‹ Principes de chimie biologiqueChapitre 78 sur 94 · S OS · texte numérisé non relu

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Eau prise en boisson.

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D'après M. Le Canu, Furée est excrétée en quantité égale, pendant des temps égaux, chez un même individu ; en quantité variable, pendant des temps égaux, chez des individus différents. Cette quantité est en rapport avec Tàge et le sexe, plus grande chez les hommes que chez les femmes et les enfants. La moyenne, en 24 heures, est de 28 grammes pour les hommes, 19 pour les femmes, 8 pour les vieillards.

M. Becquerel a donné les chiffres suivants :

DEilSlTi

vg l'orire.

RBKVOC E5 24 ■■VUES.

QOAirriTi d'irék DAXs 100 r,n>ii%T.s

D'L'KIHE.

Homme:)

Femmes

Les reins excrètent moins d'urée pendant la nuit que pendant le jour. Un sujet pesant 60 kilogr. rendait 57 grammes d'urée en 24 heures ; 20 grammes pour le jour, 17 grammes pour la nuit. Dans le jour, la proportion est moindre le matin, et s'accroît après les repas.

La quantité d'urée évacuée par un homme en bonne santé est d'après Yogel :

En 24 heures 25 à 40 grammes.

En 1 heure i,0 à i,66 —

OU pour un kilogramme de poids du corps :

En 24 heurts 0,57 à 0,60 grammes.

En 1 heure 0,015 à 0,055 —

Uhle, en 24 heures, trouva pour un kilogramme de poids du corps :

Chez uu enftnt de 3 à 6 tns . . . i ,0 gramme.

— 8 à 1! ans. . . 0,8 —

— 13 à 16 ans. . . 0,4àO,t, —

La proportion est plus faible chez la femme, et moindre encore chez Tenfant. Relativement au poids du corps, la quantité d'urée éliminée est plus grande pendant la croissance.

Toutes les causes qui font augmenter la quantité des matières protéiques contenues dans Torganisme, diminuent la quantité d'urée éliminée. Aussi celte proportion estrelle plus faible pendant le sommeil que pendant la veille, à la suite d'une alimentation purement végétale, etc.

L'augmentation d'eau introduite dans les boissons, en exagérant la quantité d'urine, accroît le poids total de l'urée rendue en vingt-quatre heures. L'eau en excès parait donc faciliter les réactions qui donnent naissance à Turée. On a dit, par hypothèse, qu'elle agissait en hâtant l'oxydation de l'acide urique, que cette transformation était plus prompte encore en présence des solutions alcalines. Ces inductions théoriques ont conduit à employer, pour le traitement de la goutte, les bains, les eaux alcalines, le grand air et les exercices modérés.

L'ingestion du sel marin augmente également le poids de lurée excrétée. Ces deux substances existent en combinaison dans Turine et forment quelquefois un composé qui cristallise par l'éyaporation du liquide.

436 GHIMIli: BIOLOGIQUE.

Pendant les maladies, Purée subit tantôt un accroissement, tantôt une diminution dans sa quantité.

Elle augmente au début des maladies aiguës et peut s'élever à 50 ou 60 grammes en vingt-quatre heures, puis revient progressivement à l'état normal.

Dans la fièvre intermittente , par exemple , elle s'élève pendant les accès, dès et souvent même avant la période de frissons.

EHe oscille pendant l'état fébrile de la fièvre typhoïde entre 40 et 55 grammes, et, dans la convalescence, revient au chiffre normal. Dans un cas de typhus mortel elle s'est élevée à 35, 40 et 50 grammes, puis elle a diminué, aux approches de la mort, à 25, 20, 10 grammes, et, à la fin, 5 grammes en vingtquatre heures.

Pendant la période ascendante de la pneumonie, l'urée excrétée s'élève à 50, 60 et 70 grammes, elle descend ensuite à 25 et 20 grammes.

La proportion d'urée diminue par toutes les causes qui amoindrissent la quantité de matières protéiques et de substances propres à lui donner naissance.

Dans les maladies du cœur ou les hydropisies, son poids oscille longtemps entre 20, 25 et 28 grammes. Sous l'influence des diurétiques, il peut s'éJever à 50 et 60 grammes. Quand il y a des accidents d'urémie, il s'abaisse à 12 ou 10 grammes, et peut remonter jusqu'à 25 grammes par l'effet des diurétiques.

Lors des maladies chroniques, l'affaiblissement de

URINE. i37

la nutrition amène l'urée à un chiffre inférieur à la proportion normale.

nosAffe de l'arée. — Méthode de Hetntz — On pèse une quantité d'urine fraîche et froide dans un vase de 25^' de capacité et on en fait deux parts : la première, du poids de 6 à 8 grammes, est abandonnée pendant vingt-quatre heures dans un lieu frais, avec quelques gouttes d'acide chlorhydriquc ; l'acide uriquc se dépose. On ajoute au liquide, filtré et versé dans un creuset de platine, 6 grammes d'acide sulfurique; on évapore doucement jusqu'à ce que le dégagement de gaz s'établisse ; on recouvre le creuset avec un verre de montre, pour éviter les projections, et on le chauflo jusqu'à ce que les vapeurs acides en remplissent la capacité; on peut élever la température jusqu'à 190^ sans danger. Lorsque la réaction est terminée, on filtre, on reçoit le liquide et les eaux de lavage dans une capsule de porcelaine, el on évapore presque à sec; on ajoute au résidu de l'acide chlorhydrique et du bicblorure de platine, on recueille le précipité sur un filtre, et, après l'avoir bien lavé, on le dessèche et on le pèse. Le poids se compose du poids du chlorure double d'ammonium et de platine, provenant du sulfate d'ammoniaque, fourni au dépens de l'urée et des sels ammoniacaux existant dans l'urine, et du poids du chlorure double de platine et de potassium, provenant des sels de potasse que l'urine renfermait.

La seconde portion de l'urine est directement précipitée par le chlorure de platine; on recueille et on lave le précipité avec les précautions ordinaires; il

contient les chlorures doubles, fournis aux dépens des sels potassiques et ammoniacaux de l'urine. II est évident que si on défalque ce poids de celui du premier précipité, rapportés tous deux au même poids d^urinc, la différence donne la quantité de chlorure ammoniaco-platinique, qui provient de l'urée. Deux molécules de chlorure double correspondant à une molécule d'urée, il est facile d'obtenir, par le calcul, le poids de cette dernière substance.

Méthode de MHlon, — On prépare de l'azotate me^ cureux en dissolvant, à une température peu élevée, 125 grammes de mercure dans 168 grammes d'acide azotique d'une densité égale à 1,4; on étend la dissolution de deux fois son volume d'eau et on l'enferme dans un flacon. On introduit 20 grammes d'urine et 40 à 50*^*^ de la dissolution mercurielle, dans un ballon de 150 à 200" de capacité, au col duquel on adapte un bouchon traversé par' deux tubes; l'un de ces tubes est fermé à la lampe, l'autre communique avec un tube en Y rempli de ponce sulfurique et mis, lui-même, en communication avec un appareil à boules de Liebig, rempli d'une dissolution de potasse et pesé. La réaction commence à froid ; la décomposition complète exige que Ion fasse bouillir un instant le mélange. Après avoir brisé la pointe de l'autre tube qui pénètre dans le ballon, on aspire pour entraîner tout l'acide carbonique ; Taugmentation de poids de l'appareil à boules donne le poids de l'acide carbonique; en multipliant ce poids par 1 ,3656 on obtient celui de l'urée.

M. Gréhant^ a rendu ce procédé plus exact, en décomposant l'urée par le sel mercuriel dans un tube de verre de 2'^ de diamètre et long de 1 mètre, présentant une courbure à angle obtus; l'une des branches plus courte est v^icale, l'autre branche plus longue est inclinée sur l'horizon ; Textrémité de celle*ei est effilée et fixée à la pompe à mercure par un tube en caoutchouc entouré d'un manchon plein d'eau. A Textrémité inférieure de la branche verticale, on soude un long tube de verre étroit qui s'élève d'abord et se recourbe en présentant à peu près la forme d'un M. Ce tube offre à son milieu un robinet de verre que Ton maintient dans un vase plein d'eau froide ; la branche verticale du tube à réaction est immergée dans un vase rempli d'eau bouillante. Pour appliquer cet appareil au dosage de l'urée dans l'urine, il est nécessaire, si celle-ci est alcaline, de chasser l'acide carbonique à l'aide d'une petite quantité d'acide azotique étendu, ce qui permet de doser d'abord la quantité de cet acide carbonique combiné. L'urine et le réactif de Millon sont introduits par aspiration d^uis le tube à réaction. On recueille successivement les gaz dans trois cloches graduées ; on absorbe l'acide carbonique par la potasse, le bioxyde d'azote par le sulfate ferreux, et il reste l'azote libre.

Méthode de Leeonte. — M.Leconte chaufTe, dans un petit ballon de ISO^"" dont le tube adducteur s'engage sous une éprouvette graduée, 10'° d'urine avec une

* Gréhant, Thèse présentée à la Faculté des sciences, page 19. 1870.

dissolution d'hypochlorite de sodium, qui remplit tout l'appareil, ballon et tube à dégagement ; il chauffe doucement , puis maintient quelque temps rébulHtion ; il obtient par cette réaction du chlorure de sodium, de Teau et de Tacide carbonique qui reste uni à la soude , et un dégagement d'azote parfaitement pur. Bien que la théorie indique que 0,1 dédgramme d'urée doive fournir 37^° cubes d'azote, l'expérience prouve que l'on n'en obtient jamais que 34 , et ce chiffre peut servir pour calculer le poids d'urée contenue dans l'urine , connaissant le volume du gaz produit.

20 grammes d'urine doivent être préalablement précipitées par le sous-acétate de plomb, portées à l'ébullition et filtrées, puis, l'excès de plomb précipite par 3 grammes du carbonate de sodium pulvérisé. Après avoir été portée à l'ébullition, l'urine est filtrée et étendue d'eau, de manière à former 50^^; la moitié de ce liquide représente lO*"*" d'urine.

Méthode de Bunsen. — M. Bunsen chauffe à 240% dans des tubes fermés, l'urine avec de Teau, du chlorure de baryum et de l'ammoniaque. Après avoir préalablement filtré la solution pour enlever le précipité formé par les sels de l'urine, il obtient une quantité de carbonate de baryte équivalente au poids d'urée contenue dans la solution.

Méthode volumétrique de Liebig. — Lorsqu'on ajoute peu à peu à une solution étendue d'urée, une solution également étendi^e de nitrate mercurique, et

qu'on neutralise, de temps en temps, l'acide libre du mélange par de l'eau de baryte ou du carbonate de sodium étendu, on obtient un précipité blanc floconneux. £n continuant ainsi à ajouter du sel de mercure et à essayer le liquide avec le carbonate de sodium, il arrive un moment où le carbonate de sodium détermine, là où tombe la goutte, une coloration jauoc. Ceci arrive lorsque toute l'urée a été précipitée et qu'un léger excès de sel mercuriel forme avec le carbonate de sodium une combinaison jaune d'hydrate d'oxyde mercurique et de sous-nitrate mercurique. Le précipité qui se dépose d'abord, a pour formule 2{CH*Az*0),Az*0% 4HgO et peut être utilisé pour le dosage de l'urée.

On emploie, comme liqueur normale et titrée, une dissolution d'azotate de mercure.

Solution normale d'urée. — On dissout 4 grammes d'urée pure et desséchée à 100°, dans 200^* d'eau distillée : 10" de cette dissolution contiennent 200 milligrammes d'urée.

Solution mercurielle. — On prépare une dissolution d'azotate de mercure d'une concentration telle, que 20""^ précipitent 10" de la solution d'urée ; c'est-àdire que chaque centimètre cube de la dissolution mercurielle précipite 10 milligrammes d'urée en solution dans 1/2" d'eau. La combinaison se produit entre 2 atomes d'urée et 4 atomes d'oxyde de mercure, par conséquent 100 milligrammes d'urée demandent 720 milligrammes d'oxyde de mercure. On doit cependant, d'après Liebig, employer un petit excès d'oxyde de mercure, 5"",2 par centimètre cube;

dès lors, un litre doit contenir 77",2 d'oxyde de mercure, ou 71*',48 de mercure.

Préparation avec le mercure métallique. — On dissout 71*',48 de mercure dans de l'acide azotique pur et en excès. On évapore la dissolution en consistance sirupeuse, et on ajoute de l'eau de manière à obtenir un litre de liquide.

Préparation avec V oxyde de mercure, — On dissout 77«',2 d'oxyde de mercure pur et desséché à 100** dans de l'acide azotique pur, et on Tétend d'eau de manière à produire un litre de liquide.

Pour titrer la dissolution mcrcurique, on met dans un vase 10" de la dissolution normale d'urée, et on verse goutte à goutte la solution mercurielle avec une burette graduée, jusqu'à ce qu'une goutte du mélange, portée sur un verre de montre et saturée par le carbonate de sodium, donne la coloration jaune. Si 19",2 de dissolution suffisent, au lieu de 20", pour arriver à la saturation, on ajoutera 8" à 192'^' pour obtenir 200" d une dissolution qui précipite exactement Turée contenue dans 10", c'est-à-dire 200 milligrammes d'urée. 20" de dissolution mercurielle correspondant à 200 milligrammes d'uréç, 0*%1 répond à 1 milligramme d'urée. Par conséquent , le liquide essayé contiendra autant de milligrammes d'urée qu'il aura fallu de dixièmes de centimètre cube de dissolution mercurielle pour arriver à la saturation.

Solution de bai^te, — On mêle un volume d'azotate de baryte et deux volumes d'eau de baryte saturée à froid.

Dosage de Vurée dans Vurine. — On commence à enlever à l'urine les sulfates et les phosphates qu'elle contient, en ajoutant un volume de la solution barytique pour deux volumes d'urine, et on filtre. 15" de ce liquide correspondent à 10 grammes d'urine. Si la quantité de sulfates et de phosphates est très-considcrable, on emploiera un volume plus considérable de la solution bary tique.

On n'obtient par celte méthode des résultats exacts que lorsque l'urine contient 2 pour 100 d'urée. Quand l'urine en renferme un poids plus élevé, on fait un premier essai, et on ajoute ensuite à l'urine un nombre de centimètres cubes d'eau égal à la moitié du nombre des centimètres cubes de la solution niercurielle, qui dépassait le double du nombre de centimètres cubes de l'urine employée.

S'il a fallu, par exemple, 50'^'^ de solution mercurielle pour 15*^* d'urine, il y a 20" au-dessus de 30, il fondra donc ajouter 10" d'eau. Chaque dixième de centimètre cube, dans ce nouveau dosage, répond à 1 milligramme d'urée.

Lorsque l'urine contient moins de 2 pour 100 d'urée, il faut employer un excès de sel de mercure pour atteindre la fin de la réaction; par suite, on trouve une proportion trop forte d'urée. Pour arriver à im résultat sensiblement exact, Texpérience prouve qu'il suffit de retrancher un dixième de centimètre cube par chaque 5" du nombre des divisions de la solution mercurielle versée en moins que le double du nombre de centimètres cubes du mélange d'urée et de solution

441 CDIHIK BIOLOGIQUE.

barytique. Si, par exemple, pour 15^ du mélange d'urine et de baryte, qui représentent lO*"^ d'urine, il suffit de ^Z^^ de la solution mercurielle pour arriver à la saturation, au lieu de SO*"^ nécessaires quand les proportions sont bien déterminées, on devra diminuer les 25" de^ de centimètre cubexj=0",14. Le titre exact devient 22,86.

Erreur due à la présence du chlorure de sodium. — tJne solution d'azotate de mercure, versée dans une solution d'urée en présence du chlorure de sodium, ne produit pas de trouble ; mais il se forme par double décomposition du bichlorure de mercure, et l'urée n'est précipitée par l'azotate de mercure que lorsque tout le chlore du chlorure de sodium est transformé en bichlorure de mercure.

Pour éliminer approximativement cette cause d'erreur, quand la proportion de sel marin oscille entre 1 et 1 1/2 pour 100, on retranche 2"^^ sur le nombre total des centimètres cubes d'azotate mercurique qu'il a fallu employer.

On arrive à un résultat parfaitement exact en déterminant d'abord, à l'aide d'une solution titrée d'azotate d'argent, la quantité de chlore contenue dans l'urine, puis en ajoutant, à 15" du mélange d'urine et de solution de baryte correspondant à 10" d'urine, une quantité d'azotate d'argent nécessaire pour précipiter le chlore de 10^° d'urine. On dose ensuite l'urée, sans filtrer, par Tazotate de mercure.

Carbonate d'ammonia^ie, — Quand l'urine contient du carbonate d'ammoniaque provenant seulement de

la décomposition de Turée, Liebig a montré que le dosage pouYail se faire sans erreur, comme avec l'urine fraiche. Le précipité résulte de l'union de Tammonia* que avec Tazotate mercurique.

On obtient un résultat tout à fait exact en ajoutant la solution barytique à l'urine^ chauffant le mélange pour chasser l'ammoniaque et déterminant Turée; puis, dans un second essai fait avec de Turine, sans addition de solution barytique, en dosant Tanmioniaque avec une liqueur titrée d'acide sulfurique.

Sucre et albumine. — Le sucre n'empêche pas le dosage par la liqueur raercurielle. Quand l'urine contient de l'albumine, on ajoute de Tacide acétique, on coagule par la chaleur, et on dose l'urée dans le liquide filtré.

Amàéc «ri^ac. — L'acide urique, découvert en 1776 par Scheele, se rencontre, libre ou combiné, dans les excréments des serpents, des oiseaux et des insectes, les calculs et certains dépôts urinaires. Il existe à l'état de sel dans l'urine de l'homme et des carnivores, et manque habituellement dans celle des herbivores, quoiqu'on ait constaté, même chez eux, la présence de l'acide urique dans plusieurs organes, foie, rate, reins, pancréas, cerveau, muscles, et dans le sang. Il apparaît dès que ces derniers animaux changent de nourriture, lorsque, maintenus à la diète, ils vivent de leurs propres tissus, durant l'enfance, pendant l'alimentation lactée. *

L'acide urique n'existe pas normalement à l'état libre dans l'urine. En présence du phosphate neutre

446 GIIINIB BIOLOGIQUE.

de sodium, il s'empare d'une partie de la base, et forme du phosphate acide de sodium et de l'urate acide de sodium. Ces deux sels existent dans l'urine et lui donnent sa réaction acide. On y trouve aussi un peu d'urate d'ammoniaque et des traces d'urate de potassium et d'urate de magnésium.

En refroidissant à 0^ l'urine fraîche et concentrée, elle se trouble et donne en quelques jours un dépôt d'urates qui se dissolvent dans l'eau par l'action de la chaleur. La même réaction se produit artificiellement lorsqu'on mêle de l'urate de soude avec une petite quantité d'urates de potasse et d'ammoniaque. Lescristaux qui se forment ressemblent à ceux qui existent dans certains sédiments. Ceè sels ne paraissent d'ailleurs qu'à l'état de mélange.

L'urine contient, d'après Becquerel, 0*',598 d'acide urique pour 1000 grammes d'urine, d'une densité do 1,017, les matières solides étant de 1,3 pour 100 ; ce qui représente de O'^ySO à 0%50 d'acide urique par jour et par homme.

Les urates augmenient en quantité dans les affections du cœur et du foie, les phlegmasies aiguës, la fièvre, et surtout la goutte. Ils peuvent s'élever à 1,7 en vingt-quatre heures pour 1 000 d'urine. En général, la proportion d'eau s'abaisse en même temps, et l'excès d'urates se dépose parle refroidissement en entraînant la matière colorante. La diminution des urates se remarque dans toutes 4es maladies accompagnées d'une grande débilité, chlorose, anémie, etc.

Pour préparer l'acide uri(|ue on se sert avantagea-

sèment des excréments des serpents. On les réduit en poudre, on les fait dissoudre dans la potasse diluée, 1 de potasse pour 10 d'eau, et on fait bouillir tant qu'il se dégage une odeur ammoniacale; on dirige dans la solution filtrée un courant d'acide carbonique jusqu'à ce que le précipité, d'abord gélatineux, ait acquis une consistance grenue et se dépose au fond, c'est-à-dire, jusqu'à ce que le liquide soit presque neutre. Le précipité est de Turate acide de potasse, on le recueille sur un filtre et on le lave. L'urate ainsi obtenu est blanc ; on le dissout dans la potasse diluée et on verse la solution encore bouillante dans de l'acide chlorhydrique, et on obtient de l'acide urique parfaitement pur.

On peut également faire bouillir les excréments de serpent avec un poids égal de potasse caustique étendue de 14 parties deau, et filtrer la solution chaude dans un mélange de 2 parties d'acide siilfurique et 8 parties d'eau en agitant continuellement; on lave le produit par décantation.

L'acide urique précipité par Tacide chlorhydrique est anhydre en paillettes satinées d'un blanc éclatant; lorsqu'il se dépose lentement de solutions étendues, il forme de gros cristaux qui contiennent deux molécules d'eau. Il est presque insoluble dans l'eau ; 1 partie demande pour se dissoudre 15,000 parties d'eau froide et 1 800 d'eau bouillante ; il est insoluble dans l'alcool et dans Téther.

Soumis à la distillation sèche, l'acide urique se décompose et fournit entre autres produits de Taciile

4i8 CHIMIE BIOLOGIQUE.

cyanhydriqiie et un sublimé renfermant du carbonafe d'ammoniaque , de l'acide cyanurique, du cyanure d'ammonium et de l'urée.

Sels. — Les urates forment deux séries de sels, les uns acides et les autres basiques. Le sel neutre do soude se dissout dans 41 parties d'eau froide et 55 d'eau bouillante. Le sel de potasse dans 77 parties d'eau froide et dans 75 d'eau bouillante. Tous les autres urates y compris les urates acides de soude et de potasse sont presque complètement insolubles dans l'eau.

Propriétés. — L'acide urique projeté dans de l'acide azotique d'une densité de 1 ,4 s'attaque avec une yivo effervescence, et, si la température ne s'élève pas, se transforme en alloxane et en urée.

C»H*Ai*0»+H«0-hO = C*H«Ai«0*-HCH*Ai«0.

Acide urique. Alloxane. Urée.

L'alloxane cristallise soit avec 2, soit avec 8 Aq. Très-soluble dans l'eau, elle colore la peau en pourpre. Elle a été trouvée par Liebig dans le mucus intestinal.

L'alloxane traitée par les bases se change en alloxanate. En traitant l'alloxanate de baryte par l'acide sulfurique, on obtient l'acide alloxanique.

C*H«A««0*+H«0=:C»H*Ae«0».

Alloxane. Acide alloxanique.

Les alloxanates se décomposent à l'ébullition en produisant de l'acide mésoxalique et de l'urée.

C*Jl«Ba"Ai«0»— n«0 = C»B«"0» + CH*Ai*0.

AUnxanate Acide Urée,

de baryte. mésoxalique.

L'alloxane traitée par les agents réducteurs fixe de l'hydrogène et devient alloxantine.

2C*H«Aï«0*-+-H« = C«H«Ai*0«.

Ailozane. Alloxaniioe.

En poussant plus loin la réduction de Talloxane, elle fixe de nouveau de Thydrogènc et produit de Tacide dialurique.

C*H» Aï«0* + H*= C*HU«« 0*.

Alloiane. Aci<U dialurique.

Neuf parties d'acide dialurique chauffés à 140* avec 5 parties de glycérine, donnent le hidurilate d'ammonium, lequel dissous dans l'ammoniaque, et précipité par le sulfate de cuivre fournit le hidurilate de cuivre, d'où on extrait l'acide hidurilique C*H'A2*0* en précipitant le cuivre.

L'acide hidirulique chauffé avec Tacide azotique produit :

l/acide Tioluriqne (nitroflobarbiturique) . . . ^C^H'(àx0)Ae'0' L'acide diiiturique (nitrobarbiturique). • . . *(;*lP(Az0*)Ax*0*. La violantine, combinaison des deax précédents C«fl«(Ai0Az0«)Az*0«.

Ces acides, traités par le brome, donnent Tacide bibromo-barbiturique, C*H*Br*Az'0*, lequel, réduit par l'hydrogène naissant, fournit l'acide barbiturique CWAz*0».

La comparaison des formules montre que l'acide dialurique C^H*Az*0^ est l'acide oxybarbiturique luimême.

A côté des substances précédentes dérivées de l'alloxane, l'acide urique donne un second groupe de

corps d'une composition semblable, toutefois avec cette différence que les formules contiennent C 0 en moins. Le type est l'acide parabanique ; on l'obtient en traitant Talloxane par l'acide azotique.

C*H«Az«0* + 0 = CO«-+-C»H«Az«0*.

Alloxane. Acide

paraiMuiique.

Les formules suivantes indiquent le parallélisme qui existe entre les dérivés de l'alloxane et ceux de l'acide parabanique :

C*U«Az»0*

Alloxane.

- CO

szz

C»H»Az«0».

Acide parabanique

C*H*Az«0»

Acide alloxanique.

— CO

Acide oxalurique.

Acide mësoxaliqiie.

- co

Acide oxalique.

C8H«Az*08 Alloxantine.

— SCO

C«H«Az*0«.

Acide leucoturique

(oxalanfine).

C*H*Az«0*

Acide dialurique.

- co

C»H*Az«Os.

Acide allanturique.

C«H«Az*0«

Acide hidurilique.

SCO

C«H«Az*0*.

Acide aliitnrtque.

C*H*Az«05 Acide barbiturique.

— co

C5H*Az«0«.

Hydantoîne.

CSH«Az«05.

Acide hydantolqne.

Purpurate iV ammoniaque ou murexide. — Connue déjà par Scheele et Proust, étudiée ensuite par Liebig et Wœhler, et dans ces derniers temps par Beilstein, la murexide paraît n'être que le sel ammoniacal d'un acide particulier, l'acide purpurique.

Elle prend naissance lorsque Talloxantine séchéc à 1 00^ est traitée par l'ammoniaque.

C»H*A2*0' -+- 2AïH» = C«H*(AzH*) Aï»0«-f- U«0.

Alloxantine. Purpurate

d'ammoniaque.

Elle se produit encore par l'oxydation d'un araide de l'acide dialurique, la dialuramide.

2{C*H»Ai505)-r-0=TC»H«Ai«0«+ H»0.

Dialuramide. Purpurate

d'ammoniaque.

Le purpurate d'ammoniaque cristallise en prismes quadrilatères d'un vert doré, qui paraissent rouge grenat lorsqu'ils sont placés entre Tœil et la lumière, et donnent une poudre rouge qui prend sous le polissoir une couleur verte d'un éclat métallique; il se dissout dans l'eau bouillante et la colore en rouge. En présence des solutions métalliques, il donne des précipités de purpurates. L'acide purpurique luimême n'a jamais été obtenu à l'état libre, il se transforme immédiatement en dialuramide et en alloxanane.

Malgré sa stabilité, l'acide urique n'a pas encore été reproduit par synthèse, et sa constitution est encore incertaine. M. Baeyer* a cherché à grouper ses nombreux dérivés. 11 les rapporte en partie à une classe de corps, les biuréides qui, comme l'acide urique lai-même, renferment 4 atomes d'azote et peuvent échanger 2 atomes d'hydrogène contre le radical CO

* Baeycr, Untersuchungcn ûher die Harnsâuregruppe iAnnalen der Chenue, B. CXXX, S. 127. 1864).

V» amiE bioijogique.

ci quelques antres radicaux acides, et par on aminé encore inconnu C'(H*Az)*. Quelques antres de ces deriTés rentrent dans les classes des uréides qni contiennent seulement deux atomes d'azote. Les bioréides peuvent d'ailleurs, par l'action de l'eau et de quelques autres substances, se transformer en urée et en uréides. D'autres, unis par un radical polyatomique, dériTent de l'urée, plus de l'eau, et forment les acides uramiques ; d'autres enfin, du type mixte urée, plus ammoniaque, également reliés par un radical polyatomique, se nomment uramides. Dans tous, une partie de l'hydrogène peut se changer contre des radicaux acides.

Ainsi, par exemple, dans cette théorie, l'acide urique est un biuréide, dans lequel entre le tartronylc

L'alloxane est également une uréide et représente la

CO 1 raésoxalylurée CO* > Az'. L'acide parabanique forme

H« ) CO 1 l'oxalylurée C 0' Az'.

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