PATHOLOGIQUE
Albumine. — L'albumine ne se rencontre pas dans Turine chez l'homme sain. Dans les cas pathologiques, elle peut venir du sang, de la lymphe, du pus qui s'y trouvent mélangés ou d'une albuminurie proprement dite, c'est-à-dire selon la définition de M. Gu*
bler, de la sécrétion par les reins d'une urine albumineuse.
L'urine qui contient cet élément morbide est pâle, souvent un peu trouble , même après le repos et la précipitation des particules solides; elle mousse aisément, sa réaction faiblement acide, sa densité 1 ,007 à 1 ,0 1 8 inférieure à la densité normale. Elle en renferme comme limite supérieure 55 grammes en vingtquatre heures (Gorup-Besanez), 25 grammes (Schmidt), 20 à 50 grammes ou 15 grammes par litre (Gubler).
Suivant Topinion généralement admise, l'urée diminue en même temps; elle peut descendre à 5 et 6 grammes par litre, mais ne dépasse jamais ce minimum; les sels, particulièrement le chlorure de sodium, suivent la même proportion décroissante. M. Gubler conteste l'exactitude de ce fait et trouve habituellement une augmentation dans la quantité d'urée évacuée en vingt-quatre heures.
Outre les éléments de Tépithélium des muqueuses, on reconnaît par l'examen microscopique d'urine albumineuse :
1® De nombreux éléments désagrégés, et des lambeaux étendus de la membrane des tubuli constituant même assez souvent des tubes complets ;
2® Des cylindres pleins formés d'une substance homogène, amorphe, translucide, de nature protéique;
5* De fines granulations protéiques ou grasses ;
4^ Des globules sanguins.
Parmi les épithéliums des tubes de Bellini dont la
m. CHniK BIOLOGIQUE.
présence est on des signes les plus caractéristiques de Falbuminurie, on rencontre souvent des cylindres pleins parfois très-longs, currilignes, contournés sur eux-mêmes, formés d'une substance homogène nullement fibroîde, translucide, nuancée de jaune assez foncé et résistante. Cette substance, colorable en brun par riode, peu soluble dans l'acide acétique et le nitrate de potasse, est manifestement de nature protéique. Doit-on la considérer comme de la Gbrine? On a prétendu qu'elle prend naissance par l'action de la paraglobuline sur le fibrinogène qui se Irouye alors dans l'urine. Cette formation de fibrine se comprend difficilement dans un milieu acide, le fût-il même faiblement. On doit plus vraisemblablement la regarder avec MM. Robin ^ et Gubler* comme de nature albumineuse.
Plusieurs procédés servent à reconnaiU'e la présence de l'albumine dans l'urine.
On rend l'albumine neutre ou légèrement acide par l'addition d'un petit excès d'acide acétique , et on chaufle à l'ébuUition, et on obtient un précipité blanc d'albumine coagulée. Le trouble ne doit pas disparaître quand on ajoute au liquide refroidi quelques goultes d'acide acétique ou azotique.
On ajoute à Turine, sans chauffer, de l'acide azotique, l'albumine se coagule et forme des flocons blancs. L'acide azotique précipité, obtenu avec un acide
* Itobin, îjeçons 9ur les humeurs, p. 476.
* Gubler, Dictionnaire des sciences médicales, l" série, tomelli page 441.
faible, est soluble dans un grand excès d'urine. Les meilleures proportions sont 10 à 15 gouttes d'acide concentré dans 4 à 5 grammes du liquide à essayer.
On évitera de confondre Ce précipité avec un dépôt d'acide urique, provenant de la décomposition des urates. En chauffant légèrement dans ce dernier cas Purine acidifiée, le précipité se dissout en se colorant, et donne, avec Tammoniaque, la réaction de lacide urique; on le reconnaît également à la forme des cristaux. Il peut aussi se former un dépôt d'azotate d'urée ; mais ce précipité se produit lentement, seulement dans l'urine très-concentrée, et donne des cristaux faciles à reconnaître.
Beale a vu quelquefois une urine très-albumineusc, acidulée légèrement par l'acide azotique, ne plus se troubler par Tébullition. Il admet que l'albumine forme une combinaison soluble avec l'acide azotique ou l'acide chlorhydrique mis en liberté.
Dans le dépôt formé par les urines on trouve, outre les éléments histologiques bien défînis, une foule de granulations moléculaires qui se colorent en brun par la solution aqueuse d'iode, et sont insolubles dans l'éther et l'acide acétique. M. Gubler en conclut que l'albumine existe sous deux états dans l'urine. L'opalescence de l'urine tient à la présence d'acides qui précipitent un peu d'albumine.
L'albumine apparaît dans Turine, dans plusieurs conditions physiologiquement bien déterminées. Elle se montre après linjeclion d'albumine de Fœuf dans les veines (M. Bernard), même lorsque l'injection est
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faite dans une veine mésentérique, malgré le passage de Talbumine dans le foie, le cœur, Tappareil respiratoire. L'alimentation avec des matières albuminoïdes suflit pour produire Talbuminurie. M. Gubler *■ à constaté que Talbumine est excrétée en quantité beaucoup plus considérable après les repas, et en proportion relativement très-faible pendant la nuit.
L*albumine qui se trouve dans Turine est de l'albumine du sérum. Est-elle toute de la même nature? Lehmann a cru pouvoir en distinguer deux variétés : Tune, la globuline, que l'acide carbonique précipite, et l'autre, à l'état d albuminates alcalins, que l'acide acétique précipite après que la globuline a été complètement séparée.
Il y a quelquefois aussi dans Turinc une véritable exsudation de fibrine. Dans les cas, par exemple, où l'application de larges vésicatoires développe une cvstite cantharidienne , le mucus, suivant M. Robin*, se trouve mélangé de «fibrine qui provient des reins, et se prend quelquefois en masse tremblotante'.
Dosage de lalbumine. — Pour doser l'albumine, on additionne Turine d'acide acétique, on la porte à TébuUition, on recueille le précipité sur un filtre pesé, on lave à l'alcool et on sèche le résidu à 120^, on calcine, et on pèse les cendres. Le premier poids dimi-
' Guhlor, Dictionnaire des sciences médicales, \'* série, tome II,
pap:c 448.
* Robin, Leçons sur les humeurs, page 477. 3 Idem, pûge 722.
DRINE. 4*5
nué des cendres, donne le poids réel d*albumine; On obtient par cette méthode un chiffre trop faible, parce qu'un peu d'albumine peut se dissoudre dans Tacide acétique. On évite en partie cette perte en lavant le filtre avec de Peau faiblement acidulée par de lacidc azotique.
M. Méhu emploie une solution de 1 partie d'acide phénique cristallisé, 1 d'acide acétique et 2 d'alcool dissous dans 100'''' d'eau. 11 acidulé 100 grammes d'urine avec quelques gouttes d'acide acétique, il y joint 10'''' de la solution d'acide phénique; il recueille le précipité sur un filtre et, après l'avoir lavée avec de l'eau tenant en dissolution 1 pour 100 d'acide phénique, il dessèche et pèse l'albumine.
Matières colorantes de la bile. -^ Les matières colorantes de la bile se reconnaissent aux teintes variées qu'elles prennent sous l'influence de Tacide azotique. Elles passent successivement au vert,, bleu, violet, rougo, et enfin «u jaune sale. Cette réaction se fait avantageusement dans un tube de verre au fond duquel on introduit quelques grammes d'urine ; en versant le long des parois du tube l'acide azotique, sans agiter, on voit, sur la ligne intermédiaire aux deux liquides, une suite de couches concentriques colorées par ces diverses teintes.
L'urine ictérique est brune; elle prend, par l'acide acétique ou chlorhydrique, une teinte verte et redevient brune par l'addition d'ammoniaque ou d'une solution alcaline. Sta^deler conclut de ces réactions à la présence de la biliprasine dans l'urine. Cette substance
n'est pas un produit de la sécrétion normale du foie, elle est le résultat d'une transformation de la bilirubine, qui absorbe 2H*0H-0pour devenir biliprasine. Il est probable que cette transformation a lieu dans le sang lui-même. L'expérience suivante vient à l'appui de cette hypolhèse : la bilirubine injectée dans les veines amène un ictère et se retrouve dans l'urine à l'état de biliprasine.
Acides biliaires. — Les acides biliaires se reconnaissent dans l'urine par la réaction de Pettenkoffer. Après avoir préalablement coagulé l'albumine et filtré le liquide, on ajoute goutte à goutte à 4 ou 5 grammes d'urine l(5s 2/5 environ de son volume d'acide sulfurique concentré ne contenant pas d'acide sulfureux, et on projette dans le liquide un très-petit fragment de sucre ; s'il y a des acides biliaires, il se développe, au bout d'une ou deux minutes, une coloration violette caractéristique. En exécutant cette expérience, on ne doit pas oublier qu'en présence de l'albumine, des essences de térébenthine, de girofle, etc., l'acide sulfu rique donne également avec le sucre une coloration rouge.
On peut également déterminer la présence des acides biliaires contenus dans Turine en ajoutant un mélange d'acétate de plomb basique et d'ammoniaque; on lave le précipité à l'eau, puis, après l'avoir fait bouillir avec de l'alcool, on filtre le liquide bouillant. Les sels de plomb des acides biliaires se dissolvent dans l'alcool ; on ajoute quelques gouttes de soude, on évapore à sec dans un bain-marie; on
reprend le résidu par Talcool absolu, qui dissout les sels de soude des acides biliaires; on réduit, par Tevaporation, à un petit volume ; on précipite par un excès d'éther, et on laisse cristalliser. On décante Texccs d'éther, on dissout les cristaux dans un peu d'eau et on ajoute une goutte de chlorure de baryum qui précipite l'acide cholalique; on sépare es acides taurocholique et glycocholique comme on l'a dit page 101 .
Pour un essai qualitatif, on peut prendre la dissolution alcoolique des, sels de soude et la soumettre à la réaction de Pettenkoiïer, ou l'étudier dans un appareil de polarisation.
Glucose. — La glucose se rencontre dans le. canal intestinal, dans le sang, le chyle, le liquide musculaire, la lymphe, Talbumine de Tœuf des oiseaux, le liquide de l'allantoïde des herbivores, les veines sushépatiques, l'urine du fœtus de la vache et de la chienne avant l'époque où le foie en produit, et disparait à l'époque de la naissance. Elle se trouve dans l'urine des femmes enceintes, des enfants nouveau-nés soumis au régime lacté, dans celles de l'asthme, de la pleurésie, des tubercules pulmonaires après l'éthérisation, c'est-à-dire dans tous les cas où un obstacle quelconque s*oppose à une complète hématose. Dans le cas de diabète, elle existe en quantité considérable dans l'urine, le sang, la salive, la matière des vomissements, les sueurs, le tissu des reins, des poumons, de la rate, et même dans les fèces.
On peut rendre artificiellement les animaux diabétiques par la piqûre du bulbe rachidien, en arrière, à
égale distance des nerfs acoustiques et des pneumogastriques, par la section des nerfs splanchniques dans la cavité abdominale, par l'empoisonnement avec le curare quand on entrelient la respiration artificielle, par l'injection d'une grande quantité de glucose dans les veines.
Glucose dam r urine normale, — Divers auteurs regardent la glucose comme un élément normal de l'urine. Us ont donné pour l'extraire les procédés suivants :
On ajoute de Tacide chlorhydrique à un litre d'urine; on filtre après un certain temps, lorsque tout l'acide urique est déposé ; on sature la dissolution par la potasse et on ajoute de l'alcool jusqu*d ce qu'un trouble se produise; on filtre de nouveau, et à la dissolution on ajoute une solution alcoolique de soude en quantité suffisante pour qu'elle prenne une légère réaction alcaline. Dans la liqueur alcoolique, abandonnée au froid pendant vingt-quatre heures, il se forme un dépôt cristallin qui s'attache aux parois du vase. On décante ; on renverse le vase sur un papier à filtrer et on laisse sécher les parois par Tévaporation spontanée ; on dissout ensuite le dépôt dans une petite quantité d'eau froide; la solution donne les réactions de la glucose.
Une autre méthode consiste à précipiter l'urine par l'acétate neutre de plomb, et à ajouter à la solution filtrée de l'acétate basique de plomb. Le sucre n'est pas précipité par ces réactifs. Dans la solution filtrée on verse de l'ammoniaque. Le précipité obtenu est lavé avec une solution concentrée de sel marin ; on
l'agite avec de Teau et on le triture avec nne solution concentrée d'acide oxalique, jusqu'à ce que le liquide filtré ne précipite plus par un excès d'acide oxalique ; on filtre, on neutralise avec de la soude, on acidulé avec l'acide acétique, et on évapore rapidement au 1/5 de la dissolution. Après le refroidissement, on ajoute 5 fois le volume d'alcool absolu et on abandonne au froid, jusqu'à ce que Toxalate de soude soit déposé ; on filtre, et on ajoute une solution alcoolique alcaline, tant qu'il se forme un trouble. Après un repos de quarante-huit heures dans un lieu froid, on décante la combinaison de sucre et de potasse, on la décompose par l'acide oxalique étendu, on sature l'excès d'acide oxalique par du carbonate de chaux, on ajoute au liquide 4 fois son volume d'alcool et on filtre. Le liquide filtré, additionné d'acide acétique faible, donne un sirop jaunâtre par l'évaporation.
Glucose dans lu glucosurie, — Pour extraire la glucose de l'urine des diabétiques, on la fait évaporer jusqu'à cristallisation; on lave les cristaux avec de l'alcool froid, on les redissout dans l'eau et on les soumet à une nouvelle recristallisation.
La glucose se dépose de ses solutions aqueuses ou faiblement alcooliques en mamelons contenant de l'eau de cristallisation,etdes dissolutions alcooliques concentrées en aiguilles anhydres. Elle est moins soluble dans l'eau que le sucre de canne, et exige pour sa dissolution une fois et demie son poids d'eau froide. Rlle se dissout dans l'eau bouillante en toutes proportions et est soluble dans l'alcool et insoluble dans l'éther. La
glucose fond à 100"" ou un peu au-dessous, en perdant 9 pour lUO, ou 2 atomes d^eau. Fondue, elle constitue une niasse jaune et transparente qui attire rhumidité de Tair et cristallise de nouveau en une masse grenue quand elle a repris son eau de cristallisation. A 140®, elle perd encore de Teau et se convertit en caramel.
Les solutions aqueuses de la glucose dévient le plan de polarisation à droite. Amené à une rotation permanente par une dissolution suffisamment prolongée, leur pouvoir rotatoire ne change pas sous l'inQuenee des acides, varie peu avec la température, et est égal à + 55 pour la teinte de passage.
L'acétate de plomb basique ne précipite les solutions de glucose que par Taddition d'ammoniaque.
La glucose, bouillie longtemps avec les acides sulfurique et chlorhydrique étendus, se transforme en composés ulmiques mêlés d'acide formique, quand la décomposition a lieu au contact de l'air. L'acide sulfurique concentré et froid transforme la glucose en acide sulfo-conjugué sans le charbonner.
Les bases alcalines et alcalino- terreuses se combinent facilement à la glucose et se détruisent à la température de l'ébullition. M. Péligot a obtenu le glucosatc de baryte, de chaux, de plomb.
La glucoi^e se combine au chlorure de sodium pour former un composé cristallin.
(C«H*«0«)«Naa+Aq.
M. Bertiiclot a combiné la glucose avec les acides
butyrique, acétique, stéarique, ben/oîque, en les chaufTant dans des tubes fermés pendant cent ou cent vingt heures. Les deux corps s'unissent avec élimination d*eau et donnent naissance à des corps analogues aux éthers par leur constitution.
La glucose fermente sous l'influence de la levure de bière et donne comme produit principal de Talcool et de l'acide carbonique.
La réaction est en réalité moins simple : elle s'accompagne d'une formation constante de glycérine et d'acide succinique; une autre partie du sucre sert aussi à l'accroissement de la levure. Pour reconnaître la glucose dans l'urine ou dans une dissolution, il faut d'abord enlever les matières albuminoïdes. Si la matière est neutre ou alcaline, on l'acidulé par l'acide acétique, on la porte à l'ébullition et on filtre. On reconnaît alors la présence du sucre aux caractères suivants :
Réaction de Moore, — On ajoute à l'urine environ la moitié de son volume de solution de potasse. Dès que l'on chauffe, on voit le liquide prendre une coloration jaune d'abord, puis brune, et se foncer de plus en plus au fur et à mesure que l'ébullition se pro; longe. Lorsqu'il n'y a que peu de glucose, la solution garde une teinte ambrée ou légèrement brunâtre.
Réaction de Trommer. — On verse dans un tube le liquide à essayer ; on y ajoute environ la moitié de son volume d'une solution de sulfate de cuivre et de la po-
tasse. On chauffe à rébuUition la solution bleu foncé. Il se forme immédiatement un précipité brun rougeàtre d'oxydule de cuivre, s'il y a du sucre. Au lieu de chauffer, il suffit de laisser reposer le mélange quelque temps pour que le même précipité se dépose graduellement.
Réaction de FeMing. — On fait dissoudre 34*', 659 de sulfate de cuivre pur dans 180 à 2001 grammes d'eau. On dissout également 1 73 grammes de tartrate neutre de soude et de potasse dans 500 à 600 grammes de lessive de soude caustique d'une densité de i, 12, et on mêle peu à peu les deux dissolutions; on étend le mélange éclairci, de manière à former un litre. 10'"'' de cette dissolution correspondent à 0,05 de sucre de raisin. Cette liqueur est d'un bleu intense, et se maintient claire et limpide pendant longtemps.
Ces réactifs ne prouvent l'existence de la glucose dans J'urine que si le précipité se forme après une ou deux minutes d'ébuUition au plus, avant que des réactions secondaires ne soient venues modifier les résultats. On ne conclura pas à la présence du sucre par le simple changement de couleur de la dissolution : il faut qu'il y ait un précipité ; on ne confondra pas non plus le précipité rougeàtre d'oxydule de cuivre avec le dépôt blanc ou légèrement verdâtre qui est dû à la présence des phosphates.
En présence de l'albumine, les sels de cuivre ne se réduisent pas ; mais la leucine, l'allantoïne, la créatine, la créatinine, la cellulose, le tannin, le chlore-
forme, l'acide urique peuvent amener la précipitation de Toxydc de cuivre.
Réaction de Bôttcher, — On ajoute à la solution à essayer une trace d'oxyde de bismuth ou de sousnitrate basique de bismuth et une solution concentrée de carbonate de sodium ou de soude caustique, et on fait bouillir quelque temps. S'il y a de la glucose, il se forme d'abord un précipité verdàtrc, puis noir par la réduction de l'oxyde de bismuth. Lorsque la quantité de sucre est faible, il faut n'employer qu'une quantité extrêmement petite d'oxyde de bismuth.
Réaction de Maumené. — On plonge dans une solution de perchlorure de fe|^(2 parties de sel pour 1 d'eau) des lanières d'étoffes de laine; on les fait sécher au-dessus d'un bain-marie; on verse une goutte de l'urine à essayer sur l'étoffe et on chauffe au-dessus d'une lampe à alcool ; il se fait une tache noire s'il y a du sucre en présence.
Origine du sucre» — Le sucre contenu dans l'économie provient de plusieurs sources : des aliments, des réactions qui se passent dans le foie et dans le liquide musculaire. La partie qui provient des aliments, pénètre dans le canal intestinal et entre dans la circulation générale par le fait seul de l'ab«sorption. Lors même que les aliments ne contiennent pas de matières sucrées, s'ils renferment des hydrates de carbone, de l'amidon particulièrement, les réactions qui constituent l'essence même des phénomènes de la digestion donnent naissance à de
la glucose. La salive, le liquide pancréatique spécialement, produisent cette transformation avec une grande rapidité.
Mais, à côté de cette production du sucre mise depuis longtemps hors de doute, on sait que M. Bernard d'abord, d'autres physiologistes à sa suite, ont reconnu que le foie a une action particulière sur la formation du sucre. Sans doute, le foie qui n'est pas altéré contient peu de sucre, peut-être même n'en renferme-t-il jamais, mais il n'est pas moins un organe sécréteur de cette substance, comme le prouvent les analyses du sang de la veine porte et des veines sushépatiques. La première contient des proportions à peine sensibles de sucre ; les secondes sont au contraire riches en glucose et la déversent ensuite dans la circulation générale.
La glucose prend encore naissance dans les muscles. Elle se produit dans le tissu musculaire abandonné à lui-même, même lorsque tout le sang a été expulsé par des injections d'eau pure, chez des animaux soumis depuis longtemps à une nourriture purement animale.
Elle se trouve en petite quantité dans toute la longueur du canal intestinal, elle est en partie absorbée par les capillaires sanguins, en moindre quantité par les lymphatiques. Mais la majeure partie du sucre contenu dans l'intestin subit d'autres métamorphoses; il se change en acide lactique, cl au niveau du caecum en acide butyrique; ces acides se mêlent à la masse alimentaire. La glucose qui a pénétré dans la circu-
lation, soit qu^elle provint de Tabsorption dans Tintestin, soit de l'action propre du foie, disparaît rapidement. Injectée dans les veines, si Texcès n'est pas trop considérable, elle se détruit très-vite et ne se retrouve pas dans les sécrétions, particulièrement dans l'urine.
Quelle transformation la glucose éprouve-t-elle dans le sang? Elle s'élimine comme produit final en eau et en acide carbonique qui se dégagent dans l'acte de la respiration, la transpiration cutanée et les diverses sécrétions ; mais ces phénomènes d'oxydatron ont-ils lieu directement dans les vaisseaux et sans modifications préalables? Ici les avis sont partagés. M. Bouchardat, MM. Robin et Yerdeil admettent un premier changement en acide lactique qui, réagissant sur les carbonates du sang, produit le dégagement d'acide carbonique. On a contesté l'exactitude de cette théorie en faisant remarquer que la glucose, en présence d'une solution alcaline, ne donne, par l'action de l'ozone, que de l'acide carbonique et de l'acide formique. Si ces interprétations sont encore discutées, il est hors de doute, d'après les travaux de M. Regnault et de Pettenkoffer, qu'une alimentation amylacée ou formée de substances qui produisent facilement du sucre, donne dans l'air expiré un excès d'acide carbonique, si l'air inspiré est en quantité suffisante. .
Dosage du sucre par la méthode de BarreswilL — La liqueur de Fehling doit être titrée de telle manière que 20^' soient décolorés par 1 décigramme de glucose. Pour en vérifier le titre, on dissout
1 gramme de glacose dans 200 grammes d'eau; 20 grammes de cette dissolution renferment 1 décigramme de glucose et doivent décolorer complètement 20'''' de la solution bleue. On verse 20'''' de cette dernière liqueur cuprique dans un ballon de 150 grammes et on Tétend avec 100 grammes d'eau distillée environ. On porte à Tébullition ; puis, au moyen d'une burette graduée , on y fait tomber goutte a goutte le liquide sucré. Dès que les deux liquides sont en contact, on voit apparaître un précipité jaune d'hydrate cuivreux qui peu à peu devient rouge et gagne le fond. A mesure que l'opération s^avance, la couleur du liquide diminue d'intensité et le cuivre se précipite à Tétat de protoxyde ; elle est terminée dès que le liquide est entièrement décoloré. Le point délicat de l'opération est de saisir exactement le moment où la précipitation de Fhydrate cuprique est complète, et la décoloration totale. Un excès de sucre ajouté produit une teinte brune.
Quand la liqueur est exactement titrée, 20"*' doi- * vent précipiter exactement 20"" de liqueur de Fehling. S'il faut, au contraire, un nombre plus petit ou plus grand de centimètres cubes de dissolution sucrée pour arriver à la décoloration, soit, par exemple, 25'", 4, on en conclut que 20"" de liqueur de Fehling correspondent à 0,117 de glucose. Ce chiffre représente le titre de la liqueur. Dans l'exemple précédent, le titre est trop élevé, on peut le rapporter au titre normal en ajoutant à 100 volumes de la dissolution assez d'eau pour en faire 117 volumes.
Quand on emploie la liqueur de Fehling pour la détermination de la glucose dans Turine, on opore comme pour le titrage de la solution sucrée. On prend 10'"'' d'urine et on l'élend d'une quantité d'eau suffisante et déterminée pour que Turine contienne à peine 1 pour 100 de glucose. S'il . faut employer 10''%6 d'urine pour arriver à la décoloration des ^0" de liqueur de Fehling, on en conclut que 10^%6 correspondent à 1 décigramme de glucose et qu'il y
y en a dans un litre ' .,, ^ — = 9,43. ^ 1U,6
Détermination du sucre par la fermentation. — On se sert d'un appareil composé de deux petites fioles réunies par un tube recourbé. Dans l'une des fioles on place 20 ou 50"^"^ de Turine à essayer, avec de la levure de bière bien lavée et desséchée ensuite, et un peu d'acide tartrique. Dans l'autre fiole on met de l'acide sulfurique et on pèse Tap^ pareil. On le laisse exposé à une température de 30 à 40"* ', la fermentation s'établit, l'acide carbonique se dégage. Après deux jours, la fermentation est termi* née ; on aspire par le petit tube, de manière à rem-* placer l'acide carbonique contenu dans le ballon par de l'air, et on pèse de nouveau l'appareil. La différence entre les deux pesées donne le poids de l'acide carbonique éliminé. L'acide sulfurique sert à dessé* cher l'acide carbonique. L'acide tartrique empêche qu'il ne s'établisse des fermentations autres que la fermentation alcoolique. Du poids de l'acide carboni-* que on peut calculer la quantité de sucre contenue
508 GHIHIB BIOLOGIQUE.
dans rurine. Ce procédé n'a pas une rigueur absolue. M. Pasteur a vu en effet qu'outre l'acide carbonique et Talcool, la fermentation alcoolique produisait encore de la glycérine, de Tacide succinique et des matières grasses qui ne peuvent entrer dans le calcul et sont une cause d'erreur.
Saccharimétrie. — La détermination du pouvoir rotatoire permet de doser la quantité de sucre qui existe dans une solution. On peut se servir pour cette mesure de l'appareil de Biot, qui donne des résultats remarquablement exacts; on se contente en général, dans les recherches physiologiques, d'appareils plus simples, tels que le saccharimètre de Soleil, les appareils de Mitscherlich et de Wild.
Saccharimètre de Soleil. — La construction de cet instrument repose sur les principes suivants :
Un faisceau de lumière naturelle se polarise en traversant un prisme deNicol, placé de telle sorte, que le rayon ordinaire soit rejeté hors de l'axe de l'appareil. Le rayon extraordinaire passe dans une lame de quartz à deux rotations, formée de deux disques de quartz juxtaposés suivant leur diamètre, l'un dextrogyre, l'autre lévogyre , d'une épaisseur égale et telle, que les images colorées qui se produisent se confondent en une teinte commune quand la teinte sensible apparaît. Si dans ces conditions on place un tube contenant un liquide actif devant la plaque à deux rotations, il augmente l'action du quartz qui tourne dans le même sens et diminue dans la même proportion celle qui se trouve en sens inverse , et dès lors fait appa-
UHINE. M)0
raitre de nouveau deux teintes différentes et complémentaires sur les deux lames de quartz.
Le rayon lumineux traverse ensuite un compensateur formé d'une plaque fixe de quartz dextrogyre et de deux prismes triangulaires de quartz lévogyre plus épais à une extrémité, et glissant l'un sur l'autre de manière à former des épaisseurs variables de quartz. A l'aide d'une échelle graduée que le compensateur entraine dans ses mouvements, on peut apprécier l'épaisseur du quartz lévogyre employé. Quand cette épaisseur est égale à celle du quartz dextrogyre, il la compense exactement et on est au 0 de l'instrument.
Un prisme biréfringent sert d'analyseur ; il .fait apparaître la teinte sensible. Plus en arrière se trouvent une lame de quartz, une lunette de Galilée et un prisme biréfringent. Cette dernière partie de l'appa reil sert à faire apparaître plus nettement la teinte sensible.
Pour se servir de Tinstrument , on place dans un tube de 10 ou 20^^ de Teau pure ; on fixe la lunette de manière à apercevoir nettement la raie de séparation des deux disques. L'appareil étant à 0, la teinte sensible se montre sur les deux moitiés du disque. On remplace alors l'eau du tube à essai par un liquide actif; les deux images reparaissent avec leur teinte complémentaire, et pour retrouver la teinte sensible, il faut faire mouvoir le compensateur d'un certain nombre de degrés , à droite si la substance est dextrogyre, à gauche si elle est lévogyre.
L'instrument est réglé de manière que l"" correspond à i ,647 de sucre de canne, à 2,256 de glucose, à 2,019 de sucre de lait. Des tables dressées d'avance donnent facilement la quantité de sucre qui correspond aux divers degrés de Téchelle.
Appareil de Wild. — Cet instrument consiste en un tube renfermant à une de ses extrémités un prisme de Nicol, lequel agit comme polariseur et se trouve Hé à un cercle vertical gradué mobile qui Tentraine dans ses mouvements en passant devant un index gradué, faisant vernier.
A l'autre extrémité, se trouve un polariscope de Savart formé de deux lames de quartz derrière lesquelles on place un prisme de Nicol agissant comme analyseur, puis, plus en arrière, deux fils croisés en croix de Saint-André et une lunette.
Entre ces deux parties de l'instrument, il existe un espace vide, se fermant avec une plaque, pour produire une chambre noire, dans laquelle on place les tubes contenant la dissolution des substances dont on veut mesurer le pouvoir rotatoire.
Pour se servir de l'instrument, on règle l'oculaire de façon à voir nettement les fils formant la croix de Saint-André ; puis on fait tourner la plaque mobile qui entraîne le prisme de Nicol jusqu'à ce que les franges colorées disparaissent ; on est alors au 0 sur l'alidade graduée. On verse le corps actif liquide ou en dissolution dans des tubes d'une longueur déterminée, et on les place sur le trajet du rayon lumineux. On voit reparaître les franges colorées ; pour les faire
URmE. Ml
disparaître, on doit toamer le limbe et le prisme polariseur en sens inverse du mouvement des ai* guilles d'une montre par rapport à Tobservateur, si le corps est dextrogjre, dans le sens du mouvement des aiguilles s'il est lévogyre.
On peut avec cet appareil mesurer directement la quantité de sucre contenue dans un liquide. Si on observe une déviation de a degrés avec la lumière diffuse on la lumière blanche d'une lampe, après Tinterposition d'un tube de L millimètres de longueur contenant une dissolution sucrée, la concentration de celle-ci, c est-à-dire le nombre de grammes de sucre contenu dans un litre de dissolution se calcule par la
formule G= 1408?-.
On emploie avec avantage la lumière homogène, c*est-à-dire la flamme d'une lampe à gaz , ou de l'alcool salé ; on se sert alors de la formule G = 1505,6p.
Dans la pratique, des tables calculées d'avance dispensent de tout calcul.
Détermination du pouvoir rotatoire moléculaire. — Quand on place dans l'appareil de Biot, de Blitscherlich, on de Wild un tube rempli d'une substance active, une solution de sucre, par exemple, le plan de polarisation se dévie et il faut tourner Tanalyseur d'un certain angle pour retrouver la teifite sensible ou faire disparaître les franges. La dissolution a donc déviée d'un angle (a) le plan de polarisation de la lumière. On reconnaît en employant des tubes de di-
verses longueurs, pleins d'une même solution, que les angles de rotation sont proportionnels aux longueurs des tubes ; et en se servant d'un tube d une longueur constante avec des dissolutions de plus en plus riches en matières actives, que les angles de déviation, sont proportionnels aux quantités de sucre renfermées dans un même volume de liquide. On peut donc dire, d'une manière générale, que les déviations ou les rotations du plan de polarisation sont proportionnelles au nombre des molécules sucrées que le rayon rencontre dans son trajet. Soil (a) la déviation qu\m liquide homogène imprime au plan de polarisation du rayon simple en agissant à travers l'unité d'épaisseur et une densité égale à l'unité ; la densité, devenant 3 sans que l'énergie de l'action moléculaire change, la déviation à travers l'unité d'épaisseur sera (a)d, puis la longueur devenant / pour la même densité, la déviation totale deviendra (a)/3. Si donc a représente la déviation observée expérimentalement, on aura :
(a) 15 = a, d'où; (a) = -^.
Cette quantité est la même à une température égaie poui; toutes les valeurs de l et de §, et se nomme le pouvoir rotatoire moléculaire ou spécifique du liquide homogène observé.
Allantoine. — L'allantoïne fut découverte en 1800 par Yauquelin, dans l'eau de Tamnios de la vache ; elle fut trouvée depuis dans l'urine des veaux, des enfants nouveau-nés , jusqu'au huitième jour de la naissance, dans celle des chiens qui éprouvent des trou-
bles dans la respiration ou qui sont soumis à une nourriture végétale, après la ligature des uretères, l'injection de créatine dans le sang, etc.
Le liquide de l'amnios ou l'urine d'un jeune veau dépose de Tallantoïne par évaporation ; on la décolore en reprenant par l'eau et en faisant bouillir la dissolution avec du charbon animal additionné d'acide chlorhydrique, qui précipite Tacide urique et dissout les phosphates; on la purifie en la faisant rccristalliser.
On l'obtient artificiellement en projetant du peroxyde de plomb dans de l'eau bouillante contenant de l'acide urique en suspension, tant que la décoloration se produit. Dans la dissolution filtrée, on précipite le plomb par l'hydrogène sulfuré et on fait cristalliser :
C»H* Az*0» -4- H«0 4- PbO« = 00» Pb -h C*H«Az*0».
Acide urique. Biozyde Carbonate Aliantoine.
de plomb, de plomb.
Une partie de l'allantoïne se décompose pendant la réaction en urée et oxalate.
C*H«A2*0»-+- H«0 -h Pb0« = 2CH*A2«0 -h C«0*Pb. Allantolae. Biozyde Urée. Oxalale
de plomli. ae plomb.
L'allantoïne cristallise en prismes ou en aiguilles qui appartiennent au système du prisme rhomboidal oblique; elle est très-soluble dans l'eau bouillante, mais insoluble à froid ; chauffée avec de l'acide iodhydrique, elle se transforme en urée et en hydantoïne eH*Az*OV
L'allantoîne se comporte comme un acide et s'unit aux métaux. Elle ne précipite pas Tacétate de plomb ni le sublimé corrosif, mais dans une solution froide et étendue d'azotate de mercure, elle donne un précipité [(C*H*Az*0»)>Hgl«3HgO. A l'ébuUition , elle trouble également le nitrate d'argent et Tammoniaque ajoutée goutte à goutte.
Pour extraire Tallantoïne des liquides de l'organisme, on coagule d'abord l'albumine par l'ébullition et on filtre; on verse une solution d'azotate de mercure, on recueille le précipité et on le décompose par l'hydrogène sulfuré ; on filtre, on ajoute de l'ammoniaque et on réduit à un petit volume au bain-marie ; on précipite le liquide clair par 'une dissolution ammoniacale d'azotate d'argent; on recueille sur un filtre le précipité, et, après l'avoir lavé, on enlève le métal par l'hydrogène sulfuré; l'allantoïne cristallise par évaporation.
Si on veut obtenir un dosage, on calcine le précipité argentique et on pèse l'argent. Le précipité d'allantoïrie et d'argent contient 40, 75 d'argent.
Acide succinique. — L'acide succinique prend naissance dans un grand nombre de réactions, particulièrement par l'oxydation des matières grasses , des acides gras, sous l'influence de l'acide azotique. Il se produit pendant la fermentation de Tàsparagine, du malate de chaux (Dessaignes), la fermentation alcoolique; il se forme lorsqu'on réduit les acides malique et tartrique sous l'influence de l'acide iodhydrique.
Simpson l'a obtenu en décomposant par la potasse le dicyanure d'éthylène :
C«H* I ^^? H.2KHO-hîH«0=r2AzH»+ ^*^*,^ 1 0«.
Cyanure Suceinate
d'éthylène. de potassium.
Mûller, en traitant par la potasse Tacide cyanopropionique :
C»H8(CAï)0«-|-2H«0= ^*'j|[*,^' j 0«-hAïH\
Acide Acide
cyanopropionique. succinique.
L'acide succinique se trouve constamment dans l'urine humaine , en plus grande proportion après une nourriture végétale , surtout si les aliments contiennent de l'acide malique ou du malate de chaux. Dans les mêmes circonstances, on constate sa présence dans la salive, la sueur, le parenchyme de la rate, de la thyroïde, du thymus.
Pour extraire l'acide succinique de Turine, on la précipite complètement par l'eau de baryte; le liquide filtré est évaporé jusqu'à cristallisation commençante de l'urée; on filtre, pour séparer les urates, et on précipite l'urine avec son volume d'alcool absolu ; le précipité contient des chlorures alcalins, des urates alcalins, de la matière colorante et du suceinate de soude insoluble dans l'alcool. On purifie ce dernier par la recristallisation dans l'eau.
L'acide succinique cristallise, dans le système du prisme oblique à base rectangle , se dissout dans 5 parties d'eau à 16'* et dans 22 à 100° ; il est moins so-
lubie dans ralcool; il Test à peine dans réther; il fondà^80^
Chauffé en vase dos avec du brome , il donne les acides mono et bibromo-succiuique. L'acide monobromo-succinique se convertit en acide malique quand on le traite par Peau et Toxyde d'argent.
(:MI»Br0*-hAgH0 = CM|605-+-2AgBr.
Acide Acide inalique
n:onobrofnosu<'cini<iue. (oxysucciniqu«).
I/acide bibromosuccinique se transforme en acide tartrique , sous l'influence de l'eau et de Toxyde d'argent.
C*H*Br«0*4-Ag«0-f H«0 = C*H60«-f2AgBr.
Acide Acide
tibromosucciiiiquo. tartriquo.
Ces expériences montrent la facile transformation des acides succinique, malique, tartrique les uns dans les autres ; ces acides ne diffèrent entre eux que par un seul atome d'oxygène.
Acido succinique C*H^0*.
Acide malique C*H80\
Acide laririquo CMieQe.
L'acide succinique ne se rencontre pas dans les aliments, il provient quelquefois des transforcnations de Tasparagine, de l'acide malique, et, d'après Meissner, augmente alors de quantité dans l'urine; il parait en général un produit de transformation régressive des matières albummoïdes, et surtout des matières grasses. 11 est toujours au moins un produit constant de leur oxydation, et plus tard se transforme presque entièrement on eau et en acide carbonique. Une pe-
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tite quantité d'acide succiniquc échappe seule à cette destruction tolale et se retrouve dans Turine à l'état de succinate de sodium.
Analyse. — Pour reconnaître des traces d'acide succiniquc, on acidulé à l'aide de l'acide chlorhydrique étendu et on coagule Talbumine par la chaleur, on sature la dissolution claire avec de la potasse et on ajoute de l'alcool ; après le refroidissement on recueille le précipité, on le dissout dans l'eau, et on obtient par évaporation des cristaux de succinate de potassium. Pour extraire l'acide succinique, on traite le succinate alcalin par un mélange d'acide chlorhydrique et de parties égales d'alcool et d'éther. L'acide devenu libre se dissout à l'état libre dans l'éther et cristallise par évaporation. On le reconnaît à la forme de ses cristaux, et au précipité brun, insoluble que les succinates alcalins neutres forment dans les sels de peroxyde de fer. Ce protîédé est surtout avantageux quand on opère sur le sang et les liquides séreux ; Meissner regarde la méthode suivante comme préférable pour extraire l'acide succinique de l'urine : on additionne l'urine avec de l'eau de baryte tant qu'il se produit un précipité; dans le liquide filtré on enlève l'excès de baryte en ajoutant de l'acide sulfurique tout en ayant soin de ne pas dépasser la limite de la saturation; on évapore le liquide jusqu'au point ou l'urée cristallise et ou verse de l'alcool sur le Hquide filtré ; on obtient un précipité qui, après avoir été purifié par une nouvelle recris (al lisation, possède les caractères de l'acide succinique.