SEPTICÉMIE OU INFECTION PURULENTE
Celle maladie Irès grave, (jui s’oliserve parfois seule ou le plus souveut à la suile des maladies Iransmissibles ou des opérations chirurgicales, est duc à rintroductioii, dans le corps, d’une bactérie, le vibrion septique ou hacillus septicus, découvert par M. Pasteur, eu 1881, dans le corps des animaux charbomieux en putréfaction.
La nature parasitaire de la septicémie foudroyante, chronique, ou des accidents septicémiipies connus sous le nom de (jaïup'ène foudroyante, (j(inyrène yazeuse, est aujourd’hui bien établie.
Le vibrion septique a un aspect assez semblable au hacillus Anthracis (lig. 1, D), mais il en diffère essentiellement, car il est anaérobie', la moindre trace d’oxygène le tue ou enraye son développement. Extraites du corps des animaux putréfiés et cultivées <à l’abri de Pair, les cultures communiquent, par inoculalion profonde, une scqilicémie mortelle au cobaye, au lapin, au mouton, etc.; le chien et le chat sont très résistants à leur action et le lueiif est absolument réfractaire.
Quant le vibrion septique est introduit dans un organisme, il végète dans les profondeurs des tissus et détermine une véritable putréfaction sur le vivant avec dégagement d’acide carbonique et d’oxygène; il produit alors dans les tissus des désordres etlroyables.
Si, dans les cultures de vibrion septiipie, on fait arriver de l’oxygène, la culture meurt et la formation des
ELEMIlMS IJIIYEIE.NE.
spores n’a pas lien; mais dès (jiie la spore est Ibrinée, elle résiste à l’action de l’air et à une tenij)érature de
Dans les cultures laites à l’abri de l’air, la végétation cesse bien avant (juc toutes les matières nutritives aient été consommées ; cet arrêt de végétation est dû à la sécrétion d’une substance toxique ])our le bacille luimême, ainsi (juc l’ont démontré MM. Cbamberland et Roux. Ces savants ont établi, en outre, que les cultures
alïaiblies, cbaulïèes à 105 ou 1 10 degrés ou liltrées sur de la porcelaine, ])Our les débarrasser des bactéries, })euvent être inoculées à des cobayes, en assez grande (|uantité, sans aucun danger, et leur confèrent l’inimunité contre la septicémie.
Nous avons donc là un exenq)le de vaccin inerte sécrété par le })arasite.
Voies de transmission. — Le bacille de la sej)licémie ne peut ])rovoquer d’accidents que s’il est introduit par une inoculation profonde sous la ])ean, car nous avons vu (ju’il ne peut végéter qu’à l’abii de l’air.
C’est une des espèces les plus répandues, elle se rencontre dans tontes les putréfactions qui s’accomplissent à l’abri de l’air et ses spores sont très communes dans la terre végétale; si les accidents qu’elle provo(|uc sont relativement peu fréquents, cela tient à sa (|ualité
d’anaérobie.
Par la picpirc des mouches ou d’objets souillés par les spores, la se[)ticémie ap|)araît rapidement et constitue l’allèction désignée sous le nomd’mf/ènm malin; on l’observe chez les ouvriers qui travaillent les peaux
Ü’S MALADIES TRANSMISSIBLES
SI
OU los poils, les fourrures et les toisons d’animnux ; on a aussi observé, chez les chilfonniers, des cas de sej)ticéniie.
Cette maladie cause à Paris un assez grand nombre de décès; en 1889 on en a constaté 64 contre un seul cas de pustule maligne, et, dans le premier semestre de 1891, 24 cas.
La désinfection des objets souillés par les produits de la putréfaction permet de rendre inolfensives toutes les matières premières servant à l’industrie des peaux, des fourrures, etc. La septicémie, si redoutée autrefois des chirurgiens à la suite des opérations, a maintenant beaucoup diminué depuis la pratique des pansements antiseptiques.
^ Mil. — Méthodes générales de préservation DES maladies transmissibles
L’élude sommaire que nous venons de faire pour les principales maladies transmissibles de l’homme nous amène à rechercher les moyens de protéger l’organisme contre l’invasion des bactéries (jui caractérisent la jilupart d’entre elles. Celte recherche est de la plus haute importance, si l’on remai’que qu’à Paris, dans le nombre total des décès, ces maladies tigurenl pour le tiers.
Les divers exemples étudiés plus haut nous montrent que deux conditions sont nécessaires et suflisantes pour que riiomme ou l’animal contracte une maladie Irans-
l':i;ÉMI']NTS D’IlYGlKMi.
missiblc. C’est : 1“ l’inlroduction dans le corps du germe de la maladie ; nous savons que le plus souvent ce germe est constitué par les spores ou les cellules végétatives d’un paiasite, d’une bactérie ordinairement ; 2° il faut, en outre, que les tissus du corps ou les humeurs constituent un terrain de culture favorable au développement du parasite, condition que nous exprimons par l’état de réceptivité plus ou moins grand pour telle ou telle maladie. Lorsque la réceptivité est nulle, l’animal ou l’individu possède Vimmnnité naturelle.
Réceptivité, immunité. — La réceptivité ou l’immunité varient beaucoup suivant les espèces, ou, pour un même individu, suivant l’état de santé.
1“ La réceptivité varie avec l'espèce ou le genre. Nous avons eu occasion de citer de nombreux exemples de cette variation. Rappelons que le mouton, le bœuf, le cobaye, la souris, le lapin sont très sensibles à l’action de la maladie cbai’bonncuse, tandis que les chiens, les chats, les oiseaux adultes sont réfractaires.
L’homme, le bœuf ont une grande réceptivité pour la tuberculose, le mouton et la chèvre se montrent réfractaires; en ce qui concerne la morve, les équidés, le cobaye, le lapin s’y montrent très sensibles; au contraire, les bovidés, les porcins (suidés) sont réfractaires. Enfin, tandis que le charbon symptomatique attaque un grand nombre deruminants (bœuf, mouton, chèvre, etc.), l’homme et les autres mammifères, le lapin notamment, ne peuvent contracter cette maladie. Les Euro- ])éens contractent facilement la fièvre jaune, les indigènes en sont exempts.
U;S MALADIES THANSM1SSIDLES.
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'2“ La réceptivité varie avec le mode de pénétration des parasites on des viims. — Le mouton coniracle la maladie charbonneuse avec la même lacilité par l’inoculation et par les voies digestives ; le bœuf, si sensible au charbon spontané contracté par la voie digestive, oppose anx inoculations une grande résistance, le contraire a lieu pour le cobaye, la souris et le lapin.
ô" Variations de la. réceptivité chez les mêmes individus. — Bien avant de connaître l’étiologie des maladies transmissibles, on savait que certains états morbides augmentent la récej)tivité pour ces alléctions ; c’est ce qu’on exprimait en disant que, suivant les conditions sociales, suivant les milieux, riiomme présente une prédisposition variable. Toutes les causes d’alîaiblissement ou de débilitation de l’organisme : le froid, la faim, les privations, la fatigue et même la dépression morale causée par la peur, les chagrins, augmentent la réceptivité. On pourrait multiplier les exemples de ce fait en dressant la statistique des épidémies, car elles sévissent cruellement, dans tes villes, sur les populations pauvres, affaiblies par une alimentation insjiflisante ; dans les armées, sur les trou|)es surmenées et en proie aux intempéries, quelquefois à la faim. On sait enfin combien la rage, le choléra, sont redoutables cite/ les individus que la peur a réduits à un état de prostration qui les livre sans défense à l’invasion.
Les organismes débilités par une longue maladie offrent un état de réccjttivité très grand : nous avons vu, par exemple, ([ue la diphtérie survient fréquemment à la suite de la scarlatine, de la rougeole, etc. :
KM';MENTS irilYEIKNE.
Si
Il rrsulio (!(' ros Ihils (jiio, dnns los jX'n'odos d’(’!|dd('‘mic siirloul, on no doil rien négliger pour iniginenler la force de résistance des individus par une alimentation saine et suflisante, par un travail modéré ; on doit, en outre, relever le moral affaibli. L’aj)plication de ces préceptes a toujours ou de bons résultats, comme le démontrent les relations des armées en campagne.
Outre ces préceptes généraux, nous disposons de deux autres moyens de préserver riiomme des maladies transmissibles; ils consistent à biire disparaître rime des deux comlitions nécessaires à leur éclosion.
1° Ou bien conférer l’immunité pour un temps plus ou moins long, en transformant les tissus en un milieu stérile pour les germes et les virus : e’est le résultat obtenu par la vaccination;
2° Ou bien empêcher l’arrivée des germes en les tuant dans les milieux qui nous entourent ; c’est la dcsmfeclion ou mieux la st(h'iliüafioii.