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LE CHEVAL

Je les achète autant que possible vers le mois de septembre. Comme les chevaux naissent au printemps, ils ont à cette époque deux ans et demi.

Le motif qui me fait préférer les chevaux jeunes est que ces derniers n'ont presque jamais été soumis à l'entraînement, ou du moins très peu, et qu'ils sont par conséquent bien conservés.

Il est d'ailleurs facile de se les procurer, car, à côté des pur sang qui ont quelques chances de réussir sur les hippodromes, il y en a un grand nombre que l'on considère comme des non-valeurs au point de vue des courses, et qui peuvent néanmoins devenir de merveilleux chevaux d'école et de service. Du reste, pour une foule de raisons, on trouve à acheter un grand choix de pur sang de cet âge.

Je n'achète jamais de juments. Ma raison est qu'elles deviennent trop souvent quinteuses ou même pisseuses à l'éperon.

Je fais toujours subir à mes chevaux l'opération de la castration, et cela pour plusieurs raisons. D'abord, le pur sang entier a l'habitude de se jeter sur tous les chevaux qu'il rencontre, ce qui n'a rien d'agréable pour celui qui le monte. D'autre part, il se cabre avec une très grande facilité. Or beaucoup de chevaux que je dresse sont destinés à des dames, et on ne doit jamais permettre à une dame de monter les chevaux qui usent de cette défense.

Les chevaux entiers arabes et les chevaux allemands dits tî^akèues n'ont généralement pas les mêmes

défauts. Ils vivent côte à côte avec les juments, sans presque jamais y faire attention.

Enfin, en prenant des années, le pur sang entier engraisse surtout de l'avant-main. Tandis que l'avant-main s'épaissit, s'alourdit,, l'arrière-main périclite, la croupe reste mince et les fesses pointues, ce qui est un défaut chez le cheval de selle. Celui-ci doit, au contraire, avoir l'arrière-train assez développé et l'avant-main fin^

En outre, tout le monde sait que le cheval hongre a le caractère bien plus doux que le cheval entier.

Pour la castration, j'envoie, après les chaleurs, mes chevaux à l'école d'Alfort, où ils restent quinze jours. Je les place ensuite à la campagne, au grand air, dans un établissement où ils reçoivent tous les soins qui leur sont indispensables, et je les y laisse pendant trois mois et demi.

Pendant ces quatre premiers mois, j'évite de leur mettre sur le dos 77iême le poids d'une selle. Ce temps écoulé, je commence leur éducation, le plus doucement possible.

Quand ils savent marcher au pas, au trot et au galop, tourner avec facilité, reculer et faire quelques pas de côté, quand, enfin, j'ai obtenu la mise en main, je commence à les sortir, et ce n'est plus que l'affaire de quelques jours pour les rendre très agréables à

I. Tout en prenant beaucoup d'embonpoint, les pur sang qui font, dans les haras, le service d'étalon, et rien que ce service, conservent mieux leurs proportions.

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