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I. Si cette condition n'est pas remplie, il y a acculement

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chaque jambe; exécute facilement les rotations des hanches et des épaules, et enfin fait avec aisance tous les changements de direction.

Il est bien entendu que, pendant tout le temps que mon cheval a été soumis à ces différents exercices d'assouplissement dans le travail à pied, j'ai fait marcher de pair le même travail, étant monté, mais en ne cherchant, par des effets d'ensemble, qu'à confirmer et à améliorer les résultats obtenus à pied.

J'arrive maintenant au ramener, à la mise en main, au rassembler.

A vrai dire, si le ramener et la mise en main sont de l'équitation courante, le rassembler appartient exclusivement à l'équitation savante. Mais on m'excusera de traiter dès à présent du rassembler, qui est le dernier terme des effets d'ensemble dont le i^amener d'abord et la mise en main ensuite ne sont que le commencement.

Le mot ramener, qui est emprunté à Baiicher, ne désigne en réalité rien autre chose que la flexion directe.

Le ramener n'est qu'un commencement de mise en main. Le cheval qui a l'encolure haute, la tête perpendiculaire, qui mâche et lâche son mors sous le doigté du cavalier, est ramené. Mais^ il n'est pas léger faute d'impulsion. L^effet obtenu est localisé dans la mâchoire et dans la partie supérieure de l'encolure. Il n'est donc que partiel et l'équilibre général est encore incomplet. C'est un acheminement vers l'équilibre

parfait, c'est un premier degré, la mise en main étant le second, comme je viens de le dire, et le rassemble!^ le dernier.

Je dois avouer que je n'ai mentionné ce terme que par respect pour l'autorité de Baucher, qui, travaillant sur place, faisait un ramener; tandis que je ne cherche la flexion directe que dans le mouvement en avant, ce qui me donne d'emblée la mise en main.

Je supprime donc de mon vocabulaire le terme ramener, qui, indiquant une action d'avant en arrière, est en contradiction avec toute mon équitation ^

Je ne comprends la flexion directe que si l'effet de la main est précédé, soutenu, complété par les effets de jambes poussant l'arrière-main sur l'avant-main.

C'est par la combinaison des effets alternatifs de jambes et de mains qu'on approche de la mise en main et qu'on arrive ensuite à l'obtenir.

La mise en main — terme excellent de l'ancienne école — résulte de l'équilibre dans l'impulsion, obtenu et conservé par la flexion directe résultant de l'action des jambes répercutée de l'arrière-main sur l'avantmain.

Ici, nous sommes dans les conditions mêmes de

I. Un cheval froid, qui ne donne pas dans la main, qui répond mal à l'action des jambes, sera dit ramené, si l'encolure est fléchie au garrot d'après le système Baucher. Mais jamais ce ramener ne conduira au bon équilibre, puisqu'au contraire, il le détruit. Jamais ce ramener ne procurera la mise en main.

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l'équitation. L'arrière-main, engagé sous le centre, chasse et maintient l'équilibre par la hauteur de l'encolure^ Toute l'impulsion de la masse aboutit au mors, c'est-à-dire à l'extrémité d'un bras de levier (dont la flexibilité d'avant en arrière va croissant d'arrière en avant), d'où la main du cavalier en renvoie, à son tour, la quantité nécessaire au maintien de l'équilibre-, vers l'arrière-main, qui, par une nouvelle détente, rejette à nouveau toute la masse en avant, et ainsi de suite.

Le cheval est vraiment ainsi daiis la main. J'ajoute que, pour moi, le cheval doit être en même temps sur la main. Le cheval est sur la main quand, tout en étant en flexion directe, il prend, de temps à autre, de légers contacts avec le mors, pour rester en communication constante avec la main du cavalier ^

On comprend maintenant ce qu'on veut dire quand on dit que le cheval est entj^e la main et les jambes, puisque ce sont les jambes et les mains qui se renvoient continuellement l'impulsion, de manière à maintenir l'équilibre, tout en gagnant du terrain en avant.

1. L'arrière-main sous le centre, c'est l'arriére-main bas, et par conséquent l'avant-main haut.

2. La plus grande partie de l'impulsion est naturellement employée à projeter le cheval en avant.

3. Le cheval qui tire à la main n'est pas sur la main; il est au delà delà main. Quand le cheval qui est sur la main cherche à gagner à la main et à arriverait delà^ Baucher arrête, remet en flexion et repart. Moi, je pousse dans la main par une action énergique des jambes, au risque de provoquer le désordre, et j'arrive à jeter le cheval dans la main par l'impulsion.

i^^ DEUXIEME PARTIE.

Le cheval d'école est complètement renfermé entre la main et les jambes. Le cheval de promenade est en avant des jambes et sur la main, en ce sens qu'aux grandes allures il doit prendre un léger point d'appui sur les barres.

Le cheval qui ne répond pas aux jambes est derrière les jambes : il a trop de poids sur l'arrière-main ; en d'autres termes, il est acculé.

Tous les chevaux ne sont pas capables de donner ou de supporter le rassembler parfait, terme extrême de la mise en main; mais tous peuvent arriver à la mise en main avec un bon équilibre, et tous doivent y être soumis et habitués, quel que soit le service auquel on les destine.

Le cheval de promenade, de chasse, de guerre, de voiture même, n'acquiert une bonne position que par la mise en main, qui est l'équilibre droit ou horizontale

On croit que la mise en main a pour but principal de donner au cheval une belle prestance. Sans doute elle le met en valeur, mais c'est là son moindre mérite. C'est l'équilibre, résultat de la mise en main, qui donne la mobilité, c'est-à-dire la facilité d'exécuter sans effort ni fatigue, et immédiatement, tous les mouvements voulus à toutes les allures. C'est

I. L'équilibre droit ou horizontal' est l'équilibre de promenade. Il est entre l'équilibre de course où le cheval est sur l'avant-main, et l'équilibre d'école ,où le cheval est sur l'arriéremain.

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encore cet équilibre qui assure la longue conservation du cheval malgré un travail pénible, car il ne nécessite, pour chaque partie du cheval, que la somme d'efforts qui lui revient naturellement. On évite ainsi toute usure prématurée, car aucun organe n'est particulièrement surchargé ou surmené.

Si le cheval d'armes, le cheval de troupe, était suffisamment assoupli par un premier dressage, si le soldat qui le monte avait la notion de l'équilibre équestre et savait y avoir recours à Voccasion, la cavalerie y gagnerait comme aspect, comme solidité et comme fond. Le cavalier serait plus sûr de lui-même et de son cheval; il serait plus léger, plus adroit, plus vif. Le cheval résisterait et durerait plus longtemps; il serait soulagé, et le budget aussi.

Mais qu'on n'aille pas croire que la mise en ijtain est d'un usage constant, continu. Qu'on ne dise pas que je demande qu'on se promène, qu'on chasse ou qu'on fasse une étape ou une charge, en ayant tout le temps le cheval dans la main. Bien loin de là. Je suis l'ennemi résolu d'une mise en main prolongée et, à plus forte raison, continuelle. Je dis qu'il faut savoir et pouvoir mettre son cheval dans la main en toutes occasions et à toutes les allures, mais qu'il ne faut le faire que de temps à autre et dans certains cas. Gela est de toute nécessité dans les moments difficiles; par exemple, quand on craint une défense, mais surtout lorsque le cheval par fatigue, par mollesse, ou par tout autre motif, se laisse aller, hésite et se déséquilibre. La jnise

en main ramène inévitablement l'équilibre : c'est là sa grande utilité et son effet le plus salutaire à tous égards.

Ainsi que je l'ai déjà dit, tous les chevaux peuvent être mis en main. Quelques-uns seulement sont d'une conformation assez parfaite pour être soumis au rassembler.

Qu'est-ce donc que le rassembler? C'est le maximum de mise en main, c'est l'équilibre complet du cheval dans son action, dans toutes ses actions. C'est la mise en main parfaite d'un cheval bien assoupli. Les reins, les hanches, les jarrets sont flexibles; les jarrets poussent vaillamment la masse en avant; les épaules, bien dégagées, sont libres et mobiles; l'encolure est haute et la mâchoire obéit facilement au doigté; toutes les parties du cheval mises en action et également entt^eprenanies concourent à former un ensemble énergique, harmonieux, léger. L'équilibre est à la fois si parfait et si instable que le cavalier sent qu'il peut absolument disposer de son cheval, sur la moindre indication de sa volonté. Ils sont pour ainsi dire en l'air tous les deux. Ils vont s'envoler.

Comment arrive-t-on à perfectionner, à affiner la mise en maiii au point d'obtenir cet idéal d'équilibre ?

Si l'on a bien compris le jeu de la mise en main et l'allée et venue des forces des jambes aux mains et des mains aux jambes, on se souvient que la main laisse passer la quantité d'impulsion nécessaire au progrès de la masse en avant, et ne rejette vers l'ar-

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rière-main que la quantité d'impulsion nécessaire au maintien de l'équilibre. Cela s'obtient par le jeu délicat des doigts, par un doigté incessant, comparable au doigté du piano pour la finesse et la rapidité.

Quelle proportion de force la main doit-elle laisser filtrer, et quelle proportion retenir? C'est toute la question. Doser avec une précision absolue cette proportion à chaque foulée, par la juste combinaison des mdes, de façon à ne renvoyer vers l'arricre-main que la quantité de force Justement nécessaire au maintien de l'équilibre dans le maximum d'impulsion, c'est précisément en quoi consiste le tact équestre. Pas assez de décision dans les doigts, le centre de gravité se déplace un peu en avant, le cheval est prêt à aller au delà de la main. Trop de force dans les doigts, le centre de gravité se déplace un peu en arrière, les hanches sont trop assises, les jarrets s'éloignent. Dans les deux cas, le rassembler n'existe plus. Il faut que le doigté règle avec une précision absolue la distribution de Timpulsion^ Et le problème se pose à chaque foulée

I. Pour l'écuyer qui sent bien son cheval, c'est-à-dire lorsque le rassembler parfait est obtenu, l'accord, l'union du cavalier et du cheval sont tels que la force d'impulsion et les effets d'ensemble sont transmis et passent de l'un à l'autre sans transition ni interruption.

L'impulsion et les effets dont l'ensemble circule du cavalier au cheval et du cheval au cavalier sont comme une balle élastique. L'éperon va pour ainsi dire chercher cette balle aux membres postérieurs du cheval et la fait monter prés des talons du cavalier; de là, passant par l'assiette, elle remonte au garrot, suit la partie supérieure de l'encolure jusqu'au sommet ;

ï^8 DEUXIÈME PARTIE.

qui naturellement n'est identique ni à la précédente, ni à la suivante. C'est là le fin du fin de l'équitation.

On arrive encore, à force de travail et de persévérance, à obtenir une mise en main qui se rapproche beaucoup du rassembler^ ou le rassembler lui-même de temps à autre. Mais conserver le rassembler sans cesse par un doigté savant, voilà ce qui n'est donné qu'à très peu d'écuyers.

Voici cinquante ans que je monte à cheval, et il n'y a pas plus de dix ans que j'obtiens le rassembler parfait. Il est vrai que pendant longtemps j'ai travaillé sur les données en partie inexactes de Baucher. Mais le fait est que pendant de longues années je sentais continuellement le rassembler m'échapper par le déplacement du centre de gravité, soit en avant, soit en arrière. Il a fallu affiner singulièrement mon tact, et, par suite, mes aides, pour arriver au rassembler complet et pour le garder dans le maximum de l'impulsion.

Mais ce n'est pas tout. Il n'y a pas que les mouvements directs; il y a encore les mouvements de côté et les mouvements tournants. Dans ces mouvements.

arrivée à la nuque, elle tombe dans la bouche, où les mains la reçoivent et, lui faisant suivre la partie inférieure de l'encolure, la ramènent à son point de départ, d'où elle est ramassée et renvoyée de nouveau par les jambes. C'est donc un circuit que parcourt continuellement la balle tant que l'on tient le cheval rassemblé. Seulement, pour que la comparaison soit tout à fait exacte, il faut dire que c'est un ballon qui part des jambes et arrive à la bouche et que c'est une bille qui en revient.

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