CHEVAL DOCILE AU M ONTOIR
j'aie obtenu le mouvement en avant qui est le but principal et auquel il faut arriver à tout prix.
Le mouvement en avant obtenu, je le prolonge, comme je viens de le dire, pendant quelques tours de manège en cherchant toujours la bonne position de la tête, mais très légèrement, et toujours de façon à ne pas arrêter l'animal. Si j'obtiens seulement un peu de jeu dans la bouche, je descends et fais faire quelques flexions à pied jusqu'à obéissance; puis je donne quelques carottes* à mon cheval et je le fais rentrer à l'écurie.
Dans cette leçon montée, je n'ai demandé qu'une chose au cheval : se porter en avant en faisant jouer légèrement la mâchoire. Il faut, du reste, d'une façon générale, éviter de lui demander plusieurs choses à la fois, car alors il les confond souvent, et on peut prendre pour une défense ce qui n'est qu'un manque de compréhension.
I, Les carottes doivent toujours être coupées en long, jamais en rond; car elles prennent alors la forme du gosier et peuvent quelquefois s'y arrêter. J'ai vu un jour un cheval être presque asphyxié pouravoir avalé des carottes coupées en rond.
J'évite aussi de donner du sucre, car, si le cheval est bridé, en jouant avec son mors, il produit une bave mousseuse dont il vous éclabousse : c'est du reste le moindre inconvénient. Ce qui est plus grave, c'est que, si vous donnez du sucre à l'écurie, vous prédisposez le cheval à tiquer. Il commence par lécher sa mangeoire, puis, comme il y trouve une saveur agréable, il finit par la mordre avec persistance, et souvent cela dégénère en tic.
ça DEUXIEME PARTIE.
Tenue des rênes.
Il y a trois manières admises de tenir les rênes : à Vanglaise, à Vallemande et à la française. Je n'hésite pas à dire qu'il n'y en a qu'une bonne : la tenue à Isi française.
Le filet étant placé dans la bouche, plus haut que le mors, son action principale est de relever la tête ■ du cheval; tandis que le mors a pour principale action de l'abaisser. En d'autres termes, le filet est un releveur et le mors un abaisseur. Toutes les écoles sont d'accord sur ces points essentiels. Il semble donc et il est certain que les rênes du filet et les rênes du mors doivent être tenues dans la main d'une façon analogue à la place que le filet et le mors occupent eux-mêmes dans la bouche, c'est-à-dire les premières au-dessus des secondes.
Contrairement à ce principe si simple, les Anglais placent les rênes du filet et les rênes du mors à la même hauteur dans la main^ Les Allemands s'éloignent davantage encore du principe, puisqu'ils tien-
I. La main, dans la pronation, tient une rêne entre chaque doigt.
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TENUE DES RÊNES. pj
nent les rênes du filet en dessous des rênes du mors^ Nous ne pouvons pas dire que ces deux manières sont mauvaises au même degré : il ressort évidemment de ces courtes explications que les Allemands sont encore plus loin du simple bon sens que les Anglais.
La raison veut que les rênes soient tenues à la française- : la main est verticale; la rêne gauche du mors passe sous le petit doigt de la main gauche, la rêne droite entre l'annulaire et le médius, et elles ressortent entre le pouce et l'index. Les deux rênes du filet sont jointes dans la même main et prises entre le pouce et l'index (pi. X, fig. i). On peut, avec les rênes ainsi tenues, obtenir, par de simples mouvements du poignet, sans déplacer la main, les mouvements indispensables pour bien agir sur la bouche. (Je parle naturellement du cheval dressé.)
1° La main placée d'aplomb fait une tension égale des quatre rênes (pi. X, fig. i).
2° Effet du mors, le petit doigt rapproché du corps (pi. XI, fig. I). ^
3" Effet du filet, le pouce rapproché du corps
(pi. XI, fig. 2).
4° Effet de la rêne droite du mors, les ongles en dessous (pi. XI, fig. 3).
1. La main est dans la verticale, les rênes du filet en dessous.
2. N'est-il pas e'trange que dans l'armée française on prescrive la tenue des rênes aïallemande, le filet en dessous?
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5" Effet de la rêne gauche du mors, les ongles en dessus (pi. XI, fig. 4).
Ainsi, il suffit d'un simple mouvement de bascule du poignet d'arrière en avant (pi. XI, fig. 1) et d'avant en arrière (pi. XI, fig. 2), ainsi que d'un mouvement de rotation de gauche à droite — pvouation — (pi. XI, fig. 3) et de droite à gauche — supination — (pi. XI, fig. 4), pour produire tous les effets nécessaires sur la bouche du cheval.
Les rênes ainsi tenues ont entre elles le plus grand écartement possible, étant donné qu'elles doivent être dans la même main. L'effet obtenu est presque le même que si, les rênes du mors étant tenues dans la main gauche, les rênes du filet se trouvaient dans la main droite placée un peu plus haut.
Si, du reste, on veut employer les deux mains, rien n'est plus simple, puisque la main droite peut prendre ou remettre le filet à sa place dans la main gauche, sans déranger et sans toucher même les rênes du mors (pi. X, fig. 2).
Enfin, si on veut avoir les quatre rênes séparées, c'est-à-dire celles de gauche, mors et filet, dans la main gauche, et celles de droite, mors et filet, dans la main droite, — ce qui est nécessaire dans bien des cas, — on n'a qu'à prendre les rênes de droite dans la position oij elles se trouvent en plaçant la main droite entre les rênes du mors et celles du filet, de telle sorte que la rêne droite du mors se trouvera sous le petit doigt de la main droite, et la rêne droite du filet entre
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