‹ Principes de dressage et d'équitationChapitre 36 sur 92 · LE TACT EQUESTRE · texte numérisé non relu

LE TACT EQUESTRE

il y a toujours une jambe qui prédomine. Dans ces conditions, l'impulsion qui arrive sur le mors n'est pas également répartie entre les deux mains. La jambe droite jette plus d'impulsion sur la main gauche Qtin'ce versa. Il faut donc, pour maintenir l'équilibre dans la conversion à gauche, que la main gauche, tout en restant liée à la main droite, renvoie au centre une plus grande quantité de force, d'autant plus délicate à doser que cette même main aura pour emploi, tout en gardant le i^assembler, de faire et de régler le changement de direction ^

Si maintenant on réfléchit que dans tout travail d'équitation le cheval se porte en avant ou se retient, et cherche constamment à échapper à droite ou à gauche, par les hanches ou par les épaules, on voit qu'il ne s'agit de rien moins, pour maintenir l'équilibre parfait dans le mouvement, que de percevoir simultanément toutes les actions du cheval et toutes celles qui se préparent, pour les combiner en les opposant, par l'action simultanée des aides, et en faire sortir l'idéal d'équilibre cherché.

Je disais tout à l'heure, à propos du rassembler dans le mouvement direct : Voilà le fin du fin de l'équitation. Le rassembler continuel, non plus même seulement dans les mouvements de côté ou tournants,

I. La difficulté est telle que Baucher avoue que la légèreté (lisez le rassembler) lui échappait dans les changements de direction. La faute en était moins à l'écuyer qu'à la mauvaise position de l'encolure que j'ai déjà signalée.

mais dans tous les mouvements, quelles que soient leurs combinaisons, c'est le raffinement suprême, c'est la pleine possession de l'idéal.

Alors, en effet, les deux organismes sont à ce point combinés, l'homme est si bien entré dans le cheval,. la perception des effets du cheval arrive si directement et si rapidement au cerveau de l'homme, chaque action de l'homme répond si sûrement, à point précis, à une action correspondante du cheval, que celui-ci s'y attend, s'y prête, s'y conforme instantanément. Dès lors, le cheval n'a plus en réalité que des actions réflexes : il n'y a plus qu'un cerveau, celui de l'homme. J'avais bien raison de dire que c'était l'idéal rêvé.

Comment peut-on arriver à ce tact, à cette acuité de perception, à ce sentiment aussi raffiné que rapide de tous les effets actuels du cheval, avec toutes leurs nuances, préparant les effets qui vont suivre, voilà ce que le livre ne peut pas enseigner. Il y faut la pratique, le travail et surtout l'aptitude et l'amour du cheval.

Par l'assiette et par les jambes, le cavalier doit sentir avec une impeccable sûreté tout ce qui se passe sous lui, si les jarrets chassent plus ou moins sous le centre, ou s'ils restent en arrière; quelles jambes se lèvent et à quelle hauteur; si la croupe se prépare à dévier.

Par les mains et par les jambes, aidées de la vue, l'écuyer doit sentir les actions et surtout les tendances

Page 1