‹ Principes d'orientation sociale; (volume 2)Chapitre 48 sur 79 · I. Le commerce et la population d'un pays ont · texte numérisé non relu

I. Le commerce et la population d'un pays ont

l'année 1872

M. Chamberlain a commis une erreur impardonnable, en prenant pour point de départ,

doublé en vingt ans ; que pensez-vous de sa situation économique ? — Réponse : Ce pays est resté stationnaire, parce que son commerce, par tête d*habitant, n*a pas augmenté.

2. Les exportations d'un pays sont restées stationnaîres pendant vingt ans, tandis que la population a diminué de moitié; que pensez-vous de sa situation économique? — Réponse : Ce pays a fait de grands progrès. Sa situation est fort prospère, puisque son commerce par tète d-habitant a doublé.

3. Quelles sont les nations les plus prospères ? — Réponse : i® L'Irlande, car, tandis que son commerce n'a diminué que d'un quart, sa population a décru de la moitié environ ; 2° la France, car, tandis que son commerce a augmenté légèrement, sa population n'a pas diminué; 3° l'Inde (particulièrement dans les années de famine).

4. Quel est le pays le moins prospère du monde? — Réponse : Les Etats-Unis. En i85o, la population de ce pays était de 5o millions d'habitants, et son commerce d'exportation était de 3 JE 5 s. 11 d. par tète d'habitant. En 1895, la population avait atteint le chiffre de 70 millions, mais les exportations étaient tombées à 3 £ i s. 3 d. Ce pays est donc un exemple de contrée qui décline rapidement.

« Still inquiring » (Times, 20 octobre 1903) fait remarquer que le premier effet du développement de l'industrie a été d'augmenter la population du Royaume-Uni

Tannée 1872, où le commerce a subi une inflation particulière par suite de la guerre francoallemande (1). S'il avait choisi Tannée 1870 ou Tannée 1876, l'augmentation de nos exportations aurait été de 80 millions £ au moins. Et si Ton évaluait les exportations de 1900, en prenant

pendant la décade de 1841-51. En 1903, nous n'avons plus à en envisager les premiers effets, mais des effets ultérieurs. Or, on sait que la prospérité de l'industrie n'aufifmente, d'une façon générale, la population que jusqu'aux deux limites suivantes : 1^ celle où une contrainte prudente intervient, ou qu'un genre de vie meilleur produit une recherche du confort, qui détourne les gens de procréer des enfants ou tout au moins d'en augmenter le nombre ; 2<* celle où l'influence des mauvais effets de la vie industrielle dans les grandes villes (surtout dans les conditions d'hygiène actuelles) contribue à rendre la population industrielle de plus en plus stérile, tandis que la population agricole est réduite par suite de l'immigration vers les villes. On peut se demander si ces limites ne sont déjà pas atteintes en Angleterre, alors qu'en Allemagne et aux Etats-Unis elles ne le sont pas encore.

(i) On observe en Belgique également une augmentation des exportations à l'époque de la guerre francoallemande. Les chiffres suivants sont extraits de V Annuaire de Statistique du Royaume de Belgique, et concernent les exportations (commerce spécial) : (Millions de francs)

I,ii4i6

pour base les prix de 1872, on obtiendrait le chiffre de 425 millions £, ce qui représenterait une augmentation de 170 millions £ (1).

(i) M. Asquith à Cinderford, 8 octobre igoS.

M. Benjamin Kidd avait objecté que si les prix avaient baissé en Angleterre, ils avaient dû le faire également à l'étranger. M. Rosenbaum (Times, 21 octobre 1903) combat cette opinion. Dans un pays libre-échangiste, dit-il, les prix sont plus exposés à baisser que dans une contrée protectionniste. Le libre accès du pays à la concurrence étrangère rend le marché plus sensible et force l'industrie à rechercher l'économie de la production dans l'emploi de machines plus efficaces, ce qui tend à diminuer le prix des produits. Dans les pays protectionnistes, où se forment des trusts ou des cartels, le marché fait preuye de beaucoup d'inertie et résiste à l'abaissement des prix.

M. Rosenbaum a dressé, à l'aide d'ouvrages allemands et américains (Die Bewegung der Warenpreisâ in Deutschland von 18 Si bis 1Ç02, par Otto Schmitz, et du Bulletin ofthe Bureau of Economie Research de juillet 1900) le tableau suivant, qui permet de se rendre compte du mouvement des prix dans ces pays, comparé à celui qui s'est produit en Angleterre :

ROYAUME-UNI

ALLEMAGNE

ETATS-UNIS

En prenant comme point de départ l'année 1881,

Page 1