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CHARBON (PUSTULE MALIGNE, SANG DE RATE, MALADIE CHARBONNEUSE, ETC

Le type des maladies parasitaires transmissibles est le charbon ou maladie charbonneuse, qui sévit sur la jilupart des animaux et principalement sur les moulons [sany de rate), les chèvres, les bœufs ou vaches {maladie du sanq), et les chevaux {fièvre charbonneuse) ;

[.ES MALADIES TRANSMISSIBLES

on l’observe aussi chez l’homme, où elle est désignée sous le nom de charbon ou pustule maligne. Cette maladie sévit surtout dans les pays d’élevage : dans la Beauce, la Brie, le Nivernais, le Berri, etc., où elle cause des dommages considérables.

Rayer et Davaine découvrirent en 1850, dans le sang des animaux morts du charbon, de petits coi|)s liliformes dépourvus de mouvement sjiontané. En 181)5. Davaine , sous rinlluence des travaux publiés par M. Pasteur, attribua à ces bâtonnets, (ju’il nomma jÇrmléridies, la cause de la maladie charbonneuse, mais les observations ({u’il publia n’étaient pas assez rigoureuses pour imposer ses vues aux médecins et aux vétérinaires. C’est en 1877 que M. Pasteur et ses élèves, MM. Joubert, Chamberland et Roux, commencèrent la série de recherches qui devaient révolutionner les idées reçues sur l’étiologie des maladies transmissibles.

Le charbon est la maladie causée par la Bactéridie. — Lorsqu’un mouton est atteint du sang de rate, il succombe à la maladie, tantôt soudainement, tantôt avec des prodromes (jui durent quelques jours. En tous cas, au moment où la maladie éclate avec violence, la mort survient très rapidement : l’animal cesse de manger, sa démarcbe devient chancelante, bientôt il tombe, se débat dans quebjues convulsions, rejette par les naseaux une écume sanguinolente et succombe au bout de 5 à 10 minutes.

Si l’on recueille à ce moment une goutte du sang {fuj. 4, A, B), on voit que les globules sont souvent déformés et agglutinés en masses plus ou moins régu-

lières; mais ce (|iii est constant, c’est la présence an milieu des glolinles, altérés on non, d’iin grand nombre de bâtonnets droits on cassés, immobiles, dont la longueur est à peu près le double du diamètre des globules : ce sont les Bacilles du cbarbon (Bacillus Anthracis). Un animal sain, piqué avec une aiguille trempée dans

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Fijï. i. — lîîu'léridio du charbon {Bacillus Anthrneis). A et B dans le sang. En A, les Bactéries b .sont au milieu des globules (j ayant encore leur l'orme earacléristiquo ; en B, les Bactéries sont dispersées aulour de masses irrégulières m formées ]iar les globules sanguins agglutinés. Eu C, Bactéries en longs lilaments enchevêtrés, obtenus dans une culture et montrant les sjiores b en formation.

ce sang, c’est-à-dire inocidé, contracte la maladie charbonneuse et meurt rapidement.

Pour démontrer que c’est le Bacille qui est la cause de la maladie, M. Pasteur dépose une goutte du sang charbonneux dans un liquide nutritif (urine neutre, solution minérale), les Bacilles s’y dévelojipent en for-

LKS MALADIES TRAASMISSIDLES.

niant de longs ülameiits entorlillés (fig. 4,Ca.) On prend une goutte de cette culture et on la dépose dans un second vase rcnleriuant le liquide nutritir, puis une goutte de cette deuxième culture est ensemencée dans un troisième vase et ainsi de suite pendant des mois entiers. La Bactérie se développe dans ces cultures successives avec une grande pureté et le mici’oscope n’y révèle pas d’autres organismes; dans les cultures ainsi diluées et fractionnées, la dernière ne renferme jilus aucun des éléments dn sang, ni corps figurés, ni virus autre que la bactéridie et les produits de son activité. Cette culture, inoculée à des cochons d’Inde, se montre aussi virulente que le sang, car les animaux succombent rapidement au charbon. C’est bien le Bacille seul qui provoijue la maladie : si l’on filtre les bouillons de culture sur du plâtre, le liquide qui s’écoule, entièrement privé de Bactéries, se montre inolfensif, même lorsqu’on l’injecte en gi’ande quantité, tandis qu’une jiarcetle du résidu du filtre communique le charbon.

Propriétés de la Bactéridie charbonneuse. Formes de la vie végétative et de la vie ralentie. — Avant d’examiner comment les animanx peuvent contracter la maladie charbonneuse, nous devons étudier les pi-opriétés de l’oi-ganisme qui la provo((ue. Le Bacillus Antliracis se présente à deux états : d’abord en végétation active sous l’aspect de bâtonnets toujours courts dans le sang,, mais formant dans les cultures du bouillon de poule de longs filaments enchevêtrés {fig. 4, C); à cet état la Bactéridie est avide d’oxygène et meurt l'apidement si on la soustrait à l’intluence de ce gaz. La végétation

ÉLÉMENTS D’HYGIÈNE

s’accomplit bien mieux à la tem|)éralure de 20® à 25®, elle cesse au-dessous de 12® ci au-dessus de 45®, mais les bâtonnets restent vivants et ne sont tués qu’à 60®; l’oxygène à liante tension les tue également.

A l’état de vie ralentie, la Bactéridie se présente sous l’aspect de lins corpuscules réfringents, d’un diamètre un peu plus foible que l’épaisseur des bâtonnets : ce sont les spores, découvertes par M. Koch en ] 875 ; elles se forment dans les cultures maintenues à des températures dépassant 15® et inférieures à 45®. Comme tous les organes en état de vie ralentie, les spores supportent sans périr des influences mortelles pour la forme végétative : elles résistent à l’action de l’oxygène comprimé, à la privation d’air, à la dessiccation; chauffées à 95® dans un milieu humide pendant dix minutes, elles restent vivantes, elles supportent la température de 115® et même de 125® dans un milieu sec.

Mode de transmission du charbon. — Ces propriétés étant connues, nous pouvons étudier l’étiologie du charbon. L’origine de cette maladie, si meurtrière pour le bétail, était inconnue jusqu’aux premiers travaux de Davaine et de Delafond en France, de Pollender et de Braücll en Allemagne. Cette origine fut établie nettement parM. Pasteur de la manière suivante : des moutons furent nourris avec de la luzerne arrosée de cultures artificielles de la Bactéridie, renfermant les deux formes, les liâtonnets et les spores; un petit nombre seulement des moutons mis en exjiérience fut atteint de la maladie, tous ceux (jui succombèrent offraient les lésions caractéi-isti(pies des animaux char-

LKS MAI.ADIKS TRANSMISSIBLES.

hüiiiHiiix. La morlalitc lut augiiientée un niclant aux aliuR'iits souillés par la Rartéridio, dos objets })iquants, tels ([lie les liarlies d’épis d’orge coupées en l’raguients de I ceutiuiètre (>uvirou. La nature des lésions observées montra que li' mal avait débulé dans la boucbe ou

arriere-gorge.

Mais dans ces expériences, on avait semé le parasite avec abondance dans les aliments. Comment, dans les conditions naturelles, est-il amené dans les tissus? Pour([uoi les épidémies sont-elles jiarlois si noudjreuses et si meurtrières, dans les conirées où le charbon a disparu [lendant quelques aimées?

La solution de ces ijiiestions présentait des dil'ticultés spéciales; on avait reconnu ({u’au moment où la putrélaction envahit le coi[)s des animaux charbonneux, la Bactéridie n’oiîre jamais de s|)ores, et que sous l’inllueuce de la privation d’oxygène, par la concurrence des organismes de la putréfaction, elle meurt très vite. Les équarrisseurs connaissent bien ce fait, car ils manient sans précautions les animaux charbonneux quand la putréfaction est avancée.

En réalité la Bactéridie n’a [las disparu; l’enfouissement des animaux morts du charbon, seul procédé em- [)loyé pour se débarrasser des cadavi’cs, modilie les conditions de son développement et favoiise la formation des spores. En effet, avant ({ue la [uitréfaction se soit produite, le sang et les liipiides s’écoulent du corps et imbibent la terre; là, les Bactéridies, soumises à l’inlluence de l’air (jui liltre dans le sol, conlinuent à végéler cl formenl leurs s|)oi-es. M. Basleur s’esl assuré di*

ÉLÉMEM’S D'IIYGIÈNE.

ce fait par des expéj-iences directes : de la leri'c arrosée de bouillon de culture et addilionnée de sang charbonneux a montré, en moins de vingt-(|ualre heures, des spores (pii, à l’état de vie ralentie, résistent aux causes de destruction de la forme végétative. C’est donc jiar les spores formées dans le sol autour du cadavre de l’animal charbonneux, que la maladie se propage.

M. Pasteur fit enterrer, en divers endroits, des animaux atteints de l’épidémie, et quelques mois apn'is, deux ans plus tard, la terre recueillie à la surface des fosses, même après toutes les opérations de culture, a pu communiquer le charbon ; au contraire, celle qui avait été recueillie loin des fosses était inolfensivc.

La présence des spores à la surfoce du sol s’explique quand il a été souillé par le sang avant renfonissement, ou quand celui-ci est sujierliciel. Comment, dans des fosses profondes de 1 ou "2 mètres, les spores viennentelles à la surface, alors que l’action des pluies tendrait à les entraîner plus profondément?

Ce sont les vers de terre qui efTectuent ce transjiort : pénétrant dans les couches jirofondes des teriains meubles, ils vont se nourrir des matières organiipies ipii souillent la terre autour du corps des animaux eufouis et viennent nqeter, à la surface du sol, ces jielits cylindres contournés sur eux-mêmes, que l’on apeiroit fréquemment après la pluie. En recueillant ces cylindres ou en extrayant la terre de l’intestin des vers, M. Pasteur y a retrouvé les spores de la Bactéridie charhonnense et a pu inoculer avec elle des animaux sains. La vitalité des sjiores peut être conservée très longtemps dans ces

LES MALADIES TRANSMISSIBLES

conditions, cac elles ont été retrouvées, avec toute leur virulence, dans la terre couvrant des fosses de trois ans et inéine de doii/e ans!

Les faits (|ue nous venons d’exposer, vérifiés un grand nombre de fois avec la plus i-igoiireusc exactitude, expliqnent bien des singularités signalées j)ar les éleveurs et les bergers; telle par exemple que l’existence des champs inaudits, où l’on ne pouvait mener paître les troupeaux sans observer une épidémie de charbon plus ou moins meurtrière.

Prophylaxie du charbon. — Il est possible de formuler, d’après ce qui précède, les règles :iol)server pour faire disparaître ou atténuer, dans une grande proportion, les dangers de la contamination des troupeaux.

.Vu lieu d’enfouir les cadavres en un endroit quelconque ou trop souvent de les laisser pourrir sur le fumier, il faut, quand on le peut, envoyer les animaux à ré([uarrisseur, ou bien réserver des endi’oits clos de bar rières élevées ou de rmtrs, pour y enfouir les animaux morts. L(i mierrx serait de brûler les cadavr’cs, ou de les faire bouillir. En tous cas, on devr’a éviter de souiller la terre, pendant le ti’ansporl, avec les liquides oir le sang que l’animal laisse échajrper et détruire les germes sitr toutes les places où ces liquides se trouvent, soit en y brûlant des herbes, soit en les arrosant avec rrne solution de. sirlfate de cuivre à 1 pour 100.

Résistance variable des animaux à la Bactéridie du charbon. — La Bactéridie du charbon nous présente un exemple de parasitisme facultatif; semée

ÉLÉMENTS D’IIYfilÈNE.

dans du bouillon, du séium, du lait, de ruriuo, etc., elle y végète très bien et Ibrine ses spores, accoui])lissaut ainsi toute sou évolution, c’est alors un saprophyte ; introduite dans le sang d’un vertébré vivant, elle y trouve également un terrain de culture favorable et s’y développe rapidement, c’est alors un parasite, mais elle ne peut parcourir toutes les phases de sou évolution, car les spores ne se forment pas dans le corps des animaux.

Le sang des différents vertébrés n’est j)as toujours un terrain de culture excellent, et suivant la nature, suivant l’àge, le degré de réceptivité varie, c’està-dire que la faculté de pouvoir noun ir le parasite est plus ou moins grande, parfois nulle.

C’est dans le corps des moutons, des chèvres, des lapins, des cobayes et des souris, que la Bactéridie vit le mieux, car la plupart des animaux contaminés meurent. Le cheval, le bœuf, la vache résistent davantage, car souvent les animaux inoculés guérissent. Les porcs, les chiens, les chats jwraissent être réfractaires ; ])ar contre, riiomme présente une réceptivité moyenne.

Mais les exemples les pins curieux d’immunité sont fournis ])ar les moutons d’Algérie, moutons harharim qui, transportés en France et élevés pendant plusieurs générations, résistent aux inoculations les pins meurtrières pour les moutons indigènes.

Les causes de cette l'ésistance variable à l’action nocive de la Bactéridie cbarbonnense ne sont pas connues, mais il semble que dans certains cas, la température inllue beaucoup sur la réceptivité. En effet.

LES MALADIES TRANSMISSinLES.

les poules sont, :i l’état normal, réfractaires à cette maladie; mais si, comme l’a fait M. Pasteur, on refroidit artiliciellement leur corps de manière à ramener sa température à 55® ou 58" (en immer<*eant les |)attcs dans l’eau froide), ces animaux contractent le charbon et meurent. Inversement les grenouilles sont réfractaires à la température ordinaire, mais on peut les faire périr du charbon en les inoculant et en élevant la température de leur corps à 55".

En somme, la maladie charbonneuse n’est pas une alîection spontanée, c’est une maladie parasitaire qui exige pour se manifester deux conditions : 1® une condition externe : l’apport du parasite introduit par le tube digestif ou par inoculation; 2® ?mc condition interne : l’aptitude plus ou moins grande de l’hôte à nourrir le parasite, ajititude désignée sous le nom de réceptivité . Or cette réceptivité, ])our des raisons que nous ne connaissons pas, varie beaucouj), non seulement pour des individus d’espèces ditférentes, mais encore pour des individus de môme espèce. Ou conçoit donc, qu’avec des conditions égales de contamination, la maladie puisse revêtir une forme grave, des formes bénignes ou mémo faire défaut.

Mécanisme de la mort dans la maladie charbonneuse. — La Bactéridie du charbon peut être introduite dans l’organisme, par l’appareil digestif avec les aliments, c’est le mode de transmission habituel pour les bestiaux ; par une déchirure de la j)eau, ])iqùre, éraflure, etc., et endu, plus rarement, par les voies l'ospiratôires.

ÉLÉMENTS D'IIYEIÈNE.

Quand la Bactéridie est introduite parles voies digestives, la maladie qu’elle dévelo|)pe éclate souvent avec violence sans être précédée de prodromes toujours Bien nets ; cà l’autopsie, le sang est noir comme celui des asphyxiques et il remplit les capillaires qui sont souvent dilatés.

Pour expliquer la violence des accidents et la rapidité de la mort, on a émis l’idée suivante : la Bactéridie, très avide d’oxygène, sousti’ait aux globules sanguins le gaz que ceux-ci doivent distribuer aux tissus, et, par suite, l’animal meurt asj)hyxié. Bans cette lutte ])our le partage de l’oxygène, la température spécilique du corps peut donner l’avantage soit à la Bactéridie, c’est le cas des ruminants; soit aux globules, c’est le cas des oiseaux qui sont réfractaires au charbon à cause de la température élevée de leur corps. Celle hypothèse ne rend pas compte de tous les accidents observés; ainsi, dans les cas d’inoculation j)ar piqûre, et ces cas sont connus chez l’homme sous le nom de piishde maligne, on observe un gonllement volumineux de la partie lésée et plus tard, mais pas toujours, la maladie se généralise et ])rend la forme grave. L’examen de la région où la piqûre a été faite montre que celle-ci renferme une sérosité sanguinolente qui fourmille de Bactéries, les ganglions lymphatiques sont gonllés et renferment également beaucoup de Bactéries; il y a donc là des lésions provoquées par une irritation des tissus que l’aftinitc de la Bactérie ])our l’oxygène ne peut ex])liquer. Or, différents auteurs, MM. liankin, Brüger et Fraenkel, ont extrait des bouillons de cultures, une matière albumi-

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noule qui [Kiraît très toxique et qui donnerait à la bactérie son action nocive. En sorte ({ue le parasite agi rait il la lois en soustrayant l’oxygène destiné aux tissus et en sécrétant un produit toxique.

Vaccination charbonneuse. — Dans les expériences établies pour montrer le mode de transmission de la maladie charbonneuse, M. Pasteur avait remarqué que les vaches ne meurent pas toujours après l’inoculation d’une culture renfermant la Bactéridie ; après leur guérison, elles deviennent, pour un certain temps, réfractaires aux inoculations les plus actives : le cliarhon ne récidive donc pas, et les animaux qui ont triomphé de la première atteinte sont vaccinéa. Cette observation était d’une grande importance, car si l’on arrivait à communiquer aux dilférents animaux une forme toujours bénigne de cette affection, on les préserverait de ses atteintes futures. Ce problème a été résolu par M. Pasteur avec un succès éclatant.

Atténuation de la virulence. — Dans l’étude du microcoque du choléra des poules, M. Pasteur avait montré que les cultures de ces parasites, maintenues pendant longtemps au contact de l’air, perdaient peu à peu leur virulence première. L’oxygène de l’air altère donc peu cà peu les propriétés de ce jiarasite de manière à le rendre inoffensif pour les poules.

.Vvec la Bactéridie du charbon les mêmes phénomènes se produisent, mais pour les observer il faut enqiôcher la formation des spores, car dès que les spores sont formées, elles ne peuvent subir aucune

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altération sous rinflucnce de l’air : on arrive <à ce résultat en maintenant la culture entre 42" à 45", température à laquelle la Bactéridie continue à végéter, mais sans pouvoir donner de spores. ^

Si l’on maintient à 42" ou 45", en présence de l’air, une culture très virulente de la Bactéridie du charbon, au bout d’un mois, elle est morte; après huit jours la culture , encore vivante, est dépourvue de toute virulence, car elle est inoffensive pour le lapin, le cobaye, le numlon, espèces les plus aptes à contracter le charbon. Dans le temps qui s’écoule entre le début de la culture et l’époque où elle a perdu sa virulence, on ])eut puiser une partie du liquide et obtenir une série de produits dont la virulence décroît graduellement. En cultivant ensuite ces liquides à virulences diverses ou nulle, à la température de 20" à 25", les spores ne tardent pas ii se former, et chacune d’elles fixe, pendant un certain temps, la virulence propre du liquide qui l’a formée. Chaque culture représente donc un vaccin pour la culture plus virulente qui la précède.

L’atténuation de la virulence peut être obtenue à l’aide d’autres procédés. M. Toussaint l’avait obtenue en cbauffimt le sang pendant 10 minutes à 55" ou en l’additionnant de 1 0 pour 100 d’acide pbénique. M. Chauveau a fait intervenir l’oxygène conqirimé, etM. Arloing, l’action des rayons solaires. Mais aucun de ces procédés ne fournit des résultats aussi nets que celui deM. Pasteur.

Retour à la virulence primitive. — Les cultures de la Bactéridie, devenues inoffensives pour les cobayes adultes, peuvent reprendre leur virulence primitive :

lÆS MALADIKS TP.ANSMlSSiniES.

en efTct, ces cultures tuent les cobayes d’un jour, le sang de ceux-ci injecté cà un cobaye de deux jours le tue, puis sou sang injecté à un cobaye })lus âgé déteriuiue aussi la mort et ainsi de suite, de sorte qu’eu passant dans le corps d’animaux de j)lus en plus âgés, la Bactéridie récupère progressivement sa virulence; au bout d’un certain temps on revient à la virulence originelle. La cause de ce retour à la virulence jiremière n’est pas connue.

Vaccin du charbon. — Démonstration de l’efficacité de la vaccination charbonneuse. — Il restait à soumettre les résultats de l’atténuation des Bactéridies au contrôle de l’expérience. Le premier essai de vaccination eut lieu à Pouilly-le-Fort, près de Melun, et donna des résultats merveilleux : les moutons vaccinés résistèrent à l’inoculation du charbon, tandis que les moutons non vaccinés périrent tous au bout du troisième jour. Le succès éclatant de cette première expérience se renouvela dans toutes celles ([ui furent réalisées, tant en France qu’à l’étranger, et la prati({ue de la vaccination j)rit un tel dévelopj)ement, que le 1" juin l88t2,on comptait oOO 000 animaux vaccinés dont 25 000 bœufs ou vaches.

L’efficacité de la vaccination est établie d’ailleurs par la statisti((ue de la mortalité. Au mois de novembre 1881, la moi'talité des moutons vaccinés était de y|-^, celle des moutons non vaccinés de c’est-à-dire environ 10 fois plus foi‘te.

La durée de l’immunité accordée par la vaccination est d’un an environ, peut-être davantage, mais il est préférable de revacciner les troupeaux cba(|ue année.

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Kii üiilre, 011 doit les revacciner chaque lois qu’une épidémie éclate.

Le charbon est une maladie parasitaire transmissible. — Eu résumé, toutes les fois qu’un animal mauileste les symjitômes locaux ou généraux de la maladie charbonneuse, on est certain de trouver la Bactéridie dans le sang ou dans les sérosités du corps de l’animal malade.

Réciproquement, toutes les Ibis qu’on introduit les Bactéridies dans l’intestin ou dans les tissus, on voit apparaître la maladie charbonneuse avec son cortège de prodromes et de lésions bien caractérisées.

Ces deux propositions, si nettement établies par M. Pasteur pour le charbon, caractérisent la méthode de recherches dans l’étude des maladies parasitaires.

Preuves du parasitisme des affections transmissibles. — Les deux propositions ([ui viennent d’étre résumées sont les seules preuves certaines de la nature parasitaire d’une alïection déterminée, mais leur démonstration est j)aiiüis diriicile à élablir.

Pour les maladies communes à rbonune et à certains animaux, le problème est relativement simj)le à résondre. Lorsqu’on a trouvé la Bactérie spécifique d’une maladie, c’est-à-dire celle ipii se rencontre toujours dans les diverses lésions et qui fait défaut à l’état sain; la seconde proposition est d’une réalisation facile, car il suflit d’isolei’ la Bactérie par des cultures jnires et de l’introduire dans le corps des animaux capables de contracter la maladie ([u’clle caractérise, par les voies digestives, les voies res|)iratoii-es ou par inoculation;

LKS MALADIES TUAASMISSllil.KS.

si l’ou voit aj)j);u“aître la maladie typique, la preuve du parasitisme est faite. C’est ce qui a été démontré, non sevdement pour la maladie charbonneuse , mais aussi pour la morve, la luberculose, la diphlérie, la septicémie.

In certain nombre de maladies sont spéciales à riionnne et n’ont pas jusqu’ici été observées spontanément chez les animaux, ce sont : la fièime hjphoïde, le choléra, la fièvre jaune, etc. Dans ce cas, la première proposition seule peut être résolue; la seconde. en l’absence de sujets destinés à réaliser expérimentalement, l’alVection n’a ])u être établie jusqu’à présent ; par suite, la preuve dn parasitisme n’est [>as rigoureusement laite. Nous aurons cependant, à propos de chacune de ces maladies, à signaler nn certain nombre de faits pouvant snj)pléer, dans nne certaine mesure, à la j)rcuve expérimentale qui fait défaut.

C’est dans ce cas (pie l’on doit apporter bcanconp de |)rudence dans la recherche de la bactérie s|)écifiqne, surtout, comme cela a lieu pour la lièvre typhoïde, la dysenterie et le choléra, lorstpie les lésions |)rodnites ont |tonr siège l’intestin, (pii renferme, comme on le sait, nne llore bactérienne riche et variée. Les procédés de coloration, les cultures dans des milieux inertes, ollrent alors de précieuses indications pour le diagnostic des es|)èces pathogènes.

Il est certaines maladies telles que la lUKje dont on n'a pas découvert jus(pi’ici le parasite; cep(Midant jiar son évolution, par l’atténuation de la virulence des organes, par la réussite des vaccinations, la rage se comporte

ÉLÉMElNTS D’IlVGlÈNE.

exactomenl coiimie la maladie j)arasitairc iy|)e : le charbon.

Enfin, les lièvres éiaiptives, variole, romjeole, scarlatine, etc., n’ont pas olïert jusqu’à présent de Bactérie spécifique; leur étiologie a cependant les cai’actères des maladies nettement jiarasitaires, et l’emploi des procédés jirophylactiques dont l’étude des maladies parasitaires a révélé l’eflicacité, est toujours suivi de succès vis-à-vis des lièvres éruptives dont nous ne connaissons pas le germe.

^ III. — Fièvres éruptives

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