REINS
Les reins sont des organes glanduleux destinés à la sécrétion de l'urine. Ils sont enveloppés par une membrane propre, fibreuse, formée de tissu conjonctif, et de quelques fibres de tissu élastique.
Le rein proprement dit est composé : 1® d'une couche corticale, d'apparence granuleuse, molle, rouge, envoyant des prolongements dits colonnes de Bertin entre les cônes de la substance tubuleuse. V de la substance tubuleuse qui présente la forme de pyramides, dites pyramides de Malpighi, réunies à leur partie inférieure en 7 à 20 papilles. De chacune de ces papilles, les canalicules urinifères partent en se ramifiant, passent dans la substance corticale, en prenant un trajet fleiucux, et viennent se terminer dans des vésicules qui renferment un plexus vasculaire, dits corpuscules de Malpighi.
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La composition chimique d'un organe aussi complexe est mal connue. On sait seulement que les extraits aqueux ou alcooliques de l'organe, renferment de la xanthine, de l'hypoxanthine, de la créatine, de la taurine, de la cystine, de la leucine, de Tinosite et des sels.
L'urine est le produit de l'excrétion rénale. Elle s'écoule d'une manière continue par les uretères, pénètre dans la vessie, s'y accumule et s'élimine par Turèthre. Ses propriétés physiques et chimiques présentent de grandes variations aux différentes heures de la journée. Pour avoir des résultats comparables, il faut toujours étudier la totalité de l'urine rendue en vingt- quatre heures.
La quantité moyenne excrétée en ce laps de temps, oscille, d'après Becquerel, entre 1200 et 1500 grammes chez l'homme, 1300 à 1400 chez la femme. Elle peut s'élever jusqu'à 1800 grammes et s'abaisser jusqu'à 900 grammes dans l'état physiologique. Cette proportion varie avec une foule de causes : la température extérieure, le degré d'humidité de l'air, l'état de la peau et des muqueuses, l'activité de la respiration et de la circulation, l'exercice musculaire, la quantité des aliments et surtout des boissons ; les influences pathologiques peuvent également l'augmenter ou la diminuer.
La couleur de l'urine est jaune plus ou moins foncé; elle augmente d'intensité en général avec le poids des
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matières solides maintenues en dissolution ; elle parait surtout en rapport avec la proportion d'urates. Certaines matières colorantes changent la teinte de l'urine. Les unes pénètrent dans l'économie et s'éliminent par les reins; les autres s'y développent par suite d'une perturbation morbide des liquides de l'organisme, et apparaissent sous l'influence de quelques troubles fonctionnels. Parmi les premières, on cite la rhubarbe, la gomme-gutte, la racine de grande chélidoine, qui font prendre à l'urine une apparence jaune foncé, virant au rouge sous l'influence des alcalis; l'alisarine qui la colore en rose et donne lieu, après rémission, à un précipité rosé ; la garance, le bois de campéche, les mûres qui la teignent en rouge, l'indigo en bleu verdàtre. Parmi les secondes, on doit classer le sang, la bile, le pus, les matières grasses, etc.
L'urme éprouve des changements par le refroidissement et le repos. Physiologiquement claire et transparente, elle peut déposer des sédiments, ou donner naissance a des flocons muqueux, nommés nuages s'ils sont à la partie supérieure, énéorèmes s'ils se développent dans le tiers inférieur.
L'odeur de l'urine est faible, d'autant plus marquée que la proportion d'eau est moindre ; persistante tant que sa réaction est acide ; ammoniacale dès qu'elle se décompose et devient alcaline. Beaucoup de substances modifient ce caractère; l'essence de cubèbe, de genièvre, d'ail, de valériane, communiquent à l'urine leur propre odeur ; l'essence de térébenthine et ses isomères
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développent celle de la violette ; les asperges et cci tains légumes verts altèrent également son odeur. Ce fait ne s'observe plus quand le rein est atteint de la maladie de Bright.
La densité moyenne de l'urine rendue en vingt-quatre heures est, à 10*^, de 1017, Teau étant lUOO. (Becquerel.) Elle oscille dans des limites assez étendues, en rapport avec la quantité de matières solides dissoutes ; elle varie surtout dans certains états pathologiques. On la prend à l'aide de la balance; plus habituellement, avec le densimctre, à la température de ^0^
On se sert quelquefois de la densité pour calculer approximativement le poids des matières solides contenues dans l'urine ; on multiplie la différence entrelOOO, et la densité trouvée par un facteur constant, 2,58 pour quelques auteurs, 2,32 pour d'autres, et même 1,65. L'incertitude qui règne sur le chiffre à prendre comme facteur sufBt pour montrer que ce procédé ne peut donner des résultats exacts.
La réaction physiologique de l'urine varie avec la nourriture. Chez les sujets soumis à une alimentation mixte, elle est en général acide le matin, neutre ou légèrement alcaline après les repas, acide le reste du temps. Elle est toujours acide chez les carnivores et tous les animaux à jeun qui vivent aux dépens de leur propre tissu, neutre chez les herbivores. L'acidité de l'urine est due à la présence de sels acides; les acides libres qu'elle contient, acides urique, hippurique, carbonique, ne sont pas assez énergiques, ou sont en
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proportion trop faible pour rougir eux-mêmes le papier de touruesol. Mais, en présence des sels neutres, particulièrement du phosphate de sodium , contenu normalement dans l'urine, ils s'emparent, par le simple jeu des affinités, d'une partie de la base du sel, et la transforment en phosphate acide de sodium^doué d'une réaction acide bien manifeste.
On peut, artificiellement, rendre l'urine capable de rougir le papier de tournesol en introduisant dans l'économie des acides minéraux ou organiques ; certains sels d'ammoniaque, aptes à former en brûlant de l'acide azotique, jouissent de la même propriété. La viande, prise comme nourriture, contient souvent des phosphates acides qui suffisent pour donner à l'urine leur propre réaction.
Les substances qui pénètrent dans les voies digestives mettent un temps variable pour passer dans l'urine. Sur un malade atteint d'extrophiç de vessie, M. Hardy* a trouvé que i gramme d'iodure de potassium dissous dans 50 grammes d'eau, se reconnaît dans l'urine en 8 minutes 50 secondes; 3 grammes de cyano-ferrure de potassium, après 30 minutes; 10 grammes après 20 minutes; 6 grammes de bicarbonates alcalins rendent l'urine alcaline en 2 minutes 30 secondes ; 1 gramme de rhubarbe donne à l'urine la propriété de se colorer en rose, sous l'influence de l'ammoniaque, après 14 minutes^ et rouge foncé après 17 minutes; une infusion de séné, celle de se
< BulUHn de la Société de biologie, 3* série, t. V, p. 41, 1865.
colorer en rose, lorsqu'on ajoute de l'ammoniaque, après 16 minutes, en rouge foncé après 18 minutes.
MATlftHES Qn SB TBODTBRT OAIIS l'oKINI ROMIALB.
Urée.
Créttinine.
Gréatine..
Xanthine.
Acide orique.
— hippurique.
— phénylique.
— taurylique.
— damalurique.
— damolique.
Hatières colorantes.
Chlorure de sodium.
-* de potassium.
Sulfates.
Phosphate de sodium.
-^ de calcium.
— de magnésium.
Fer.
Sels ammoniacaux.
Acide silicique.
Azotates.
Eau oxygénée.
MATIERES AXOMIALBS.
Albumine.
Sucre de diabète.
loosite.
Natière colorante de la bile.
Acide lactique.
— acétique.
— butyrique.
Acide benzoïque.
Matières grasses.
Acide suUfhydrique.
AUantoIne.
Leucine.
Tyrosine.
Crée CH*Az*0. — L'urée est le plus important des principes qui entrent dans la composition de Turine. Obtenue pour la première fois à l'état impur, en 1 773, par Rouelle le jeune, elle fut isolée en 1799 par Fourcroy et Vauquelin. Elle est très-répandue dans l'économie. Elle se trouve dans le sang, surtout celui de certains vaisseaux. Le sang de Tartère rénale est riche en urée ; celui de la veine rénale n'en contient que des traces. Le rein est un organe d'excrétion; il agit comme un filtre incapable par lui-même de créer l'urée aux
dépens des éléments du sang, apte à séparer cette substance toute formée, et à la faire passer dans l'urine. L'urée se rencontre en quantité considérable dans les vaisseaux lymphatiques et le canal thoracique, d'après M. Wurtz. Elle se trouve encore dans Thumeur aqueuse et l'humeur \itrée, le liquide de l'amnios, et, dans certains cas pathologiques, dans la sueur, la salive, la matière des vomissements, le liquide des liydropisics, la bile, etc. Elle n'a pas été signalée dans le liquide musculaire, riche cependant en substances qui donnent de l'urée par de faciles transformations. M. Picart a trouvé que
100 gramme.^ lie salive contiennent.. 0,035 d'urée.
100 — lie bi'e 0,050 --
iOO — (le sueur 0,08S —
100 — d'humeur vitrée. . . . 0,500 —
L'urée est un amide de l'acide carbonique. Cn désigne sous le nom d*amide un sel ammoniacal, moins de l'eau, ou autrement les corps qui résultent du remplacement de l'hydrogène de l'ammoniaque par un radical acide. L'acide carbonique est un acide biaiomiquc et bibasique; comme tel, en perdant deux molécules d'eau, il doit donner naissance à la carbodiaminc ou urée.
Carbonate Ccrbodiamine
d'ammonium. (urée).
M. Wœhler a obtenu l'urée par synthèse, soit en unissant l'acide cyanique et l'ammoniaque, soit en traitant le cyanate de potasse par un sel d'ammonia-
que, tel que le sulfate. Une double décomposition forme du sulfate de potasse et de Turée.