HOMMES LIMITÉE A LA PÉRIODE DU DÉBUT DE LA VIE
chacun ayant le même point de départ au point de vue de la fortune et ayant droit à recevoir la même éducation, mais étant libre ensuite de tirer parti de ses capacités naturelles et acquises?
Et, de toutes les égalités auxquelles l'humanité civilisée aspire plus ou moins chimériquement, cette égalité-là, régalité du point de départy n'est-elle pas la seule rationnelle? N'estce pas la seule qui puisse correspondre à la plus petite inégalité matérielle et intellectuelle possible entre les hommes?
Par là, en somme, aura disparu la grande injustice sociale qui aux hasards de l'hérédité, jette les uns tout nus dans l'arène et y fait entrer les autres armés de pied-en-cap. L'homme le moins doué, non seulement ne sera plus exposé à tomber dans la misère et à devoir travailler sans trêve ni relâche pour vivre, mais
encore il jouira d'une certaine fortune à sa naissance, d'un certain temps disponible en rapport avec sa productivité et d'une certaine somme de distractions.
Il se sera établi un véritable nivellement SOCIAL, non par l'abaissement forcé de ceux qui occupaient les échelons supérieurs, mais par l'élévation libre de ceux qui se trouvaient au bas.
Si quelques privilégiés héréditaires doivent s'en trouver moins bien que maintenant, parce qu'ils ne jouiront plus de fortunes exceptionnelles, un pareil état social n'en réaliserait-il pas moins l'idéal qui obsède toute l'humanité pensante ?
Dans cette phase, qui semble devoir être le terme du développement social, la propriété individuelle sera, en raison même de l'exaltation des capacités! productives de chacun, pleinement 'conservée.
Mais, par suite de l'état de stabilité auquel on sera arrivé, les entreprises auront cessé d'avoir rien d'extraordinaire qui puisse donner