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CHEVAL DE CHASSE

Son dressage se commence plus tard que celui du pur sang. On le prend à trois ans et demi environ, et on met un an ou dix-huit mois à le former ^

Pour le juger, pour apprécier ses aptitudes, on considère surtout la façon dont il saute, son allure et sa manière particulière suivant la nature de l'obstacle. Si c'est une haie, il doit la prendre avec calme, en raison du peu d'effort qu'il est obligé de faire pour la franchir. Si l'obstacle est haut et fixe, il doit pour ainsi dire se replier sur lui-même, se ramasser en concentrant ses forces pour un grand effort, et néanmoins aborder l'obstacle bien droit, sans précipitation et sans hâte. Si enfin c'est une rivière assez large qu'il doit passer, son allure doit être toute différente. La tête et l'encolure, qui ne doivent pas être gênées par la main, se tendent; le cheval s'allonge, cherche sur la main un appui léger, mais bien franc, et il s'élance à fond de train, gaillardement, presque joyeusement, comme s'il avait plaisir à sauter.

Ce cheval n'a qu'un défaut : il coûte fort cher. On paye couramment de sept à huit mille francs un bon hiinter; s'il a des qualités exceptionnelles, son prix atteint de douze à quinze mille francs. C'est le seul cheval, je le répète, qui soit capable de chasser partout.

I. Son métier est exclusivement de sauter. Il n'arrive à un gros prix qu'à la condition d'être très allant, très sûr et grand sauteur. Son éducation est le résultat d'un long entraînement que permet le prix élevé qu'il atteindra. Les sauteurs ordinaires sont prêts de trois ans et demi à quatre ans.

Dans tous les pa3^s, excepté en Angleterre, on a l'habitude de considérer que le cheval de chasse étant sacrifié d'avance et devant être changé souvent en raison des accidents auxquels il est exposé, on doit le payer bon marché, c'est-à-dire qu'on peut n'employer à la chasse que des chevaux de valeur relativement minime. Or il n'est pas un de mes lecteurs qui ne sache par expérience que, lorsqu'il achète un cheval, il est loin d'être sûr d'en avoir pour son argent. Eh bien, je crois que c'est une grosse erreur d'économiser sur le prix du cheval destiné à la chasse. L'Anglais, très pratique et qui connaît la valeur de l'argent, économise volontiers sur ses chevaux d'attelage; mais, pour le cheval de chasse auquel il confie sa vie et dont la solidité est la seule garantie, il ne se laisse pas arrêter par le prix, considérant qu'il ne saurait trop faire pour sa sécurité.

On entend souvent dire : « M. X. a du bonheur, tous les chevaux lui réussissent; M. Y. a de la déveine, il lui est impossible de mettre la main sur un bon cheval. » Eh bien, soyez sûrs que la chance ne joue pas, en cela, un aussi grand rôle. Si M. X. a souvent de bons chevaux, c'est peut-être parce qu'il s'en sert avec justesse, parce qu'il sait apprécier leurs moyens et en user avec mesure, ce qui n'exclut pas l'énergie, au contraire. Si M. Y. n'a jamais que de mauvais chevaux, malgré tous les sacrifices qu'il peut faire, c'est peut-être qu'il est un cavalier insuffisant, qu'il n'a pas le sentiment du cheval, qu'il ignore ce

qu'on peut demander à un cheval et comment il faut le lui demander.

A ceux qui veulent bien écouter mes humbles avis, je n'hésite pas à conseiller de rechercher pour lâchasse le cheval le meilleur et le plus solide.

Les Anglais disent : Hacking is art^, hunting is pliick (bien monter un cheval de promenade, c'est de l'art; chasser, c'est de Tintrépidité). Ce proverbe, à mon sens, n'est pas tout à fait exact. Sans doute, à la chasse il faut plus de hardiesse qu'à la promenade, parce que le train est beaucoup plus rapide, les obstacles imprévus. Mais, néanmoins, la hardiesse ne remplace pas ce que les Anglais appellent art, c'està-dire la science de l'équitation. Je dirai même que cette science est plus nécessaire à la chasse qu'à la promenade, puisque les risques y sont plus nombreux et plus grands.

Pour chasser, aussi bien que pour se promener ou courir, il faut savoir iiionter à cheval.

Le cheval d'armes \

Je me suis proposé d'étudier dans cet ouvrage tous les genres d'équitation. Jusqu'à présent, je n'ai

1. La vérité m'oblige à dire que j'ai toujours vu plus de hacking que de art à Rotten 7-ow.

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