CHEVAL DE CHASSE
On lui reprochait dans les courses de courtes distances de dérober le départ, c'est-à-dire de partir avant les autres. C'était absolument injuste. Au moment où le starter abaisse le drapeau, la plupart des jockeys se contentent de rendre la main et les chevaux partent plus ou moins vigoureusement, comme ils peuvent ou comme ils veulent. Archer ne laissait rien au hasard, il dominait son cheval comme un véritable écuyer qu'il était. Ayant toujours les jambes près, au moment du signal il surprenait son cheval par un vigoureux effet de jambes et le mettait sur ses jainbes instantanément et bien avant les autres. Il était déjà dans un bon train quand ses concurrents n'étaient encore qu'au galop de départ.
On voit par ces exemples que toutes les équitations se ressemblent, que la science du cavalier est aussi nécessaire au jockey qu'à tout autre. Elle peut se résumer en trois mots : jugement, mains, jambes.
Cheval de chasse.
Le cheval de chasse doit-il être d'une race particulière ? Non ; mais j'estime qu'il doit être choisi parmi les meilleurs chevaux. Le conseil que je puis donner à celui qui veut se monter pour la chasse est de choisir
un cheval né, élevé et entraîné dans le pays où il doit chasser. Il en est des chevaux comme des hommes : il ont des aptitudes naturelles qui correspondent au climat et à la topographie de leur pays. Transplantezles ailleurs, ils perdent ces qualités d'origine, sans acquérir celles des animaux qui sont nés dans la contrée. Prenons, par exemple, le petit cheval des Pyrénées, qui a des qualités merveilleuses. Dans son pays, il est adroit, souple, d'une sûreté à toute épreuve et de plus excessivement sobre. A Pau et dans toute la contrée,, il fait un cheval de chasse excellent et très agréable. Emmenez-le à Rome ou en Vendée : il perdra rapidement une part de ses qualités. Il en est de même de tous les chevaux d'autres races. Donc, pour chasser, prenez un cheval du pays. Je ne connais qu'un cheval qui soit bon dans tous les pays et conserve ses qualités, quelle que soit la chasse à laquelle on l'emploie. C'est le cheval anglais appelé le hunter.. Il réunit à peu près toutes les qualités désirables. Il est très près du sang ; toutefois, sa conformation n'est pas du tout celle qu'on recherche pour le pur sang destiné aux courses. On fait celui-ci haut et long; le hunter est plus près de terre : on recherche surtout les qualités de reins et de jarrets ^
I, C'est le seul cheval qu'on n'ait pas essayé de produire en France. Rien n'est plus regrettable, car on y aurait certainement réussi comme pour tous les autres chevaux. Mais le Français veut avoir un cheval de chasse à bon marché, en quoi il a tort.