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VARIOLE

l.a variole est une maladie grave et très coulagieuse qui paraît être connue depuis le vF siècle. Importée d’Asie en Europe et en Afrique jiar les Sarrasins, elle a aussi envahi l’Amérique avec les Esjiagnols au moment de la conquête.

Très meiu'trière pendant de longs siècles, la variole est beaucoup moins à craindre depuis la découverte de la vaccine par.lenner. Elle devrait avoir disparu depuis longtemps, si les gouvernements avaient adopté, comme en Allemagne, la revaccination obligatoire.

La variole ajiparaît à tout âge et dans toutes les conditions, car son éclosion est indépendante des influences hygiéniques. La période d’incubation est de 14 jours environ et sa durée, (juand elle guérit, varie de 15 à 50 jours. L’un des sym|)lomes les plus conslanls est

LES MALADIES TRANSMISSIBLES

la production d’une éru[)tion plus ou moins abondante de pustules ; ces pustules se rompent bientôt et laissent écouler un li(piide jaunâtre qui se concrète à l’air; ou bien elles forment des croûtes qui s’affaissent et se dessèchent. On n’a pas découvert, dans ces pustules, de Bactérie spécifique et cependant le liquide qu’elles renferment, ou les poussières très ténues qui résultent de leur dessiccation, sont les agents les plus actifs de la contagion. Le contact d’un varioleux guéri, ou du corps d’un varioleux, les poussières qu’il dégage ou qui se lixent sur les vêtements et sur le linge, communiipient rapidement la maladie. Le virus ne jiaraît pas se conserver longtemps dans l’air.

Les personnes atteintes de variole légère désignée sous le nom de varioloï(h> . sont réfractaires à la maladie pour un grand nombre d’années et ne j)euvent même pas prendre le vaccin, mais l’agent contagieux d’une varioloïde peut transmettre la variole la plus grave ci d’autres individus.

La variole cause encore en France un trop grand nombre de décès, environ 12 000 par an, et la moyenne des décès pour les villes françaises était d’environ 35 pour 100 000 habitants en 1880. Pendant la guerre de 1870, les ravages de la variole dans l’armée française furent si grands (pi’on estime à 22 500 hommes le nombre des décès causés par cette maladie : ce chiffre, avec les malades, représente tout un corps d’armée !

Moyens prophylactiques. — L’isolement des varioleux et la désinfection coiuplètc des objets ou des appartemeids contaminés, sont tes premières |»récau-

ÉJÆMKNT55 iniYGIÈNE.

lions à j)i‘cndre d’urgence en cas d’épidéinie ; bien a])pliquées, ces mesures |)euvcnt empêcher la maladie de faire un grand nombre de victimes.

Variolisation. — Le fait de la non-récidive de la variole est connu depuis longtemps et a donné naissance à un j)rocédé propliylacti(}ue employé en Chine depuis la plus haute antiquité : c’est la variolisalion; ce procédé consiste, dans les cas d’épidémie bénigne, à inoculer la vaiiole ainsi naturellement atténuée et à préserver les personnes inoculées des atteintes |)lus graves. La variolisation fut introduite en Turquie dès le xiC siècle , puis de là se répandit en Europe |)endant le xviii®; cette méthode est dangereuse, car il arrive souvent que le virus de la varioloïde reprend, en ])assant dans le corps d’un individu, toute son énergie et provoque alors des épidémies meuilrières.

Vaccination. — Mais la découverte de la Aaccine par Jenner permet à l’homme de se soustraire d’une manière certaine à cette dangereuse maladie. Jennei' avait remaripié (jue les garçons de ferme qui ])résentaient aux mains des ])ustules provo(piées jwr une éi’uption semblable à celle (|ui siège sur les bestiaux, sur le pis des vaches, |)ar exemple, étaient préservés de la variole. En 179(), il eut l’idée d’inoculer à un enfant le contenu de ces pustules et, trois mois après, il inocula la variole à ce même eidant ; cette iuoculatioii resta iuactive.

Ainsi la maladie éruptive de la vache connue sous le nom de cow-pox ou vaccine, ])eut être inoculée à riiomme et lui confère une immunité comjilète contre les formes les plus graves de la variole.

LES MALADIES TRAASMISSIBLES.

La (|uesliüü de savoir si la vaccine est une maladie spéciale ou j)lutôt une forme atténuée et devenue spécifique de la variole, est encore discutée ; mais ce qui est acquis aujourd’hui après des discussions et des luttes ardentes, c’est la nccessUé de la vaexine pour la préservalion de la variole.

Preuves de l’efficacité de la vaccination. — Dès que la découverte de Jenner fut connue, on ahandonna la pralique souvent dangereuse de la variolisation, pour adopter la vaccine et la mortalité par variole fut considérablement amoindrie, comme le montre le tableau suivant :

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