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PEAU

Peau. — La peau se compose d'une couche interne, riche en vaisseaux et en nerfs, le derme, et d'une

couche externe simplement formée de cellules, l'épiderme. Celte dernière renferme, comme annexes, une série d'organes spéciaux, différents par leur composition chimique, mais qui s'en rapprochent par certains caractères histologiques.

Le derme, recouvert par l'épiderme, adhère par sa face interne au tissu conjonctif sous-cutané. Il résulte de la réunion de fibres du tissu conjonctif, de fibres élastiques et de cellules du tissu conjonctif; il renferme encore de petits faisceaux de muscles lisses, des canalicules lymphatiques, des filets nerveux; il est traversé par les poils, leur bulbe, et par les canaux excréteurs de glandes nombreuses; il présente des parties saillantes, les papilles, organes destinés spé< cialement au sens du toucher. Les papilles sont constituées, comme le derme lui-même, par un tissu ceilulo-fibreux, résistant, dans l'intérieur duquel circulent desTaisseaux et aussi des nerfs, mais non dans toutes. Les papilles nerveuses contiennent un petit renflement en connexion avec les nerfs, dans lequel ceux-ci semblent se terminer, et prendre un point d'appui.

Le derme a les réactions chimiques du tissu conjonctif. Desséché, il devient jaunâtre, légèrement translucide, et acquiert une certaine rigidité qui disparait quand on le plonge dans l'eau. A la température ordinaire, il est insoluble dans l'eau, il s'y dissout entièrement à l'ébuUition en se convertissant en gélatine, les acide» affaiblis et les alcalis le dissolvent, même a la température ordinaire. Le sulfate ferrique, le bichlorure de mercure, le tannin s'y combinent et for-

ment des composés imputrescibles. C*est sur cette propriété qu'est fondé le tannage des cuirs.

Êpiderme. — L'épiderme est une variété d'épithé* lium pavimenteux, plus mince sur les papilles du derme, plus épais dans les sillons qui les sépare. Son épaisseur varie depuis 0""",022 à 0'"'",382, elle augmente par Teffet de pressions répétées.

L'épiderme se divise en deux couches : la plus interne, nommée réseau muqucux deMalpighi, ne possède pas de noyau libre, mais de petites cellules à noyau jaunâtre ; la couche externe, cpiderme proprement dit, est formée de petites écailles de plus en plus aplaties à mesure que l'on se rapproche de la périphérie. L'épiderme présente des variétés de couleur sur les diverses parties du corps chez le mémo individu, et des différences encore plus marquées lorsqu'on compare les races. Ces variétés de couleur qui atteignent le noir intense, chez les nègres, tiennent suivant Frcy\ à trois causes : à la coloration du noyau par un pigment diffus, à la coloration de la cellule elle-même, à la formation d'un pigment granuleux dans l'intérieur de l'élément.

Soumis à l'action de la chaleur, l'épiderme brûle avec une flamme éclairante. L'eau bouillante le convertit en gélatine. L'acide azotique le colore en jaune, l'acide suif uri que le ramollit et le dissout. Les sels, en général, le durcissent ; quelques-uns, tels que ceux d'argent et de mercure, lui communiquent une teinte plus ou moins foncée.

* Frey, Traité d'histologie, p 169.

Ongles. — Les ongles sout regardés géoéraleuieDl comme une dépendance de l'épiderme. Ils en diflèrent par leur dureté et leur solidité, et s'en rapprochent par leur composition. Ils sont, comme tous les tissus cornés, insolubles dans Teau froide; l'eau bouillante les gonfle et leur enlève quelques parties solubles, et les transforme en une masse opaque, insoluble; elle les dissout sous pression à 200^. Ces tissus sont également insolubles dans l'alcool et dans Téther.

L^acide acétique très-concentré les attaque par une action prolongée. A froid, l'acide sulfurique faible les modiGe à peine; étendu et bouillant, il les transforme en tyrosinc, leucine, ammoniaque et acide gras volalii. L'acide chlorhydrique les colore en bleu, comme les albuminates. L'acide azotique les teint en jaune, ei, par une action plus prolongée, les transforme en acide oxalique. Les alcalis fixes les dissolvent. Fondus avec de la potasse, ils se transforment en tyrosinc, leucine et acides gras.

Ils sont formés, d'après Scherer, de :

Carbone 51,G9

Hydrogène 0,82

Oiygcne et soufre 25,18

Azote 16,91

Poils, cheveux. — Les poils, les cheveux sont aussi très-rapprochés de Tépiderme et des tissus cornés. Ils ont une couleur différente chez les divers sujets. On a attribué leur teinte à plusieurs causes. Bruck a retiré un pigment coloré des cheveux noirs et bruns, et a constaté son absence dans les cheveux blancs.

M. Baudrimont pense que leur nuance est due à la combinaison du fer avec les matières organiques ; il a trouvé d'ailleurs des quantités égales de fer dans les cendres des clieveux blancs et noirs, 8 pour 100, 50 pour 100, dans les cheveux blonds et bruns, 42 pour 100 pour les cheveux rouges. Les autres sels sont des sulfates, chlorures et phosphates, et carbonates, de potassium, sodium et calcium.

On a attribue enfin la couleur des cheveux à la présence du soufre. Elle oscille, suivant la nuance, entre 4,1 à 4,5 pour 100.

Glandes de la peau, — La peau est traversée par les conduits excréteurs des glandes sébacées et des glandes sudoripares.

Les glandes sébacées sont inégalement répandues sur toute la surface du corps, excepté la paume de la main et la plante du pied qui en sont dépourvues. Elles s'ouvrent par des conduits particuliers qui se confondent toujours avec ceux des follicules pileux, même sur les parties où ceux-ci existent à l'état rudimentaire.

La peau est le siège d'une exhalation gazeuse, annexe de la respiration pulmonaire; elle dégage de l'acide carbonique et de la vapeur d'eau, et absorbe de l'oxygène. La production d'acide carbonique se constate facilement. Des grenouilles privées de poumons, et placées dans un espace limité, continuent à excréter de l'acide carbonique, tandis que l'oxygène diminue de proportion. Le bras de l'homme plongé dans une éprouvette remplie d'eau et placée sur la

cuve à eau, y fait apparaître au bout de peu de temps une quantité considérable d'acide carbonique. Le dosage exact des gaz produits s'obtient par différence, en soustrayant de la totalité du gaz exhalé par la peau et les poumons, la quantité donnée par l'exhalation pulmonaire. Le reste représente évidemment la proportion d'acide carbonique dégagé par la peau.

Chez l'homme, la quantité de vapeur d'eau qui s'échappe par le tégument externe, est relativement beaucoup plus considérable que celle de l'acide carbonique. Cette transpiration insensible devient apparente dès ((u'on approche un corps froid de la surface cutanée ; les vapeurs se condensent et apparaissent en gouttelettes. On dose également la quantité de vapeur dégagée par la différence du poids; elle s'élève en moyenne à 1 kilogr. par jour ; elle varie avec des causes nombreuses; elle est en général en proportion inverse de la quantité d'urine excrétée en même temps.

Sueur. — Les glandes sudoripares sont situées sous la peau ; elles sont formées par un tube enroulé sur lui-même, terminé en cul-de-sac, dont le conduit excréteur, après un trajet flexueux, Tient s'ouvrir entre les papilles à la surface externe de l'enveloppe cutanée. Elles sont très-multipliées ; il y en a 800 par centimètre carré à la paume des mains et à la plante des pieds, 100 en moyenne sur les autres points du tégument externe. Elles servent dans l'état ordinaire à la sécrétion d'une certaine quantité d*eau qui s'exhale d'une manière insensible aussitôt qu'elle est

sécrétée. Quand la sécrétion augmente, la sueur apparaît.

On peut se procurer la sueur en la recueillant à l'aide d'épongés, ou de linges bien secs, que Ton applique sur les parties, et que l'on exprime ensuite. Schottin, Funke, Meissner enveloppent un membre dans un manchon de verre ou de caoutchouc fermé hermétiquement, et recueillent le liquide qui s'écoule dans son intérieur. M. Favre place les sujets mis en expérience dans une baignoire étuve, autour de laquelle passe un jet de vapeur d'eau ; il peut ainsi recueillir des quantités de sueur qui atteignent 14 litres sur le même sujet. La sueur sécrétée dans la deuxième et la troisième demi-heure, est en quantité plus grande que dans la première, et sa composition à peu près identique pendant la durée de Texpérience.

La sueur est un liquide limpide, incolore ou à peine troublé par des cellules épithéliales, d'une odeur spéciale due à la présence d'acides volatils. Sa réaction est acide, mais dès qu'on la chauffe, elle devient alcaline, d'après Favre. Elle est alcaline dans les points où les follicules sébacés sont en grande abondance. Sa densité est de 1003 à 1005.

iNALTSB CE LA 8(JLUR, PAR rATRE.

Eau 9955,73

Chlorure de sodium 22,50

^ ^^ de potassium 2,43

Sulfate de sodium et de potassium. . . . 0,11

Phosphate de sodivm et de potassium. . . Traces. Carbonates alcalins mêlés à une substance

azotée coagulable 0,05

Phosphates terreux Traces.

41 i CHIMIE BIOLOGIQUE.

Sudorate ou hydrotate de soude ii,72

Sudorale do potasse 5,20

Lact^iie de soude 2,38

Lactate de potasse 1,02

Urée 0,42

Principes graisseux (miitière sébacée^. . . 0,43 Traces d'une matière azolée coagulable.

Funke a trouvé :

Eau 988,45

Eléments solides 1,16

Épithélium 2,40

Urée 1,55

Sels 4,56

Suivant les analyses de Funke la proportion des matières organiques diminue quand la quantité de sueur augmente, mais le poids des sels reste lor même.

La présence de l'urée dans la sueur n'est pas absolument certaine, du moins à l'état normal ; elle n a pas été signalée dans toutes les analyses.

Les premières parties de la sueur que l'on recueille sont acides, celles qui suivent neutres ou alcalines. M. Favre admet la présence d'un acide sudorique; dont la formule en équivalents serait C^*H^O*'Az? son existence et ses propriétés n'ont pas été confirmées par d'autres observateurs.

La sueur présente des variétés dans les diverses parties du corps. Sous les aisselles, dans l'intervalle des orteils, elle a une réaction alcaline, et l'odeur de l'acide caproïque, quoiqu'on n'y ait jamais signalé la présence de cel acide à l'état de liberté. Lorsqu'elle s'écoule en quantité très-abondante, la peau se recouvre

de sudàmina, petites vésicules remplies d'un liquide acide, qui ne contient pas d'albumine, et qui parait identique avec la sueur.

La sueur subit des altérations dans les maladies ; l'urée se trouve en proportion notable dans quelques affections des reins, et les sueurs de cholériques ; le sucre se trouve dans la sueur des diabétiques ; la matière colorante de la bile dans les cas d'ictène. ,

Elle contient quelquefois des globules de sang, par suite d'hémorrhagie dans les glandes sudorifères. Elle est quelquefois colorée. La chromhydrose est une sécrétion anormale par ces mêmes glandes d'une matière colorante bleu foncé, formée, selon M. Robin, par des corpuscules lamelleux, polygonaux, irréguliers à angles nets, d'un violet ardoisé tirant au bleu.

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