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CHAP. IV — LA DÉFENSE DU LIBRE-ÉCHANGE 185 LES PROGRÈS DES AUTRES PAYS

Mais les autres pays, objectent les protectionnistes, ont augmenté leurs exportations dans

on voit que les prix ont baissé en Angleterre de 19 p. c. et en Allemagne de 9 p. c. seulement. Aux Etats-Unis, la réduction a été de 24 p. c, mais ce chiffre ne pourrait être admis qu'après une sérieuse vérification. Si on voulait évaluer les exportations en tenant compte du mouvement des prix, on ne devrait pas perdre de vue qu'il y a eu, aux Etats-Unis, une grande différence entre les prix d'exportation et ceux du marché intérieur pour la plupart des produits. Sous ces réserves, le tableau des exportations peut être établi de la manière suivante (en millions £) :

Taleurt déclarées

Taleun d'après les prix de 1881-5

^y^^^' AUenugne

Etats-Unis

^^vir' 1 Allamagne lUtsUnis

Il résulte de ces chiffres, que les exportations anglaises ont augmenté depuis 1881, de 81 millions JB, celles de l'Allemagne, de 61 millions £, et celles des Etats-Unis, de i5i millions £. Les exportations de ce dernier pays ont augmenté plus rapidement que celles des autres nations en valeur absolue comme en valeur relative. Mais qui oserait prétendre qu'un changement dans la politique douanière de l'Angleterre pourrait entraver le développement des exportations de ce pays ?

une proportion plus rapide que nous. C'est bien naturel. Un enfant grandit plus vite qu'un adulte. Ces pays sont des enfants, comparés à nous.

Nous sommes une « ancienne firme ». Quand une maison, qui possède des millions, ajoute un nouveau million à son capital, on ne peut pas dire qu'elle ait progressé de 100 p. c. Mais quand une firme qui a 100 £, y ajoute 200 £, on dit qu'elle a prospéré de 200 p. c. (1).

Le rapport officiel constate d'ailleurs, dans les termes suivants, que nous n'avons nullement reculé : « Rien dans ces chiffres ne permet de dire qu'en regard de l'augmentation du commerce d'exportation de nos voisins, le nôtre ait diminué ou soit resté stationnaire ». Et plus loin : « L'Allemagne et les Etats-Unis peuvent avoir progressé plus rapidement que nous, mais aucun de nos trois grands concurrents n'a causé le moindre déplacement dans le commerce d'exportation du Royaume-Uni ».

Nos exportations vers les pays protectionnistes ont diminué. Il ne fallait pas être prophète pour le prévoir : c'était le but de leurs tarifs. Mais la question est de savoir si c'est à leur

(i) Sir W. Harcourt à Rawteiistall,3i octobrç 1903.

avantage qu'ils Font fait. C'est au moins douteux. Nous avons trouvé une compensation dans le développement de nos exportations vers les pays non protectionnistes. Ceci prouve que sous le régrme du libre-échange, le commerce trouve une nouvelle issue aussitôt qu'on lui ferme un débouché (1).

Nos exportations sont beaucoup plus considérables que celles de l'Allemagne et de la France. Notre population est à peu près la môme que celle de la France, mais nous exportons pour 120 millions £ de produits de plus qu'elle. L'Allemagne possède 16 millions d'habitants de plus que nous, mais ses exportations sont de 50 millions £ inférieures aux nôtres (2).

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