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QUALITÉS ORGANIQUES DE L ATMOSPHÈRE INTERTROPICALE

L’air des tropiques, comme l’air de nos pays, est susceptible de contenir des poussières de diverses origines. Suivant le caractère des régions où l’on prélève des échantillons pour les soumettre à l’analyse, ces poussières sont plus ou moins abondantes et variables de nature. Cependant, d’une manière générale, on peut dire que la composition de l’air atmosphérique est loin, dans les régions intertropicales, d’offrir le caractère

DU CLIMAT DES TROPIQUES EN GÉNÉRAL

complexe de l'air de nos contrées d’Europe. Ici, l’existence de nombreuses villes, d’un réseau extrêmement serré de voies ferrées et routières, les innombrables industries minières et manufacturières, une population dense et adonnée à toutes sortes de professions ouvrières, sont autant de causes évidentes de pollution de l’air atmosphérique par les poussières minérales et organiques.

On s’est demandé si, parmi les poussières minérales, il n’y en avait pas qui provinssent d’une origine cosmique : telles les particules de 1er noir signalées par Gaston Tissandier (i), certaines granulations trouvées jusque dans la neige (Flœgel) (2) associées avec des diatomées, des conferves, des spores diverses, etc. Mais l’absence de parcelles de nickel a fait renoncer à cette hypothèse, car l’origine cosmique impliquerait plus vraisemblablement la présence du nickel que du fer dans l’air atmosphérique. On peut toutefois se demander, en ce qui concerne les pays intertropicaux, si l’existence, dans l’air de certaines contrées, de poussières de nickel, serait aujourd’hui un argument de quelque valeur pour établir cette origine cosmique, attendu que l’exploitation de ce minerai commence à se faire en certains points du globe, en particulier dans la Nouvelle-Calédonie, véritable terre à nickel.

La vérité est donc qu’aux pays tropicaux comme ailleurs les poussières minérales contenues dans l’air proviennent de la superficie argileuse ou sablonneuse du sol, des mines exploitées à ciel ouvert, des minerais qui affleurent au flanc des montagnes, de tous les lieux enfin où la succession des météores et en particulier l’action du vent désagrège, soulève et emporte au loin,

(1) Gaston Tissandier. Les poussières atmosphériques [Ann. de chim. cl de phys 5° série, III, 1870).

(a) Flœgel. In Zeitschrift œsterreichischen GcseJlschaft fur Météorologie (sommaire par Cleveland Abbe in Smithsonian report Washington D.C. 1881).

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