‹ Principes d'orientation sociale; (volume 2)Chapitre 32 sur 79 · GE QUE NOUS DEVONS PROPOSER AUX COLONIES · texte numérisé non relu

GE QUE NOUS DEVONS PROPOSER AUX COLONIES

L'histoire du protectionnisme nous montre que les industries se développent à l'abri des tarifs : on voit surgir d'abord les industries primaires, celles pour lesquelles le pays est le mieux conditionné; ensuite, les industries secondaires : en premier lieu, celles qui produisent des objets utiles et puis celles qui fabriquent des objets de luxe, jusqu'à ce qu'à la fin tout le pays soit couvert. En Amérique, le cycle est achevé. Au Canada, les principales industries existent et ne peuvent plus être supprimées, mais les industries secondaires n'ont pas encore été créées. Le développement industriel de l'AustraT

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lasie est encore moins développé. Quant à l'Afrique du sud, on peut dire qu'il n'y existe pas d'industrie.

Eh bien, nous pourrions prendre ees colonies à leurs différents stades de développement et leur dire : « Entendons-nous. 11 y a des objets que vous ne fabriquez pas jusqu'à présent.

Laissez-les nous, comme vous avez fait jusqu'à présent. Nous, de notre côté, nous vous offrons une préférence en échange ». Les colonies s'arrangeront alors pour faire des tarifs, de manière à ne pas créer d'industries en compétition avec celles qui existent déjà dans la mère-patrie. Si nous avions agi de la sorte vis-à-vis des Etats-Unis, il y a vingt ans, nous aurions pu sauver une de nos grandes industries, celle des tôles fines, qui importait principalement ses produits en Amérique. Et nous aurions dû faire de même vis-à-vis. de l'Allemagne (1).

(i) Glasgow, 6 octobre 1903. M. Chambeiiain a cherché à expliquer ce singulier argument dans la suite. A. Tynemouth (21 octobre 1903), il s'est défendu de vouloir « stéréotyper » les industries des colonies ou arrêter leur développement. Ce passage du discours de Glasgow a, en outre, été modifié dans la collection revisée des discours de M. Chamberlain.

118 LE PROCÈS DU LIBRE -ÉCHANGE EN ANGLETERRE DROITS D*ENTRÉE SUR LES PRODUITS ALIMENTAIRES

Quelle compensation peut-on offrir aux colonies en échange de la préférence qu'elles nous accorderont? Il ne peut être question d'une faveur pour les objets manufacturés, car leur exportation à cet égard est insignifiante. On ne peut pas non plus songer à leur attribuer un avantage en ce qui concerne l'importation des matières premières. Il ne reste donc que les denrées alimentaires. Si nous voulons obtenir des réductions de droits et éviter que les colonies ne se séparent de la métropole, il faut accepter une taxe sur les produits alimentaires importés par les pays autres que nos colonies.

C'est là le grand crime qu'on nous reproche.

Mais on a bien soin de ne pas ajouter que nous le ferons de manière à ne pas augmenter d'un farthing (1) le coût de la vie pour les ouvriers. Voici comment. Nous proposons d'imposer un droit de 2 sh. par quarter (2) sur le blé étranger, à l'exception de celui qui est

{i) 'Le farthing == { de penny.

(2) Le quarter = 0,290,781 mètre cube.

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originaire des colonies. Aucun droit ne sera perçu sur le maïs, qui est la nourriture des pauvres gens et qui est employé par les fermiers pour engraisser leurs porcs. Une taxe correspondante sera imposée sur la farine, afin de faire renaître Piridustrie de la meunerie et de fournir aux éleveurs les déchets nécessaires pour engraisser leur bétail.

Ensuite, un droit de 5 p. c. sera perçu sur la viande et les produits de laiterie importés par les pays étrangers. Exception sera faite pour le lard, qui est la principale nourriture de la partie la plus pauvre de la population. Enfin, il sera accordé une préférence aux colonies pour l'importation de leurs vins et peut-être aussi de leurs fruits. Par contre, nous proposons de dégrever certains produits : réduire des trois quarts, les droits sur le thé, et de moitié les droits sur le sucre.

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