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CHAP. VII — TROIS RÉFORMES : III

Cette réforme, si essentielle qu'elle soit en elle-même, présente surtout de Timportance au point de vue de la société en général.

Qu'on se représente, en effet, la situation économique d'un pays où il ne se créera plus que des affaires sérieuses. Dans l'ensemble, et par la seule action de la loi des grands nombres — dont l'application est faite déjà de nos jours avec succès par les Compagnies d'assurances de toute espèce — les mauvais risques compenseront les bons, et il s'établira inévitablement un dividende moyen qui variera avec la prospérité générale.

Ainsi, un particulier qui s'intéresserait à TOUTES les affaires nouvelles serait assuré d'un profit global. Il n'existe, il est vrai, guère de particuliers assez puissants ou assez avisés pour entrer dans cette voie. Mais l'Etat est exceptionnellement bien placé pour le faire.

Il dira donc au public : « Apportez-moi de l'argent autant que vous voudrez, à un taux déterminé. Je l'accepte pour le placer dans toutes les affaires qui se fondent ou s'accroissent ».

Pour la masse des rentiers, ce sera la sécurité du placement, car un intérêt fixe leur sera garanti.

Pour TEtat, ce sera une source précieuse de revenus, car ayant des frais de gestion extrêmement réduits, il bénéficiera de presque toute la différence entre IMntérêt allant aux bailleurs de fonds et le dividende moyen touché par lui dans Tensemble des affaires auxquelles il se sera intéressé.

Pour Tactivité économique de la nation, ce sera la suppression de Tagiotage et de la spéculation en même temps que Tétude attentive des affaires, car chacun aura un intérêt effectif à les contrôler.

En somme, il s*agirait de généraliser et surtout de systématiser ce qui s'observe déjà çà et là, par exemple pour le Métropolitain de Paris qui est créé avec une très large participation de la ville.

Toutefois, il est indispensable de bien noter ce point :

L'action de l'état se bornerait a une simple PARTICIPATION FINANCIÈRE. 11 n'aurait aucunement à intervenir, ni à étudier, ni à guider, ni à surveiller; il laisserait largement s'épanouir toutes

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les capacités; Pinitiative privée, créatrice des affaires, demeurerait entière; elle ne serait même pas effleurée.

On aurait simplement placé, sur le vaste courant de la richesse publique alimenté par Tensemble des activités productrices, une « prise » au profit de la société tout entière.

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