CHEVAL DOCILE AU MONTOIR
Avec la méthode que je conseille, le cavalier est en mesure d'éviter tout accident, de réprimer tout désordre et même tout mouvement du cheval, puisqu'il tient une rêne de filet dans chaque main.
Quand je travaille un cheval à la longe, j'ai soin, avant de le mettre au trot, de toujours faire sangler la selle assez fortement. En trottant, il se dégonfle et, étant moins serré, il n'est plus gêné quand je le monte.
J'ai été tout naturellement amené à faire une application constante de cette très simple observation, lorsqu'il m'arrivait de monter pour la première fois un cheval difficile.
Les hommes d'écurie ont l'habitude de sangler fortement leurs chevaux, et ce serait bien mal connaître les petites faiblesses du cœur humain que de croire qu'ils vont renoncer à cette habitude précisément le jour où je vais tenter de réussir là où ils ont échoué. Ils sanglent donc ce jour-là avec plus de vigueur que jamais.
Ils savent que plus un cheval est serré, plus il bondit-, il est donc certain pour eux qu'ils auront tout à l'heure l'innocent plaisir de me voir passer pardessus les oreilles de l'animal.
Néanmoins, je les encourage à sangler plus fort : Serrez, serrez encore !
C'est fait !
Je prends alors mon cheval par la bride; je le promène quelques minutes, puis, au moment de mettre le pied àl'étrier, je lâche les sangles d'un ou deux points.
et me voilà en selle, tandis que la bête exhale un grand soupir de soulagement qui l'empêche momentanément de songer à se défendre.
Je ne laisse jamais tenir mes chevaux au montoir. Tous les chevaux deviennent sages si on ne les tient pas. Il suffit de monter et de descendre plusieurs fois de suite, en caressant le cheval, pour qu'il prenne confiance. On doit se mettre en selle le plus doucement et le plus légèrement possible. Éviter surtout de brusquer le cheval au départ, car, s'il s'attend à une brusquerie, jamais il ne restera sage au montoir.
Au cheval monté pour la première fois je ne demande rien. Pourvu qu'il marche droit devant lui, je suis content ; j'ai mes rênes séparées, mais je ne me sers que du filet et jamais de l'éperon les premières fois.
Je fais quelques tours de manège à droite et à gauche, laissant le cheval aussi libre que possible si, bien entendu, il ne se défend pas; mais il est très rare qu'il se défende quand on ne lui demande presque rien.
S'il porte la tête trop basse, je cherche à la lui relever par de petits coups de filet presque imperceptibles, de bas en haut, et non d'avajit en arriérée; s'il porte au vent, je fais sentir les rênes du mors très légèrement, et de façon à ne pas arrêter le mouvement en avant; s'il s'arrête sous l'action du mors, je rends tout et j'appuie les jambes en arrière des sangles. Les jambes, dans ce cas, produisent l'effet réalisé par la cravache dans le travail à pied. J'insiste jusqu'à ce que