PARTIE I, SECT. I. CHAP. VI
bo. La résistance que deux molécules opposent à leur séparation doit dépendre de la vitesse avec laquelle elles se séparent ; mais pour peu que la vitesse moyenne d’un courant d’eau soit sensible, l'excès de la vitesse d’une molécule sur celle de la molécule voisine qui constitue réellement la vitesse de séparation, est toujours très-petit , et peut être pris pour une quantité constante, sans craindre d'erreur sensible.
Les expériences du paragraphe 389, et la table que nous donnerons ci-après (67), font voir que la différence des vitesses des filets d’eau de la surface et du fond , ou des vitesses dans l’axe d'un tuyau et à sa paroi, ne croissent pas comme les vitesses , mais comme les racines quarrées des vitesses moyennes à très-peu près. Ainsi, la vitesse réelle de séparation des molécules dans un même lit croit à peu prés dans le même rapport ; mais elle reste toujours infiniment petite, parce que l'excès des deux vitesses dont nous parlons doit être réparti sur tout le nombre des molécules qui se trouvent dans le rayon du tuyau, ou dans la profondeur du courant.
Ainsi, nous supposerons qu'il y a sans cesse une partie de la force accélératrice employée à vaincre cette résistance, et que le mouvement s'anéantit, quand ces deux forces se font équilibre.
Supposons donc que x soit la très-petite pente relative à cette partie de la force accélératrice ; si elle n’était pas employée à vaincre une résistance, elle produirait une vitesse qui est réellement