‹ Principes d'hygièneChapitre 20 sur 94 · MORVE · texte numérisé non relu

MORVE

I.a morve est une allection parasitaire spontanée chez les jninentés (àne, cheval, mulet) et transmissible à riiomme et à certains rongeurs. Les Immls, hîs porcs sont rétractai res <à cette maladie.

La transmission de la morve à riiomme a été établie par Rayer en IcSô? ; c’est tout récemment, en 1885, que le bacille spécilique a été découvert, il |)ullule dans les abcès ou les ulcères ({ui siègent dans toutes les [)aj1ies du corj)s, mais principalement dans les mmpieuses des fosses nasales, du larynx, etc. Par suite, les mmpieuses nasale et pharyngienne entraînent, avec les produits de la sécrétion, les matières virulentes des abcès ou des ulcères, d’où le nom de morve donnée à la maladie, pai‘ suite des écoidements produits dans les fosses nasales.

l,a morve se présente, chez les clievaux, à l’état aigu ou ebronique ; c’est sous cette dernière forme qu’elle est la plus dangereuse, car elle n’est pas acconqwgnée des symptômes caractéristiques de la forme aiguèl et présente seulement une sécrétion plus abondante des fosses nasales, qu’on appelle le jelafje, c’est-à-diie l’écoulement de mucosités analogues à celles du rhume de cerveau.

Transmission de la morve. — La morve est tiansmissible à rbomim' |iar l’animal, par son cadnvrt' et j)ar la souillure des objets, couvertures, harnais, nu contact des sécrétions (pie reqette l’animal malade.

L’('st oi‘dinairemenl par rinoculatinn sons la peau on

ÉLÉMENTS I)TIY(iIÉNE.

|)iii‘ lino ôcorcluiro que le ])arnsile est introduit avec l(‘s séerétions dans l’organisme. L’exemple suivant signalé par le docteur Gold, en 1888, à Sévcrinowska, aux environs d’Odessa, a été rappelé par M. Cliauveau.

Un propriétaire du cercle d’Odessa en émondant des arlmstes snr son aire à battre, s’élait enfoncé une épine (pi'il relira aussitôt. Deux jours après, la main rougit et se tuméfia, les ganglions axillaires devinrent volumineux et sensibles, puis des abcès se produisirent; en outre, cet individu présentait un écoulement abondant de mucosités par rune des narines. Le malade succomba quelques jours plus fard. L’enquête démontra que le malade avait donné à son voisin et neveu un de ses cbcvaux qui éternuait beaucoup ; cbaque nuit, ce cheval revenait manger sur l’aire de son ancien maître et souillait ainsi les arbrisseaux avec la sécrétion de ses naseaux.

La transmission pont sc faire aussi, quoique pins rarement, par les voies digestives quand on jtorte à sa Louche, par inadvertance, les doigts souillés par la sécrétion.

Cette maladie est presque toujours mortelle ; elle sévit surtout à la campagne chez les palefreniers, les équarrisseurs, les cavaliers. Si on ne la signale pas plus souvent, c’est qu’elle affecte ordinairement la forme chronique, avec un caractère insidieux qui ne permet pas de la reconnaître aisément ; comme on ignore encore trop souvent, dans les campagnes, la transmissiltilité de cette grave maladie à l’homme, on ne prend pas de précautions contre l’inoculation.

Prophylaxie. — En raison de la gravité de cette maladie, on doit isoler les animaux ou les individus sus])ects, et observer les règh's de police sanitaire con-

LKS MALADIKS TUAAS.MISSIBLKS.

cernant l’ahatage des anlnianx malades (juand l’exaincn vétérinaire a conürmé l’existence de la maladie; en devra désiidecter les écuries et passer à l’étuve, les harnais, couvertures, etc., de l’animal malade.

CHARBON ou PUSTULE MALIGNE

Deux maladies parasitaires : le charbon bacléridien ou sang de rate, et le charbon sijmptomatique s’observent souvent chez le bœuf et le mouton.

I^a ])remière seule peut frapper riiomme ainsi que les animaux les {)lus dilférents. Nous en avons fait une étude assez complète pour n’avoir pas à y revenir, nous iudii [lierons seulement les voies de transmission du bacillus Anthracis chez rhouime.

Voies de transmission. — Le [larasite [leut être introduit dans rorgauisme par trois voies dilféreutes : 1" par inoculation sous la peau ; par les voies digestives; 5® et plus rarement, par les voies respiratoires.

['" Inoculation. — L’inoculation sous la peau s’observe surtout dans les contrées ou règne la maladie charbonneuse ; elle a lieu jiar le contact des produits virulents avec les déchirures de la peau, par la piqûre des mouches ijui ont sucé le sangdes animaux charbonneux [taons, asiles, sloinoxes, etc.). A la suite de l’iuoculatiou, on voit apparaître au point où elle s’et»! produite, une petite tache rouge (pii s’ulcère très vite, taudis que les parties eiivironuantes se tumétient ; c’est trois ou (juatre jours après ra[)j)arition de cette tache que le parasite s’étant dévelo[)j)é dans le sang, la lièvre appa-

KLEME.NTS DHYGIÉM:.

rait, iiidiquanl la généralisalioii de ralîeciiün. Celle romic d’alleellün eliarltonneiise est désignée sous le nom de pustule maligne. On l’observe chez les individus maniant les dépouilles d’animaux cliai'bonneux : bergers, boucliers, éijuarrisseurs, mégissiers, ouvriers travaillant la corne, la laine, le crin, etc.

Dans ces cas d’inoculation, la cautérisation immédiate de l’endroit pûjué est le procédé le jilus siir pour emjiècber l’inlection.

Voie digestive. — Le parasite peut être introduit par les voies digestives à l’état de s])ores ou à l’état vivant avec les aliments, soit avec les légumes crus, soit surtout avec la viande d’animaux morts du charbon et insul'lisamment cuite. Cette forme de l’alfection charbonneuse paraît assez fréquente dans certaines contrées ; on la désigne sous le nom de mycose intestinale .

5“ Voie respiratoire. — Enlin les sjiores peuvent être desséchées et se mélanger aux poussières de l’air qui sont introduites dans les jioumons ; elles j)rovoquent un charbon interne, charbon pulmonaire, observé chez les trieurs de laine de Bradford, en Angleterre, et à Vienne, chez les cbilïbnniers. Cette voie d’infection a été mise en évidence par M. Rücbner. En emprisonnant des souris dans un espace renfermant des |)Oussières lines inertes, mélangées à des s[)ores de bacillus Anthracis, cet auteur a réussi à leur communiquer le charbon.

Prophylaxie. — l/extension des procédés de vaccination tend à réduire les causes de contamination. La désinfection rigoureuse des débris d’animaux cbarbonneux utilisés dans l’industrie les rendra inolfensifs.

LLS MALADIES TUAASMLSSlüJ.KS.

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