PARTIE, I. SECT. 11. CHAP. VI
viennent aux arrondissements des sinuosités; mais il pourrait y avoir de l’équivoque sur la valeur de cette mesure : quand les rivieres sont contenues entre des quais de maçonnerie, leur largeur , prise à la surface, ne differe guere de celle qu'on prétendait au fond ; mais quand les rives prennent un talus naturel dans l'argile, le sable , le gravier , etc., 1l faut se déterminer sur le choix de la largeur qui doit entrer dans les calculs. Suffit-il aussi de prendre cette largeur dans le temps des eaux ordinaires, ou faut-il se fixer à celle qui a lieu dans le temps des plus grandes crues ? Si on déterminait le rayon des arrondissements d'après la largeur du fond du lit, la bricole ne serait réguhere dans le lit, que lors des plus basses eaux; si,
au contraire, on fixait ce rayon sur la largeur à la surface du lit , dans le temps des crues, la bricole ne serait exacte que dans cette circonstance. On serait dans la même alternative pour des rivieres sujettes à des écluses de retenue, qui, tantôt fer mées , tantôt ouvertes, tiennent le lit tres-haut ou très-bas. Il faut convenir qu'il est bien difficile d'obtenir une stabilité parfaite dans un lit qui est sujet à des haussements et baissements alternatifs : outre le premier inconvénient de l'irrégularité de la bricole , il arrive que quand les eaux sont hautes, les talus se trouvent appuyés par la pression de l’eau, sur-tout aux arrondissements concaves, et peuvent subsister avec une pente qui devient insuffisante quand l’eau vient ensuite à baisser, et à abandonner la berge à-tout son poids; il faut
presque nécessairement qu'il se’ fasse alors un affaissèment, ou un éboulement, qui est ensuite délavé et emfporté pat le‘courant:: or, comme c’est toujours aux arrondissements concaves que les talus sont plus roides ; et qu’au contraire ils sont plus doux et plis allongés'à la rive opposée, qui est convexe , il suit que les premiérs sont plus sûjets à s'ébouler que les seconds, et cela sans remede, parce que Îles dépôts de l’eau ne peuvent pas s’y arrêter et réparer le dommage, tellement qu’à la longue le lit doit gagner du terrain, ronger la partie concave, et pérdre au contraire, en abandonnant la partie convexe ; ce qui, au bout de quelques années , change le cours de la riviere, et diminue ou accroît la possession des propriétaires riverains. IEn’est donc pas possible qu’une riviere sûjetté à de paréilles alternatives ait une stabilité parfaite; et c’est ici que la théorie des tuyaux de” conduite l'emporte sur celle des riviéres, parce que la figure du lit étant invariable ; la forme des arrondissements est donnée, et nè peut êtré sujette à aucune intettitude. Néannibitis il faut en‘ revèñir au principe, .que la stabilité du'lit n'étant. jamais plus exposée que dans le ternipé dès grandes ‘ ctues, et la vitesse étant toujours au-dessous de celle du régime, lors des basses eaux ; il'est plus : prudent de régler le rayon des arrondissements des coudes sut la largeur du lit à sa Surface, däns ” le temps des crues; c’est alors qu’il est communé- * ment plus important qu’uné rivieré ait un grand débit et que sa vitesse n'épronvé aucune dimi:
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nution : et d’ailleurs il ÿ a moins d'inconvénient à: faire le-rayon trop grand, qu'il'n'y en aurait à le’ faire trop petit. Coneluons donc que la largeur,
qui doit servir dé mesure pourfixer lés dimensions dés arrondissements des coudes, est cellé qui a
lren à la surfice de l'eau d’une riviere, däns le’ temps que son lit-est rempli, où du moins-élevé parles grandes crues de l'hiver: