RÉFLEXIONS PRÉUMIN AIRES. XV
Ce serait , au dire de certains auteui^ , un travail héroïque (i).
II eût été téméraire à moi de l'entreprendre.
On est parti de cette fausse idée , qu'au milieu du désordre on ne retrouvait le contentieux administratif que dans quelques parceUes de lois et dans une jurisprudence arbitraire et incertaine.
Xai toujours pensé , au contraire , que le con-* tentieux administratif résultait de principes positif y nécessaires , intimement liés au maintien de l'organisation sociale et politique , et que les lois dans lesquelles on croit ne découvrir que des dis-
(i) «Il appartient au gouvernement d'ajouter une belle page » à notre droit public en codifiant et en harmonisant , selon » l'esprit de nos nouvelles institutions , toutes les dispositions si » éparses , si incertaines , si contradictoires sur la compétence » des diverses juridictions.
y> Quel plus grand et plus beau travail peut illustrer une admi- 7> nistration !
D Le Code de conqpétence des juridictions françaises n*est-il :x> pas le complément indispensable qu'attendent et qu'appellent » nos autres Codes. » Article de M. Victor Foucher, dans la Revue de M. Wolowsky, t. i*% p. 35.
XV j INTRODUCTION.
positions exceptionnelles sont la consécration de ces principes (i).
Les écrivains dont je repousse les doctrines ressemblent à ces athées qui , attribuant tout au hasard , ne voient dans Toeuvre admirable du Créateur que le chaos sous une autre forme , les bizarres efifets de cet heureux hasard. Méconnaissant la pensée de l'assemblée constituante et du grand administrateur du 19.* siècle, Napoléon, plus grand encore par son génie civU que par son talent de capitaine , ces écrivains attribuent aux besoins du moment , au désir d'empiétement , les dispositions qui sont la conséquence nécessaire des principes établis , et qui s'harmonisent avec l'ensemble de l'édifice social.
C'est donc en procédant dans un sens entièrement opposé à celui qu'ont préféré depuis vingtcinq ans nos publicistes , que je suis arrivé à une conséquence toute contraire ;
Utilité y force , nécessité de l'institution. Parfaite^ elle ne serait pas humaine ; perfectible, je le reconnais.
(i) Voy. ififrà mon § De la nécessité du Contentieux adminîs^ traiif ; et mon cbapitre Du Contentieux dans Touvrage luimême.
n. INB LA SÉPARATION DES POUVOIRS ADMINIS*
TRATIF ET JUDICIAIRE.
En réglant les compétences avec netteté , on évite les procès , les conflits , les retards et suspensions de service , et les pertes d'argent.
M. DE CoRMENiN , t. 1*% p. 4o5y QucsUons ^ 4* édition.
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Au milieu de cette multiplicité de lois , d'ordonnances et d'arrêts que le devoir de la science est de synthétiser pour faciliter l'étude de l'homme de pratique, il existe une pensée d'ordre. La compétence administrative , quoique multiple, est simple ; elle s'encadre facilement dans des principes qui , une fois admis , éclairent de leur vive lumière l'ensemble du droit administratif.
Cette compétence dérive du pouvoir exécutif. Le pouvoir exécutif en est la source^ fons^ origo.
XVUJ INTRODUCTION.
J'admets la division tripartite qu'enseigne le célèbre Rossi :
Pouvoir législatif.
Pouvoir exécutif.
Pouvoir judiciaire.
Mais je m'attache, comme à une vérité fondamentale, à cet autre principe posé par l'assemblée constituante , à ce principe nécessaire à tous les gouvernements :
U autorité administrative et V autorité judiciaire sont indépendantes Vune de Vautre (i).
Ce principe a traversé , sans périr, les tourmentes révolutionnaires ; il a été créé sous la monarchie de 1789, il a été développé sous l'empire, il est resté debout sous la restauration et depuis la révolution de juillet.
Quel est , en France , de tous les principes d'ordre, celui qui peut revendiquer une aussi ancienne, une aussi respectable origine , une aussi constante, une aussi vivace persistance ?
(1) Loi du 24 ^^^^ 179^*.