GAZ DU SANG
On savait déjà, par les expériences de H. Davy, que la chaleur fait perdre au sang de Toxygène et de Tacide carbonique, et, par celles de Stevens et Hoffmann, que le sang veineux agité avec de Thydrogène dégage de l'acide carbonique. Mais ce sont surtout les travaux de Magnus qui ont mis hors de doute l'existence des gaz dans le sang.
Magnus extrait les gaz à Taide du vide. Il défibrine le sang en l'agitant avec du mercure à l'abri du contact de l'air, puis il l'introduit dans un cylindre plein de mercure plongeant dans une cuve à mercure. A la partie supérieure de ce cylindre, se trouve un robinet qui établit une communication avec un tube destiné à recueillir les gaz, et également plein de mercure. On place le cylindre et la cuve sous la cloche d'une mlichinc pneumatique. Dès que la pression diminue, le mercure s'abaisse dans le cylindre; un vide se forme au-dessus du sang et le gaz se dégage. On ouvre ensuite le robinet, et on fait passer le gaz dans le tube
supérieur. En répétant plusieurs fois l'action du yide sur le même sang, on extrait à chaque opération de nouvelles quantités de gaz.
Lothar Meyer chauiïe à 40° dans4in ballon un mélange de sang et d'eau, et recueille dans le vide les gaz qui s'échappent. Le ballon muni d'un long col gradué, est rempli d'eau bouillante parfaitement privée d'air, hermétiquement fermé et renversé sur un vase rempli d'eau bouillie. Quand il est refroidi, on enlève la plus grande partie de l'eau du col à l'aide d'un siphon, et on la remplace rapidement par du sang, dont on détermine le volume, en lisant la division à laquelle s'arrête la colonne de liquide, avant, et après l'entrée de l'air dans le ballon. On achève de le remplir avec de l'eau bouillie. On enveloppe le col d'une coiffe en caoutchouc, et on ferme hermétiquement le ballon en serrant une pince à vis sur cette coiffe. Dans l'extrémité béante de la coiffe, on engage un tube à boule, qu'on remplit à moitié d^eau bouillie, et qu'on relie à son autre extrémité avec un tube, ouvert d'abord, et destiné plus tard à recueillir les gaz. On incline l'appareil, et on fait bouillir l'eau du tube à boule ; lorsque l'air est complètement chassé et que la vapeur s'échappe à plein jet par l'extrémité du tube ouvert, on ferme cette ouverture par une coifTe en caoutchouc et une pince à vis, et aussitôt on enlève la lampe. Le vide se fait dans l'appareil. En enlevant la première pince à vis, on fait communiquer le ballon qui contient le sang avec le tube à boule. On chauffe alors le liquide contenu dans le ballon, sans qu'on ait
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a craindre la formation de la mousse, car le sang ainsi dilué ne se coagule pas. Au bout d'une demi-heure, tous les gaz sont dégagés. On les fait passer dans un tube gradué. On recommence ensuite la même série d'opérations, après avoir introduit dans le ballon quelques fragments d'acide tartrique, afin de dégager et recueillir l'acide carbonique combiné dans le sang qui a déjà abandonné les gaz simplement dissous.
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