‹ Principes de dressage et d'équitationChapitre 15 sur 92 · Voir planche I · texte numérisé non relu

Voir planche I

3. Généralement la cravache suffit. Certains chevaux cependant refusent de se porter en avant, surtout si l'on demande

TRAVAIL RAPPROCHE, MARCHE EN AVANT. 6j

Ici, j'appelle toute l'attention du lecteur, car l'instant est décisif : nous sommes à la première lutte de laquelle dépend l'avenir.

Il importe de comprendre que le cheval ne se rend aucun compte, à ce moment, de ce qu'on lui demande et qu'il ignore les moyens de coercition dont dispose l'écuyer. Il ne craint pas encore le châtiment et connaît à peine l'action rassurante des caresses.

Or tout le dressage est renfermé dans ces deux moyens : châtier ou caresser à propos.

Je suppose que mon cheval refuse d'avancer. On remarquera que, dans la position que j'occupe, il lui est assez difficile de reculer; difficile, mais non impossible, car il faut s'attendre à tout de la part d'un cheval neuf qui dispose librement de sa force et de sa masse.

Pour le faire avancer, je tends le bras droit, — la main droite tenant toujours le filet sous le menton, exactement à l'endroit où se place la gourmette, — et je pousse devant moi plutôt que je ne tire; tandis que derrière mon dos, de la main gauche qui tient toujours l'extrémité du filet, je frappe légèrement du bout de la cravache un peu en arrière des sangles.

Si le cheval est doux, pas trop nerveux et peu impressionnable, il se porte en avant sans trop de brusquerie. Souvent, au contraire, il répond aux

la flexion. Dans ce cas, je remplace la cravache par la chambrière, et derrière mon dos j'attaque l'arrière-main. Il n'y a pas de cheval qui ne cède.

coups de cravache par un mouvement violent et peut, suivant son caractère, bondir, se cabrer, se jeter avec force de côté ou reculer avec vitesse. Telles sont les quatre défenses que le cheval peut opposer dans ce cas.

Examinons les mo3^ens de les combattre.

Si le cheval bondit, vous n'avez qu'à lui lever la tête, pour lui charger l'arrière-main, en ayant soin de vous tenir très près de son épaule pour éviter les coups de l'avant-main. La tête haute, un cheval ne peut bondir. -

La cabrade est plus dangereuse; aussi je recommande à tous les écuyers qui travaillent à pied de toujours porter un chapeau haut de forme. Cette sage précaution m'a sauvé de plus d'un coup de sabot sur la tête. Lorsque le cheval se cabre, votre main droite abandonne forcément le filet, dont l'extrémité demeure seule dans la main gauche, ^'ous vous trouvez alors éloigné de l'animal de toute la longueur de ce filet, ajoutée à celle de votre bras gauche, en sorte que, si vous faites demi-tour, pour lui faire face, il est impossible qu'il vous atteigne.

Laissez-le reprendre son aplomb, puis approchezvous de lui très doucement, en prenant toujours soin de cacher votre cravache. S'il se cabre de nouveau, pesez fortement et sans saccades sur le filet. Quand il aura essayé trois ou quatre fois de ce moyen de défense, voyant qu'il ne lui réussit pas, il y renoncera bientôt et peut-être se jettera brusquement de côté.

Page 1