CHAPITRE PREMIER
Du mouvement de l’eau dans les aquéducs.
29. Les aquéducs sont une copie en petit des canaux et des rivieres; le fluide qui s'y meut est assujetti aux mêmes lois : s'ils sont creusés dans la terre, leur lit dait avoir la même figure, et être soumis au même régime; mais si leurs parois sont en bois ou en maçonnerie, il n'y a plus de régime à observer: la figure de la section eesse d’être nécessitée; la loi de la simplicité, de l’économie, et de la plus grande dépense d'eau doit seule alors être consultée, et. il faut se fixemæà la forme rectangulaire, dans laquelle Ja. base est le double de la hauteur. :
Nous ne pouvons donner un exemple de l'application des principes précédents : qui soit plus intéressant et plus agréable au public,que celuidu projet de. M. de Parcieux d'amener à Paris les eaux
de la riviere, d'Yvette. Cet académicien , si recom-
mandable par l'utilité de ses,vues, n'avait eu be-
vs
PARTIE I. SECT. IV. CHAP. I. 309 soin que de simples apperçus pour concevoir la possibilité de cette opération , et donner une estimation assez exacte de la dépense.
Il proposait de prendre les eaux de l'Yvette à environ 18000 toises de Paris, et de les conduire par un canal ouvert, qui devait passer sous terre dans quelques parties, ét être porté dans d’autres par des arceaux, pour traverser les vallons ; ce canal, ou aquéduc rectangulaire, revêtu en maçonnerie dans toutson pourtour, devait avoir 7 à 8 pieds de largeur, sur 2 ou 3 de profondeur. On voit déja que ces dimensions ne sont pas dans le rapport le plus avantageux, et nous allons montrer d’ailleurs qu'elles sont trop considérables, d’après les données de M. de Parcieux. Nous ne faisons päs ces remarques pour critiquer le dispositif de l'inventeur ; mais pour faire sentir que les plus grands talents de l'artiste doivent emprunter de la théorie une marche assurée, qui ne laisse rien à l'incertain, et qui évite les à-peu-près que la prudence oblige, dans le doute, de forcer toujours un peu, pour assurer la réussite d’un projet. Il a mesuré que l’Yvette :et le ‘Gif pouvaient fournir 1200-pouces d’eau dans les temps les plus secs, de sorte que les eaux, à leurmoyenne hauteur, donnaient une dépense de 16 à 1800 pouces'd’eau ; il estimait que ; depuis la prise d’eau jusqu'à l'arrivée actuelle des eaux d’Arcueil, où il faisait aboutir son canal, il se trouvait une pente d'environ 50 pieds; mais nous ne compterons ici'que sur 30, parce qu'il en fallait 5 pour un filtre de gravier , à
travers lequel Les eaux devaient pas$er avant d’entrer daps Paris, et que nous supposansles : autres pieds employés à vaincre la résistance des coudes iadispensables, à fournir des augmentations de pente dans plusieurs parties, et à compenser les erreurs qu'il peut y avoir dans le nivellerment.
FN s'agit donc de chercher les dimensions d’un canal rectangulaire qui fournisse environ r70a pouces d'eau, avec une pente de 39 pieds sur 1000 toises, ou de : pr, d'après aptpe farmule, on trouvera qu'en supposant k setion de 8 pieds quarrés, ayant 4 pieds de largeur sur 3 de
hauteur, la vitessa moyenne sarait de 168,8, ce
qui donne une dépense de 3x5,a cubes par seconde ;.et en prenant l'évaluation la plue ordinaire du pouce d'eau, de 14 pintes par minute, La pinte de 36 au pied. çube , chaque pied cube par seconde revient à 1543 pouces d’eau, et la dépense totale à 1738 pouces d'eau Ainsi, au Keu des dimensions
fixées par M. de Parcieux, il suffrait d'avoir un
canal de 4 pieds de largeur sur 3 pieds de hauteur, dans lequel l'eau se tiendrait ordinairement à a pieds da profondeur; il resterait un pied. de bar teur pour Les erues estraurdinaires.
On peut voir tous leg avantages de ce projet dans trois mémoires de son auteur, msérés parmi ceux de l'Académie des. Sçiences pour les années 1702, 1766 et. 1767. Nous. aNons-Vexaminer sous ua autre point. de vue, d'apres un. ménwire de M. Perronek, qu'on troure dans le même veyuails année. 1775. U