FRIQ UE É Q U A T O RI AL E
sont loin, ai-je dit, de correspondre à la réalité météorologique. En principe, elles classifient des circonstances de lieux de nature accidentée, souvent modifiées dans l’année ou d’une année à l’autre. Elles marquent une direction générale des forces physiques; mais, de l'aveu même de tous les auteurs ou observateurs qui ont tenté de les disposer suivant un ordre régulier, elles
11e peuvent pas constituer autre chose qu’une esquisse dont les contours sont d’ailleurs loin de présenter une précision invariable.
D’abord le régime des cotes est déjà différent de celui de l’intérieur. Puis l’altitude intervient qui joue un rôle encore important; et puis, ce sont les détails du pays *. lacs, fleuves, forêts qui impriment a la météorologie de nouvelles caractéristiques. Sur le littoral qui va du golfe de Guinée au Benguela, les pluies, — j entends les pluies équatoriales, violentes, — commencent lin octobre pour durer jusqu’à la fin décembre. Ici, suivant l’ordre, devrai t se placer une petite saison sèche — si l’on veut appeler de ce nom une période qui porte sur janvier et une partie de février, et au cours de laquelle il tombe des averses aussi drues que pendant nos orages d’Europe, donnant jusqu’à 80 à 90 millimètres d’eau chacune — mais alors le mot de sécheresse n’aurait plus sous l’équateur la même signification que dans la langue usuelle. C’est qu’en réalité la petite saison sèche est discutée; elle ne paraît pas avoir de raison
d’être. On la nomme ainsi par opposition a la grande saison des pluies où la chute d’eau est pour ainsi dire continue, avec des accalmies de quelques heures. Mais cette petite saison sèche est fortement mouillée. En février, nouvelle recrudescence des pluies, qui dure jusqu’en avril, quelquefois même en mai. Ce sont de véritables trombes d’eau, accompagnées fréquemment de tonnerre et d’état électrique, parfois de sautes de vent brusques et de la dernière violence reproduisant au Congo le phénomène effrayant des tornades de la
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Sénégambie et du Soudan pendant l’hivernage. Ces tornades, d’ailleurs, eL ces orages, et cet état électrique de l’atmosphère qui sont un supplice pour les Européens, se montrent dans toutes les saisons de pluies abondantes. Et ce sonL plutôt ces météores qui pourraient, mieux que la pluie peut-être, servir à dillerencicr les saisons.
En mai se dessine alors, — mais sur le littoral toujours — la période qui porte le nom de grande saison sèche. Là, en ell’et, sauf quelques rares ondées, il ne se. montre plus que des brouillards et qu’une nébulosité humide, basse, qui constitue la sécheresse du Congo, malgré que l’humidité de la terre moyenne ne soient pas souvent inférieure à 0,7a (0,79 au Congo belge, d’après M. Lancaster).
Toujours est-il que cette nature habituée aux fortes pluies languit dans cette période relativement sèche. La végétation sommeille. La température fléchissant en même temps de i°,o5 à 20 en moyenne mensuelle, les indigènes éprouvent une sensation de froid et l'on voit apparaître parmi eux les maladies du refroidissement, bronchites, pneumonies, rhumatismes. Cette situation se prolonge ainsi jusqu’à la fin de juillet, époque à laquelle les pluies reparaissent, espacées d’abord, chassées en côte par quelques coups de vent de la mer, puis de plus en plus régulières jusqu’en octobre, où alors recommence la période diluvienne qui, seule, a reçu le nom de saison des pluies.
En s’éloignant du littoral, soit qu’on suive le Congo ou ses affluents, soit qu’on pénètre dans l’Est du Gabon, les saisons, encore un peu marquées à la côte, tendent à perdre les quelques nuances qui les distinguent. Peu à peu les périodes de semi-sécheresse disparaissent, et l’année est tout entière pluvieuse.
Alors aussi interviennent les questions d’altitude et de boisement régional. Les pluies du centre de l’Afrique équatoriale sont torrentielles, comme si, ce qui d'ail-
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