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DES POUMONS

Les poumons doivent être regardés comme une glande qui excrète un produit gazeux, l'acide carbonique, et qui absorbe l'oxygène. Ils rentrent dans la série des glandes auxquelles les recherches modernes ont reconnu la double fonction d'extraire du sang certains matériaux et d'y introduire de nouveaux éléments.

Le tissu pulmonaire offre l'aspect d'un tissu spongieux ou vésiculeux dont les cellules sont remplies d'air. Ces cellules se réunissent en groupes, indépendants les uns des autres, nommés lobules du poumon et séparés entre eux par du tissu conjonctif interlobulaire.

Dans leur ensemble les poumons résultent de la réunion d'une multitude innombrable de ces lobules couchés sur les tuyaux bronchiques, et des vaisseaux qui leur servent de soutien ou de charpente, et auxquels ils sont appendus par des pédicules. Ces lobules sont

réunis par un peu de tissu conjonctif séreux interposé, et par une enveloppe commune, la plèvre, qui fait un tout unique d'un si grand nombre de parties. Chaque lobule reçoit un canal aérien et un vaisseau artériel; il émet une ou plusieurs veines et des vaisseaux lymphatiques.

Les cavités lobulaires dans lesquelles se terminent les dernières ramifications bronchiques s'ouvrent dans une cavité commune, par l'intermédiaire de laquelle seulement ils communiquent avec un petit ramuscule bronchique. Cette cavité se présente sous la forme d'une dilatation conoïde ou fusiforme, dont les parois sont garnies dans toute leur étendue de dépressions hémisphériques s'ouvrant dans la cavité commune par un orifice arrondi.

Les lobules primitifs du poumon ont des parois extrêmement minces, résultant de la fusion de la muqueuse bronchique et de la membrane fibreuse, qui la doublent extérieurement. La couche musculaire ayant complètement disparu, on ne trouve qu*une membrane amorphe hyaline, sur la face de laquelle s'étend un réseau de fibres élastiques, et qui renferme dans son épaisseur dès noyaux ovalaires et le réseau des capillaires sanguins.

Les substances qui entrent dans la composition des poumons dérivent des tissus mêmes dont ils sont formés : matières albuminoïdes, chondrine, mucine. Cloëtta* y a trouvé de l'acide urique, de la taurine, de

« Cloëtta, AnnaUê de chimie et de physique, 3* série, t. XLYI, p. 569. 185G.

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la leuciiie et de Tinosite ; on y rencontre encore du pigment. On hache des poumons frais de bœuf, et on les fait digérer pendant dix-huit heures avec de Teau froide; on coagule le liquide obtenu « par la cha* leur, après Faddition de quelques gouttes diacide acétique; on réduit la solution filtrée par Tévaporation au bain-marie au dixième de son volume, et on la précipite parFacétate de plomb. Dans le liquide filtré, le sous-acétate de plomb fournit un précipité qui contient Facide urique et Finosite; il reste en dissolution une certaine quantité de matière amorphe, de la taurine et de la leucine. On lave le précipité formé par le sous-acétate de plomb ; on le décompose par l'hydrogène sulfuré ; au bout de vingt-quatre heures, Facide urique se dépose, et le liquide surnageant, mêlé à de de Falcool et chauffé, donne des cristaux d'inosite. — Le liquide précipité par le sous-acétate de plomb renferme la taurine et la leucine. Après avoir séparé le plomb par Fhydrogène sulfuré, on évapore la solution filtrée en consistance sirupeuse ; on ajoute de Falcool froid et de Facide sulfurique pour enlever les alcalis à Fétat de sulfates ; puis, dans le liquide filtré, on élimine l'excès d'acide sulfurique par Feau de baryte. Le liquide, traité par Falcool et abandonné à Févaporation, fournit de la taurine ; puis, après avoir fait bouillir ayec de Foxyde de plomb hydraté, le liquide, privé de plomb par Fhydrogène sulfuré, laisse déposer la leucine. On ne trouve pas de traces de glycocoUe.

Aucune substance particulière ne parait donc entrer dans la composition du poumon. Yerdeil y a admis

l'existence d'un acide sulfuré particulier, l'acide pneumique. Il l'obtient en coagulant par la chaleur, en présence d'acide acétique, le suc d un poumon broyé et pressé; il neutralise par l'eau de baryte, et ajoute du sulfate de cuivre. Le liquide qui s'écoule contient du sulfate de cuivre et du pneumate de cuivre ; après avoir décomposé par l'hydrogène sulfuré, il fournit par l'évaporation des cristaux d'acide pneumique. Suivant Cloëtta, l'acide pneumique ne serait que de la taurine.

Newkomm a trouvé de l'urée et de l'acide oxalique dans les poumons d'un homme mort de maladie de Bright.

Les cendres du poumon, d'après Schmidt, renferment des phosphates de sodium et de potassium, du chlorure de sodium, une grande quantité de fer, probablement à l'état de phosphate.

Plument. — On trouve le pigment brun ou noir dans la choroïde de Tœil, les procès ciliaires, le réseau de Malpighi des nègres et des divers animaux, les cheveux et les plumes, la peau des reptiles et des poissons, la cornée de certains mammifères. Chez l'adulte il existe, en plus ou moins grande quantité, dans les poumons et les bronches, et aussi dans les ganglions lymphatiques. A l'état pathologique, il se développe en quantité considérable dans quelques organes et certaines tumeurs. Suivant Frey, il s'observe en général dans l'intérieur de cellules polygonales et étoilées ; il est rarement en liberté dans les tissus.

Le pigment ou mélanine forme une poussière noire,

cohérente, ou de petites granulations ; il se présente dans quelques cas pathologiques en cristaux noirs, constituant des lames rhomboédriques, aplaties, à angles très-aigus. 11 est insoluble dans l'eau, l'alcool, l'éther et se dissout lentement et incomplètement dans les solutions alcalines ; il se décompose par l'action des acides minéraux concentrés. Sa composition est mal connue, Scherer a trouvé à l'analyse :

Carbone. .... 58,28

Hydrogène 5,92

Aiote ; . . 13,77

Oxygène 22,03

Rosow :

Carbone 54,0

Hydrogène 5,3

Azote 40,0

Oxygène 50,0

Chauffé à lair, il s'enflamme sans fondre ni se boursoufler, et laisse des cendres qui contiennent du fer. Lehmann a trouvé 0,254 pour 100 de fer dans le pigment de l'œil.

On admet généralement que le pigment se développe aux dépens de la matière colorante du sang. Certaines productions pigmentaires pathologiques proyiennent des transformations de l'hématine.

Les pigments présentent entre eux des différences appréciables, et sont sans doute plusieurs substances réunies sous un nom commun. Les pigments pathologiques, par exemple, paraissent différer par un excès de carbone.

Le pigment du poumon n'est pas exclusivement

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formé par de la mélanine. On y rencontre encore des substances étrangères, venues de Textérieur, qui s'introduisent pendant l'inspiration dans les vésicules pulmonaires. On trouve presque toujours du charbon mêlé à la substance pigmentaire et reconnaissable à son inaltérabilité dans les réactifs, et son aspect microscopique en petits fragments bien différents de la mélanine. Chez les individus adonnés à certaines professions, on constate souvent des quantités considérables de ces poussières : charbon végétal, houille, etc.; souvent aussi de la silice, du sulfate de calcium ou de baryum, etc. On conçoit que tous les corps pulvérulents qui se trouvent répandus dans l'atmosphère, puissent également pénétrer dans les poumons, se mêler au pigment, et amener par leur présence des désordres variés dans l'organisme.

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