‹ Principes d'orientation sociale; (volume 2)Chapitre 67 sur 79 · LE PROTECTIONNISME PROCURE-T-IL DU TRAVAIL AUX OUVRIERS · texte numérisé non relu

LE PROTECTIONNISME PROCURE-T-IL DU TRAVAIL AUX OUVRIERS

Est-il vrai, comme l'affirme M. Chamberlain, que le protectionnisme est un moyen de donner du travail aux ouvriers et de réduire le nombre

des chômeurs? Le spectacle des pays protectionnistes ne semble pas l'établir. L'industrie du fer emploie à Berlin et dans les environs, à peu près 72,000 ouvriers, dont la plus grande partie travaillent à journées réduites. En comparant la situation actuelle à celle d'octobre 1900, on constate que 18 à 19,000 ouvriers de moins sont occupés. A Magdebourg, la plupart des 15,000 ouvriers du fer travaillent également à petites journées, et, en janvier 1903, le nombre des chômeurs était de 2000. Toutes les villes industrielles présentent le même spectacle. A Barmen et à Elberfeld, 1800 ouvriers sur 4000 travaillaient à demi-temps, tandis que 400 à 500 chômaient (1). 11 en est de même aux Etats-Unis, l'autre pays auquel on reproche d'inonder nos marchés de ses produits. Pas plus là qu'en Allemagne, le protectionnisme n'a fourni plus de travail aux ouvriers. Au commencement de novembre 1903, 60,000 ouvriers ont été renvoyés, en Amérique, et les salaires ont été réduits de 25 pour cent (2). M. Carnegie reconnaît que la majorité des

(i) Lord Goschen à Queen's Hall, Londres, 23 novembre 1903.

(2) M. Asquith à Cornwall, 26 novembre 1903.

grandes entreprises industrielles des Etats-Unis ont, à un moment de leur carrière, passé par les mains des curateurs, ou été mises en gage ou vendues publiquement à grande perte pour leurs premiers propriétaires.

Enfin, en France, la courbe des chômeurs est plus irrégulière et accuse un degré de chômage plus intense que la courbe correspondante en Angleterre.

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