PRINCIPAUX ÉLÉMENTS DE LA MÉTÉOROLOGIE TROPICALE
Ce qui frappe dans la constitution météorologique des pays chauds, englobant à la fois la zone tropicale proprement dite au nord et au sud de l’équateur et la zone équatoriale, c’est la prépondérante activité des éléments suivants : luminosité, température, humidité, pression barométrique et électricité atmosphérique.
Luminosité. — Très vive (sauf sous L’équateur), éclatante surtout dans la saison sèche, et donnant une profondeur incomparable au ciel des tropiques, elle est naturellement atténuée par les pluies et, outre les pluies, par l’énorme quantité de vapeur d’eau qui s’évapore du sol et monte vers les espaces en huées invisibles. On sait, en effet, que même avant de former des écrans sensibles sous forme de brouillards et, à plus forte raison, de nuages, la vapeur d’eau atmosphérique atténue graduellement la transparence de l’air au fur et à mesure qu elle se répand à travers l’espace. Mais lorsque la saison sèche est franchement établie, surtout dans les régions argileuses ou désertiques, telles le Soudan et les contrées similaires du continent africain, la diaphanéité de l’air est absolue dans l’horizon le plus reculé. L’intensité de lumière est parlois alors difficile à tolérer, entre 9 heures du matin et
LUMINOSITE
4 heures de l’après-midi, sans le secours de verres fumés.
Cet étal du ciel est propre à la région voisine des tropiques, et cette région, pour notre hémisphère, commence un peu au-dessus du Cancer, pour finir théoriquement vers le i5° degré de latitude; pour l’hémisphère austral au 3oe degré de latitude sud pour finir au 18e degré au-dessus du Capricorne. Et encore cette limitation n’est-elle à peu près juste que pour la portion des tropiques comprise entre les 6oes degrés de longitude E. et O. à partir du méridien de Paris, c’est-à-dire pour une partie de l’Afrique et de l’Amérique, Océan compris. Car, en réalité, les divisions qu’on a voulu introduire à ce sujet dans la météorologie an nord et au sud de l’équateur sont loin de répondre, par la fixité qu’elles présentent, à l’aire extrêmement irrégulière du régime des pluies, tant intertropicales qu’équatoriales (i).
C'est ce régime qui, seul, modifie la luminosité ardente des climats chauds et torrides. Il est d’autant plus accidenté qu’il dépend de la constance, de la direction, de la force des vents réguliers, alizés et moussons; et ces éléments de la météorologie offrent eux-mêmes de nombreuses variations.
Il existe néanmoins une zone assez régulièrement limitée où la luminosité de l’atmosphère est diminuée notablement. C’est la zone que les marins appellent le pot cul noir; elle est caractérisée à la fois par des calmes et des pluies torrentielles; elle est essentiellement équatoriale, se déplace du ae degré sud au 8e ou ioe degré nord et suit la marche apparente du soleil. Ici l’amoncellement énorme de vapeurs océaniques qu’entraîne réchauffement continu de l’espace vers le zénith constitue un vaste écran de nuages (cloud ring des Anglais) qui intercepte les rayons solaires et dimi-
(i) Voir climats et régions des pluies dans Vidal-Lablache.
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