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FIÈVRE JAUNE

La lièvre jaune [Voniilo ncgro) paraît originaire du golfe du Mexique où elle était autrefois continée, mais elle s’est irradiée depuis longtemps dans d’autres régions, en Afrique et en Amérique, où elle constitue des foyers secondaires permanents. Trois conditions caractérisent les pays où elle est endémique : une température moyenne de 20® cà 25"; une faible altitude et la situation littorale.

C’est aux Antilles, au Mexique, au Brésil, an Sénégal, que la fièvre jaune exerce scs ravages, frappant de préférence les Européens, attaquant faiblement les nègres étrangers au pays et respectant les indigènes.

De ces régions, la fièvre jaune est importée, par les navires, dans les divers ports d’Europe, elle y détermine des épidémies très courtes, mais plus ou moins meurtrières; signalons en France, les villes de Marseille, de Brest, de Saint-Nazaire, quebjuefois visitées par le lléau. 11 est inqiortant de remarquer que la fièvre jaune ne pénètre j)as dans l’intérieur des terres.

La nature parasitaire de cette maladie n’est pas encore établie, par suite le mode de transmission est imparfai-

ÉLÉMENTS DTIYGIÈNE.

temeiit connu. La contagion par les cfîets, les marchandises et l’air paraît être le mode ordinaire de contamination.

A cet égard, l’épidémie de 1861 qui éclata à Saint-Nazaire, amenée par le bateau Anne-Marie, est instructive. Le bateau, qui venait de la Havane, débarquant à Saint-Nazaire vingt jours après le dernier décès, et treize jours après ba dernière atteinte, fut admis par suite en libre pratique. C’est j)endant le déchargement des marchandises arrimées dans la cale, <}ue le fléau fait son apparition, frappant les déchargeurs, un tonnelier qui était venu réparer les caisses et atteignant plus ou moins gravement les équipages des navires voisins, placés sous le vent de V A7ine-Marie, comme le Chasiaing qui perd son équipage (5 hommes), le Cormoran qui perd deux hommes, le Lorient, les Dardanelles et V Aréqtiipa, plus légèrement atteints.

On voit par cet exemple que les règlements sanitaires peuvent être insuftisants ; la désinfection complète des navires et surtout des marchandises est donc le moyen le plus sûr de préserver l’Europe des atteintes de cette maladie ; cela est d’autant plus important que l’on va maintenant de Bordeaux cà la Havane en onze ou douze jours et de Paris en douze ou treize jours.

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