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LE CHEVAL ET L'HOMME

Le cheval.

Je ne dresse que des pur sang, mais je suis loin de prétendre que les trois quarts ou demi-sang ne peuvent pas faire de bons chevaux de selle. C'est simplement ma préférence que j'indique.

Je ne recherche pas la grande taille : celle de i'^,56 à i™,58 me plaît le mieux : disons, pour ne pas être exclusif, de i^",55 à i'",6o.

Pour le choix du cheval, il faut d'abord considérer l'ensemble et, pour cela, se placer à quelques mètres de l'animal. Si la première impression est bonne, j'examine les détails et suis assez disposé à passer sur quelques imperfections. Si, au contraire, cette première impression générale n'est pas favorable, je regarde de beaucoup plus près, et suis moins disposé aux concessions. La perfection n'existe pas. Il faut surtout' considérer, dans ce premier examen d'ensemble, la façon dont le cheval se sert de ses membres au pas, au trot et au galop, à la main d'abord et ensuite monté.

Tel cheval qui, au repos, paraît mal conformé, devient harmonieux, léger et adroit aussitôt qu'il est mis en mouvement. Tel autre, qui semble presque parfait au repos, est lourd et maladroit dans ses allures. Je préfère le premier, parce qu'il se sert bien de ce qu'il a. La tête jolie, l'encolure longue et fine, le garrot bien saillant, le dos et les reins courts et larges, la croupe longue, les reins bien attachés près de la dernière côte, les cuisses et les jambes longues jusqu'aux jarrets, les canons courts; de même pour l'avantmain : les avant-bras longs, les canons courts, les paturons plutôt un peu longs que trop courts : telles sont les qualités de formes que je recherche, mais qui sont bien rarement réunies toutes dans le même sujet.

Je repousse absolument le cheval, quand la jointure qui lie le sabot au boulet est raide, car il manque d'élasticité, traîne ses pieds et fait forcément des fautes.

J'examine avec soin si les talons ne sont pas serrés. Pour éviter que ce défaut ne vienne à se produire plus tard, je ne fais pas ferrer mes chevaux tant qu'ils travaillent sur un terrain doux. Ils marchent alors sur la fourchette, et il en résulte un écartement du talon.

Je fais toujours ferrer en demi-lune, allongée, et les pointes des fers enchâssées dans les talons. J'arrive ainsi à n'avoir ni encastelures ni maladies des pieds.

Je commence toujours l'éducation des chevaux alors qu'ils sont encore jeunes^, c'est-à-dire quand ils ont de deux à trois ans au maximum.

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