur, il est d'ailleurs à craindre qu'à marée haute le courant contraire ne soit plus grand que le premier, sur-tout dans les temps des sécheresses, où la riviere mene peu d’eau à la mer; ce qui peut .occasionner des fouilles à l'entrée du canal , et des dépôts en-deçà de son entrée, plus nuisibles peut-être que la barre qu'on voulait prévenir. Hl n'y à qu'un examen éxact de‘la dépense de la riviere, de sa pente, de la hauteur des marées, et de la vitesse dans les deux sens opposés, qui puisse déterminer la nature des travaux qui canvisnnent le mieux dans chaque cas.
Le gisement de la côte et de l’embouchere, joint à la direction des houles, peut aussi contribuer à donner à l'embouchure d’une riviere ka. forme évasée qu'elle affecte quelquefois ; mais c'est toujours l'effet naturel du mouvement des eaux dé la mer, qui de porte vets la côte, soit par le flux, soit par les houles, et qui, trouvant ouvert le canal d’üné riviere, qui lui oppose peu.de résistance par le mouvement propre, de ses eaux, se détermine vers le canal ; et en dispose l'entrée de la même maniere que le fait l’eau d'un bassin qui s'écoule vers un canal.
176. Dans la pratique il faut se conformer à cette disposition de:lairature, en n'opposant au cours de l’eau ou à son chac que des formes arrondies, deé contours adoucis, et jamais des lignes droites, ni dés étranglements subits, qui gecasionnent nécessairement des chütes et des contractions
PARTIE [, SRCTY. lIL. CHAP. Vi. 247 toujours préjudiciables au plus grand débit des eaux, et à la stabilité ou à la durée des ouvrages qu’on fait. Cette regle générale ne doit point se
” perdre de vue, quand on dispose des quais, des bajoyers, ou des murailles, le long des eaux cou, rantes ; lorsqu'on trace le confluent ou le partage de deux bras de riviere! qu se réunissent ou qui se divisent paur embrasser une ile; et quand enfin on établit des épys et des tunages, pour donner une ferme permanente et durable à la tête ou à
la queue d’un ouvrage quelconque, exposé au sourant qu Aux vagues de l'eau