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I. — BoISSO-NS ALCOOLIQIES

Avant d’exairiinor les diverses l)oissons fennenlées, il est utile d’indiquerle rôle de l’ah'ool dans réeonninie. car c’est à lui que ces diverses boissons doivent leur importance au point de vue physiolo«i(pie.

Action de l’alcool sur l’économie. Introduit dans l’appareil digestif, l’alcool parait être iiuiuêdiateiueut absorbé par restomae, ou l’intestin, et |)asse dans les veines sans ])énétrer dans les cbylifères. Ainsi on a jm extraire du sang d’un ebien, deux heures ajirès un re]>as alcoolique, une certaine (piantité d’aleool ; on en a extrait aussi du foie, du cerveau. One devient l’alcool ainsi absorbé? Ouebpies observabairs ont prétendu ([ue l’alcool traverse le corps sans niodüications et qu'il est rejeté à l’extérieur ; mais cette opinion paraît peu probable, cai' si l’on recueille, sur un individu ou sur un animal alcoolisé, tontes les matières excrétées, on n’y retrouve (pi’nne proportion d’alcool bien inléri('iir(' à celle (pii a été absorbée.

noissoNS AhiooLiniiKs F/r ahomatioufs.

IM

D’après les observations de M. Dujardin-Beaiimelz, l’alcool serait oxydé dans les vaisseaux et transformé d’abord en acide acétique, puis en eau et acide carbonique; il représenterait alors un véritable aliment, fournissant, j)ar sa combustion, une jiartie de la force vive de l’organisme. C’est en même tenq)s un aliment iVèpanine, car en soustrayant l’oxygène à l’iiémoglobine, il diminue les combustions (pii s’accomplissent an sein des tissus; comme il abaisse la température de eenx-ci, on lui a donné le nom de médicament anü~ Üiermique.

Si la quantité d’alcool ingérée est un peu forte, toid n’est pas brûlé et l’alcool non altéré, distribué dans les tissus et principalement aux centres nerveux, y produit d’abord une excitation spéciale, qui en fait un médicament tonique.

An moment de son introduction dans l’organisme, l’alcool excite la muqueuse stomacale et augmente l’acidité du suc gastrique ; cette augmentation pourrait aller, d’après les observations deM. Ch. Richet, jusqu’au triple de la valeur normale. L’activité de la digestion jirovoquée j)ar l’alcool, explique l’habitiide (jii’on a dans le nord et le nord-est de la France, de servir des liqueurs au milieu d’un repas copieux et de longue durée; c’est ce qui s’appelle, suivant l’expression populaire : faire un trou.

Les actions bienfaisantes de l’alcool pris en quantité modérée, cxpli(jucnt le rôle important qu’il jonc depuis un certain nombre d’années dans la médication. 11 donne de bons résultats dans les maladies fébriles

KLÉMEiSTS D’IIYGIÈNE.

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aif^uos lollos que la fièvre ly|)lioï(]e, la pneumonie. Quand les malades sont déhililés, il agit à la fois comme aliment, comme toni(jne cl comme antilliermique. Il convient également chez les vieillards et les enfants. Enlin, et c’est ce qui explique la progression si rapide de sa consommation, il permet aux ouvriers dont le régime alimentaire est insuflisant, de soutenir leurs forces et de fournir un travail considérable.

Ea consommation de l’alcool est plus importante dans les régions froides et humides que dans les régions chaudes, et l’on voit les habitants des régions septentrionales, consommer sans danger immédiat une quantité d’alcool qui pourrait tuer riiahitant du Midi (en Suède la consommation de l’alcool peut s’élever pour un seul jour jusqu’à un demi-litre).

Abus de l’alcool. — Alcoolisme. ■ — Mais si l’alcool pris à dose modérée et par intermittences, est utile à l’organisme, la consommation régulière ne provoque bientôt plus, par suite de la tolérance bien connue, les efïéts qu’on en voulait obtenir; fatalement, riiommc augmente progressivement la dose journalière et bientôt les symptômes de rempoisonnement, c’est-à-dire Valcoolismc, se manifestent. D’abord temporaires, les accidents deviennent chroniques et provoquent des désordres d’une telle gravité que l’on a pu, sans exagération, dire de l’alcoolisme qu’il était un peril social .

Consommation de l'alcool. — L’alcool était inconnu au moyen âge ; découveit au xiii® siècle, il n’a commencé, en Europe, à devenir une denrée commune que vei's la lin dn xvii® siècle. En 1788, la production de

nOISSONS ALCOOÜQIIKS ET AHOMATIQIIES. 15'»

l’alcool ôtait en France d’environ oGDOOO hcctolities, dont une j)artie senlenient ôtait consommée dans notre pays; mais celte consommation augmenta rapidement, surtout dans ces dernières années : en 1874 elle était de 970 000 hectolitres ; en 1885 elle devient égale à "2000000 d’hectolitres, elle a plus que doublé en onze ans ; la consommation de l’alcool est encore plus forte dans les pays dii nord de l’Furope*.

Havages causés par V alcoolisme. — En regard de ces chiffres, on remarque que dans la môme période (1874-1885), le nombre des suicides d’alcooli(jues a sextuplé, passant en dix ans, de 157 à 808. Dans les départements où la consommation de l’alcool s’est accrue, le chilfre des réformés à la révision [)Our inlirniités a quadruplé, les ciâmes et les délits out suivi une progression plus rapide, la natalité a diminué, et les enfants qui naissent des alcooliques sont prédisposés aux maladies nerveuses, épile])sies (à la Salpétrière les

1. En France la consoinnialion de l’alcool en 1885 était, par liabi-

tant et pour

un an, de 5 lit

. 80 ; en

.Vngleterre elle est de

0 lit.

Aux États-

Unis, on 1870,

elle était

par habitant de. . .

8 lit

Helgique

l’russe

Suisse

Suède

Uussie

Danemark

On voit f|ne la consominalioii de l’alcool était, il y a quelques années, bien plus faible en France que d#ns les pays du nord d(> l’Europe: cela tient à ce ipie dans le .Midi et. le Snd-OuesI, c’est-à-din' au sud d’une limite joignant l’embouchure de la boire au siul des Vosges, la consommation de l’alcool, comme dans les régions méridionales de l’Europe, est très faible ; au nord de cette limite, la consommation croît avec la latitude.

ÉLÉMENTS D IIYlilÈNK.

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trois quarts des entants atteints de cotte maladie sont nés d’alcooliques), à la méningite tuberculeuse et à la phtisie pnlmonaii’e.

Le cliiirre des aliénés alcooliques s’élève, dans certains départements, jusqu’à 21 et même 28 ])our 100 du nombre total d’admis; le nombre des morts accidentelles, imputables à l’alcool, a augmenté de 20 ])onr 100.

Dans une statistique publiée en Angletei-re (1887), on a dressé la mortalité, j)our diverses ju'oléssions, des hommes compris entre les âges de 25 et de 05 ans en la comparant à la mortalité générale des Anglais. Nous y relevons les cbifïres suivants :

Fermiers et cultivateurs 9,78 pour J 000

Ouvriers agricoles M , 80 —

Charpentiers et menuisiers J 12, 71 —

Houilleurs 15,81 —

Maçons et Lriquetiers 14,92 —

Plombiers, peintres et vei'i'iers 18,65 —

Brasseurs 21,09 —

.Aubergistes et cabaretiers 23,57

Domestiques de café et cTliôtels .... 34,15 —

On voit que la mortalité, dans les professions où l’homme est exj)osé aux intempéries, où la nourriture et le vêtement sont insuflisants, est moins grande que chez les individus qui vendent l’alcool, et par conséquent sont exposés à en consommer fréquemment. Mais ce qu’il y a de plus remarquable, c’est de voir que la mortalité des peintres, plombiers, qui manient journellement des substances toxiques, est moins grande que celle des alcooliques.

Effets toxiques des alcools. — Nous sommes amc-

ÜOISSlLNS AI.COOUQUr.S Kï AUOMATIOIIKS.

lAA

nés à examiner les causes îles désortlres redüiilablcs (jiie ralcoolisine provoque dans la société, (hiand l’aleool est introduit en (jiianlité considérable dans rcstoinac, l’élimination pai‘ les voies d’i'xcrétion, l’oxydation dans lcsanf>-, sont impuissantes à en débarrasser i'a|»idement l’oi-^ninismo ; il s’accnmnlc alors dans les tissus et y pi’ovo(pie des tronbles graves, princi[)alement dans l’estomac. le l'oie et les centres nerveux : c’est nn toxi(pie. Mais les ravages de l’alcoolisme ont snrtont angmeidé |)ar suite de l’impureté des alcools répandus à probision dans le commerce et l'abimpiés avec les mélasses, les graines de céréales, les betteraves, marcs et lies de vin, etc.; ces alcools, désignés sons le nom d’alcools industriels, ont snp|)lanté presque complèd'inent les alcools d(^ vin qui alimentaient antrel'ois exelnsivement (1840-1850) la consonnnationb

1. De 1848 il 1800 l’eau-ilc-vie de vin, de cidres, de marcs cl de fruils représcnlait 8l.M)0() liectolilres sur une production de 8D1.Ù00.

En 1860, reau-dc-vie de vin fournil senlenieni . .05508"» liectolilres.

En 1877 — — 157 570 —

En 1805 la production n’esi ]>lus ipie de ... *28 240 —

sur une produclion de I 804 414 hectolitres, soit 1/80 à peu ]irès.

Voici, d'ailleurs, le résumé de la iiroilnclion eu 1885.

iiKCTor.iTnES. i:n centièmes.

Mélasses • 728 525 59,18

Substances farineuses (g^raines, pommes

de terre) 507 768 50,50

IleUeraves 405 451 24,90

Marcs et lies de vin 45 855 2,55

Vins 25 240 1 ,24

Cidres 20 008 1,12

Fruits 7 680 0,41

Substances iliverscs 7 028 0,58

ÉLÉMENTS DTIYGTÉNR.

Les cniLv-(lc-Yie de vin leiilemient de l’idcoül éthylique |)i‘es(jue |)m‘ (d sont les moins dangereuses.

Les eanx-de-vie de marc et surtout de cidre sont déjà très toxi(jiies, enlin les alcools industriels làbri- (jués avec les graines de céréales, les betteraves, la pomme de terre, sont les jdns dangereux, car avec l’alcool éthylique, ils contiennent une proportion plus ou moins grande (souvent ])lus de 5 pour 100) de composés chimiques ])his ou moins volatils (juc l’alcool ordinaire.

Ce sont d’abord des aldéhydes, des éthers (aldéhyde acétique, éthci' acétique), plus volatils que l’alcool ordinaire qui forment les produits de tête, car ils passent les premiers dans l’alamhic de distillation; puis ensuite, les homologues supérieurs, alcools à formules élevées, tels que l’alcool propylique, l’alcool hutylhjue, l’alcool amyliquc ou leurs isomères qui, moins volatils que l’alcool ordinaire, ])assent à la lin de la distillation et constituent ce que l’on nomme les produits de qaeue.

Les ex}>érienccs entreprises par MM. Dnjai'din-heaumetz et Audigé ont bien mis en évidence la toxicité de ces produits de tète ou de queue. En faisant absorber :i des animaux (chiens et porcs) divei's alcools à l’état pur et à l’état de dilution, ces j)hysiologistes ont reconnu (pie la dose toxique est légèrement allàihlie par l’ét d de dilution. Elle varie d’ailleurs avec les produits comme l’indiipic le tableau suivant, emprunté à leur beau travail.

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