VARIE
solution. Le phosphate normal est soluble dans une dissolution d'aeide carbonique, les bicarbonates, le chlorure d'ammonium; Talbuminc et la fibrine en renferment toujours une certaine quantité. L'urine en contient 1 pour 1000 et souvent davantage. Lorsque ce phosphate abonde dans l'urine, la chaleur, en chas* sant Facide carbonique, en détermine la précipitation à l'état dé dépôt blanc amorphe, facilement soluble par l'addition de quelques gouttes d'acide, ce qui le distingue des précipités d'albumine.
Le phosphate de calcium se trouve en quantité trèsfaible dans l'urine des herbivores, sans doute par l'absence d'acide propre à le maintenir en solution. Chez l'homme, il oscille entre 0,5i et 0,57. Le maxi* mum est 0,61 et le minimum 0,15. (Neubauer.)
Phosphate de magnésium HMgPO^. — Le phosphate de magnésium accompagne toujours le phosphate de calcium, mais sa quantité est généralement plus faible, .sauf dans la chair musculaire et dans le parenchyme de la glande thyroïde ; ces deux sels se rencontrent fréquemment ensemble dans les calculs, mêlés aussi à du phosphate ammoniaco-magnésien. Le phosphate de magnésium existe dans l'urine à l'état de phosphate neutre (HMg')POS et non à l'état de phosphate basi* que, comme le prouvent sa forme cristalline et sa solubilité. On reconnaît la présence de ce sel en ajou* tant une solution d'ammoniaque à l'urine; il se forme immédiatement un précipité floconneux blanchâtre do phosphate ammoniaco-magnésien ; ce dépôt se forme également dans toute urine qui subit la fermentation
ammoniacale; et se trouve toujours mélangé à du phosphate de calcium. L'urine normale renferme environ 0,61 de phosphate de magnésium : maximum 0,9, minimum 0,17. (Neubauer.)
Dosage de Vaeide phosphoriqtie. — On dose l'acide phosphorique avec une solution titrée d'acétate d'urane. Cette méthode consiste à précipiter Tacidc phosphorique à l'état de phosphate d'urane contenant 19,91 d'acide phosphorique et 80,09 d'oxyde d'uranc insoluble dans l'acide acétique libre. Le plus petit excès de solution d'urane donne une coloration trèsfoncée, si Ton essaye une trace du liquide avec le ferrocyanure de potassium. La liqueur normale s'obtient de la manière suivante :
1"" On préparc une solution normale de phosphate de sodium en dissolvant 10,085 grammes de ce sel dans un litre d'eau, b*"^ d'une telle dissolution renferment 0,1 gramme d'acide phosphorique ;
2° On forme une dissolution contenant 100 grammes d'acétate de soude avec 900 grammes d'eau et on ajoute 100 grammes d'acide acétique concentré.
On prépare une dissolution d'urane dans l'acide acétique telle, que 20**" renferment 0,4023 d'oxyde d'urane; l'"" de cette dissolution précipite 0,005 d'acide phosphorique, 20'''' précipitent 0,1 gramme ou 50''' de la dissolution de phosphate de sodium.
Pour vérifier le titre de la liqueur, on verse 50"^ de la dissolution de phosphate de sodium dans une capsule, on y ajoute 5'"' de la solution d'acétate de soude et on porte à TébuUition. On remplit une burette avec
la solution d'iirane que l'on fait tomber goutte à goutte dans la solution cliaude de pliosphate de sodium, jusqu'à ce qu'une goutte ajoutée à du cyanoferrure de potassium donne la coloration foncée indiquée plus haut qui ne se produit que lorsque tous les phosphates sont décomposés. On connaît alors le nombre de centimètres cubes de la dissolution durane qui correspond à 50^"^ de phosphate de sodium ou 0,1 d'acide phosphorique. Si le titre n'est pas exact , on Tétend d'eau jusqu'à ce que 20*"^ de la solution d'urane répondent à 0,005 d'acide phosphorique. Si , par exemple, 50''*' de dissolution d'acide phosphorique demandent 18,2'*^ de la dissolution d'urane, il faudra ajouter à 200" de cette dernière 18*^^ d'eau, pour que chaque centimètre cube de la dissolutipn d'urane représente 0,005 d'acide phosphorique.
Pour doser, avec cette liqueur normale, les phosphates de l'urine, on prend 50^*" d'urine, on les additionne de 5'^'' de la solution d'acétate de soude, et on verse la solution d'urane en opérant comme pour titrer la liqueur.
Pour doser les phosphates fixés aux terres, on précipite une partie de l'urine avec l'ammoniaque , on dissout le précipité dans un peu d'acide acétique, et on détermine l'acide phosphorique par la méthode précédente.
Suiiates. — Les sulfates alcalins existent, dans la plupart des tissus et des liquides de l'organisme, en faible proportion. Ils manquent absolument dans le lait, la bile, le suc gastrique. Ils existent dans l'nrine
48 1 CUIMIE BIOLOGIQUE.
en forte proportion (5 à 7ponr 1000) et doivent être regardés comme des produits de désassimilation et un des modes d'élimination du soufre. Ils augmentent de quantité pendant les exercices violents et sous Tinfluenœ d'une alimentation azotée. La quantité d*urée excrétée s'accroît en même temps. On peut admettre que les substances albaminoides, en se détruisant, forment à la fois de Turée et des sulfates alcalins. Les sulfates paraissent donc être des produits de destruction des tissus et ne jouer aucun rôle dans la nutrition. L'urine contient 5,5 pour 1000 de sulfate de potasse et 3 de sulfate de soude; d'après Yogel, elle renferme 2,09 d'acide sulfîirique combiné aux bases.
On reconnaît l'acide sulfurique en ajoutant de l'azotate de baryte à l'urine acidulée avec l'acide azotique.
CiwboM«i<». — Les carbonates n'existent pas habituellement dans l'urine normale; ils s'y rencontrent après l'introduction de certains aliments. L'ingestion d'une grande quantité de fruits amène souvent la présence du carbonate de sodium dans l'urine, parce que les acides végétaux se convertissent en carbonate pendant leur passage à travers l'économie. On trouve assez fréquemment du carbonate de sodium et même du carbonate de calcium dans l'urine des herbivores.
iiLiiiaionia^iM. — L'ammoniaque est-elle un élément de l'urine normale? Son existence y est douteuse ; elle est au moins très- faible, s'il n'y a pas eu préalable^ ment d'altération pathologique. L'ammoniaque ne se rencontre pas dans le sang; elle se trouve en quantité
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très-petite, nulle peut-être, dans l'air expiré. Elle ne peut se former que par la décomposition des substances qui se trouvent dans Turine. Le dégagement d'ammoniaque que Ton obtient en chauffant Turine avec une solution alcaline, n'est pas une preuve certaine de sa préexistence : il peut tenir à la décomposition de matières diverses.
Lorsque l'urine s'altère, soit après son émission, par Teffet de causes extérieures, soit dans la vessie, sous riniluence de modifications morbides, elle peut renfermer de l'ammoniaque. On la reconnaît à son odeur et au précipité de phosphate ammoniacomagnésien qui se produit rapidement sous son influence.
Pour constater sa présence dans une urine neutre ou légèrement acide, on ajoute de l'alcool; on filtre s'il se forme un précipité, on verse dans le liquide filtré quelques gouttes de chlorure de platine, on abandonne au repos pendant quelques heures, on décante le liquide, on lave à l'alcool et on dessèche le chlorure de platine et d'ammonium. 200,66 d'urine normale ont donné à Wicke, par cette méthode, 0,1349 de chlorure double.
On peut plus rapidement encore constater la présence de l'ammoniaque en la précipitant par un mélange d'acétate neutre et d'acétate basique de plomb, et en filtrant. Le liquide qui passe ne contient, comme matières azotées, que l'ammoniaque, l'urée et l'indicane. On l'additionne d'un lait de chaux et on Fabandonne dans un lieu froid ; puis on place au-dessus un
papier de curcuma qui ne doit pas toucher le liquide. Après quelque temps, le papier brunit s'il y a de l'ammoniaque.
Neubauer détermine de la manière suivante la quantité d'ammoniaque contenue dans l'urine : il prépare une liqueur d'acide sulforique et en détermine le titre. 11 place ensuite sous une cloche, dont les bords enduits de suif adhèrent intimement à un plateau de verre, deux capsules, l'une renfermant 10'* d'acide sulfurique, l'autre 10"^ ou mieux 20** d'urine mêlée avec 10** d'un lait de chaux. Au bout de quarante-huit heures, toute l'ammoniaque est dégagée et fixée par Tacide sulfurique. Il titre de nouveau l'acide sulfurique et connaît, par différence, la quantité d'acide saturé par l'ammoniaque et, par suite, la quantité d'ammoniaque contenue dans l'urine.
L'urine chauffée à 50° et traversée par un courant d'hydrogène, ou soumise à l'action du vide, dégage de l'ammoniaque. De 60** à 70°, la production du gaz augmente ; elle est due alors à la décomposition des matières contenues dans l'urine.
Les sels d'ammoniaque introduits dans les voies digestives ne donnent pas d'ammoniaque libre dans l'urine.!
Acide siiiciiine. — L'acide silicique se trouve toujours en petite quantité dans les cendres de l'urine. On les fond, avec du carbonate de sodium, dans un creuset de platine; on dissout dans l'eau, et, après avoir ajouté un excès d'acide chlorhydrique, on évapore à sec. En reprenant par l'eau acidulée d'acide
chlorhyârique, il reste de l'acide siliciqtic insoluble. csax de rurine. — Les goz maintenus en dissolution dans l'urine, entrevus d'abord par Brande, Marcet, Vogel, Cicéry , furent obtenus depuis à l'aide des mêmes méthodes qui servent à extraire les gaz du sang. Planer employa le procédé de Meycr et fit l'analyse d'urine 1" rendue cinq heures après le repas ; ^® urine du matin ; 5*^ urine rendue deux heures après diner ; 4^ après l'ingestion de 3 drachmes de tartre ; 5"" après l'emploi de 2 drachmes de tartrate de potasse neutre.
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M. Morin s'est servi du procédé de Magnus. La moyenne de quinze expériences lui a donné, pour 100 volumes d'urine, 2,44 de gaz.
100 volumes contiennent :
Acide carbonique G5,40
Oxygène 2,74
Azote r.i,86
Pour avoir les quantités absolues de gaz, il suffit de multiplier ces difTérents nombres par le volume des gaz. On trouve ainsi les résultats suivants en les rapportant à un litre d'urine et en les exprimant en centimètres cubes :
Acide carbonique i5»957
Oxygène 0,658
Azote 7,775
Ces chiffres sont trop faibles, parce que l'urine n'a jamais été épuisée; il en reste encore 1/5 du volume environ. En en tenant compte, la quantité de gaz con* tenue dans l'urine, à l'état physiologique, devient :
Acide carbonique. . ^ . . . . 19,620
Oxygène 0,824
Azote 9,589
Lorsqu'on ingère une grande quantité de liquide, d'eau, par exemple, l'urine dissout beaucoup moins d'acide carbonique. Elle retient une proportion plus forte d'oxygène; l'azote varie peu. Une heure après l'absorption d'un litre de liquide, l'urine contenait :
CHIMIE BIOU)GIQl]E.
POVB 100 TOLUMBS DE GAZ.
PAR LITBB
d'drise.
Acide carbonique
Orvcènc ^ . . . •
Azote. ••
En étudiant comparativement l'urine du repos et Turine rendue après une longue marche, M. Morin trouva tout à la fois une augmentation dans la quantité d'eau, d'urée et d'acide carbonique, c'est-à-dire un excès dans les produits les plus avancés de la combustion.
Les moyennes de six expériences ont donné les chiffres suivants :
ACIDB CARBOIfIQUE.
oxygIhb.
azote.
Urine du repos
Urine de la marche. . . .