‹ Principes de chimie biologiqueChapitre 77 sur 94 · CO" I · texte numérisé non relu

CO" I

sant un résidu d'ammeline C*Az' | Az', et de bluff ) CO'l rct CO" Az».

4i6 CHIMIE BIOLOGIQUE.

Le chlore transfonne l'urée fondue en acide cyanurique, acide cblorhydrique, chlorhydrate d'ammoniaque et azote. Il décompose immédiatement une solution aqueuse d'urée en dégageant de l'acide carbonique et de l'azote.

co )

Ali -H H*0 + 6 Cl«=C0*-#- A«« + 6HC1.

L'urée, chauffée avec de l'eau à la température de 140^ dans un tuLe scellé à la lampe, absorbe deux molécules de ce liquide et se transforme en carbonate d'ammonium.

^^] . CO"

Uréo. Carbonate

d'ammoniaque.

Cette réaclion, très-lente à froid si l'urée est pure, se produit avec une grande rapidité en présence de certains ferments qui se développent dans l'urine abandonnée à l'air.

L'acide azoteux transforme l'urée en anhydride carbonique, eau et en azote.

Il* A2«-f 2 {^^^^ j 0 \ =CO«-^-3Il*0 + 2Al^

Crée. Acide azoteux.

Un mélange de dissolutions d'urée et d'azotate d'argent se décompose, par l'évaporation, en azotate d'ammonium et cyanate d'argent, réaction inverse de celle qui sert à préparer l'urée à l'aide de l'acide cyaniquc.

L'urée jouit, comme les alcaloïdes, de la propriété

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(le se combiner aux acides ; il est à remarquer cependant qu'elle ne s'unit pas avec les acides acétique, lactique, hippurique. Observation importante, qui fait admettre que ces diverses substances peuvent se trouver en présence, et à Tétat libre dans l'urine.

Azotate d'urée. — L'acide azotique se combine à l'urée et forme des prismes ou des écailles brillantes d'azotate d'urée. Ces cristaux sont anhydres, rougissent la teinture de tournesol ; ils sont beaucoup plus solubles à chaud qu'à froid; chauffés à 140'', ils dégagent de l'acide carbonique et du protoxyde d'azote.

Oxalate d'urée. — Poudre blanche, cristalline, plus seluble à chaud qu'à froid, qui s'obtient en mêlant des solutions d'acide oxalique et d'urée.

(h^igine de fnrée. — L'urée est le produit ultime de la décomposition des matières azotées qui se trouvent dans l'organisme. M. Béchamp obtient une transformation semblable en oxydant les matières albuminoïdcs dans une solution alcaline. On mêle 10 grammes de matière albuminoïde pure et sèche (privée de corps gras et de matière sucrée) avec 200 à 500 centimètres cubes d'eau distillée, et quand la masse est bien hydratée, on ajoute 60 à 75 grammes d'hypermanganate de potasse ; on chaufTe le mélange de 60 à 80"^ dans un bain-marie en agitant sans cesse ; à un certain moment la réaction devient vive, s'accompagne d'un dégagement de chaleur; on fillre, on lave le dépôt de bioxydc de manganèse, on précipite le liquide incolore par l'acétate de plomb en évitant l'emploi d'un trop grand excès qui redissoudrail le précipité;

4iâ CHIMIE BIOLOGIQUE.

on filtre, on décompose exactement le nouveau liquide par l'hydrogène sulfuré sans en employer un excès ; dans la solution filtrée on ajoute de Tazotate de bioxyde de mercure et de l'eau de baryte successivement jusqu'à ce que le liquide, devenu presque neutre, ne doDne plus de précipité blanc par le sel mercuriel, ou mieux jusqu'à ce qu'une nouvelle addition d*eau de baryte détermine la formation d'un précipité jaune persistant; le précipité occupe un grand volume, on le recueille, on le lave à l'eau distillée et pendant qu'il est encore humide, on le décompose par l'hydrogène sulfuré ; on filtre, on sature la solution acide par du carbonate de baryum ;^on filtre et on évapore au bain>marie; le résidu tantôt cristallise, tantôt reste visqueux; on l'épuisé par l'alcool à 95^; la solution donne par l'é?aporation des cristaux d'urc'^, qui peuvent facilement être transformés ensuite en azotate d'urée.

La plupart des anciens physiologistes pensaient que l'urée se forme directement dans les reins. Récemment encore, Zalesky crut démontrer que le sang des chiens, avant et après l'extirpation des reins, possède une même quantité d'urée, et en acquiert une proportion plus considérable après la ligature des uretères. Cette opinion est cependant contredite par la plupart des observateurs modernes. En 1823, MM. Dumas et Prévost virent qu'après la néphrotomie, l'urée s'accumule dans le sang et se retrouve dans la bile, la salive, le lait ; ils en conclurent que le rein n'est qu'un organe d^élimination. MM. Bernard et Barreswill confirmèrent leurs observations et constatèrent de plus

qu'après l'ablation des reins, les sécrétions intestinales, particulièrement la sécrétion gastrique augmentent considérablement et changent de type, c'està-dire, que d'intermittentes elles deviennent continues. En même temps des sels ammoniacaux s'éliminent par la sécrétion gastrique; enfin lorsque l'animal s'affaiblit, que les sécrétions diminuent, l'urée apparaît dans le sang. M. Gréhant est arrivé au même résultat, mais en opérant par un procédé plus délicat, il démontra que quelques heures après la néphrotomie, Turée s'accumule dans le sang, en quantité égale à celle que les reins eussent excrétée pendant le même temps, dans les conditions normales. Il ne trouva pas de différence en remplaçant la néphrotomie par la ligature des uretères. Hammond, après la néphrotomie, signala la présence de l'urée et de l'ammoniaque dans les matières fécales.

Une autre preuve de l'exactitude de cette théorie se tire de l'examen du sang de Tartère et de la veine rénale. L'artère contient toujours plus d'urée que la veine, et la différence est précisément égale à celle qui s'élimine par l'uretère pendant le même temps. M. Gréhant recueillit par une fistule de Turetère, Turine excrétée pendant un-certain temps, puis il prit dans l'artère rénale et dans. la veine rénale le sang qui s'écoule dans ces vaisseaux pendant le même temps, et il constata que le poids d'urée excrétée par l'urine, est égal au poids d'urée que le sang artériel contient en plus que le sang veineux. M. Picart, sur des chiens chloroformés, trouva dans 100 grammes

de sang artériel rénal 0*',036 d'urée dans 400 de sang veineux rénal 0*',018, dans d'autres expériences 0«',04 et 0«',02.

Élimination de ïurée. — Les matières azotées, devenues impropres à entretenir la vie, et destinées à être rejelées au dehors, s'éliminent surtout à Tétat d'urée. La proportion d'urée, excrétée pendant un temps déterminé, est à peu près l'équivalent de la quantité de matières azotées désassimilées pendant le même temps. Pettenkoffer et Voit ont montré qu'en effet la totalité de l'azote des aliments ingérés se retrouve dans l'urine et les excréments, et tout l'azote inspiré dans les produits de l'expiration ; la peau et les poumons ont une action à peu près nulle, inférieure même à celle déjà très-faible que leur avait attribuée M. Regnault; la perte par la sueur est nulle chez l'homme.

Les matières fécales renferment toujours, mais en quantité relativement faible, une partie de l'azote rejeté au dehors, résultat facile à comprendre, car elles ne contiennent guère que le résidu des aliments non absorbés et les produits de sécrétions des glandes de l'intestin. L'urine reste seule la voie d'élimination de l'azote. Sur un chien soumis à la ration d'entretien, et dont le poids reste constant, Pettenkofcr et Yoit ont vu l'urée excrétée, contenir une quantité d'azote égale à celle renfermée dans les aliments. La détermination de cette substance fournit donc le moven de connaître l'activité plus ou moins grande de la désassimilation des matières azotées introduites dans l'économie, d'oi>

l'importance exceptionnelle du dosage de ce produit pour connaître les modifications qu'éprouvent les phénomènes de nutrition.

La proportion d'urée éliminée varie avec toutes les causes qui influent sur l'alimentation ou sur la nutrition des organes. Elle augmente quand la nourriture est abondante et riche en éléments azotés ; elle s'accroît également par un déploiement régulier de l'activité des organes de la respiration et de la circulation, et diminue par toutes les circonstances opposées, alimentation insuffisante ou pauvre en matière azotée, état affaibli des poumons et des organes circulatoires. Elle présente des différences suivant le poids, la grosseur et Tembonpoint des animaux; pendant les premiers jours de l'abstinence, ceux qui sont riches en graisse rejettent plus d'urée que les autres.

L'urée est excrétée pendant toute la durée de la vie, elle se trouve encore dans Turine des sujets soumis à la diète et même chez ceux qui sont morts d'inanition. M. Bernard, en étudiant comparativement la composition de l'urine chez les carnivores et les herbivores, a vu toutes les différences s'effacer quand les animaux sont soumis à la diète depuis un temps suffisamment prolongé. Dans ces conditions, en effet, ils sont tous carnivores, vivent sur leur propre tissu et par suite excrètent une urine qui a les mêmes caractères et contient des proportions considérables d'urée.

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