‹ Principes de chimie biologiqueChapitre 79 sur 94 · IP I · texte numérisé non relu

IP I

M. Strecker^ a cherché à rattacher la composition

* Strecker, Bildung von Clycocoll aus Harruàure {AnnaUn der Chemie, B. CXLYI, S. 142. 1868).

de l'acide urique et de ses dérivés à celle du glycocolle.

On peut, en chauffant de 160 à 170* dans des tubes scellés, de Tacide urique avec une solution sa* turée à froid d'acide iodhydrique, le décomposer en iodure d*ammonium qui cristallise, en acide carboni* que qui se dégage, et en glycocoUe qui reste en dissolution, et on obtient ce dernier en cristaux après avoir précipité la dissolution par Thydrate de plomb, et traité ensuite par Thydrogène sulfuré.

Ce dédoublement de l'acide urique a lieu d'après l'équation :

C«H*Aï*0»4-5H«0 = C«H»Ai0«-h5C0«-h5AiH».

Acide uriqu«. Olycocollr.

Strecker propose pour Tacide urique la formule suivante, qui représente une chaîne fermée :

>^AiH — cov

Pour celle de l'alloxane la formule :

VAiH — cov ^

L'acide alloxanique devient :

/Aill«

co

\Ai If — CO-CO-CO-OH ,

prêt à se dédoubler en urée et en acide mésoxaliquo :

<Azn<

COC . ... et OH-CO-CO-CO-OII.

Réactions caractéristique^ de V acide tirique. — L'acide urique chauiïé avec l'acide azotique, s'attaque vivement, et le produit obtenu donne par l'addition d'ammoniaque une coloration rouge particulière. Dans cette réaction il se produit de l'alloxane et de l'alloxantine qui forment de la murexide quand on ajoute de l'ammoniaque. D'après M. Hardy S lorsque la température s'élève suffisamment, la réaction est difTérentc. L'alloxane chauffée à 260^, éprouve une modification isomérique. Traitée par les alcalis, elle fixe un alome d'eau et se transforme en acide isoalloxanique, i^omère avec l'acide alloxanique. L'acide isoaUoxanique forme des sels colorés avec les bases, rouge avec l'ammoniaque, isoalloxanatc d'ammonium, bleue avec la soude, isoalloxanatc de sodium. La dissolution ammoniacale précipite par la plupart des réactifs et donne des sels doubles, bleu avec l'argent, isoailoxatc d^ammoniaque et d'argent, violet avec la baryte, isoalloxate d'ammonium et de baryum.

Ces sels, que l'éclat de leur couleur rapproche des purpurates, en diffèrent complètement à l'analyse. Tandis que le purpurate d'ammonium contient en centièmes : carbone 33,8, hydrogène 2,8, azote 29,8. L'isoalloxate d'ammonium renferme : carbone 24,7^ hydrogène 54i azote 28,8.

Ces analyses établissent donc que la coloration caractéristique de Tacide urique est due principalement

* E. Hardy; Action de la chaleur sur Valloxane [Annales de chimie et de physique, 4* série, 1. Il, p. 7 /2. 1864).

à l'aUoxane anhydre modiGée^ puis après l'addition d'ammoniaque, à l'isoalloxate d'ammonium.

Caractères distinetifs de racide urique. — On re« connaît la présence de l'acide urique dans Turine par l'addition d'acide chlorhydrique ou azotique, qui décompose les urates ; l'acide, devenu libre, se dépose en grains cristallisés rougeàtres, qui apparaissent sous forme de cristaux séparés ou de petites étoiles.

On peut constater facilement cette réaction, en portant une goutte d'urine filtrée sûr le porte-objet d'un microscope et y ajoutant une trace d'acide azotique. Au bout de quelques secondes, l'acide urique se précipite et apparaît dans le champ de l'instrument sous forme de petites tablettes incolores et losangiques. Par l'addition d'une trace de liqueur ammoniacale ou potassique, les cristaux disparaissent et le liquide, devenu libre, ne tarde pas à se troubler de nouveau et à laisser déposer des masses amorphes, semblables à celles que donnait l'urine avant l'addition d'acide. Cette réaction prouve bien que l'acide urique est dans l'urine à l'état de sel.

Dosage de V acide urique. — On prend 100 ou 200 centimètres cubes d'urine, on y ajoute 5'''' d'acide chlorhydrique, on abandonne pendant quarante-huit heures dans un lieu froid, on filtre et on recueille sur un filtre pesé ; on lave à l'eau distillée tant qu'il y a un précipité par l'azotate d'argent, on sèche et on pèse. Si l'urine est très-étendue on la réduit par évaporation au cinquième de son volume, avant d'ajouter l'acide.

Les urines albumineuses ne peuvent être traitées par l'acide chlorbydrique, qui précipitent l'albumine ; on le remplace par l'acide acétique ou l'acide pbospborique.

Acide UjpporivM. — L'acide hippurique est un produit constant de l'urine des herbivores , cheval , bœuf, mouton, lièvre, éléphant, etc. Il existe en petite quantité dans Turine de l'homme sain, il augmente de proportion par Tusage d'une nourriture végétale, aussi bien que dans certaines maladies, comme le diabète. On le trouve dans le sang des herbivores, les capsules surrénales et aussi dans la sueur, mêlé à de l'acide benzoîque, d'après H. Meissner; mais, ce dernier fait a été contesté. Il fait encore partie des excréments de papillon, du guano, etc.

On retire, en général, l'acide hippurique de l'urine du cheval ou de la vache ; on la mêle avec 2 ou 5 fois son volume d'acide chlorbydrique concentré et on recueille, au bout de douze heures, le dépôt qui s'est formé; on le dissout dans la soude, ou décolore la solution par le chlorure de chaux, on la précipite de nouveau par l'acide chlorbydrique. On purifie l'acide hippurique en le faisant bouillir avec du charbon animal, et en le soumettant à la recristallisation.

On peut encore précipiter l'urine avec un lait de chaux, porter à l'ébuUition, filtrer, évaporer le liquide à l'état de sirop et l'épuiser par l'alcool ; on filtre, on chasse l'excès d'alcool par Tévaporation, on décompose le liquide refroidi par l'acide chlorbydrique aussi longtemps qu'il se produit un dépôt cristallin, on

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laisse reposer quelque temps, on recueille sur un filtre et on décolore ensuite les cristaux par le charbon animal.

On purifie également l'acide hippurique en le dissolvant dans une solution de soude étendue et en Tadditionnant de permanganate de potasse, jusqu'à ce que le liquide précipite complètement blanc par l'acide chlorhydrique.

Pour reconnaître des traces d'acide hippurique dans l'urine humaine, on évapore environ 800 grammes dans un bain-marie ; on y ajoute de l'alcool et un peu d'acide chlorhydrique; on agite, on filtre et on lave le résidu avec de l'alcool ; on neutralise la solution alcoolique avec de la soude, on chasse l'alcool par évaporation, on décompose par l'acide oxalique et on agite avec un mélange d'alcool et d*éther ; on obtient une couche éthérée que l'on dissout ; on épuise de nouveau par l'éther et on réunit les deux couches éthérées ; on chasse l'éther, on mêle le résidu avec de la chaux jusqu'à ce que la réaction devienne alcaline, on filtre, on lave le précipité avec de l'eau ; on évapore le liquide filtré à un petit volume et on ajoute de l'acide chlorhydrique. L'acide hippurique se dépose plus ou moins rapidement, suivant sa proportion ; on lave les cristaux avec de l'éther, pour enlever un peu d'acide benzoïque. On constate ensuite que les cristaux sont bien de Tacide hippurique, en les chauffant dans un tube avec de l'acide chlorhydrique ; ils doivent fournir de l'acide benzoïque qui se sublime.

M. Dessaigne l'a obtenu par synthèse, en faisant réagir le chlorure de benzoïle sur le glycocoUe argentiquc.

C«H*AgAz0*-+-C7H»C10 = AgCH-C»H«Az0s.

Glycocolle Chlorure Acide

argentique. de benzoïle. hippurique.

Jazubkowitsch Ta préparé par l'action de Tacide chloracétique sur la benzamide.

L'acide hippurique cristallise en prismes incolores, transparents, il rougit le tournesol, il se dissout dans OUO parties d'eau froide et est plus soluble dans Teau bouillante. L'eau chargée de phosphate de sodium le dissout en quantité beaucoup plus considérable. 11 est insoluble dans l'éther. Il est monobasique et forme des sels cristallisables. Les hippurates alcalins et ceux des terres alcalines, sont facilement solubles; Thippurale de fer est un précipité brun clair, insoluble dans Teau ; l'hippurate d'argent se dépose en aiguilles brillantes d'une dissolution chaude et concentrée.

Fondu à une douce chaleur, l'acide hippurique donne des cristaux d'acide benzoïque, f|ui se subliment. Les acides minéraux, le transforment, à l'ébullition, en glycocolle et en acide benzoïque.

C91PAi50S-f-H*0 = C»HUi0«4-C'll«0«.

Acide Glycocolle. , Acide

hippurique. bentoîque.

Bouilli avec de l'eau et du peroxyde de plomb, il produit de la benzamide. L'acide azoteux le transforme en acide benzo-glycoUique C^11'Û^ L'acide sulfurique et azoti((ue en acide nitro-hippurique.

L'acide hippurique n'existe pas à Tétat libre dans l'urine, mais combiné aux bases, généralement à la soude, et chez les solipèdes en partie à la chaux.

L'acide benzoïque , introduit dans l'économie par les voies digestives, se retrouve dans l'urine à l'état d'acide hippurique. Dans ce passage, il se combine donc aux cléments du glycocolle. D'où vient cette dernière substance qui, jusqu'à présent, n'a pu être constatée à l'état de liberté dans l'organisme? Probablement des matières albuminoïdes, peut-être par suite des transformations chimiques qui donnent naissance à l'acide glycocolique ou à la décomposition de cet acide lui-même.

On constate également la formation d'acide hippurique après l'ingestion d'essence d'amandes amères oii d'éther benzoïque.

L'acide quinique C^H^H)* éprouve, pendant son pas* sage à travers les organes, une modification semblable et passe à l'état d'acide hippurique. Dans une expérience, l'absorption de 8 grammes de quinate de chaux a fourni, le lendemain, une urine qui contenait 2^,2 d'acide hippurique. Lautemann explique ce fait par une transformation préalable de l'acide quinique 071(1106 g,j jjçjjg benzoïque C'H'O', réduction qu'il a

obtenue artiliciellement en chauffant de l'acide quinique avec de l'acide iodhydrique, dans des tubes scellés, à une température de 115 à 120^, et qu'il a reproduite aussi en traitant Tacide quinique par l'iodure de phosphore.

Zwenger et Siebert, ayant trouvé l'acide qui-

nique dans les feuilles des myrtilles, Lautemann admet comme probable que cet acide existe aussi dans d'autres yégétaux herbacés, et que la proportion no* table d'acide hippurique que renferme l'urine des Taches soumises au régime du yert, provient de Tacide quinique ingéré ayec les aliments.

HalWachs, contrairement à cette opinion, regarde la production de l'acide hippurique comme l'effet des transformations chimiques, qui se font dans Torgànisme, plutôt que comme le résultat des modifications qu'éprouYont des substances particulières, introduites dans l'alimentation. Il admet que Ton retrouve l'acide hippurique dans l'urine même, à la suite d'une nourriture purement animale.

Dosage de V acide hippurique. — On réduit au bainmarie 200*"^ d'urine à un volume de 50'^. On y ajoute 20'^'' d'acide chlorhydrique, on laisse reposer pendnnt longtemps dans un endroit froid, on recueille sur un filtre pesé, on lave avec un peu d'eau froide, jusqu'à ce que la matière soit devenue incolore, on sèche à 100^ et on pèse. On peut, dans la première évaporation, ajouter 20 grammes de charbon animal pour obtenir de suite la décoloration.

Acides phéniqne, tanrjiMiM. — Staedeler regarde les acides phénique, taurylique comme des produits normaux de l'urine de l'homme et de la vache. L'acide phénique ne se trouve qu'en proportion très-faible dans Turine humaine; on l'obtient en portant à rébullition l'urinede vache, additionnée d'un lait de chaux; on filtre le mélange, et, après avoir évaporé au i /8* de son

URINE. m

volume, on ajoute de l'acide cblorbydrique étendu, et on distille lorsque tout l'acide hippurique s*est déposé ; on sature le produit distillé par du carbonate de sodium ; les acides gras, Tacide benzoïque, lacide cblorbydrique s'unissent à la soude, et, par addition d'éther, on sépare les acides phénique et taurylique.

On ne connaît pas de procédé exact pour les séparer l'un de l'autre.

L'acide pbénique, à l'état pur, cristallise en aiguilles incolores qui fondent à ùb^ et bouillent à 188^.

Stsedeler admet, en outre, dans l'urine la présence de deux autres acides, damolique etdamalurique. Ces divers acides donnent à l'urine son odeur particulière.

Créaiiniae. — La créatine a été regardée par Licbig comme un des principes constituants de l'urine. Heintz et Neubauer contestent son existence et n'admettent que la présence de la créatinine. Pour obtenir ce dernier produit, SOO''^ d'urine sont mêlés avec un lait de cbaux, additionnés de chlorure de calcium tant qu'il se forme un précipité, et filtrés après quelques heures de repos. Le liquide est évaporé au bainmarie en consistance sirupeuse, mêlé avec 30 ou 40*^^ d'alcool concentré, et abandonné à lui-même pendant quelque temps. On précipite le liquide clair par une solution concentrée de chlorure de zinc, ne contenant pas d'acide en excès, on l'abandonne pendant quarantehuit heures dans un lieu froid; on recueille sur un filtre la combinaison de chlorure de zinc et de créatinine, et, après l'avoir lavée et desséchée, on constate

m ' CHIMIE BIOLOGIQUE.

ses caractères par Texamen microscopique. Si on cherche à obtenir la créatinine pure, on dissout la combinaison dans l'eau bouillante, on la fait bouillir pendant un quart d'heure au moins avec de Fhydrate de plomb, récemment précipité et bien lavé. Le liquide, décoloré par le charbon animal, contient un mélange de créatine el de créatinine; on Tévapore à sec et on le traite par l'alcool, qui dissout la créatinine et laisse la créatine. En évaporant l'alcool, on obtient des cristaux de créatinine ; le résidu insoluble dans l'alcool, repris par l'eau, fournit la créatine parfaitement pure. Lorsqu'on prolonge trop longtemps l'ébuliition avec l'hydrate de plomb, toute la créatinine peut élre transformée en créatine.

La créatinine existe, en proportion variable, dans l'urine de|)uis, au maximum, 1^% 55, au minimum, 0*', 76, en moyenne, 1*%09, en vingt-quatre heures; elle varie de 0*%8 à 0*%9, pendant la croissance. L'urine des chiens nourris exclusivement avec de la viande, contient aussi de la créatine, d'après Meissner.

Xanthine. — Scherer a trouvé la xanthine dans l'urine normale; Mosler, dans celle de la leucocythémie ; Stromeyer a constaté sa présence après l'usage de bains sulfureux ; Bences Jones Ta rencontrée dans les sédiments de l'urine d'un enfant de 10 ans. La xanthine est amorphe et ne présente au microscope aucun indice de cristallisation ; elle se dépose d'une solution aqueuse bouillante, en poudre ou en flocons incolores.

On évapore une quantité considérable d'urine, 200

UKINE. iOS

à 300 litres, au 1/6"^* de son volume, et on précipite l'acide phosphorique par l'eau de baryte; on évapore le liquide filtré jusqu'à la cristallisation des sels; on filtre et on étend ensuite avec beaucoup d'eau ; on ajoute une solution d'acélatc de cuivre, et on porte à rébuUition ; on obtient un précipité brun que l'on lave à l'eau froide tant que les réactifs ordinaires indiquent la présence du chlore. Le précipité se dissout dans l'acide azotique, en formant un liquide brun qui donne par l'azotate d'argent un composé impur d'azotate d'argent et de xanthine; on dissout dans l'acide azotique faible, et on abandonne à la cristallisation ; puis on enlève l'acide azotique en faisant digérer les cristaux avec une solution ammoniacale d'argent; on porte à l'ébuUition, et on décompose la solution par un courant d'hydrogène sulfuré. Le liquide filtré fournit la xanthine par l'évaporation. Pour la décolorer, on la dissout dans l'acide chlorhydrique , et on la traite par le charbon animal ; on décompose le chlorhydrate de xanthine par l'ammoniaque ; on enlève le chlorhydrate d'ammoniaque par des lavages à l'eau froide, et la xanthine reste pure. 600 kilogrammes d'urine fournissent environ 1 gramme de xanthine.

Méthode de Stromeyer. — L'urine est précipitée par un lait de chaux ; le liquide filtré est neutralisé presque complètement avec l'acide chlorhydrique, et la xanthine précipitée par une solution de sublimé corrosif. Le précipité lavé, d'abord par décantation, ensuite sur un filtre, est mis en suspension dans l'eau, et décomposé par l'hydrogène sulfuré. Le liquide filtré

4Ai GHIUIE BIOLOGIQUE.

est évaporé, bouilli avec de rhydrate de plomb, qui enlève l'acide urique et les matières colorantes. Par TévapDration, on obtient un mélange d'acide urique et de xanthine; on dissout la masse dans Teau bouillante, on ajoute de l'azotate d'argent, et par Tévaporation on fait cristalliser une combinaison d'azotate d'argent et de xanthine; on décompose l'acide urique en faisant bouillir avec de l'acide azotique étendu, puis on décolore par le charbon animal, et la combinaison de xanthine se dépose incolore.

Matières eoiorantcs. — Les matières colorantes de l'urine sont imparfaitement connues; elles ont été décrites sous des noms divers; elles paraissent constituées par une matière colorante bleue et une matière colorante jaune.

Matière eolorante Iblene . — Ifldicane . — L' indicane

est une substance qui se trouve dans plusieurs plantes (Indigo fera tinctoria^ I. argeniea. Isatis tinctoria). Elle existe, d'après Schunck, comme élément constant de l'urine de Thomme, du chien; elle augmente dans certaines maladies (choléra, carcinome du foie), et se rencontre aussi dans des sueurs pathologiques.

Pour obtenir l'indicane, on verse une solution d'acétate de plomb dans Turinc tant qu'il se forme un précipité ; on filtre et on ajoute au liquide de l'ammoniaque caustique. Le précipité recueilli sur un filtre est mêlé avec de l'alcool et décomposé par l'hydrogène sulfuré, et la solution est évaporée à une basse température ou sur l'acide sulfurique dans le vide. On obtient ainsi un sirop épais qui contient l'indicane mêlée avec

du sucre ; on dissout dans l'eau, on agite avec de Toxyde de cuivre nouyellement précipité ; on filtre, on traite le liquide par Thydrogène sulfuré, on précipite avec I ether, on filtre et on obtient Tindicane pure.

L'ii^dicane n'a pas encore été obtenue cristallisée ; elle forme un sirop brun clair, soluble en toute pro« portion dans l'eau, l'alcool et l'éther; elle se décompose avec le temps, surtout sous l'influence de la cha-. leur. Par l'addition d'acide chlorhydrique concentrée la température ordinaire ou par l'ébullition avec les acides minéraux étendus, l'indicane se décompose en indigo et en un sucre particulier, l'indiglucine.

C««H"Ai0"4-iH»0 = C»H»Ai04-3C«H«00«.

Indicane. Indigo. IndiglueiM.

L'indiglucine a un goût sucré, réduit facilement les sels de cuivre, mais ne fermente pas. Par Taction des ferments, surtout pendant la fermentation de l'urine, cette décomposition del'indicane se produit facilement et amène la formation d'indigo blanc lequel, à l'air, passe rapidement à l'état d'indigo bleu.

2C«H»Az0 4- H« = C««H"Ai« 0*.

Indigo. Indigo blanc.

Ainsi s'explique la coloration bleue et d'un éclat rouge métallique, qui se trouve souvent dans les dépôts d'urine en décomposition, tandis que l'indiglucine se transforme en produits encore inconnus. Dans les dissolutions alcalines, l'indicane donne les réactions du sucre de raisin, elle brunit par l'action de la potasse, elle réduit les solutions cupriques, mais elle n'est pas susceptible de fermenter.

L'indigo- bleu C'H'ÂzO se produit lorsqu'on fait bouillir l'urine avec l'acide chlorhydrique étendu; il se dépose sous forme de fines aiguilles, que l'on purifie en les lavant à l'eau et à l'alcool. Il apparaît encore dans la fermentation spontanée de l'urine par la décomposition de l'indicane, et se dépose avec l'acide urique dès qu on ajoute un acide.

L'indigo pur porte le nom d'indigotine. Pour l'obtenir on volatilise l'indigo dans un courant d'hydrogène ou on le sublime, par petites portions, entre deux verres de montre ; elle se présente sous forme de prismes de 4 à 6 faces, dérivés d'un prisme rhomboïdal droit, présentant une teinte violette et de beaux reflets rouge cuivré. Elle est insoluble dans Teau, l'alcool froid, l'éther. L'alcool bouillant et l'essence de térébenthine, en dissolvent de petites quantités. L'acide sulfurique fumant la dissout à 50' ou 60*, avec une belle couleur bleue, en formant les acides sulfindigotique C*H*AzSO* et sulfo-purpurique C*«lPAz*SO*.

Soumis à l'action des lessives alcalines, en présence des matières réductrices, acide sulfureux, hydrogène, sulfuré, fer, zinc, etc., l'indigo se dissout et se convertit en indigo blanc.

2C»H»AiOH- li«=C««H"Ai«0«.

UMMgo. Indigo blanc.

L'indigo blanc est insoluble dans Teau, mais se dissout dans l'alcool, l'éther, les lessives alcalines, il absorbe l'oxygène rapidement, surtout à l'état humidç çt sç convertit en indigo bleu.

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Lorsqu'on fait bouillir pendant longtemps l'indieane ou une urine qui en est chargée avec Tacide chlorhydrique, on obtient, en même temps que Tindigo bleu, une substance soluble dans Talcool que Ton nomme Tindigo rouge, qui est encore mal connue, mais qui se confond, sans nul doute, avec les substances décrites sous le nom de uroxanthine, urrhodine, uroglaucine.

On reconnaît la présence de Tindicane, soit par Taction directe de Tacide chlorhydrique sur Turine, soit sur le précipité obtenu avecTacctate de plomb et l'ammoniaque. Dans ce dernier cas, on sépare Tindigo produit du chlorure de plomb avec lequel il se trouve mélangé, au moyen de lavage à Teau chaude.

HaUére eoloranUs Janne. — Urochrojne, -^ Thudi-

cum nomme urochrome la matière colorante jaune de l'urine. Pour Tobtenir, il rend l'urine alcaline en lui ajoutant de l'eau de baryte ou de chaux; il précipite la dissolution par l'acétate neutre de plomb, filtre et verse de l'acétate de plomb ammoniacal ; il recueille et décompose le précipité par l'acide sulfurique, puis sature l'excès d'acide par le carbonate de baryte, filtre, précipite l'excès de baryte par un courant d'acide carbonique, et dans le liquide filtré, ajoute de l'acétate de mercure qui précipite une combinaison d'urochrome; il fait passer un courant d'hydrogène sulfurô qui met la malière colorante en liberté. L'urochromc est une matière jaune, incristallisable, soluble dans l'eau, peu soluble dans Talcool ; elle s* altère rapidement au contact de l'air ; elle est précipitée par l'acétate basique

de plomb, l'acétate de mercure, Tazotate d'argent.

Uroxanthine. — Heller a donné le nom d'uroranthine à une matière colorante, jaune d'or, que l'éther extrait facilement de l'urine épaissie par l'évaporation. Il n'a pu l'isoler; mais, suivant lui, ce corps est caractérisé par l'oxydation qu*il éprouve au contact des acides et sous l'influence de certains états morbides, en donnant naissance à de l'uroglaucine, qui est bleue, et à l'urrhodine, qui est rouge.

L'uroglaucine existe dans les dépôts urinaires. On l'obtient mêlée d'urrhodine, lorsqu'on ajoute à de l'urine de l'acide sulfurique ou chlorhydrique, jusqu'à ce qu'une coloration rose se produise ; ou neutralise par le carbonate d'anunoniaque ; on évapore à sec, on lave le résidu avec de l'eau, avec de l'éther, qui dissout l'urrhodine, et on fait bouillir le résidu avec de l'alcool, la dissolution est évaporée et la matière obtenue, lavée successivement à l'éther, l'alcool froid, l'eau bouillante, constitue une poudre cristalline bleue, l'uroglaucine.

L'évaporation de l'éther donne une poudre cristalline rouge, l'urrhodine.

PERMEKTÂTION DE L'URINE

L'urine fraîche, abandonnée à clle-inéme au contact de Tair, laisse souvent déposer pendant le refroidissement des flocons nuageux, formés de mucus contenant les épithéliums de la muqueuse des reins ou des voies d'excrétion, et des urates acides facilement so-

lubies par la chaleur. Ce dépôt, nul quelquefois, prend toujours naissance quand on concentre Turine , il se compose d'urates de soude et d'ammoniaque, contenant un excès d'acide urique et quelquefois d'urate de chaux et de magnésie. 11 s'accroit quand la fièvre, ou une cause occasionnelle quelconque, vient à troubler les phénomènes d'oxydation qui se passent dans l'organisme.

Bientôt l'urine subit une fermentation acide, suivie plus tard d'une fermentation alcaline.

La fermentation acide s'accompagne d'une forma<^ tion d'infusoires, qui se reconnaissent sous le microscope à leurs mouvements. L'urine devient acide généralement par production d'acide acétique, plus rarement d'acide lactique ou butyrique. Les urates se décomposent, et l'acide urique se dépose en cristaux rhomboédriques, colorés en jaune, et accompagnés quelquefois d'oxalate de calcium.

Après un temps plus ou moins long, quelquefois après quelques semaines, l'urine prend une réaction alcaline ; l'urée se transforme en carbonate d'ammoniaque par suite du développement de petites torulacées, qui apparaissent comme des grains de 0,001 5 millimètres de diamètre sans nucléole à l'intérieur, réunies en chapelet ou en petits amas. Ce ferment végétal se produit par bourgeonnement, il se rencontre toujours dans rintérieur du liquide, jamais à la surface, il amène immédiatement un dépôt de divers sels. Souvent son développement est entravé par la présence d'infusoires, qui se produisent en même temps ; fré-

quemment l'urine reste alors longtemps acide. Dès que la fermentation alcaline est établie, Tacide urique se dissout peu à peu, le phosphate ammoniacomagnésiense dépose ainsi que Furate d'ammoniaque, mêlés de phosphate de calcium, et tout le liquide surnageant se couvre de moisissures.

Ces transformations peuvent se produire même lorsque l'urine est contenue dans la vessie, chez les sujets vivants. Un dépôt de pus accompagne toujours la fermentation alcaline. Scherer regarde comme un ferment le dépôt de mucus et d'épithélium , qui se produit dans Tiirine après la miction.

Les autres substances qui se trouvent dans les dépôts urinaires, à l'état pathologique, sont : la cystinc, la tyrosine, la xanthine, le phosphate de calcium, et quelques produits organisés.

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