TUBERCULOSE
La tuberculose est. parmi les maladies transmissibles, la plus redoutable par les ravages (pi’clle produit dans les milieux les jilus différents. Elle se rencontre non seulement chez l’homme, mais encore chez un certain nombre d’animaux, tels (juc le h(euf, le porc, (pielques animaux de basse-cour, plus rarement chez le cheval, le chien et le chat; elle n’a jamais été observée, d’après M. Nocard, chez le mouton et la chèvre.
Elle est essentiellement caractérisée par le développement de tubercules plus ou moins gros qui jieuvenl.
ÉLÉMENTS D’HYGIÈNE
dans les cas de guérison, être isolés par une couche épaisse de tissu conjonctif sclériüé ; le plus souvent, les tubercules s’ulcèrent et se résolvent en un liquide purulent, laissant une caverne à la place qu’ils occupaient; lorsqu’ils sont nombreux, il en résulte la formation de cavernes volumineuses.
Quand les tubercules se localisent surtout dans les poumons, la maladie prend le nom de phtisie et les individus sont dits poitrinaires ; mais ils peuvent exister
dans tous les tissus ou les séreuses : plèvre, péritoine, méninges, etc., et causer des accidents tout aussi graves que ceux de la phtisie pulmonaire. Dans quelques cas très graves, les tubercules se développent rapidement dans tout le corps [tnbercnlose miliaire ou (fénéralisée) .
Nature parasitaire de la maladie. — La nature parasitaire de la tuberculose est aujourd’hui nettement établie. C’est à M. Yillemin que l’on doit la découverte de sa virulence (1865), mais c’est M. Koch qui, en 1882, a découvert le parasite spécifique : le bacille de la tuberculose, dans les tubercules et dans le liquide provenant de leur ulcération, ainsi que dans les crachats des phtisiques {fig. 7).
Le bacille de la tuberculose ou bacille de Koch est
Fig. 7. — Bacille de la tuberculose. A , dans les crachats oii les bacilles sont inélaiigês aux cellules épithéliales; B, fortenicnt grossis (5 lois plus que les précédents) montrant le début de la fornialion des spores. L’échelle micrométrique correspond à la ligure A.
LES MALADIES TRANSMISSIBLES
essentiellement aérobie et il peut être cultivé aisément sur le sérum ou le bouillon glycériués ; les liquides de cultures, inoculés par injection dans le péritoine à des animaux, principalement <à des cobayes, ont déterminé chez ceux-ci tons les symptômes et les lésions de la tuberculose.
Voies de transmission de la tuberculose. — Appareil respiratoire. — La transmission habituelle du bacille de la tuberculose a lieu chez l’homme et souvent chez le bœuf, par les voies respiratoires, au moyen des crachats des phtisiqites, du pus, des écoulements qui, desséchés, sont transportés par l’air et se mélangent aux poussières que nous inspirons. A l’état sec, ces bacilles conservent leur virulence pendant un certain temps, de sorte que les effets, les linges, les parquets souillés par les crachats ou le pus, communiquent rapidement la maladie.
Les exemples de contamination par le séjour habituel auprès des tuberculeux sont nombreux, mais on a démontré que, dans ce cas, Vair expiré est inoff'ensif; ce sont les produits d’expectoration ou de pus qui sont nuisibles.
Les faits suivants montrent que la transmission par les chambres occupées par des phtisiques a une importance considérable.
Le premier, emprunté au docteur A. Ollivier, s’est passé à Neuillv. Dans un immeuble de la rue du Pont, habitait une famille de tuberculeux; l’im des enfants meurt de cette maladie en 1887. L’appartement étant devenu libre en 1888, une famille de 7 personnes en prend possession; au bout de 18 mois à peine, tous les membres
ÉI.ÉMENTS D’IIYGIÈ^'E.
de celte famille devinrent luljcrculcux : l’iin des fils mourut de pleurésie tuberculeuse (octobre 1889), son père était mort phtisique quelques mois avant (mai 1889).
Dans une autre maison, une famille de 2 personnes entre dans un appartement où un phtisique était mort deux ans auparavant ; ces deux personnes devinrent tuberculeuses.
Le docteur Engclmann cite un exemple non moins net de contamination par les logements à Kreuznach, dans une cité occupée pâlies ouvriers d’une verrerie. L’une des maisons de cette cité, bâtie en 1865, fut occupée jusqu’en 1874 par des personnes en bon état de santé. En 1874, un ouvrier vient y demeurer avec sa femme et son fils phtisiques, qui tous deux meurent au bout de peu de temps; en 1875, l’ouvrier quitte celte maison. Une nouvelle famille de 7 personnes bien portantes lui succède, la phtisie se déclare; depuis 12 ans, toutes les familles qui se sont succédé dans cette maison, sont éprouvées par la tuberculose et fournissent 12 décès en 12 ans. Dans le reste de la cité, construite dans les mêmes conditions, il n’y a eu, dans le même temps, que 7 décès tuberculeux.
Ces exemples, qu’il serait malheureusement trop facile de multiplier, tant ils sont nombreux, nous montrent le danger d’haltitcr les appartements occupés jtar des phtisiques.
Transmission par l’eau et les aliments. — Voie digestive. — L’eau de boisson renfermant le bacille de la tulterculosc, le lait des vaches, jteuvent transmettre la maladie. En ce qui concerne le lait, la transmission est établie, quand il provient de vaches (pii présentent , sur les mamelles, les lésions de la tuberculose ; elle est moins certaine quand la maladie a envahi d’autres organes ; mais, malgré les nombreuses discussions qui ont eu lieu sur ce sujet, rinnocuité du lait de vaches tuberculeuses reste toujours douteuse.
La chair des animaux tuberculeux a été aussi incri-
LES MALAltlKS TlLV.NS.MISSlliLES.
minée comme véhicule des germes de la maladie; à ce sujet les avis sont ])arlagés. 11 sidlit ([uc la possibilité de la trausmissiou par l’appareil digestif soit établie j)our que la chair des lueul’s tuberculeux demeure suspecte.
Inoculation. — ha trausmissiou de la tuberculose [)ar uuc déchirure de la [)eau a été assez, souvent observée. M. le D'' Verneuil eu a cité des exemples très nets.
Tuberculose héréditaire. — Les cas de trausmissiou héréditaire du bacille de la tuberculose sont jusqu’ici ti’ès rares cbez les animaux soumis à l’expérience. 11 est j)robable (pie le fait est rare aussi cbez l’homme; les observations qui paraissaient établir riulluence de l’hérédité doivent être sans doute rapportées à une contamination [irécocc, favorisée par une prédisposiiion liérédl- Idire et par l’absence de pi’écautioiis.
Ravages causés par la tuberculose. — La tubercidose cause dans toutes les classes de la j)0|>ulation des ravages si cousidérables, (pi’elle rejirésente, à elle seule, les dciiæ tiers des décès causés par toutes les maladies transmissibles et le cinquième ou le quart de la mortalité géuéi'ale. C’est ce que moutreut les cbilfres suivants euqu uutés ii la statistiipie uumicipale de Paris :