FR I QUE É Q U A T O IU A L E
leurs esl probable, la masse de vapeurs océaniques provenant de l’anneau équatorial trouvait des condensateurs naturels dans les altitudes et dans les foièts. Tandis qu’il tombe à la côte, au Gabon, dans le golfe de Guinée, tout le long du littoral qui le borde et qui englobe les colonies du Niger, du Dahomey, de la côte d’ivoire et de la Guinée française, de 200 à /\oo millimètres d’eau en moyenne, durant l’hivernage, dans l’intérieur, vers le haut Ubanghi, dans le haut Congo la quantité cl’eau atteint jusqu’à 1 4oo, 1 5oo, 1600 et 1 800 millimètres! (Lancaster).
L’ensemble de ces conditions météorologiques donne à l’Afrique centrale sa physionomie propre. Sauf quelques mois d’ éclaircies relatives et de température plus basse d'un à un demi-degré sur la moyenne annuelle, le régime climatique est gouverné par une humidité extrême et par une température moyenne toujours élevée et peu variable (26 à 270). Si la végétation est naturellement exubérante, riche d espèces, et si cette terre jouit d’une fécondité remarquable, c’est à cette association de météores qu’elle le doit. Mais un pareil climat est peu lait pour l’Européen. Au milieu des marécages, dans un hivernage à peine interrompu, sous les pluies diluviennes qui le caractérisent, sous un ciel toujours chargé d’électricité, dans une atmosphère lourde, orageuse, où la vapeur d’eau atteint une tension moyenne annuelle de 18 à 20 millimètres (contre 8 ou 9 dans nos climats), l’Européen voit toutes ses fonctions troublées. J’ai expliqué ailleurs les réactions déterminées par ces éléments climatiques. Je n y reviendrai pas.
D’ailleurs la mortalité européenne dénonce l’insalubrité de ces régions. Peu de personnes échappent à la fièvre paludéenne, à l’anémie, et l’on y observe l’hépatite, la dysenterie, la fièvre bilieuse hématurique qui font ici les mêmes ravages que dans les lagunes du golfe de Guinée.