‹ Principes d'orientation sociale;Chapitre 13 sur 26 · CHAP. IV — L*ÉTAT ET LA PRODUCTION · texte numérisé non relu

CHAP. IV — L*ÉTAT ET LA PRODUCTION

TIVE ÉVIDENTE VIS-A-VIS d'aUTRES PAYS CONCUR- RENTS; le résultat final d'une telle politique serait une émigration des capacités productives, une expatriation de la production nationale, et par conséquent un appauvrissement du pays.

Le point de vue productiviste peut encore imposer à TEtat une autre tâche :

Depuis la fin du X1X« siècle, la tendance, dans la production, est de plus en plus vers le groupement des producteurs : trusts, syndicats, cartels se sont rapidement répandus de pays à pays.

Cette tendance est normale; elle est utile, en raison même du mobile productiviste qui gouverne l'activité des hommes.

L'Etat n'a pas a s'y opposer ; au contraire, IL DOIT LA FAVORISER. 11 doit encourager les efforts pour internationaliser les groupements réalisés et par suite la production correspondante, ne fût-ce qu'en vue notamment de rendre possible ultérieurement la suppression de l'impôt douanier.

L'abus seul, comme toujours, est à empê-

cher : Tabus est, ici, Taccaparement capitaliste, la spéculation déchaînée par Tappât d'un gain exagéré, la hausse anormale du prix des produits. L'appel au contrôle de tous, par la publicité et l'observation de certaines règles de comptabilité, est la meilleure garantie, et elle sera d'autant plus efficace que le public se composera davantage de capacités éclairées sur les vraies règles de la production.

Toutefois, pourquoi reculer devant la solution extrême s'il est démontré que les abus perdurent? Pourquoi l'Etat, la Province ou la Commune n'assureraient-ils pas l'exploitation d'objets quelconques de la production chaque

FOIS QUE CETTE EXPLOITATION SERA RECONNUE POS- SIBLE ET SÛREMENT PLUS AVANTAGEUSE AU BIEN-ÊTRE GÉNÉRAL qu'elle LE SERAIT AUTREMENT?

La nécessité de garantir la société contre certaines associations de producteurs est généralement sentie dès aujourd'hui; on peut n'en citer comme exemple que les nombreux travaux effectués par la municipalité de Londres.

Deux correctifs dans cette voie sont encore fournis par l'application du point de vue productiviste :

CHAP. IV — L*ÉTAT ET LA PRODUCTION 5l

D'abord, il y aurait toujours désavantage, et non avantage, à réaliser cette exploitation publique par coercition; elle n*est désirable que pour autant qu'il soit certain que la capacité productive de l'exploitant privé est inférieure à celle de l'exploitant public.

Ensuite, pour que la productivité de l'exploitation publique reste en tous cas supérieure, il est indispensable que l'administration emploie AU MOINS les mêmes méthodes de production que l'exploitant privé. Et cela ne se peut, évidemment, qu'en introduisant, — ce qui n'est pas encore fait — dans l'organisation communale, provinciale et nationale, les principes de gestion, d'autonomie, de responsabilité, etc., existant dans les organisations industrielles et reconnus utiles et productifs.

Page 1