‹ Principes de dressage et d'équitationChapitre 14 sur 92 · TRAVAIL A LA LONGE · texte numérisé non relu

TRAVAIL A LA LONGE

toujours accompagner le cheval, mais non pas le suivre ; il doit se placer de manière à toujours maintenir le cheval entre la longe en avant et la chambrière en arrière.

Pour faire prendre le trot au cheval, je le touche légèrement avec la chambrière, en enveloppant l'arrière-main. Il vaudrait mieux toucher l'épaule, mais il ne faut pas l'essayer, surtout avec un jeune cheval, à moins d'avoir une grande expérience du maniement du fouet. En effet, si, au lieu d'atteindre franchement l'épaule, la mèche touche ou effleure la tête, le cheval se rejette vivement en arrière, et l'on provoque alors un mouvement qui est absolument le contraire de celui qu'on a voulu. On pourra encore faire un appel de langue qui suffira avec un cheval un peu allant. iMais je m'empresse d'ajouter qu'il ne faut pas abuser des appels de langue, qui peuvent devenir une cause de désordre lorsqu'on est en troupe.

Sous l'action de la chambrière, souvent le cheval bondit, ou il prend le galop. Je le modère en agitant légèrement la longe, en même temps je le calme de la voix.

La longe ne doit jamais être tendue. Elle ne se fait sentir sur la bouche du cheval que par son propre poids ou par l'effet des vibrations que vous lui imprimez.

J'ai déjà dit que la voix était un puissant auxiliaire dans le dressage. Si, chaque fois que vous agitez la longe pour modérer l'allure, vous dites à haute voix:

« Au trot! » le cheval, si peu intelligent qu'il soit, ne tarde pas à se rappeler qu'il }'■ a concordance entre l'effet produit sur la bouche et le son qui arrive à son oreille. D'abord il obéit aux deux impressions simultanées, puis bien vite il obéit à une seule : l'intonation.

Quand j'ai obtenu un trot bien franc et soutenu pendant le temps voulu, je remets le cheval au pas en agitant légèrement la longe, ainsi que je l'ai fait pour le faire passer du galop au trot. Ici encore je me sers de la voix en disant assez haut, mais avec douceur : « Hooho ! »

Dès ce moment, il faut apprendre au cheval à venir à récu3^er.

Pour y arriver, je raccourcis doucement la longe en tirant le cheval à moi et je recule à très petits pas, de façon qu'il gagne du terrain sur moi et se rapproche. Lorsqu'il est arrivé à portée de mon bras étendu, je le caresse à l'encolure et je le calme de la voix. J'évite avec grand soin de faire avec le corps le moindre mouvement en avant. Ma grande préoccupation est de rassurer le cheval. Si je fais un pas en avant, il se rejette aussitôt en arrière, et le mouvement que je provoque est précisément le contraire de celui que je veux obtenir. Si rien ne l'a effrayé lorsqu'il est venu à moi, si ma caresse de la main et de la voix lui a montré qu'il n'a rien à redouter de mon voisinage, il prendra vite confiance et viendra ou cherchera à venir de lui-même, d'autant plus volontiers que ce n'est qu'au centre du manège qu'il trouve la tranquillité.

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Il doit avoir assez de confiance pour s'approcher de l'écuyer sans appréhension, mais il ne doit le faire que sur un appel d'autorité. Le but est de lui faire comprendre cet appel sans le secours de la longe, qui plus tard sera supprimée.

Pour faire venir le cheval d'autorité, j'emploie la chambrière. Je lui donne de petits coups légers et répétés, soit sur les fesses, soit aux flancs ou à l'épaule, cherchant toujours à encadrer le côté qui m'échappe. Parfois même pour porter l'animal en avant, je l'attaque au poitrail : son premier mouvement est de se rejeter en arrière, mais je le maintiens vigoureusement par la longe et l'empêche de reculer en même temps que je l'appelle de la voix en disant Jioolio!

Il faut remarquer que, s'il se rejette en arrière, c'est parce que la vue de la chambrière, mise en mouvement, l'a effrayé et pour se dérober aux coups. Le cheval non dressé ne fuit pas une piqûre, il s'avance au contraire, se couche sur elle. Nous verrons plus loin que l'effet obtenu sur le cheval monté par la pression de la jambe ou le coup d'éperon est uniquement « d'éducation w. Livré à sa propre nature, il fait le mouvement inverse de celui qu'on obtient par le dressage : ainsi, piqué au fîanc droit par une mouche, le cheval se jette à droite jusqu'à ce qu'il rencontre un obstacle sur lequel il se frotte et même se couche.

C'est donc la vue ou la menace de la chambrière qui Ta fait fuir; la sensation du coup le porte au contraire en avant. Aussitôt que la résistance de la longe

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lui a montré qu'il ne peut plus se soustraire à la vue de la chambrière en se jetant en arrière, il cède à son instinct et se porte en avant. Si la chambrière s'abaisse aussitôt, si une caresse le reçoit, il prend confiance, comprend ce qu'on veut de lui et Texécute sans résistance par la suite. Ce résultat ne s'obtient pas instantanément, mais on peut y arriver en très peu de leçons, surtout si aucun mouvement brusque du dresseur n'a effrayé le cheval au moment où il avance. " A partir du moment où le cheval vient franchement à l'homme sur la chambrière on peut supprimer la longe*. Ce premier travail à la longe n'est que pré-

I . Pour faire venir le cheval à l'homme sans le secours Je la longe, j'emploie les mêmes procédés que dans le travail à la longe lui-même. Dans le commencement du travail, je me sers beaucoup de la longe et peu de la chambrière. A mesure que le cheval progresse, je diminue l'emploi de la longe et j'augmente celui de la chambrière, m'appliquant toujours, pour faire venir le cheval à moi, à l'encadrer de la chambrière du côté oii il échappe. Finalement il prend l'habitude de venir à moi par la chambrière et sans aucun emploi de la longe. A ce moment, je l'accoutume à me suivre dans toutes les parties du manège, toujours encadré par la chambrière et porté en avant à la moindre hésitation par de petits coups sur les fesses.

Enfin je supprime la longe. Si le cheval, comme il arrive inévitablement, refuse d'obéir à la chambrière et m'échappe, alors c'est la lutte. La lutte ici consiste à poursuivre l'animal à coups de chambrière sur l'arrière-main jusqu'à ce qu'il vienne à l'homme. Ce résultat peut paraître invraisemblable au premier abord. Cependant, quand le cheval poursuivi par l'homme a fait un assez grand nombre de tours au manège au grand galop, il n'a qu'une idée, c'est de s'arrêter. Or, comme la chambrière le poursuit partout sur la piste du manège et ne lui laisse de repos qu'au centre, ainsi que le lui a appris l'édu-

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paratoire. Il a été en usage de tout temps, mais appliqué et apprécié de façons différentes. Baucher le repoussait. Avant lui, on en usait avec excès. Pour moi, j'estime qu'il est salutaire, étant bien entendu qu'il n'aura pour but ni pour effet de fatiguer le cheval.

J'ajoute qu'il est également bon et pour le cheval qu'il habitue à l'homme, qu'il soumet à un commencement d'obéissance sans provoquer de défense, et pour le dresseur, qui fait sentir son autorité à distance, en se tenant hors d'atteinte des coups de pied de devant et des ruades ^

Ce premier et très important résultat obtenu, je passe au travail rapproché.

cation à la longe, il finit par prendre un parti et par arriver au centre.

Pour lui faciliter ce mouvement, l'écuyer doit saisir le moment où le cheval paraît disposé à ralentir l'allure, pour le détacher du mur en l'encadrant de la chambrière, en même temps qu'on fait l'appel de la voix (hooho '.) qui, dans le travail à la longe, l'appelait à l'homme.

Si le cheval se refuse à venir et reste au mur, nouvelle poursuite suivie d'un nouvel essai pour l'amener au centre, et ainsi de suite jusqu'à obéissance.

I. Je ne suis pas partisan du caveçon, excepté pour les chevaux vraiment méchants. Je conseille aux personnes qui .s'en serviraient d'avoir soin qu'il soit léger et bien rembourré.

Travail rapproché, marche en avant.

J'abandonne la longe et je tiens le cheval par le filet que j'ai d'abord passé par-dessus sa tête. Je remplace la chambrière par la cravache, et je me sers du filet et de la cravache exactement comme j'ai fait de la longe et de la chambrière.

Étant à main gauche, le cheval au mur, je me place près de son épaule gauche. De la main gauche, je tiens l'extrémité des rênes du fileta Dans cette même main se trouve la cravache que je dissimule le long de ma jambe, de façon que le cheval ne puisse la voir. De la main droite, je saisis alors les deux rênes de filet près de la bouche et en dessous du menton ^ Puis je fais quelques pas en avant. Si le cheval suit mon mouvement, je le caresse; si, au contraire, il refuse d'avancer, ma main gauche passe derrière mon dos et le touche près des sangles avec la cravache. Assez généralement le cheval neuf refuse d'abord d'avancer et a besoin du coup de cravache ^

1. Il va sans dire que tous les effets sont inverses si l'on est à main droite.

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